Émile Guimet, né le à Lyon et mort le à Fleurieu-sur-Saône, est un industriel français et un collectionneur d'objets d'art extra-européens. Il s'est passionné pour les civilisations qu'il a étudiées au cours de nombreux voyages. Ses collections asiatiques ont donné naissance au musée national des arts asiatiques - Guimet.

Biographie Famille et jeunesse vignette|L'Orphéon, construit à Neuville-sur-Saône. Jean-Baptiste Guimet, le père d'Émile Étienne Guimet, est l'inventeur du bleu outremer artificiel (le « bleu Guimet ») et le fondateur de Pechiney. Sa mère Rosalie Bidauld, dite Zélie, fille et nièce de peintre à sujets historiques, est elle-même une peintre reconnue de l'École lyonnaise et une musicienne..

Dans ses jeunes années Émile pratique la céramique, la peinture et la musique.. Plus tard, il dirigera une chorale, et composera des œuvres musicales, pour lesquelles il fera construire un orphéon à Neuville-sur-Saône, ville qui lui doit aussi son éclairage public, une école maternelle et une bibliothèque.

Industriel En 1860, Émile prend sans enthousiasme la direction de l'entreprise paternelle, dont il hérite en 1871, à la mort de son père. Il développe l'usine, que celui-ci avait créée à Fleurieu-sur-Saône, dans la banlieue nord de Lyon, en réalisant l'extension des bâtiments, la construction de nouveaux fours, la création d'une halte sur la ligne de chemin de fer voisine et d'un ponton sur la Saône. En 1878, année de la 3e exposition universelle française, l'usine emploie 150 ouvriers et produit d'outremer.

Émile préside également jusqu'à sa mort le directoire de la société Henry Merle et Compagnie, créée quelques années auparavant avec des capitaux familiaux, et qui deviendra Pechiney. L'entreprise florissante se transforme en société anonyme en 1895.. Il administre également la Compagnie de Navigation Mixte dont le siège est à Marseille.

Collectionneur

Parallèlement à ses activités d'industriel, Émile Guimet entreprend des voyages. Le premier date de 1865-1866 en Égypte, destination à la mode des égyptomanes. La visite du musée de Boulaq et des temples antiques le pousse à entreprendre une collection. Il rapporte en France de nombreux objets comme des stèles, statues, sarcophages, figurines funéraires, papyrus, amulettes ou momiesGeneviève Galliano, « Un jour, j'achetai une momie... Émile Guimet et l'Égypte antique », exposition au musée des Beaux-Arts de Lyon, du au .. Cependant, pour lui, ceux-ci sont avant tout une incitation à comprendre les civilisations :

vignette|Portrait d’Émile Guimet par Kawanabe Kyōsai. gauche|vignette|Rencontre entre Émile Guimet et un moine bouddhiste. Huile sur toile de Félix Régamey, 1876, Musée des Confluences, Lyon.. En 1876-1877, il effectue le tour du monde en compagnie du peintre Félix Régamey, il complète sa collection sur les religions et les philosophies des peuples de l'Antiquité et de l'Orient lointain. Il visite l'exposition universelle à Philadelphie. Il passe quelque temps au Japon, qui le marque particulièrement, popularisant le japonisme avec des personnalités comme Félix Bracquemond ou les GoncourtClaude Jacques, « Guimet (É.) », Universalis. et aussi Léon Dury..

Guimet souhaite créer un lieu où exposer ses objets. Il doit s'agir, selon ses propres mots, d'une « usine scientifique »Florence Calament, La révélation d'Antinoé par Albert Gayet : histoire, archéologie, muséographie, Institut français d'archéologie orientale, 2005, . Il l'appelle aussi son « laboratoire d'idées ».. Le projet d'Émile Guimet est de proposer une histoire comparée de la pensée religieuse sous forme d'un musée des Religions. Ce musée se découpe en trois parties : au rez-de-chaussée, objets d'art de la Chine et du Japon ; au premier , un panorama des religions d'Extrême-Orient ; au second, un aperçu des religions d'Égypte, de la Grèce et de l'Italie.. Guimet est d'autant plus audacieux et novateur que l'étude des religions n'en est qu'à ses débuts ; une chaire d'histoire des religions est d'ailleurs créée en 1880 au Collège de France. En cette fin du , la société française est divisée et les querelles, qui, opposent cléricaux et anticléricaux, conduiront à la séparation de l'Église et de l'État en 1905.. Un musée d'histoire naturelle - Guimet ouvre donc à Lyon en 1879. Déçu par la fréquentation de son musée et par l'accueil que lui réserve la municipalité, il fait don de ses collections à l'État en 1884Jeannine Auboyer, "Guimet, Émile", Grove Art Online..

Un nouveau musée Guimet, créé à ses frais, ouvre alors à Paris en 1889 : c'est un grand succès public, et il en devient directeur à vie. En 1913, la ville de Lyon ouvre un musée Guimet au sein du muséum d'histoire naturelle. Edouard Herriot, devenu maire de Lyon, sollicite Emile Guimet pour lui proposer un retour d’une partie de ses collections, donnant ainsi naissance au deuxième musée Guimet. Un livret explicatif accompagne le visiteur dans son parcours. Ce musée est fermé en juillet 2007, ses collections sont conservées au musée des Confluences.

Guimet, cofondateur du musée de Paris, est aussi le vice-président, dès 1900, avec Louis-Émile Bertin (1840-1924), qui en est le président, de la Société franco-japonaise de Paris, dont le siège est au pavillon de Marsan, au sein du palais du Louvre à Paris.

Mariage et descendance De retour de son voyage en Orient, il épouse, le , Lucie Sanlaville, qui meurt après seulement trois mois de mariage. Ils n'ont aucune descendance. Le 4 juin 1877, il se marie avec sa belle-sœur, Marthe Sanlaville, qui lui donne un fils unique, Jean Guimet (1880 - 1920). Celui-ci développe l'entreprise familiale et crée des usines à l'étranger ; en 1940, le bleu Guimet dispose de 140 agents dans le monde. Lui-même est père d'un fils unique, Jacques Émile Guimet (27 avril 1908 - 23 octobre 1989), qui reprend l'entreprise après la Seconde Guerre mondiale, mais il doit la céder à un concurrent anglais en 1967. Sur l'emplacement de l'usine de Fleurieu, il crée une zone d'activités artisanales.

vignette|left|Tombe d'Émile Guimet dans le cimetière de Loyasse. Décédé le , le corps d'Emile Guimet repose dans une chapelle du cimetière de Loyasse (5e arrondissement de Lyon), réalisée par l'architecte Prosper-Édouard Bissuel.

Décorations

Hommages et postérité La rue du Musée Guimet se trouve devant l'ancien musée Guimet à Lyon 6e.

Œuvres d'Émile Guimet Œuvres littéraires vignette|Émile Guimet lors d'une inauguration au musée Guimet en 1910. Croquis égyptiens : Journal d’un touriste, Paris, 1867. Bonjour Kanagawa, illustrations de Félix Régamey Paris, 1876 ; trad. japonaise, Tokyo, 1977. Lettres sur l'Algérie, 1877. Rapport au Ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts sur la mission scientifique de M. Émile Guimet dans l’Extrême-Orient, Lyon, 1878. . .

Huit jours aux Indes, Hachette, 1889 (dessins d'après nature par Félix Régamey), Editions Libretto, Coll. Libretto, 2016. Le Jubilé du musée Guimet : de sa fondation, 1879–1904, Paris, 1904. Cinquantenaire du musée Guimet : janvier 1860 – janvier 1910, Paris, 1910.

Œuvres musicales L'Œuf blanc et l'œuf rouge, ballet, créé à Lyon le 27 novembre 1867. Tai-Tsoung, opéra en cinq actes, 1894, inspiré de la vie de Tai-Tsoung.

Discours et écrits théoriques

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Musée Guimet

Bibliographie

Ouvrages et chapitres d'ouvrage . .

Articles

Liens externes

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