Jean Baptiste, Antoine, Benedetti, né le à Marseille et mort le à ParisBiographie, est un haut fonctionnaire français. Il a effectué toute sa carrière dans l'administration préfectorale, jusqu'à sa nomination en 1963, comme président des Charbonnages de France.

Ses actions de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale lui valent d'être déporté. Il est Grand officier de la Légion d'honneur, Grand officier de l'Ordre national du Mérite, et croix de guerre 1939-1945.

Biographie

Jeunesse et études Né en 1902 à Marseille d'une famille corse, Jean Benedetti est élevé avec son frère René en Algérie. Après des études de droit à Alger, ils s'inscrivent à l'École libre des sciences politiques (Sciences Po) à Paris, dont ils sortent diplômés. Émile Boutmy dissuade Benedetti de passer le concours du ministère des Affaires étrangères, compte tenu de ce que les fonctions d'ambassadeur exigeaient à l'époque de payer les frais de représentation sur sa cassette personnelle, alors que sa famille n'est pas aisée.

Jean, de retour en Algérie, devient le secrétaire parlementaire de Jules et Paul Cuttoli, respectivement député et sénateur radicaux-socialistes d'Algérie.

Débuts En 1929, il devient chef de cabinet du Préfet des Pyrénées-Orientales qu'il suit dans les mêmes fonctions à Vannes, puis à Colmar avant de devenir, en 1934, sous-préfet secrétaire général de la préfecture du Cantal. Il y fait alors la connaissance de l'une des étoiles montantes du parti radical, Paul Bastid qu'il suit comme chef de cabinet au ministère du Commerce durant le Front populaire. Nommé en 1937 à Vire, sous-préfecture du Calvados, il y noue une amitié indéfectible avec le docteur Abraham Drucker (père de Michel Drucker) qui le sauve d'une pneumonie pour laquelle il était condamné.

Seconde Guerre mondiale Jean Benedetti est confronté à l'arrivée des occupants allemands à Vire. Avec son épouse Odette, il aide dès cette époque à l'évasion de plusieurs prisonniers. Nommé en 1940 à Amiens (secrétaire-général), il se retrouve quelques mois plus tard en sous-préfet de Dunkerque d'où il est déplacé à la demande des Allemands ainsi que l'indique le procès-verbal du Comité de libération du Nord Avis du Comité de Libération du Nord - A Nat dos carrière CAC 199 107 94.

Nommé préfet délégué de Montpellier en , il délivre, avec ses adjoints, Camille Ernst, secrétaire général, et Roger Fridrici, chef de bureau du cabinet, plusieurs centaines de certificats d'hébergement qui permettront d'exfiltrer avec le concours de l'OSE de très nombreux enfants des camps d'internementTémoignage de J.F.Guthmann, président de OSE du 21-07-2011, Arch perso F Benedetti.. Il évite également l'arrestation imminente de plusieurs dirigeants du mouvement de résistance CombatPierre-Henri Teitgen, Faites entrer le témoin suivant : 1940-1958, de la résistance à la 5e République, éditions Ouest-France, 1988. Nommé en 1944 à Avignon, et à la suite d'une intense campagne de dénonciation menée par les partis collaborationnistes et notamment le rassemblement national populaire de Marcel Déat, il est arrêté le sur ordre du général SS ObergArch Nat Courrier du général SS Oberg à Rudolf von Stülpnagel 13 mai 1944 - Mention secret , pour son appartenance avec dix autres membres du corps préfectoral au réseau Super-NAP (pour super noyautage des administrations publiques)Dossier de carrière de Jean Benedetti - Archives Fontainebleau CAC 199 10794 art 27. Dans le même temps, son épouse (nom de code Marceau) œuvre au sein du réseau Nestlé-AndromèdeArchives Nationales Série 72 AJ 35 Réseau Nestlé-Andromède, puis au BCRA. Elle sera décorée de la Légion d'honneur à titre militaire et de la Croix de guerre avec palmeDécret du 7/7/55 JOff 8/7/55.

Déporté le en tant que « personnalité-otage » au château d'Eisenberg en Bohême, il reste détenu jusqu'à la libération du camp en Fondation pour la mémoire de la déportation, Banque de données multimédia, I.220.

Après-guerre Il est aussitôt nommé en à Dijon préfet de la Côte-d'Or, puis il poursuit sa carrière dans la préfectorale où il est, entre autres, successivement préfet de l'Oise en 1946, préfet d'Ille-et-Vilaine puis Inspecteur général de l’administration en mission extraordinaire (Igame) de la région Bretagne en 1950, puis de celle du Nord en 1955, avant d'accéder à la Préfecture de la Seine en . Il restera cinq années à ce poste, demandant à le quitter en au décès de sa femme, toujours étroitement liée à sa carrière préfectorale . Du fait de son poste, il est président de l'Association du corps préfectoral et des Hauts fonctionnaires du ministère de l'Intérieur de 1961 à 1965.

À compter du , il est détaché auprès de Michel Maurice Bokanowski, ministre de l'Industrie dans le second gouvernement de Georges Pompidou, afin de devenir président des Charbonnages de France et membre du Conseil économique et social. À ces postes qu'il occupe six années, il mène, à la demande du général de Gaulle, une double politique.

D'abord une politique d'apaisement social, après la grande grève que venaient de connaitre l'ensemble des houillères. La grève générale lancée en par la CFTC, afin d’attirer l’opinion sur l’avenir incertain des charbonnages, vit la CGT s’emparer de la grève, éliminant la CFTC du mouvement. Ce n’est plus l’avenir du mineur qui est alors mis en avant, mais les salaires. Pour éviter une pénurie de charbon, alors même que l’hiver 1963 est rigoureux, le ministre de l’Industrie Michel Maurice Bokanowski, décida de réquisitionner les mineurs pour les obliger à produire. Le général de Gaulle favorable signa le décret de réquisition. Ainsi à deux mois de grève larvée, succède un mois de grève dure d'abord soutenue par l'opinion. Le premier grand conflit social de la République et le plus important depuis 1948, s’achèvera en non sans laisser des traces et de vives rancœurs chez les mineurs.

Parallèlement et dès 1964 il engage avec le directeur général des Charbonnages de France, Jean-Claude Achille, polytechnicien du corps des mines, la mise au point puis le lancement de la politique de réduction de la production de charbonEntretien avec Charles Louis Foulon cité par A. Benedetti Un préfet dans la résistance Cnrs Editions 2012 en France qu'il assume jusqu'en 1969. Son successeur Yvon Morandat la poursuivra.

Jean Benedetti meurt en 1981.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Arnaud Benedetti, Un préfet dans la résistance, Paris, CNRS Éditions, 2013. René Bargeton, Dictionnaire biographique des Préfets, -, Paris, Archives nationales, 1984, . Who's Who, 1957-1958 Centre des archives contemporaines : 910794/27 L'activité des organisations juives en France pendant l'occupation 1940-1944, centre de documentation juive contemporaine, Paris, éditions du centre , 1947. Pierre-Henri Teitgen, Faites entrer le témoin suivant : 1940-1958; de la résistance à la République, éditions Ouest-France, 1988 Georges Weill, Le Combat d'un juste, éditions Cheminement, 2002. Limore Yagil, Chrétiens et juifs sous Vichy (1940-1944) : sauvetage et désobéissance civile, éditions du Cerf, 2005. Sabin Zlatin, Mémoires de la dame d'Izieu, Gallimard, 1993

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