Le Lévézou est un haut plateau cristallin du centre de l'Aveyron d'une altitude moyenne de environ et dont le point culminant est le puech del Pal (). Il ne correspond à aucune zone administrative et ses limites ne sont pas réellement définies.
Cependant, la morphologie et la géologie du plateau permettent de le délimiter par les zones abruptes du nord vers le sud en passant par l'est. Sa limite ouest avec le Ségala est plus diffuse morphologiquement mais la ceinture leptyno-amphibolitique permet de la préciser.
Toponymie Le nom de la région est une formation du Moyen Âge sur le nom d'un village aujourd'hui disparu, attesté Leveso en 1189 et Levedon vers 1190. On parlait de la montagne de Lévézou sous l'Ancien Régime puis du plateau de Lévézou au . Le nom du village provient de la racine indo-européenne *leu-, « pierre », accompagnée du double suffixe -it-one. Dès 1552, la région avait été nommée d'après le village : on écrivait la montagne de Lebezou ou de Levezou. Il devient ensuite titre de noblesse au Moyen Âge. Une famille de Lévézou de Vézins, de noblesse chevaleresque, porte ce nom.
Géographie Situation Le Lévézou se situe au sud du Massif central et y constitue un ensemble individualisé entre les monts de Lacaune, le Larzac et l'Aubrac. Il est situé en plein cœur du département de l'Aveyron.
Le Lévézou est délimité à l'ouest par la rivière du Viaur, au nord par le massif des Palanges dont le point culminant est le puech del Pal à d'altitude, à l'est par la rivière Muze, et au sud par la rivière du Tarn. Le Lévézou est la région intermédiaire entre Rodez et Millau.
Topographie Vaste plateau métamorphique hercynien qui a basculé lors de l'érection de la chaîne alpine, la partie est a subi une poussée qui l'a surélevée par l'est. Les bordures nord, nord-est (vallée de l'Aveyron) et est (gorges de la vallée de la Muze) se présentent aujourd'hui comme une arête rocheuse qui en donne les limites. Après les monts d'Aubrac ce sont les plus hautes terres de l'Aveyron. Les terres sont siliceuses comme les Ségalas.
L'altitude du massif croit progressivement de l'ouest () vers l'est (). Le plus haut sommet est le puech del Pal (), suivi du mont Seigne (, vestiges archéologiques), et du puech de la Salassiére (, tour de télécommunication). À l'intérieur du plateau le relief est vallonné, voire plat vers les sommets des Canabières.
On distingue au moins six sous-ensembles topographiques dans le massif : le massif des Palanges au nord-ouest ; la crête de Vézins au nord ; la crête de Bouloc à l'est ; la plaine de Mauriac au centre (à l'est du lac de Pareloup) ; le massif du Lagast au sud-ouest ; la faille d'amphibolites à l'ouest (carrière d'Arvieu).
À l’intérieur du massif les voies de communication doivent traverser des cols élevés : col de Poulzinières sur la D30, commune de Castelnau-Pégayrols ; col de la Vernhette sur la D993, commune de Castelnau-Pégayrols ; Candadès , commune de Montjaux ; la Croix de Boudet sur la D171, commune de Saint-Beauzély ; col de la Razal , commune de Saint-Laurent-de-Lévézou.
Géologie vignette|Carte géologique du Massif central : R=détroit de Rodez ; M=rougier de Marcillac ; Se=Ségala ; V=Vibal ; L=Lévezou. Le massif du Lévézou forme avec le Ségala un ensemble de terrains métamorphiques mis en place lors de l'orogenèse hercynienne, au paléozoïqueLa géologie de la France, Dercourt, Ed. Dunod. Le massif s'individualise du Ségala par le complexe leptyno-amphibolique (ceinture leptyno-amphibolique de la klippe du Lévézou)Notice de la carte géologique au 1:50000 de Salles-Curan d'une largeur de quelques centaines de mètres à quelques kilomètres pour sa partie la plus large vers Villefranche-de-Panat. Cet ensemble délimite un ensemble inférieur orthogneiss et micaschistes du Ségala chevauché par un ensemble supérieur métamorphique à granitique.
La mise en place de façon circulaire du groupe leptyno-amphibolique n'est pas encore bien comprise. Cependant, il est admis qu'il correspond comme les mêmes ensembles leptino-amphoboliques du Massif central aux résidus de l'océan Centralien qui a été fermé lors de la mise en place de la chaîne hercynienne. L'absence de sédimentation indique que le massif a été émergé jusqu'à aujourd'hui. Toutefois, quelques sédiments de type alluviaux ou lagunaires sont mis en évidence au Caussanel, lac de Pareloup et à Bouloc (au niveau du plateau au sens strict). Ces sédiments sont datés du Trias.
À partir du Permien et tout au long du secondaire, le massif de Lévézou et le Haut Ségala ont été entourés par les eaux. La vallée de l'Aveyron correspond à l'ancien détroit de RodezGéologie et terroirs, La géologie du Rouergue et de l'Homme, CNDP. L'orogenèse alpine a conduit à l'élévation de l'ensemble de la région par l'est, formant des escarpements le long du plateau. Ainsi les limites géographiques (les escarpements est) et les limites géologiques (failles à l'est et au sud, chevauchement à l'ouest) correspondent bien, donnant ainsi une individualité au massif.
Le Lévézou, comme tout le Massif central, présente une activité tectonique non négligeable. Ainsi un tremblement de terre de 4,5 sur l'échelle de Richter y a été ressenti le Une station pour ausculter l'Aveyron.
Voies de communication Les vestiges de la voie romaine reliant Millau à Rodez attestent de cette ancienne voie de communication traversant le Lévézou. Le plateau est traversé par la D911, autrefois voie royale puis nationale. Elle met en relation Cahors à Millau et constitue un axe structurant pour la région bien qu'elle évite les principaux villages. En effet, c'était une voie militaire qui a été construite sur les crêtes pour éviter les guets-apens. Aujourd'hui elle constitue un axe majeur reliant la région à l'A75 à Millau.
Le développement du tourisme et la politique de désenclavement du Conseil départemental de l'Aveyron ont rendu le réseau routier de bonne qualité, notamment aux alentours des lacs de retenue EDF (D993).
Aucun chemin de fer ne traverse le plateau. Les gares les plus proches sont Rodez, Luc-la-Primaube, Millau et Sévérac-le-Château pour les plus importantes.
L'aéroport le plus proche est à environ, il s'agit de l'aéroport de Rodez-Aveyron. Un aérodrome est situé à l'extrême ouest du plateau, à Cassagnes-Bégonhès.
Cours d'eau Le Lévézou est un massif cristallin bien arrosé ( à de précipitations annuelles). Les rivières du Lévézou définissent les bassins hydrographiques du Viaur et de la Muze. La Muze et ses ruisseaux en rive droite, Musète, Cougoussac, Rieu-Balmés, Vabre, le Bruel, les Planquettes, Salesse, drainent l'ensemble du versant sud du Lévézou et se déversent dans le Tarn. Le Vioulou et la Douse absorbent les eaux du plateau et alimentent le bassin du Viaur.
Les communes du Lévézou Le Syndicat mixte du Lévézou regroupe jusqu'en 2025 deux communautés de communes : Communauté de communes du Pays de Salars : Agen-d'Aveyron, Arques, Comps-la-Grand-Ville, Flavin, Le Vibal, Pont-de-Salars, Prades-Salars, Salmiech, Trémouilles ; Communauté de communes de Lévézou Pareloup : Alrance, Arvieu, Canet-de-Salars, Curan, Saint-Laurent-de-Lévézou, Saint-Léons, Salles-Curan, Ségur, Vézins-de-Lévézou, Villefranche-de-Panat.
Ces trois structures ont fusionné le , pour former la communauté de communes du Lévézou.
thumb|center|upright=2.5|Les crêtes du Lévézou
Hydrographie
Dans les années 1950, profitant de précipitations annuelles moyennes importantes et de son caractère surélevé par rapport au reste de la région, de nombreux barrages hydroélectriques ont été construits sur les principales rivières : barrage de Pont-de-Salars, sur le Viaur ; barrage du Bage, sur le Bage ; barrage de Pareloup sur le Vioulou ; barrage de Villefranche-de-Panat sur l'Alrance ; barrage de Pinet sur le Tarn ; barrage du Céor à Arvieu ; barrage du Pouget sur le Tarn.
Ils consistent à collecter l'eau du Viaur et de ses affluents pour les faire chuter dans le Tarn au niveau du Pouget (chute de ).
Économie
La région est principalement agricole : élevage de bovins et ovins pour la viande et le lait notamment celui de brebis pour la production du roquefort. Les élevages alimentent les plus grands marchés aux bestiaux de France qui se situent en bordure du plateau (Laissac pour les bovins et les ovins, Réquista pour les ovins).
La sylviculture est bien développée également dans cette région ou les vallées sont boisées (feuillus) ainsi que les sommets plantés de résineux (forêts de Bouloc et du Lagast).
Nombreux barrages EDF qui forment un système ( de dénivelé) de collecte des eaux des rivières par des tunnels qui sont ensuite déversée dans le Tarn, au barrage du Pouget, en aval d'Ayssènes par une conduite forcée.
Le tourisme rural s'est beaucoup développé ces dernières années à cause des retenues d'eau artificielles (baignades, loisirs nautiques), et au riche patrimoine du pays. L'activité touristique peut faire tripler la population entre les mois de juin et de septembre. L'hiver, le Lévézou reste isolé par la neige et le froid car l'altitude est élevée pour ce département de moyenne montagne.
Les retenues d'eau artificielles sont : le lac de Pareloup (le plus vaste) () ; le lac de Pont-de-Salars () ; le lac de Villefranche-de-Panat () ; le lac de Bage () ; le lac de la Gourde ; le lac de Saint-Amans.
La création d'un parc à thème, Micropolis, la cité des insectes, en référence à la diversité biologique du massif et de son célèbre entomologiste Jean-Henri Fabre, a permis de compléter l'offre touristique.
Une diversification semble s'ajouter à l'économie locale. Après la domestication de l'eau des rivières, le développement de l'énergie éolienne est en cours, avec plusieurs parcs en exploitation (état des lieux en ) : 6 éoliennes à Viarouge de Ségur ; 29 éoliennes à Salles-Curan ; 6 éoliennes à Canet-de-Salars ; 13 éoliennes à Castelnau-Pégayrols ; 5 éoliennes de Lestrade-et-Thouels ; 8 éoliennes à Ayssènes.
thumb|Éoliennes dans les monts du Lévézou
Deux autres projets ont été autorisés en par le préfet : Flavin et Pont de Salars, 10 éoliennes et Lavernhe de Séverac, 4 éoliennes.
Les principaux bourgs d'activités et de commerces sont Pont-de-Salars, Salles-Curan, Arvieu, Villefranche-de-Panat.
Patrimoine
Au Moyen Âge, de nombreux châteaux forts ont été construits. Les châteaux sont très nombreux, dont ceux restant en bon état : le château de Vézins ; le château de Saint-Beauzély ; le château de Salles-Curan ; le château de Castelnau-Pégayrols ; le château bas de Montjaux. Plusieurs musées sont présents sur le Lévézou : le musée du charroi rural à Salmiech ; le musée des métiers de la pierre et de la vie rurale au château de Saint-Beauzély ; le musée Eugène Viala à Salles-Curan ; la maison natale Jean-Henri Fabre à Saint-Léons. Les autres éléments importants du patrimoine sont : la tour de Peyrebrune, commune d'Alrance ; l'abbaye Notre-Dame de Bonnecombe, commune de Comps-la-Grand-Ville ; le prieuré de Comberoumal : prieuré de Grandmontains, fondé en 1210 par Henri de Rodez, comte de Rodez ; le dolmen de Saint-Louis, près de Villefranche-de-Panat ; l'église de Canet-de-Salars, dite « cathédrale du Lévézou » ; la chapelle de Notre-Dame-d'Aures, commune d'Arvieu.
Écologie La confrontation du climat montagnard et continental l'hiver avec le climat méditerranéen l'été conduit à des conditions environnementales particulièrement riches au niveau de la flore et faune comme dans tout le département.
Le célèbre entomologiste Jean-Henri Fabre y a étudié de nombreuses espèces d'insectes entre autres. L'intérêt écologique de la région a été « sacralisé » par la production d'un documentaire à succès Microcosmos : Le Peuple de l'herbe. Un parc à thème, Micropolis, la cité des insectes a été construit à Saint-Léons afin d'initier le public à cette richesse.