Le château Ganne est un ancien château fort des dont les vestiges se dressent sur le territoire de la commune française de La Pommeraye, dans le département du Calvados, en région Normandie. Acquis par le conseil général du Calvados en 2003, le château Ganne fait l'objet de fouilles archéologiques et fait partie d'un projet d'étude pluridisciplinaire mené par le conseil général.

Le nom de château Ganne lui a été attribué au . Il portait auparavant le nom de château de la Pommeraye.

Localisation Les vestiges du château sont situées sur les anciennes terres du château de La Pommeraye, dans le département français du Calvados. Il est localisé au sein d'une région accidentée surnommée la Suisse normande.

Toponymie De nombreux châteaux, notamment en Normandie, portent le nom de Ganne. Ce serait le surnom du père de Ganelon qui causa la mort de Roland à Roncevaux en trahissant CharlemagneAnne-Marie Flambard Héricher (dir.), Le château Ganne : premiers résultats de la fouille archéologique, ..

Historique Le château est possession des seigneurs de La Pommeraye jusqu'au milieu du . En 1167, les chanoines de l'abbaye du Val se voient confier la chapelle castrale par de la Pommeraye. En 1180, le château lui est confisqué pour des raisons inconnues par le roi d'Angleterre et duc de Normandie . La famille en reprend possession au début du . À la mort de de La Pommeraye en 1219, le château est transmis à un neveu, de la famille de Fontaine, et non à son fils Henri. La famille de Fontaine en est encore détentrice au début du . Le château change par la suite, à de nombreuses reprises, de propriétaireAnne-Marie Flambard Héricher (dir.), Le château Ganne..., ..

Le château est aménagé en parc romantique à la fin du . De cette époque naît la légende qui veut que le château aurait été celui de Ganelon.. La tempête de fin décembre 1999 a dévasté les bois qui entouraient les ruines du château.

De 2004 à 2011, Anne-Marie Flambard Héricher y conduit des fouilles archéologiques.

Description Le château se compose de trois enclos successifs de plus en plus défendus : une première basse-cour, une deuxième basse-cour, la haute-cour. L'ensemble du dispositif défensif, constitué dans son premier état de la pente naturelle, de fossés et de remparts de terre élevés avec les terres extraites et couronnés de palissades de bois, s'étend sur de long et de largeAnne-Marie Flambard Héricher (dir.), Le château Ganne..., ..

vignette|gauche|Le mur sud de la tour et le porche en appareil en arête-de-poisson. vignette|La tour porche du château Ganne à l'intérieur de la haute-cour (2022). La première basse-cour, d'une superficie de , est ceinturée d'un talus et d'un fossé. Plusieurs chemins se rejoignent dans cette zone avant d'arriver à la porte donnant sur la deuxième basse-cour. Celle-ci mesure de long sur de large. Un rempart de terre, mais aussi un fossé entre les deux basses-cours, en assurent la défense. Une courtine maçonnée fut construite lors de la dernière phase d'occupationAnne-Marie Flambard Héricher (dir.), Le château Ganne..., p. 18-27. Dans cette partie du site, les fouilles archéologiques ont révélé la présence d'un puits, d'un bâtiment résidentiel, d'un bâtiment domestique, d'une chapelle. Le premier édifice fut construit au en grès schisteux, le calcaire étant réservé aux piédroits des portes. Une volonté ostentatoire se perçoit par la présence de colonnettes encadrant les ouvertures et, à l'étage, de fenêtres munies de vitres, une rareté à l'époque. Ces éléments indiquent qu'il pourrait s'agir d'une salle d'apparat servant à accueillir les hôtes. Un escalier de bois devait permettre l'accès à l'étage, lequel est séparé du rez-de-chaussée par un plancher de boisAnne-Marie Flambard Héricher (dir.), Le château Ganne..., .. Le bâtiment domestique est construit en grès schisteux à la fin du . Il contient un four à pain. Différentes activités domestiques semblent y avoir été menées. Dans un second temps, le puits, jusque-là d'accès libre, est couvert et rattaché à l'édifice par un couloir de pierre. Le bâtiment de pierre fut précédé au début du par une cabane en bois et par appentis à claire-voie abritant un foyerAnne-Marie Flambard Héricher (dir.), Le château Ganne..., .. La première mention de la chapelle date de 1167. Comme pour le bâtiment résidentiel, le calcaire est employé pour souligner des lignes de force de l'architecture. Des vitrages étaient disposés aux fenêtres et les murs recouverts de peintures murales à figures géométriques et peut-être aussi figuratives très colorées. Des pierres sculptées réemployées d'un bâtiment du ornaient les murs. Des fonts baptismaux et des banquettes sont rajoutés à la fin du Anne-Marie Flambard Héricher (dir.), Le château Ganne..., ..

La deuxième basse-cour est séparée de la haute-cour, dernier réduit du château par un fossé de de profondeur pour de large. Un pont avec une partie mobile devait le traverser devant la tour-porche. Cette tour présente des piédroits en calcaire et quelques maçonneries de grès schisteux en arête-de-poisson. Un large passage voûté à sa base permettait le passage de charrettesAnne-Marie Flambard Héricher (dir.), Le château Ganne..., .. La haute-cour, ovale, est longue de et large de . Un mur de pierre en faisait le tour. Cette partie du site n'avait pas encore fait l'objet de fouilles en 2008.

Protection Les vestiges du château, visibles et non visibles, sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du .. Le site est racheté par le conseil départemental du Calvados en 2003 et les abords du château sont classés espaces naturels sensibles.

Voir aussi

Bibliographie ..

Liens externes

Le château Ganne sur le site de l'office de tourisme de la Suisse normande Le chantier de fouille Le château Ganne, chantier archéologique du CRAHAM

Notes et références

Ganne Ganne Ganne Catégorie:Monument historique inscrit en 2000 Ganne Catégorie:Calvados au Moyen Âge Catégorie:Normandie au XIe siècle Catégorie:Château fort du Moyen Âge central