Léglise du Sacré-Cœur de Tsedjrong (), communément connue sous le nom déglise catholique de Tsedjrong, ou de Cizhong (), appelée également église catholique tibétaine du village de Tsedjrong () a été fondée par des missionnaires français de la Société des missions étrangères de Paris en 1867. Elle se trouve dans le village de Tsedjrong, Cizhong, Tsé-TchongSelon la transcription française ancienne utilisée par les Missions étrangères, Tsedjong, Tsechung, ou encore Tsé-Zhong (), http://www.stats.gov.cn/tjsj/tjbz/tjyqhdmhcxhfdm/2016/53/34/533422.html / http://www.stats.gov.cn/tjsj/tjbz/tjyqhdmhcxhfdm/2016/53/34/22/533422203.html dans le xian de Dêqên (préfecture autonome tibétaine de Dêqên), dans la corne nord-ouest du Yunnan. Cette région est considérée par certains comme la région sud-est de la province tibétaine du Kham.
Elle est classée dans la liste des sites historiques et culturels majeurs protégés au niveau national pour la province du depuis 2006, sous le numéro de catalogue 6-1054.
Historiquement, l'église faisait partie du diocèse de Kangding. Aujourd'hui, elle relève de l'administration du diocèse de Dali. C'est du moins ainsi que l' trace actuellement les limites du diocèse. Du point de vue du Vatican, l'église appartient toujours au diocèse de Kangding..
Histoire Elle est située dans le village de montagne de Tsedjrong, sur la rive droite du Mékong (Lancang)The Himalayan journal, Volume 61, Himalayan Club, 2005, , : . Elle a d'abord été construite en 1867 dans le village de Tsekou (Cigu), près de Tsedjrong, sur le site d'une lamaserie The Himalayan journal - Volume 61, , : , et consacrée au Sacré-Cœur..
Totalement mise à sac et incendiée au cours de la révolte en 1905 (au cours de laquelle le père Jules Dubernard, fondateur de la mission, fut martyrisé), elle a été reconstruite dans le village de Tsedjrong, les travaux ayant duré trois ans, de 1909 à 1911 sous la supervision du père Théodore MonbeigIl a décidé de déménager par sécurité la mission de Tsekou à Tsedjrong, ainsi que plusieurs familles, après la mort de son confrère. À Tsékou il a déjà fondé le couvent des Filles de la Croix, formé de jeunes filles tibétaines, en vue de l'enseignement des enfants. Il meurt assassiné en 1914 avec ses deux compagnons de route en allant visiter un poste éloigné au mont Ngraba., et bénie à l'Épiphanie.. L'église catholique de Tsedjrong est alors devenue, selon La Chine au présent, le centre catholique de la province du Yunnan. Son architecture s'inspire des styles occidental et chinoisLa Chine au présent, Les aires protégées des Trois Fleuves parallèles au Yunnan..
Non loin se trouve une vigne plantée par les missionnaires, notamment pour le vin de messe. Le scientifique Heinrich von Handel-Mazzetti y est l'hôte des missionnaires (les pères Pierre Valentin et Jean-Louis Lesgourgues) le . Il traverse le fleuve sur le pont de corde au village de Tsékou, ces derniers lui ayant assuré qu'il rencontrerait rapidement des obstacles insurmontables en remontant rive droite. Le père Pierre Valentin y est curé de 1915 à 1920. Il a échappé en 1913 dans le xian de Batang à l'épidémie de peste, puis en 1920 il tombe malade du typhus qui décime la région Mission-Thibet. Le père Jean-Baptiste Ouvrard lui succède et devient procureurC'est-à-dire supérieur de la région, jusqu'à sa mort, due à la typhoïde, le . Il a porté le nombre de ses chrétiens à 700 Archives des Missions étrangères. Le père Francis Goré lui succède en novembre, prenant également la charge de procureur. Il y demeure jusqu'en 1952. En , le P. Angelin Lovey de la congrégation du Grand-Saint-Bernard (dont une douzaine de confrères sont arrivés au Tibet depuis 1933) l'y rejoint en tant que vicaire, après un interim du P. Georges AndréGeorges Taiclet, Le père Georges André: missionnaire comtois du bout du monde, Thibet 1920-1952, éd. de Haute-Saône, 1998, . Ce sont les derniers prêtres qui demeurèrent ici. Ils reçoivent un ordre d'expulsion en 1951 de la part des communistes, mais n'en tiennent pas compte. Ils sont finalement renvoyés à Weixi au printemps 1952, puis expulsés à Hong KongService minimum à Pâques dans une enclave catholique tibétaine, 23/03/2008, Robert Saig et (AFP).
À proximité de l'église, et fondé en 1904Tsekou par le Père Dubernard des MEP, site des missions des chanoines du Grand-Saint-Bernard, 30 juin 2006, se trouvait un couvent de religieuses tibétaines, à la fois catéchistes, infirmières et enseignantes. En 1940, il comptait dix-huit religieusesHistoire de la mission à Tsechung, site des missions des chanoines du Grand-Saint-Bernard, 30 juin 2006. Les chanoines suisses et les pères des Missions étrangères sont chassés du Tibet en 1952, le dernier chanoine arrivé étant le père Alphonse Savioz qui y travailla de 1947 à 1952 John Pomfret, Religion Runs Deep in China / In the hinterlands, Tibetan Catholics worship their deity, 13 décembre 2000, Washington Post.
Alexandra David-Néel et Aphur Yongden séjournèrent à Tsedjrong en Gilles van Grasdorff, Alexandra David-néel, Flammarion, 2011, , où ils furent reçus par le père Jean-Baptiste Ouvrard.
Le père Francis Goré, qui vécut ici vingt-et-un ans, de 1931 à 1952, parlait et lisait couramment le tibétain, le chinois, l'anglais, l'allemand et le latin et y avait une bibliothèque, la salle est toujours présenteConstantin de Slizewicz, Les catholiques des "Alpes Yunnanaises", Revue Mission du Grand-Saint-Bernard, 2007, numéro 3.. Le père Émile Burdin (1909-1945)Il mourut de la fièvre typhoïde en 1945, alors qu'il était curé de l'église de Yerkalo depuis cinq ans y vécut pendant un an à son arrivée en 1936 aux Marches du Tibet pour apprendre la langue auprès du père Goré.
Les soldats de l'armée populaire de libération arrivèrent à Tsedjrong en avril 1950. Se montrant d’abord conciliants envers les catholiques, ils durcirent le ton en lors de l'intervention militaire chinoise au Tibet. Les missionnaires sont assignés successivement à résidence dans la mission de Weixi, entre la fin de l'année 1951 et le printemps 1952, avant d’être expulsés vers Hong KongUn héritage culturel valaisan Michael Buckley Bradt Shangri-La: A Travel Guide to the Himalayan Dream, Bradt Travel Guides, 2008, . Comme ailleurs dans la région, débute une période de répressionStéphane Buthaud et Gérald Buthaud, Les chrétiens du Toit du monde, La Vie , 28 mars 2002. Un Tibétain, baptisé Bernard, fut emprisonné pendant vingt-deux ans pour avoir assisté les missionnaires étrangers Katharina Hesse, Cizhong, 17 décembre 2000.
Durant la révolution culturelle, l’église, le presbytère et ses bâtiments sont réquisitionnés et transformés en entrepôts, en étables, en salles de réunion et en école, puis, l'église est rendue au culte en 1982. Elle a été classée monument historique en 1990 et restaurée au début des années 1990 : ..
Sur le fronton, une inscription se lit en latin Venite ad me omnes qui laboratis et onerati estis (« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeauPhrase extraite de Venite ad me, omnes qui laboratis et onerati estis, et ego reficiam vos. "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et moi je vous referai."
MATTH., XI, 28.»). Les retranscriptions en chinois et en tibétain ont disparu durant la révolution culturelle, de même que les statues et le couvent des religieuses. La cloche qui avait été apportée de France par les missionnaires fut descendue et jetée dans le Mékong.
En 2012, les trois quarts du village et des environs sont de confession catholique, ce qui représente environ . L'église est desservie par un prêtre originaire de Mongolie-Intérieure, envoyé ici par le diocèse de Kunming (non reconnu par le Saint-Siège), le P. Yao Fei, nommé en , premier curé permanent depuis l'expulsion des missionnaires. Il dessert également six chapelles de villages environnantsCatalogue de l'exposition (Paris), réd. Françoise Fauconnet-Buzelin, Paris, MEP, 2012, , . Cependant les projets de constructions de barrages dans les hautes vallées et l'avènement du tourisme avec l'extension du réseau routier bouleversent les modes de vie traditionnels.
Le vignoble a fait l'objet d'un film documentaire d'Éric Michaud, Chine : les vignobles de l'Himalaya (2019, 26') de la série documentaire Des vignes et des hommes, diffusée sur la chaîne Arte-TV. Depuis 2014, grâce à l'association Les Sentiers du ciel, une société de droit chinois Yunnan Shanjianggu Wine Ltd s'est constituée, autour d'Alexis de Guillebon et Yves RODUIT. En 2017 Bertrand CRISTAU en a pris la direction et depuis 2020 l'oenologue est FENG Jian, jeune chinois formé en Australie et le chef de culture LI Da. Shanjianggu produit des vins de qualité sous la marque Xiaoling. Shanjianggu récolte et vinifie les raisins plantés autour de l'église pour en faire un vin rosé. Le cépage est du Baco Noir localement nommé Rose Honey apporté de France par les missionnaires français en 1934.
Galerie
Références
Articles connexes Christianisme au Tibet Église catholique au Sichuan Église catholique de Lhassa (Tibet) Église Sainte-Anne de Moxi (Tibet) Église du Sacré-Cœur-de-Jésus de Bahang (Tibet) Église Notre-Dame-du-Sacré-Cœur de Yerkalo (Tibet) Cathédrale du Sacré-Cœur-de-Jésus de Dali (Yunnan)
Tsedjrong Tsedjrong Tsedjrong Tsedjrong Catégorie:Site historique et culturel majeur protégé au niveau national au Yunnan Catégorie:Mission fondée par les Missions étrangères de Paris Catégorie:Mission chrétienne au Tibet Tsedjrong Catégorie:Préfecture autonome tibétaine de Dêqên Catégorie:Relations entre la Chine et la France