Les (Mustelidae) sont une famille de mammifères carnivores caniformes, de la super-famille des Mustéloïdes. Ce sont des prédateurs, de taille variée (de à plus de ), avec un corps allongé et des pattes courtes. Ils possèdent des glandes sécrétrices développées, de chaque côté de l'anus, qui peuvent dégager une odeur musquée en cas d'attaque. Divisée en plusieurs sous-familles, la famille des Mustélidés comprend une soixantaines d’espèces réparties en une vingtaine de genres. Elle est proche de la famille des Méphitidés.
Taxonomie Histoire taxonomique On peut dire que la classification d’animaux semblable à des « Belettes » ou à des « Fouines » a été conceptualisé pour la première fois dans la taxonomie moderne sous le nom de genre Mustela, dès la première édition du Systema Naturæ de Carl von Linné. Dans la première édition, le genre est représenté par des espèces appelées M. martes, M. zibellina, M. viverra, M. mustela et M. putorius. Les espèces issues de la dixième édition du Systema Naturæ (1758) sont :
Certaines espèces comme le Blaireau (Ursus meles) ou le Carcajou (Ursus luscus) s’étaient vues placées dans le genre Ursus, genre nominal pour la famille des Ursidés.
Par la suite, au cours de la fin du , divers nouvelles subdivisions seront créé, notamment Lutra, Martes ou encore Meles, mais qui reste rattaché aux plantigrades.
Pour ce qui est du regroupement de genres, une famille en tant que tel, la première mention d’un tel « groupe » a été décrite pour la première fois en 1817 par le naturaliste saxon devenu sujet russe Gotthelf Fischer von Waldheim, toutefois, cette « famille » désignée par l’auteur sous le nom de Mustelinorum a une systématique totalement différente de la famille que l’on connaît actuellement et qui sert de base taxonomique pour les Mustélidés ainsi que les Mustélinés. La systématique de ce groupe est la suivante :
En 1821, le zoologiste britannique John Edward Gray tente de mettre un peu d’ordre dans la famille, allant des Belettes et Putois (Putorius), des Martes (Mustela), des Mouffettes (Mephitis) jusqu’aux Loutres (Lutra), les Blaireaux (Meles) et les Gloutons (Gulo) sont en revanche toujours dans la famille des Ursidés.
L’inclusion de ces plus gros genres se fera au cours des années 1830-1860, c’est au cours de cette période que les grandes sous-familles seront constituées, en 1838 Charles-Lucien Bonaparte théorise les subdivisions Melina et Lutrina pour les Blaireaux et les Loutres, mais ce sont ici des groupes de carnivores indépendants. Dans un document publié en 1845, le même auteur intègre finalement le groupe des Melina dans la famille des Mustélidés. D’autres auteurs ont tenté de classer les blaireaux parmi les Mustélidés, certains d’entre eux y ont même intégré la sous-famille des Ursinae. vignette|gauche|Illustration des différentes espèces de Mustélidés telle qu’elle était théorisée à la fin du , dans le Johnson's household book of nature, 1880. Durant les années 1860, la systématique des mammifères connaît une période d'intenses révisions, portée par l'analyse minutieuse des pièces ostéologiques et des formules dentaires. Au cœur de cette dynamique, le zoologiste britannique John Edward Gray, alors conservateur des collections zoologiques au British Museum, propose en 1865 une refonte de la famille des Mustélidés dans les Proceedings of the Zoological Society of London. Ce jalon initial permet d'introduire des critères morphologiques fins, isolant des caractères crâniens précis sous des appellations qui marqueront durablement l'histoire naturelle (à l'instar des sous-groupes ou genres Pekania, Neogale, Lutrogale ou Melogale). Cependant, la véritable rupture conceptuelle survient en 1869 avec la publication de son ouvrage magistral : le Catalogue of carnivorous, pachydermatous, and edentate Mammalia in the British museum. Dans ce traité, Gray parachève sa vision en scindant radicalement l'ancienne grande famille unifiée en deux entités distinctes : La famille des Mustelidae (restreinte aux formes digitigrades, semi-aquatiques ou strictement marines), ainsi que la famille des Melinidae (érigée pour regrouper les formes plantigrades et fouisseuses, telles que les blaireaux et les mouffettes).
Cette réorganisation en deux blocs et la création de nouvelles divisions, comme le genre de loutre japonaise Lutronectes ou l'adjonction de l'espèce Lutra Swinhoei, influenceront directement les taxonomistes du début du . Comme le soulignera plus tard Reginald Innes Pocock en 1921, les « tribus » de Gray serviront de fondations directes pour l'établissement des sous-familles modernes (Mustelinae, Melinae, Mephitinae) intégrées par la suite dans les classifications de référence.
Dans sa révision globale de 1921, Reginald Innes Pocock remanie en profondeur la classification des Mustélidés en s'appuyant sur les caractères externes et les organes génitaux, défendant le morcellement de la famille en groupes parfois monotypiques pour mieux refléter leurs affinités réelles. Il propose ainsi plusieurs nouvelles sous-familles : les Lataxinae (remplaçant les Enhydrina pour le genre marin Latax), les Tayrinae (isolant la tayra des grisons), les Lyncodontinae (dédiés à Lyncodon en raison de ses spécificités podales et crâniennes) et les Grisoninae (pour les genres Grison et Grisonella). Parallèlement, il restreint les groupes existants : les Mustelinae sont limités aux hermines, belettes et putois (Mustela, Gale, Plesiogale, Putorius, Vormela) selon la structure de leur bulle tympanique et de leur baculum ; les Martinae (Martes, Charronia) en sont séparés par leurs bulles auditives et leurs mâchoires plus longues ; tandis que les Melinae ne comprennent plus que Meles et Arctonyx. Enfin, Pocock valide l'autonomie des Helictidinae (blaireaux-furets Helictis et Melogale), des Mydainae (Mydaus), des Taxidiinae pour le Taxidée américain Taxidea), des Mellivorinae pour le ratel et des Mephitinae, pour les différents genres de mouffettes, reliant les blaireaux via les télagons (Mydaus).
En rupture avec le morcellement proposé par Pocock en 1921, George Gaylord Simpson opère en 1945 une synthèse d'inspiration résolument conservatrice. Constatant que la multiplication de sous-familles monotypiques ou fondées sur de simples convergences d'adaptations nuit à l'utilité pratique de la classification, il réduit la diversité des groupes actuels à seulement cinq grandes sous-familles majeures. C'est ainsi que la sous-famille centrale des Mustelinae absorbe de nombreuses structures autrefois isolées, y plaçant en synonymie les anciennes sous-familles de Pocock comme les Martinae, Guloninae, Grisoninae, Tayrinae, Ictonychinae et Lyncodontinae. De la même manière, le grand genre Mustela est redéfini pour inclure les anciens taxons Putorius, Lutreola, Gale, unifiant sous une même égide les belettes, putois et visons. La sous-famille des Melinae regroupant les blaireaux, subit un regroupement analogue en intégrant de force les Taxidiinae, Mydainae et Helictidinae, Simpson jugeant impossible ou du moins prématuré de diviser les blaireaux en lignées autonomes. Enfin, les loutres sont stabilisées au sein des Lutrinae, un bloc consolidé qui avale la sous-famille marine des Lataxinae (et son genre Latax, renommé Enhydra), tandis que le grand genre Lutra englobe désormais Lontra et Hydrictis (anciennement Hydrogale). Ce modèle condensé et unifié à cinq branches, complété par les Mellivorinae pour le ratel et les Mephitinae pour les mouffettes, pose les fondations directes de la stabilité taxonomique moderne, qui sera reprise fidèlement par la toute première édition du Mammal Species of the World. Aux prémisses de la taxonomie contemporaine, en 1982, la première édition de Mammal Species of the World gérait la famille des Mustélidés de manière beaucoup plus large qu'aujourd'hui, y incluant notamment les différents genres de mouffettes et les télagons. Selon cette édition, la famille comprenait -familles, répartis en plusieurs sous-genres et :
Taxonomie actuelle La taxonomie contemporaine des Mustélidés a été affectée par plusieurs bouleversement majeurs : Le premier étant ce qui aboutira à la création d’une famille distincte : les Mephitidés, dont les Moufettes conservent leur sous-famille des Méphitidinae, et les Télagons, séparés de leurs cousins américains par d’années d’évolution, se voient placés dans leur propre sous-famille des Mydainae.
Des premières études propose de créer la sous-famille des Helictidinae suite à une étude de Sato et al en 2004.
Une études génétiques publiées par Koepfli et al. en 2008 a eu un certain retentissement, si l’étude est plus connue pour avoir décelée des caractéristiques communes entre le Glouton et les Martres, aboutissant à la réutilisation de la sous-famille des Gouloninae, ainsi que de le rétablissemen( du genre Pekania en 2014. L’étude a également montré que l’espèce Taxidea taxus, que l’on appelait alors sous le nom de « Blaireau américain » était en fait bien éloigné phylogénétiquement des véritables blaireaux du genre Meles,
et par Law et al. en 2018 proposèrent une nouvelle classification définitive en huit sous-familles : Les Mustélinés, les Lutrinés, les Guloninés, Les Hélictidinés, Les Mélinés, les Mellivorinés pour le ratel, ainsi que les Taxidiinés pour le Taxidée américain.
Liste des espèces
+ Tableau synthétique des genres, division et espèces de Mustélidés selon , et : Sous-familleTribuGenreSous-genre et subdivisionsEspèce (Nom binominal, auteur et noms vernaculaires)Répartition et descriptionStatut UICNMustelinaeBatsch, 1788MustélinésMustelaLinnaeus, 1758Sous-genre PocockictisKretzoi, 1947Mustela nudipesDesmarest, 1822NudipèdeBelette à pieds nus