vignette|Affiche par Hugo d'Alesi pour les engrais produits par Saint-Gobain.

Saint-Gobain est une entreprise française spécialisée dans la production, la transformation et distribution de matériaux.

Fondée en 1665 par Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) sous le nom de Manufacture royale des glaces, l'entreprise est présente dans et emploie en 2021 près de . Depuis 2019, le siège social de l’entreprise se trouve à La Défense, 12 place de l’Iris, dans la commune de Courbevoie (92400).

Historique

Le roi Henri II installe une verrerie à Saint-Germain-en-Laye près du château, dans une maison située à l'angle des actuelles rues Henri IV et Saint-Louis, sur une partie de la caserne Grammont, qu'il donne à l'italien Thesco Mutio, avec privilège de produire pour tout le royaume du verre Venise, c'est-à-dire du miroir ; en 1558 il le naturalise, l'anoblit avec ses enfants, et l'agrège à la communauté des gentilshommes verriers. La verrerie royale de Saint-Germain est toujours en activité en 1672 et 1776 et donne son nom à la rue de la Verrerie, devenue rue Saint-Louis.

De Louis XIV à l'après-guerre vignette|Ancien siège de l'entreprise, situé 1 place des Saussaies à Paris. La Manufacture royale de glaces de miroirs de Saint-Gobain est créée en 1665 sous le règne de Louis XIV par son ministre des finances Jean-Baptiste Colbert, afin de donner à la France une dépendance moindre aux productions de verre vénitiennes.

Entre 1678 et 1684, la compagnie participe à la construction de la galerie des Glaces du château de Versailles. En 1693, elle s'établit en Picardie à Saint-Gobain (aujourd'hui dans le département de l'Aisne), sur le site de l'ancien château médiéval. Cette implantation est motivée par le besoin de conserver le secret industriel, mais plus encore par les besoins en bois énergie. En effet, dans les années 1770, la glacerie est l'établissement industriel qui consomme le plus de bois en France (près de par an). Ces besoins considérables conduisent à un véritable façonnement des paysages forestiers, gérés presque exclusivement pour répondre à la demande industrielle, ..

Pierre François Geoffrin est l'un des dirigeants de la Manufacture royale de glaces de miroirs au , et son épouse et sa fille en deviendront actionnaires à son décès. La célèbre Madame Geoffrin utilisera son salon littéraire connu dans toute l'Europe, et sa fille, Marie-Thérèse de La Ferté-Imbault, sa position à Versailles à la cour de Louis XV, pour obtenir le renouvellement des privilèges de la Manufacture. Ces privilèges disparaîtront à la Révolution.

La Manufacture passe la révolution industrielle en se dotant d'une fabrique de soude artificielle en 1806. Elle change de statut en 1830, pour devenir une société anonyme. En 1858, elle fusionne avec les Manufactures de glaces et verres de Saint-Quirin, Cirey et Monthermé de la famille Guaita (Chevandier de Valdrome, Roederer, Guaita).. En 1866, la Société des Manufactures des glaces et produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey acquiert la fabrique d’acide sulfurique de John Frédéric Boyd située rue du Landy à Aubervilliers. En 1872, elle fusionne avec la Société Perret et fils, pour exploiter de la pyrite de fer, nécessaire à l'élaboration de la soude blanche..

En 1913, elle est, avec Schneider et Cie, l'une des deux entreprises industrielles figurant au palmarès des vingt premières capitalisations françaises.. En 1936, Saint-Gobain devient la huitième capitalisation boursière française, après la montée en puissance des sociétés industrielles françaises à la Bourse.

Saint-Gobain fonde, en 1924, avec les Papeteries Navarre, la Société de la Cellulose du pin dont la papeterie se situe à Facture, commune de Biganos (Gironde). Saint-Gobain, recentre ses activités en revendant sa branche papeterie en 1994 au groupe Smurfit.

En 1934 Saint-Gobain fonde la verrerie Duralex connue pour ses produits en verre trempé qui sera par la suite cédée au verrier italien Bormioli Rocco en 1997, puis en 1952 Saint-Gobain crée à Courbevoie, à la demande du CEA, un service d'étude et développement pour le retraitement des combustibles nucléaires appelé « Service plutonium » fin 1954, qui est filialisé le sous le nom « Saint-Gobain Nucléaire » (SGN) et détenant 85 % du capital (la Société de produits chimiques et de raffineries de Berre et la société Quartz et silices détenaient les autres 15 %).

Années 1960 à 2000 Malgré un chiffre d'affaires toujours favorable, les années 1960 sont difficiles pour Saint-Gobain, du fait des marges bénéficiaires qui s'affaiblissent, du taux d'endettement qui s'accroît, de l'actionnariat qui devient dispersé et d'une chute du cours de l'action de 86 % entre 1960 et 1967.

C'est dans ce contexte qu'en Boussois-Souchon-Neuvesel (BSN) lance sur l'entreprise une OPA, qui échoue, la laissant exsangue et à court de disponibilités. La société Pont-à-Mousson SA compte, à ce moment-là, d'importantes disponibilités et une prestance dans le secteur de la sidérurgie (leader mondial du tuyau en fonte), qui lui confèrent le poids rendant possible une fusion avec Saint-Gobain. Celle-ci se prépare durant toute l'année 1969 et est effective en . Cette fusion, , donne naissance à un groupe d'envergure mondiale. Si, au départ, Pont-à-Mousson avait plus de poids dans le groupe la situation s'est inversée depuis et Saint-Gobain PAM (nouveau nom de la filiale Pont-à-Mousson) n'est plus qu'une filiale entre d'innombrables autres du groupe Saint-Gobain. Le seul signe encore apparent de la fusion est la présence du pont, symbole de Pont-à-Mousson, dans son logo.

En 1977, Saint-Gobain vend à la COGEMA, filiale à 100 % du CEA Industrie, 60 % des actions de la SGN, avec pour objectif la construction des futures usines de la Hague, et dont la nouvelle raison sociale devient Société générale pour les techniques Nouvelles.

Le groupe est nationalisé en 1982Voir l'article : Loi de nationalisation du 13 février 1982. par le gouvernement Mauroy. Il est à nouveau privatisé en 1986.

À partir des années 2000 Les activités de fabrication de conditionnement, principalement en verre, pour l'agroalimentaire, les boissons, la parfumerie prennent le nom de Verallia depuis 2010. Cette branche représentait fin 2009 , de bouteilles et de pots fabriqués, et six centres techniques et de R&D. Le groupe tente depuis 2011 de se recentrer sur les métiers de l'habitat et veut donc se séparer de sa branche conditionnement en faisant entrer Verallia en bourse. Le marché n'ayant pas été propice depuis, cette entrée en bourse ne s'est pas encore faite.

À la mi-2014, Saint-Gobain vend les activités en Amérique du Nord de Verallia pour d'euros à Ardagh..

vignette|upright=1.3|Panneau de protestation contre la vente de la verrerie de Vauxrot à Cuffies (Verallia), en juin 2015.

En , Saint-Gobain annonce l'acquisition de Phoenix Coating Resources, qui fabrique de la céramique pour l'aéronautique, qu'elle intégrera à sa division Matériaux Céramiques.. Cette acquisition permet au groupe de se renforcer dans l'aéronautique, et de devenir fournisseur du moteur LEAP de CFM InternationalL'Usine nouvelle du 26 juin 2014, page 9..

Le , l'entreprise annonce la prise de contrôle du suisse Sika (leader des produits chimiques destinés à la construction) grâce à l'achat d'un holding détenant 16,1 % du capital et 52,4 % des droits de vote de l'industriel.. En , Saint-Gobain signe un accord complexe avec Sika, mettant fin à leur conflit liée à cette tentative d'acquisition. À la suite de cet accord, Saint-Gobain acquiert une participation de 17 % dans Sika.

En , Saint-Gobain annonce la vente de sa filiale Verallia, qui fabrique des emballages en verre, au fonds d'investissement Apollo Global Management pour d'euros.. À compter d', les filiales d’Apollo Global Management et BPI France détiennent respectivement 90 % et 10 % du capital de Verallia. En , Saint-Gobain acquiert les 49 % qu'il ne détenait pas dans Cipta Mortar Utama, entreprise indonésienne de petite taille spécialisée dans les mortiers.

En , Saint-Gobain annonce l'acquisition de E-Mix, entreprise singapourienne spécialisée dans les mortiers, pour d'euros.. En , Saint-Gobain annonce avoir acquis 100 % du capital de la société roumaine Pietta Glass Working, spécialisée dans la transformation verrière.

Le , Saint-Gobain ainsi que son ex-filiale Verallia ont été touchés par une attaque informatique majeure. Le , Saint-Gobain annonce qu'elle va racheter le norvégien Per Strand.

En , Saint-Gobain finalise l'acquisition de Continental Building Products, une entreprise américaine spécialisée dans le plâtre, pour de dollars.

Début , Saint-Gobain annonce doubler sa production de laine de verre pour répondre à une forte demande en termes d'isolation. Une nouvelle ligne de fabrication est ainsi inaugurée à Chemillé, en Maine-et-Loire. Saint-Gobain a consenti un investissement de d'euros après avoir dû importer de la laine de verre l'année précédente en raison d'une trop forte demande, particulièrement dans l'ouest de la France..

Fin , Saint-Gobain revend les parts qu'elle possède au sein de l'entreprise suisse Sika pour une valeur totale estimée à d'euros.

En , Saint-Gobain rachète l'entreprise Panofrance au groupe Chausson. Fin , Saint-Gobain acquiert pour 1,02 milliard d'euros l'un des leaders mondiaux de la chimie de construction, le Français Chryso, spécialiste des additifs pour ciments et bétons. En , Saint-Gobain annonce l'acquisition pour de dollars de GCP Applied Technologies, une entreprise américaine spécialisée également dans les additifs. Dans le même temps, elle cède ses activités de transformation de verre au Danemark. Il s'agit de plusieurs sites employant environ pour un chiffre d'affaires évalué à trente millions d'euros en 2020.. En , Saint-Gobain annonce l'acquisition de Kaycan, une entreprise canadienne, pour d'euros..

Début , Saint-Gobain annonce plusieurs cessions: le groupe va ainsi se séparer de son activité cristaux et détecteurs et entre en négociations exclusives avec deux fonds américains, SK Capital Partners et Edgewater Capital Partners qui ont formulé une offre de de dollars.. Par ailleurs, plusieurs sites de transformation verrière situés dans le Nord de la France sont cédés à des investisseurs privés portés par d'anciens manageurs du groupe..

En , Le fabricant annonce avoir fait l’acquisition de Building Products of Canada, afin de se developper dans le secteur de la construction durable au Canada.

En , Saint-Gobain annonce l’acquisition de l’entreprise tchèque Glass Service, spécialisée dans les systèmes de contrôle et de modélisation de l’efficacité énergétique des fours à verre. Ce rachat s’inscrit dans le cadre de l’initiative “Grow & Impact” de Saint-Gobain pour réduire ses émissions de CO2 et accélérer la décarbonation de ses activités. En , Saint-Gobain annonce l'acquisition de Bailey, une entreprise canadienne spécialisée dans les ossatures en métal pour 600 millions d'euros.

Domaines d'activité et produits vignette|upright=2|Cartes des pays où sont implantés les sites de production Saint-Gobain dans le monde.

L’organisation de Saint-Gobain reposait jusqu’à fin 2018 sur un système matriciel, avec trois Pôles d’activité (Matériaux Innovants, Produits pour la Construction, Distribution Bâtiment) et 14 Délégations Générales coordonnant les actions du Groupe et le représentant dans ses différents pays d’implantation. Avec le plan « Transform & Grow » lancé le , une nouvelle organisation a été mise en place plus proche des marchés avec l’objectif de servir au mieux les clients du Groupe et de leur proposer une offre élargie et plus intégrée.