L'opération Strike of the Sword ou opération Khanjar (en français opération Coup d'épée) est une offensive américaine menée dans la province du Helmand dans le Sud de l'Afghanistan. Environ marines de la expéditionnaire des marines ainsi que 650 troupes afghanes sont engagées, appuyées par des avions de l'OTAN. L'opération démarre quand les unités pénètrent dans la vallée de la rivière Helmand aux premières heures du . Cette opération est la plus grande offensive des marines américains depuis la bataille de Falloujah en 2004. C'est aussi la plus grande opération aéroportée lancée par les marines depuis la guerre du Viêt Nam.
Les marines effectuent surtout une poussée dans trois villes significatives d'une zone s'étirant sur dans la vallée de la rivière Helmand au sud de Lashkar Gah. Deux bataillons d'infanterie et un bataillon de reconnaissance blindé léger (Light Armored Reconnaissance Battalion ou LAR) des marines sont le fer de lance de l'opération. Au nord, le , marines (2/8) avance sur la région de . Dans le centre du Helmand, le , marines (1/5) avance sur vers le sud de Lashkar Gah, et le de reconnaissance blindé ( LAR) entre dans Khanashin dans la région de Khanashin
Contexte La forteresse talibane Depuis 2001, la province du Helmand est considérée comme étant une forteresse talibane et reste une des provinces les plus dangereuses pour les troupes de la coalition en Afghanistan, où se trouvent notamment les troupes britanniques, dans une impasse depuis 2006. La vaste étendue de terre rend le contrôle de la province difficile, et les volontaires venus du monde arabe ainsi que les centaines de nationalistes afghans des environs continuent de rejoindre les insurgés. Une préoccupation croissante des militaires américains et de certains responsables du Renseignement porte sur le fait que la plupart de la violence qui sévit dans le Helmand est liée aux flux de combattants et de munitions venant de la région du Baloutchistan au Pakistan.
Renfort de troupes Pour aider à endiguer l'insurrection talibane toujours plus violente, le président Obama approuve, le , une augmentation des forces américaines en Afghanistan, comme l'avait fait en 2007 le président Bush. Au début de l'année 2009, plus de marines sont envoyés dans le Sud du pays, premiers renforts sur les hommes supplémentaires prévus.
Les défis militaires La ville de est un exemple clair pour les experts de l'Afghanistan des défis auxquels doivent faire face les forces américaines pour changer le cours de la guerre avec un nombre limité de troupes. La ville est synonyme d'impasse depuis 2006. Jamais l'armée britannique ou les forces de l'armée estonienne ne furent capables de dominer la région. Depuis sa prise en charge par les Américains en , les marines se retrouvent dans une situation similaire.
Pendant des mois, une seule compagnie de marines est affectée à la ville. Les demandes de renforts supplémentaires n'aboutissent pas car les haut-gradés chez les marines donnent la priorité aux zones où se trouvent le plus de civils. Même si la victoire finale n'est pas possible, l'idée derrière cette unique compagnie de marines se battant avec acharnement contre les talibans, est d'occuper les insurgés pendant que d'autres unités tentent de gagner des batailles de moindre importance mais plus de confiance parmi la population, ailleurs.
En avec trois bataillons dans la région (le , marines (3/8), le , marines (2/3) et le , marines (2/14)), les marines sont finalement capables de repousser la ligne de front de quelques centaines de mètres et de créer une large zone tampon autour des positions américaines. Un nombre important d'insurgés sont par la même occasion tués.
Cependant, à la fin du mois de , la localité est toujours dans une impasse et reste une ville fantôme.
Pression politique L'élection présidentielle afghane de 2009, prévue pour être organisée le , a été de plus en plus remise en question. Les critiques se demandaient comment une élection nationale aussi significative pouvait se tenir alors que les militants talibans contrôlent tant de territoire au sud de l'Afghanistan.
Buts de l'opération L'amiral Michael Mullen, chef d'état-major des armées des États-Unis, explique que le but de l'opération n'est pas de bouter les talibans hors des zones qu'ils contrôlent, mais de sécuriser la zone pour permettre au gouvernement afghan d'agir. Le général de brigade Larry Nicholson, commandant la expéditionnaire des marines, déclare que l'opération vise à améliorer la sécurité avant l'élection présidentielle, permettant l'inscription des électeurs là où avant il n'y en avait pas. Les marines ont prévu d'attaquer massivement puis de consolider la position de la FIAS dans la région.
Chronologie Début de l'action militaire
L'opération commence autour de 1h00 (heure locale) quand les marines du , marines (1/5), sont déposés par des hélicoptères CH-47 et UH-60 de la aéroportée, dans des champs autour de la ville de Nawa-l-Barakzayi, au sud de Lashkar Gah. Les premiers coups de feu de l'opération sont tirés au lever du jour (autour de 6h15) quand une unité de marines essuie des tirs à l'arme légère depuis une rangée d'arbres. Des hélicoptères d'attaque Cobra sont appelés et effectuent une série de tirs sur la rangée d'arbre d'où provenaient les tirs. Dans le même temps, les marines du , marines (2/8), sont largués par hélicoptères juste à l'extérieur de la ville de Sorkh-Duz. Cette dernière se situe entre Nawa-l-Barakzayi et Garmsir. La température extérieure dépasse alors les .
La retenue américaine Bien que l'opération vise à éliminer la menace talibane, le principal objectif de l'opération est de gagner la confiance de la population locale et de les protéger de cette menace. Pour atteindre ce but, les unités de marines exercent une retenue militaire lors des accrochages avec les insurgés. Bien qu'ils soient confrontés à des bombes artisanales et des attaques à l'arme légère, avec pour résultat la mort d'un marine et plusieurs blessés, le commandement décide d'éviter de répondre aux attaques. Durant les premières 24 heures de l'opération, les marines n'utilisent pas l'artillerie ou ne font pas appel aux avions de combat pour larguer des bombes.
Les pertes civiles sont un problème que le général Stanley McChrystal, commandants les forces américaines en Afghanistan et de la FIAS, tient à souligner avant l'opération, précisant que c'est une façon sûre de perdre la confiance parmi les gens du pays, indépendamment du nombre de boucliers humains que les talibans peuvent utiliser dans une seule journée. McChrystal va plus loin en expliquant la nécessité d'une surveillance constante afin de déjouer les tentatives d'assassinats visant des civils perpétrées par les talibans, qui ensuite revendiquent ces atrocités comme étant des dommages collatéraux liés aux Américains. Bien que dans des circonstances similaires, les troupes auraient normalement fait appel à des frappes aériennes, les responsables des marines pratiquent ce qu'ils appellent la « patience tactique », dans un effort de réduire davantage les pertes civiles liées à la coalition, grâce à des règles d'engagement strictes.
Le , premier jour de l'opération, les marines du 1/5 se retrouvent face à un groupe d'environ 20 militants retranchés dans une construction de briques et de boue à Nawa-l-Barakzayi. Les marines s'abstiennent de faire appel à une frappe aérienne menée par des avions de combat et préfèrent utiliser les mitrailleuses Gatling de de leurs hélicoptères d'attaque AH-1W SuperCobra afin de limiter le risque de pertes civiles. Les militants réussissent cependant à fuir. Bien qu'essuyant des tirs, les marines s'abstiennent de détruire de nombreuses constructions car ils ne peuvent confirmer l'absence de civils à l'intérieur.
Les officiers des marines distribuent des tracts expliquant leur présence et discutent avec les habitants à l'aide de leurs interprètes afghan. Quelques compagnies de marines, par respect, ainsi que pour protéger les habitants de représailles talibanes, passent la nuit dans des habitations vides « avec la permission des gens du village », au lieu de construire des campements avec fils de fer et sacs de sable.
Le district de Garmsir
Les marines du , marines (2/8) ne rencontrent que peu ou pas de résistance au début. Le , les combattants talibans retranchés dans une enceinte fortifiée, ouvrent le feu sur les marines durant huit heures avant qu'un avion d'attaque au sol AV-8B Harrier II du VMA-214 détruise l'enceinte à l'aide d'une bombe de , tuant tous les talibans présents à l'intérieur, estimés à environ . Aucun marine n'est signalé blessé pendant l'action, et l'incident ne fait que retarder les plans américains de rencontre avec les anciens du village et quelques habitants. Les marines du 2/8 conduisent des patrouilles communes avec l'armée nationale afghane dans Sorkh-Duz et ses environs.
Le , des éléments du 2/8 sont pris dans des combats violents à Toshtay à 25 kilomètres au sud de Garmsir.
Le district de Nawa-l-Barakzayi Des centaines de marines du , marines (1/5) sont déposés par hélicoptères dans le village de Nawa-l-Barakzayi, rencontrant une résistance sporadique. Les commandants des marines pensent que les forces talibanes se sont repliées pour l'instant, afin d'observer les marines.
Le , des marines de la compagnie F, du , du de marines, et du de marines, ainsi que des troupes de l'ANA, bombardent une fortification talibane. Cinq insurgés sont tués et plus de 120 tonnes de graines de pavot, 33 sacs d'opium, 13 sacs de haschich, 50 barils de matières explosives, 20 fusils à culasse mobile, 20 engins explosifs improvisés (EEI) et près de 60 tonnes de fertilisant qui aurait pu servir de charges explosives, sont saisis.
Le district de Khan Neshin Le , près de 500 marines du LAR, avec 70 véhicules, arrivent à Khanashin, la capitale du district de Khan Neshin. Cette ville fut un bastion des talibans, et les forces de la coalition n'ont jamais réussi à maintenir une présence dans des zones aussi éloignées au sud de la vallée de la rivière Helmand. Les marines s'arrêtent en dehors du village, attendant que le chef du village leur donne la permission d'avancer. À la fin de la journée, les marines sont capables de négocier leur entrée dans la ville, ne rencontrant aucune résistance, et peuvent engager des pourparlers.
L'attaque des marines sur Dahaneh