Charles Michel, né le à Namur, est un homme d'État belge, membre du Mouvement réformateur (MR). Il est Premier ministre du au , puis président du Conseil européen de 2019 à 2024.

Il est issu d'une famille d'entrepreneurs flamands, originaire de Hoegaarden. Son père Louis et son frère Mathieu sont tous les deux des hommes politiques libéraux francophones. Il grandit à Jodoigne, où il rejoint en le mouvement de jeunesse du Parti réformateur libéral (PRL). Il est élu deux ans plus tard au conseil provincial du Brabant wallon, dont il devient vice-président en .

Il fait son entrée à la Chambre des représentants en , étant à le benjamin de l'assemblée. L'année suivante, il est désigné ministre des Affaires intérieures du gouvernement wallon. Il exerce cette responsabilité jusqu'en , quand le Mouvement réformateur est rejeté dans l'opposition par les socialistes.

Au cours des élections communales de , il se fait élire bourgmestre de Wavre, mais se trouve empêché dès , lorsqu'il accède au gouvernement fédéral comme ministre de la Coopération au développement. Après l'échec du MR aux élections de et de , il obtient le départ de Didier Reynders de la direction du parti et est élu à sa succession.

En , un mois après les élections fédérales de , le roi Philippe le charge d'une mission d'information, puis lui confie un mandat de formation d'une , surnommée par ses détracteurs car le MR y sera le seul parti francophone. Étant parvenu à établir un accord de gouvernement, il est assermenté Premier ministre en et s'appuie donc sur une majorité où siègent notamment les nationalistes flamands de la N-VA. Plus jeune chef du gouvernement de l'histoire belge, il mène une politique libérale associant privatisation des services publics, réduction des dépenses publiques, réforme des retraites et déréglementation du marché du travail.

Il remet sa démission en , environ dix jours après que la N-VA a quitté la coalition pour dénoncer la signature par le gouvernement du Pacte mondial sur les migrations. Le souverain le charge d'expédier les affaires courantes jusqu'aux élections de .

Choisi pour succéder à Donald Tusk à la présidence du Conseil européen, il est remplacé comme Premier ministre belge par Sophie Wilmès.

Biographie Origines La famille Michel est originaire de Hoegaarden., petite ville du centre de la Belgique située en Flandre, dans la province du Brabant, à la limite nord de la frontière linguistique.. Charles Michel est le descendant des , une lignée d'entrepreneurs occupant une grande place dans la vie de la commune et remontant à la fin du . Il est le fils de Martine et de Louis Michel, ancien ministre des Affaires étrangères puis commissaire européen, tous deux jouissant du titre de ministre d'État. Bien que ses parents résident à Jodoigne, petite ville wallonne en bordure sud de la frontière linguistique, il naît à Namur le ...

Jeunesse Études et débuts en politique Charles Michel intègre dès l'âge de la nouvelle fédération des Jeunes Réformateurs Libéraux de Jodoigne et en devient le président, fonction qu'il exerce entre à .

Lors des élections provinciales du , il est élu à seulement conseiller provincial du Brabant wallon.. Alors qu'il occupe l'une des dernières places de la liste du PRL, il remporte . À partir de , il exerce l'une des vice-présidences de l'institution.

Il est licencié en droit de l’université libre de Bruxelles et de l'université d'Amsterdam en , et s'inscrit alors comme avocat au barreau de Bruxelles.

Ascension Benjamin de la Chambre Au cours des élections législatives fédérales du , il est élu député à la Chambre des représentants. Étant âgé de , il est le benjamin de l'assemblée.

Il participe alors à la commission d'enquête sur la crise de la dioxine, où il s'en prend aux pouvoirs de l'association d'agriculteurs , puis dépose une proposition de loi punissant l'outrage au drapeau ou à l'hymne national..

Ministre wallon vignette|Charles Michel s'oppose à Jean-Claude Van Cauwenberghe sur ses projets de réformes locales de la Région wallonne. Il obtient son premier poste gouvernemental à , lorsqu'il devient en ministre des Affaires intérieures et de la Fonction publique au sein du gouvernement de la Région wallonne, présidé par le socialiste Jean-Claude Van Cauwenberghe. Il instaure notamment un Code de la Fonction publique et mène une réforme des provinces. Il cherche par ailleurs, sans succès, à rationaliser le paysage intercommunal, ainsi qu'à modifier le fonds de financement des communes et la loi communales, s'opposant ainsi à Van Cauwenberghe.

Il est réélu député fédéral à l'occasion des élections législatives fédérales du , rassemblant plus de dans le Brabant wallon. Conservant ses fonctions exécutives régionales, il est alors parlementaire empêché..

Après les élections régionales de , le Mouvement réformateur est rejeté dans l'opposition régionale et communautaire, entre autres à cause des velléités de réforme locale de Charles Michel, qui ont déplu aux mandataires municipaux du Parti socialiste..

Élu de Wavre vignette|Élu à Wavre en , il en devient le bourgmestre six ans plus tard. Conseiller communal de Wavre, chef-lieu du Brabant wallon, à partir de , il y devient échevin des Régies et de l'Urbanisme en . À cette même période, son père renonce à présider le MR pour devenir commissaire européen et pousse Charles à postuler à sa succession. Face à la menace de candidature de l'ancien ministre régional Serge Kubla, il renonce. Didier Reynders prend la direction du parti et confie à Charles Michel les fonctions de porte-parole.

Pour les élections communales du , il mène la liste libérale à Wavre, qui remporte 61,7 % des voix et sur 31 au conseil communal. Puisqu'il totalise , soit le quintuple de la deuxième de liste Françoise Pigeolet, Charles Michel est désigné bourgmestre et prend ses fonctions au .

Ministre puis chef de parti Il accède au gouvernement fédéral le , le jour de son , en tant que ministre de la Coopération au développement, une fonction plutôt secondaire. Il est confirmé par la suite dans le premier cabinet d'Yves Leterme, dans l'exécutif d'Herman Van Rompuy, puis au sein du gouvernement Leterme .. À ce titre, il est bourgmestre empêché de Wavre. vignette|La fronde menée par Charles Michel contre Didier Reynders lui permet de prendre la présidence du MR en . À la suite de l'échec du Mouvement réformateur aux élections régionales de , il met en place avec Willy Borsus et Hervé Jamar le , qui remet en cause la présidence exercée par Didier Reynders.. Le mauvais score du MR aux élections fédérales de mène Reynders à se retirer.

Charles Michel se présente à sa succession.. Opposé à Daniel Bacquelaine, il est élu le président du Mouvement réformateur avec 54,8 % des voix, soit environ sur les .. Il démissionne trois semaines plus tard de son poste ministériel. Les élections locales du sont un succès pour les libéraux francophones, qui détrônent les socialistes comme première force communale en Wallonie. Avec 55,1 % des voix, il conserve sa majorité absolue à Wavre, dont il est réélu bourgmestre avec , seulement le double de sa numéro deux Françoise Pigeolet..

Premier ministre

Formateur À un mois des élections législatives fédérales du , Reynders et Michel, dans des entrevues respectivement à Le Soir et De Standaard affirment le refus du MR de constituer une coalition avec les nationalistes flamands de la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA), tant au gouvernement fédéral qu'au gouvernement bruxellois. S'il précise avoir énormément de respect pour le vote des flamands, il ajoute qu'il se voulait simplement clair sur la volonté de son parti..

À la suite du scrutin puis de l'échec de la mission d'information confiée au président de la N-VA Bart De Wever, le roi Philippe nomme Charles Michel informateur le , le charge d'explorer les et l'invite à lui faire rapport une semaine plus tard.. Après ce point d'étape, il est prolongé dans ses fonctions jusqu'au .. vignette|Charles Michel partage son rôle de avec le chrétien-démocrate flamand Kris Peeters. Le , il est désigné formateur, en tandem avec le chrétien-démocrate Kris Peeters, ancien ministre-président flamand. Il est alors chargé de constituer une entre le Mouvement réformateur, la N-VA, les Christen-Democratisch en Vlaams (CD&V) et l'Open Vlaamse Liberalen en Democraten (Open VLD), ainsi nommée en référence au drapeau de la Suède où les partis libéraux représentent la couleur bleue, les nationalistes flamands la couleur jaune, et les chrétiens-démocrates la croix. Dans la mesure où le MR est le seul parti francophone, qu'il reste dans l'opposition wallonne et francophone, et que seul un tiers des députés fédéraux francophones soutiendrait le gouvernement, elle reçoit également le sobriquet de ., ce que Charles Michel juge comme . Il ajoute que si cette majorité voit effectivement le jour, le cabinet appliquerait loyalement la sixième réforme de l'État et se contenterait donc de mesures sociales et économiques, sans toucher à l'édifice institutionnel..

Accord de gouvernement vignette|Charles Michel est le premier libéral francophone à former un gouvernement belge depuis Paul-Émile Janson en . Dans la soirée du , à l'issue d'un marathon de négociation d'environ , il annonce avoir conclu un accord de coalition rassemblant effectivement la N-VA, les CD&V, l'Open VLD et le MR, et qu'il occupera les fonctions de Premier ministre. Les chrétiens-démocrates ont en effet renoncé à leurs prétentions sur la direction du gouvernement fédéral en échange de la candidature de leur ancienne présidente Marianne Thyssen au poste de commissaire européen.. L'un des principaux objectifs de la nouvelle majorité est d'augmenter progressivement l'âge de la retraite à en , puis à en , les pré-retraites n'étant possibles qu'à partir de , Charles Michel évoquant alors une . Sa politique d’affaiblissement de l’État fédéral est alors perçue comme favorisant les visées séparatistes de la N-VA..

Le nouveau gouvernement fédéral est assermenté au Palais royal de Bruxelles le , après la tenue des élections fédérales. Lui prête serment en français, néerlandais et allemand, les vice-Premiers ministres Kris Peeters, Alexander De Croo et Didier Reynders en français et néerlandais, et le vice-Premier ministre Jan Jambon en néerlandais seulement.. À , Charles Michel devient le plus jeune Premier ministre de l'histoire de la Belgique. Il est également le premier libéral francophone à assumer la direction de l'exécutif depuis ..

Moins de trois mois après sa prise de fonction, il est juste avant de prononcer un discours devant les hommes d'affaires du Cercle de Wallonie : quatre militantes des LitihS le recouvrent de frites et mayonnaise, sous le slogan . Le mouvement explique son geste par le fait que . Le chef du gouvernement indique qu'il refuse de porter plainte à leur encontre..

Mesures de libéralisation Au ministère de la Sécurité et de l'Intérieur, de nombreuses tâches de la police fédérale sont en cours de privatisation (sécurisation de bâtiments publics, encadrement de détenus, etc), tandis que les départements concernés par la criminalité internationale (notamment informatique et financière) sont décentralisés. À la Défense, alors que le budget d’investissement en matériel est revu à la hausse sur demande de l'OTAN, il est prévu de réduire les effectifs de 19,5 %. Les institutions culturelles et scientifiques fédérales sont touchées par des coupes budgétaires de 20 %. Le budget alloué au fonctionnement de la Justice est également appauvri, ce qui amène le plus haut magistrat de Belgique à accuser la « logique d’économie » d’être responsable d'une « pathologie de l'ensemble du système judiciaire mettant en danger l’État de droit ».