Le (), parfois désigné sous le nom de , ou plus rarement sous la dénomination traditionnelle de , est une espèce de mammifères carnivores de la famille des mustélidés. Il s’agit du Blaireau au sens strict. Très reconnaissable à son aspect trapu et court sur pattes, ainsi qu’aux bandes longitudinales noires qu'il porte sur sa face blanche, il s’agit d’un animal fouisseur, capable de construire de vastes galeries « familiales ».

C’est aussi la deuxième plus grosse espèce de Mustélidés d'Europe après le Glouton Gulo gulo. il peut atteindre de long ( avec la queue, qui mesure environ), pour au garrot et jusqu'à une ( en moyenne). Il possède 34 dents. Il présente parfois une très petite prémolaire derrière les canines. Cette espèce vit potentiellement dans presque toute l'Europe du Nord et de l’Ouest et une partie du nord de l'Asie centrale et du nord, au sud du cercle polaire (jusqu'à d'altitude en France).

Dénominations Nom scientifique valide : Meles meles (Linnaeus, 1758) Protonyme : Ursus meles Linnaeus, 1758 Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Blaireau européen, Blaireau, Blaireau commun, Blaireau d'Eurasie, Blaireau d'Europe, Blaireau eurasiatique, Blaireau ordinaire, Blaireau vulgaire Noms vernaculaires (langage courant) : azkonar (basque), blaireautin, blairelle, broc'h (breton), dachs (luxembourgeois), das (flamand), grizàr (picard), taesson (wallon), tais europèu (occitan), taisson, tasson, teixó (catalan), tesson, toixó (catalan)

En français, le terme « blaireau » fait généralement référence, ou est illustré, par cette espèce, et un grand nombre de mots de vocabulaire en découle : La femelle est appelée « blairelle » et les petits « blaireautins ». La tanière du blaireau est désignée sous le nom de , d'où dérive d'ailleurs le mot générique tanière. Plusieurs variantes orthographiques se rencontrent en onomastique (patronymes et toponymes) dans le domaine d'oïl (Teissonnière, Tessonnière, etc.) et dans le domaine d'oc (Taychounère, Teychounère...).

+ Noms régionaux et vernaculaires de Meles meles Groupe ou zone linguistique Nom vernaculaireProvençaltais, teissounGardtaiTarntaysVelay / Haute-Auvergnetâ-eTarentaisetaïsson, taïchonCatalan (Pyrénées-Orientales)taixo (pron. taïchou), taixo cani, taixo porquiCreuseteissouMontrettaiss’honPays messintèchon, taron, tahhonBan de la Roche / Saint-Amétaron, tahhonArdennestachonGerstachounJuratasson, tesson chien, tesson cochonCanton de Vaud / GenèvetassonMontbéliardtâchonFrançais ()taussonCamarguetissoounPicard / RouchigrisardNormandieblérbl, blérri, bureAvranchesbedouAnjoubeduauAncien français bedouau, bedoue, bedoual (petit blaireau)Bouches-du-RhônerabasSaintongebr’gauIsèresarvagina

Taxonomie vignette|gauche|Illustration du Blaireau commun dans Atlas de poche des mammifères de France, de la Suisse romane et de la Belgique, 1910. Ursus meles est le nom scientifique utilisé par Carl Linnaeus en 1758, qui décrivit le blaireau dans son ouvrage Systema Naturae.

Évolution L’espèce aurait évolué à partir du Blaireau de Thoral (Meles thorali) chinois du début du Pléistocène. L’espèce moderne serait apparue au début du Pléistocène moyen, avec des sites fossiles connus à Episcopia, Grombasek, Süssenborn, Hundsheim, Erpfingen, Koněprusy, Mosbach 2 et Stránská Skála. Une comparaison entre les spécimens fossiles et actuels montre une adaptation progressive marquée à l’omnivorie, notamment par l’augmentation de la surface des molaires et la modification des carnassières. Il arrive que des os de blaireaux soient découverts dans des strates plus anciennes, en raison des habitudes fouisseuses de l’espèce.

Selon les données paléontologiques disponibles, cette espèce était très présente (hors summums glaciaires) durant l'Ère quaternaire dans une grande partie de l'Eurasie, y compris dans la période historique où ses ossements sont fréquemment trouvés par les archéologues. Elle est cependant apparue récemment (il y a environ ).

Ses fossiles les plus anciens datent en France du Pléistocène (il y a environ ).

Phylogénie Cladogramme du genre Meles d’après Kinoshita et al. (2017), Puzachenko et al. (2025)et Dangerfield et al. (2026) :

Sous-espèces

Aux , plusieurs spécimens types de blaireaux ont été décrits et proposés comme sous-espèces.

Cette espèce a longtemps été considérée comme la seule du genre Meles, mais les auteurs du pensent que Meles leucurus et Meles anakuma sont des espèces indépendantes d'Asie et non des sous-espèces au sein de Meles meles.

Huit sous-espèces étaient reconnues comme des taxons valides lors de la troisième édition de Mammal species of the World en 2005, mais quatre d’entre elles (canescens, arcalus, rhodius, severzovi) sont désormais considérées comme appartenant à une espèce distincte, M. canescens.

Sous-espèce, nom, auteur et image Description Répartition SynonymesM. m. meles Linnaeus, 1758Grande sous-espèce dotée d’une crête sagittale fortement développée, elle possède un pelage souple et un sous-poil relativement dense. Le dos présente une teinte gris argenté relativement pure, tandis que la teinte principale de la tête est d’un blanc pur. Les bandes sombres sont larges et noires, tandis que les champs blancs s’étendent pleinement le long des parties supérieures et latérales du cou. Elle peut peser jusqu’à 20– en automne, certains spécimens atteignant des tailles encore plus importantes.Europe continentale, à l’exception de la péninsule Ibérique. Son aire de répartition orientale englobe la partie européenne de l’ex-Union soviétique vers l’est jusqu’à la Volga, la Crimée, la Ciscaucasie et le nord du CaucaseM. m. marianensis Graells, 1897Espagne et Portugalmediterraneus (Barrett-Hamilton, 1899)M. m. heptneri Ognev, 1931Grande sous-espèce présentant plusieurs caractères du blaireau à queue blanche, notamment une coloration très pâle, terne, gris sale à ocre, et des bandes céphaliques étroites.Région steppique du nord-est de la Ciscaucasie, steppes de Kalmoukie et delta de la VolgaM. m. milleri Baryshnikov, Puzachenko & Abramov, 2003Cette sous-espèce possède un crâne et des dents plus petits que ceux de la sous-espèce nominale du blaireau en Suède et en Finlande.Sud-ouest de la Norvège, à l’ouest du Telemark

Répartition et habitat Le blaireau européen est originaire de la majeure partie de l'Europe. Son aire de répartition comprend l'Albanie, l'Arménie, l'Autriche, la Biélorussie, la Belgique, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Crète, la Croatie, la République tchèque, le Danemark, l'Espagne, l'Estonie, la Finlande, la France, la Géorgie, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Grèce, la Hongrie, l'Irlande, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la Macédoine, la Moldavie, le Monténégro, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Russie, la Serbie, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède, la Suisse et l'Ukraine.

La limite de répartition entre les aires du blaireau européen et du blaireau à queue blanche est marquée par la Volga, le blaireau européen se situant sur la rive ouest. La frontière entre les aires du blaireau européen et du blaireau de Perse se trouve dans le Caucase du Nord, mais une limite claire n'a pas été définie, et ils sont en sympatrie dans certaines régions, formant potentiellement une zone hybride.

Le blaireau européen est commun en Russie européenne, avec individus recensés en 1990. Il est abondant et en augmentation dans toute son aire de répartition, en partie grâce à une réduction de la rage en Europe centrale. Au Royaume-Uni, la population de blaireaux a augmenté de 77 % durant les années 1980 et 1990. En 2012, la population de blaireaux en Grande-Bretagne était estimée à individus..

Le blaireau européen se rencontre dans les forêts feuillues et mixtes, les clairières, les bosquets, les pâturages et les bosquets, y compris les maquis méditerranéens. Il s'est adapté à la vie dans les zones périurbaines et les parcs en milieux urbains, bien que dans une moindre mesure que le renard roux. En zone montagneuse, il peut vivre jusqu'à d’altitudeKönig 1973, pp. 162–163.

Description

Physionomie Les blaireaux européens sont des animaux bien bâtis, avec une petite tête, un cou épais et court, un corps trapu avec une forme cyllindrique et une queue courte. Ils posent le sol avec la paume de leur pattes et leur démarche est plantigrade ou semi-digitigrade, ces paumes sont étroites et pourvus de cinq doigts chacun. Les membres sont courts et massifs, avec la partie inférieure des pattes dépourvue de poils. Les griffes sont solides, allongées et à extrémité obtue, ce qui renforce leur capacité d’excavation plus aisée. Ces griffes ne sont pas rétractiles, et celles des pattes postérieures s’usent avec l’âge. Les blaireaux âgés ont parfois leurs griffes postérieures presque complètement abîmée par l’usage constant. Leur museau, utilisé pour creuser et explorer, est musclé et flexible. Les yeux sont petits et les oreilles courtes, terminées par une pointe blanche. Des vibrisses sont présentes sur le museau et au-dessus des yeux.

Les mâles ont généralement une tête plus large, un cou plus épais et une queue plus étroite que les femelles, lesquelles ont une silhouette plus élancée, une tête plus étroite et moins bombée et une queue plus touffue. Le tube digestif des blaireaux est plus long que celui des renards roux, reflet de leur régime omnivore. L’intestin grêle a une longueur moyenne de et ne possède pas de cæcum. Les deux sexes ont trois paires de mamelles, mais elles sont plus développées chez les femelles. Les blaireaux européens ne peuvent pas fléchir leur dos comme d’autres grands Mustélidés comme les martres, les putois ou encore le glouton, ni se tenir complètement debout comme les ratels, bien qu’ils puissent se déplacer rapidement en pleine course.

Les adultes mesurent au garrot, de longueur pour le corps, de longueur pour la queue, de longueur de la patte postérieur et de longueur des oreilles. Les mâles dépassent légèrement les femelles en taille, mais peuvent être beaucoup plus lourds. Leur poids varie selon les saisons, augmentant du printemps à l’automne et atteignant un pic juste avant l’hiver. En été, les blaireaux européens pèsent généralement et en automne.

Le poids moyen des adultes dans la Forêt de Białowieża était de au printemps mais pouvait atteindre en automne, soit 46 % de plus que la masse minimale du printemps. Au Woodchester Park en Angleterre, les adultes pesaient en moyenne au printemps et en automne. Dans le Parc national de Doñana, le poids moyen des taissons adultes est de , ce qui pourrait correspondre à la règle de Bergmann, leur taille diminuant dans les climats relativement plus chauds. Les femelles peuvent atteindre un poids maximal d’environ en automne, tandis que des mâles exceptionnellement grands ont été signalés. Le plus lourd vérifié pesait , bien que certains spécimens non vérifiés aient été signalés à voire . En moyenne, le blaireau européen est le deuxième plus grand mustélidé terrestre, après le glouton. Bien que leur odorat soit très développé, leur vision est monochromatique, comme le montre leur absence de réaction aux stimulants effectués par lumières rouges. Seuls les objets en mouvement attirent leur attention. Leur audition n’est pas meilleure que celle des humains.