Le lycée Janson-de-Sailly (JDS ou Janson) à Paris est la plus grande cité scolaire de France avec et du personnel dont près de permanents en 2015-2016. Il accueille aussi un grand nombre d'élèves de classes préparatoires aux grandes écoles : répartis en trente classes..
Le rapprochement avec le collège Delacroix, à la suite d'une décision du Conseil de Paris, est effectif depuis la rentrée scolaire de : de ce fait, le collège Janson-de-Sailly est le plus important de France métropolitaine par le nombre d'élèves accueillis (, dans 26 divisions sur le site Janson et 22 divisions sur le site Delacroix).
Le bâtiment principal (site Janson) est situé dans le de Paris, au 106, rue de la Pompe et s'étend sur . La rue Decamps, la rue Herran, la rue de la Pompe, la rue de Longchamp et l’avenue Georges-Mandel entourent le lycée. La surface bâtie développée est de .
Ce site est desservi par les stations de métro Rue de la Pompe et Victor Hugo, ainsi que par l'arrêt de la ligne de bus 52 : Lycée Janson-de-Sailly.
Historique Fondation thumb|left|Sépulture d'Alexandre-Emmanuel-François Janson de Sailly au cimetière de Montmartre avec la mention . vignette|Statue d'Eugène Manuel (1908). vignette|Le réfectoire, vers 1903. vignette|Le lycée en 1914. vignette|Le lycée transformé en hôpital durant la Grande Guerre. Alexandre Emmanuel François Janson de Sailly (1785-1829), riche avocat parisien ayant découvert que son épouse (Marie-Jeanne Joséphine Berryer, de la famille d’illustres magistrats) entretenait une relation extraconjugale, déshérita la fautive et légua sa fortune à l’État afin que celui-ci achetât un terrain, et construisît un institut pour jeunes garçons. En 1876, après les procès intentés par la veuve et la mort de cette dernière, la fortune récupérée par l’État s’élevait à . Selon les volontés du donateur, aucune femme ne devait jamais y être admise, ce qui n’empêcha pas l’enseignement d'y devenir mixte un siècle plus tard. De plus, l’avocat avait exigé qu’un quota d’admission d’étudiants étrangers soit respecté chaque année.
Dans un contexte d'opposition nationale entre catholiques et républicains anticléricaux, alors que le nombre de lycées publics se multiplie dans la capitale mais que l'Ouest de Paris en est encore peu doté, là où depuis plusieurs décennies sont implantées des maisons d'éducation religieuses l'installation du lycée Janson répond à un souci particulier du gouvernement républicain de maillage du territoire scolaireMarc Le Cœur, « Les lycées dans la ville: l’exemple parisien (1802-1914) », Histoire de l'éducation, 90 | 2001, p. 131-167..
L'État acheta les terrains pour un montant de (avec le legs Janson et une dotation supplémentaire de ). Les bâtiments ont été conçus par Charles Laisné, architecte du gouvernementJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit, septième édition, 1963, (« L-Z »), « Rue de la Pompe », .. Sa construction a obligé la fermeture de la rue Greuze (anciennement rue Blanche), plus particulièrement du tronçon entre la rue Herran et la rue de la Pompe.. Le conduit d'égout qui s'y trouvait a alors été séparé de ces deux rues perpendiculaires et ne remplit donc plus cette fonction, mais existe encore sous le lycée (il passe sous les cantines, le CDI, la cour d'honneur et l'entrée principale)..
Le discours de la pose de la première pierre fut prononcé le par Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, en présence de Victor Hugo et du maire du arrondissement de Paris, Henri Martin. Les travaux prirent seulement trois ans, leur prix s'élevant à 6 422 000 francs. Le lycée ouvrit le , avec 458 élèves. À la rentrée de 1886, les effectifs s'élevaient déjà à , et, en 1900, à .
Il s'agit du seul lycée parisien qui ne porte pas le nom d'une personnalité nationale. Sa fondation, comme celle de nombreux lycées de la fin du dans des quartiers parisiens encore peu urbanisés, entraîna dans son sillage l'installation de nombreuses familles bourgeoises dans les environs. Un mois avant la rentrée de 1884, Le Temps note en effet qu'on . Certains lycéens viennent pourtant de loin, leur trajet étant toutefois facilité par le progrès des transports ferroviaires. Né en 1900, l'écrivain Julien Green se souvient ainsi dans Jeunes années du trajet qu'il devait faire pour rejoindre Janson depuis Le Vésinet, alors qu'il n'était âgé que de 13 ans. Après une heure de train jusqu'à la gare Saint-Lazare, puis la ligne d'Auteuil jusqu'à la gare de l'avenue Henri-Martin, il arrivait enfin à destination. .
Dans la seconde moitié du , la probité du personnel enseignant est surveillée. Toutefois, faute de pouvoir réglementer leurs loisirs aussi strictement que pour les élèves, les autorités, souhaitant éviter qu'ils ne traînent dans des cabarets, aménagent dans plusieurs lycées des salons de jeux et de lecture pour leur détente, comme à Janson jusqu'à 1892.
Au « petit lycée » Janson-de-Sailly, devant la façade du 46 avenue Georges-Mandel, est installé un monument en hommage à l'écrivain Eugène Manuel par Gustave Michel (1908).
Guerres mondiales vignette|gauche|150px|Plaque sur la façade côté rue de la Pompe, en mémoire des enfants juifs déportés. Durant la Première Guerre mondiale le lycée fut transformé en hôpital. Il disposait de nombreux dortoirs et de salles d’opération, principalement pour les officiers.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans Paris occupé, le lycée joue un rôle de premier plan dans les premiers mouvements spontanés de résistance à l'occupantVoir l'implication des jansoniens dans l'article d'Alain Monchablon, "La Manifestation à l'Étoile du 11 novembre 1940". Henri Lablénie, professeur de lettres à Janson, lance avec son épouse et un groupe de lycéens, Notre droit, publication s’adressant à la jeunesse et se présentant sous la forme d’un recueil de maximes anti-allemandes et anti-vichystes. Son premier numéro contribue beaucoup à la mobilisation pour la manifestation des lycéens et étudiants du 11 novembre 1940. Malgré l'interdiction, des milliers de lycéens dont plusieurs centaines du lycée Janson, arrivés en groupe par l'avenue Victor-Hugo, manifestent sur les Champs-Élysées et sur la place de l'Étoile. Ils sont durement réprimés par les soldats allemands. Le lycée a cependant également eu ses collaborateurs.. Sous l'Occupation, certaines élèves des lycées de jeunes filles de l'arrondissement, Molière et Jean-de-La-Fontaine, viennent suivre leurs cours au lycée Janson..
À la Libération, en 1944, quelques centaines d’élèves des classes terminales du lycée rejoignirent les Forces françaises libres ou FFL ( Armée du maréchal de Lattre de Tassigny), et fondèrent une unité d’élite : le « bataillon Janson-de-Sailly », qui devint le de choc. Ils firent face aux divisions allemandes en Alsace (notamment les batailles de Masevaux et Colmar), durant les grandes contre-attaques des Ardennes, et entrèrent en Allemagne avec les forces du général Patton en 1945. Certains périrent, et un monument aux anciens lycéens et personnels de Janson morts au combat pendant les guerres leur est consacré dans la cour d’honneur. Il comporte plus de .. Le lycée Claude-Bernard, situé dans le même arrondissement, est réquisitionné pour accueillir une caserne SS ; ses élèves sont transférés à Janson-de-Sailly.
Cinq plaques commémoratives relatives à la Seconde Guerre mondiale ont été apposés sur les murs du lycée : une plaque en mémoire des élèves juifs du lycée déportés dans les camps parce qu'ils étaient juifs, et quatre plaques en mémoire d'anciens élèves ayant joué un rôle important dans la Résistance et la Libération (Pierre Brossolette, héros de la Résistance, le Bataillon de choc, Jacques Bingen, héros de la Résistance, et Raoul Nordling, consul général de Suède dont la médiation fut capitale lors de la Libération de Paris).
Depuis les années 1950 Le lycée Janson-de-Sailly fut le premier lycée à se doter d’un centre de documentation et d’information (CDI), en 1958, à l’instigation de son proviseur de l'époque. Le CDI actuel porte son nom : Marcel SireLe premier CDI de France créé au lycée Janson-de-Sailly devient « Centre Marcel-Sire », Inter-CDI, , mars-avril 1993, .. Il s'agissait d'un service de documentation appelé Centre local de documentation pédagogique (CDLP) réunissant les cabinets et bibliothèques des différentes disciplines, ainsi que des ressources documentaires et l'information scolaire et professionnelle à destination des enseignants. L'expérience se révélant positive, elle fut étendue à d'autres établissements pendant les années 1960 et Marcel Sire fut nommé inspecteur général de l'Éducation nationale à la Vie scolairePetite histoire des CDI en France, consulté le 16 décembre 2014. Sous son impulsion, une circulaire instaura un service de documentation et d'information (SDI) dans les lycées. Aux SDI succédèrent les CDI, obligatoires dans chaque établissement de second cycle depuis la réforme Fontanet de 1973Françoise Chapron, Les CDI des lycées et collèges. De l'imprimé au numérique, PUF, 2012..
Le a été inaugurée une plaque « lycée d’Europe » par les classes de première européennes allemandes « AbiBac » et leurs professeurs d’allemand.
L'établissement est réputé tranquille, mais il n'est pas à l'abri de quelques rares incidents isolés, à sa sortie, voire en son sein, comme beaucoup d'autres. Par exemple, en , deux élèves furent roués de coups à la sortie du lycée pour avoir refusé de prendre des tracts distribués par la LDJ.. En , un élève de seconde reçut un coup de cutter à la cuisse de la part d'un autre élève au sein de l'établissement et dut être soigné à l'hôpital, d'où il ressortit dans l'après-midi..
En 2014, à la demande de la mairie du , un projet de rapprochement des collèges Janson-de-Sailly et Eugène-Delacroix (n° 13-15 rue Eugène-Delacroix) est proposé. Il s'agit de pallier les défections affectant ce dernier (qui a dû fermer quatre classes en cinq ans), en raison des stratégies de carte scolaire des parents du quartier, en répartissant les classes ( et pour l'un, et pour l'autre), formant ainsi le plus gros collège de l'académie (). Les professeurs du collège ont fait grève en pour protester contre ce projet, auquel ils n'avaient pas été préalablement associés..
En , une professeure de classes préparatoires du lycée Janson-de-Sailly qui a tenu des propos antisémites, négationnistes et complotistes sur son compte Facebook accessible à ses élèves, fut suspendue à titre provisoire. Le , la ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem indiqua que le procureur de la République était saisi de cette affaire et une procédure disciplinaire engagée.. Elle fut condamnée à euros d'amende le par le tribunal correctionnel de Paris.
Architecture vignette|Cour d'honneur.
Situation et accès L'entrée principale se trouve au 106, rue de la Pompe. L'entrée des collégiens se trouve, quant à elle, au 29 de la rue Decamps. L'arrêt de bus Lycée Janson-de-Sailly par laquelle passe la ligne 52 et la station de métro Rue de la Pompe sont les deux principaux moyens d'accès par les transports en commun.
Architecture générale
vignette|Cheminée du lycée, vue depuis la rue Decamps. Au nord de la cité scolaire se situe le lycée, au sud le collège. La cour d’honneur, le centre Marcel-Sire, le hall de l'entrée du 106 rue de la Pompe, le foyer des lycéens et la cantine les séparent. Les deux cours (du lycée et du collège) sont rectangulaires, et les escaliers situés à chacun des coins permettent d'atteindre les étages supérieurs. Au lycée, il en existe un autre au milieu d'un côté, juste en face de l'entrée et un autre au milieu d'un côté, côté collège à l'ouest.
Un laboratoire multimédia de langue permet aux élèves des classes préparatoires de travailler pendant leur temps libre.
La façade côté rue de La Pompe est ornée de 24 bustes d'écrivains, savants ou intellectuels français, tels que Victor Hugo, Alphonse de Lamartine ou Blaise Pascal (cf. le lien Commons à droite).