Ascq est une ancienne commune du Mélantois sur la Marque, dans le Nord de la France, à sept kilomètres de la frontière belge. Village agricole jusqu'à la Révolution industrielle, c'est aujourd'hui un quartier de la ville nouvelle de Villeneuve-d'Ascq, créée lors de la fusion avec les communes d'Annappes et de Flers en 1970.
Ascq est tristement connu pour le massacre d'Ascq du , où la population fut violentée et quatre-vingt-six civils innocents furent fusillés. Le village a été décoré de la Croix de guerre 1939-1945 et de la Légion d'honneur.
Ascq possède une église, une gare et un musée commémoratif. On y trouve également une brasserie et une usine de chocolat.
Étymologie du nom « Ascq » Le nom d'Ascq est attesté pour la première fois en 867« Ascq sous Charlemagne en l'an 800 », Part. 1, Chap. 2, pages 13 à 16, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952. dans le testament d'Évrard de Frioul.
Une charte de Gérard, évêque de Tournai, mentionne le nom sous la forme Asch en 1164, tout comme une charte de l'abbaye de Cysoing du « Les origines d'Ascq », Part. 1, Chap. 1, pages 10 et 11, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952. et un texte de vente de Gauthier d'Asnapes en 1264« Ascq sous Charlemagne en l'an 800 », Appendice, Quelques notes historiques sur les communes voisines, Annappes, pages 273 à 279, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952.. Asch signifie frêne en moyen-néerlandais.
Le cartulaire de Loos, en 1200, écrit le nom du village Aqua (« eau », en latin)Crimes Hitlériens, Ascq, Le Vercors, Louis Jacob, collection Libération, Éditions Mellottée (Paris), 1946, pages 9 à 11, chapitre Ascq. Ascq apparait avec la graphie Acq sur des cartes anciennes du comté de Flandres (la Carte du Gouvernement de Lille, en particulier)..
En 1460, le village est mentionné sous la forme Ascq .
Selon le dictionnaire étymologique des noms de lieux en France d'Albert Dauzat et Charles Rostaing, « Ascq » viendrait du flamand ask signifiant « frêne » (en flamand occidental moderne, frêne se dit esch).
Héraldique
Ces armes sont en fait celles des seigneurs de Roques.
Géographie
Délimitations du quartier thumbnail|right|Rue du moulin d'Ascq, au Moulin d'Ascq.
Le quartier est délimité par le boulevard du Comte de Montalembert, l'avenue du Quennelet, la rue Masséna au nord ; la rue de la Justice, la rue des Enfants de Sarajevo, la rue Marcel Bouderiez, la rue des Fusillés, la rue de la Tradition, la rue de la Table Ronde, la rue de Ticleni à l'ouest ; la rue du Président Paul Doumer et la rue des Fusillés au sud ; les champs à l'est.
Les axes principaux d'Ascq sont la rue des Fusillés et la rue Gaston Baratte (anciennement rue Marceau).
On distingue parfois plusieurs sous-ensembles du bourg d'Ascq proprement dit. Moulin d'Ascq correspond à la zone délimitée par la rue des Fusillés, la rue Marcel-Bouderiez, la rue Gaston-Baratte et les petites rues s'articulant autour de la rue du Moulin-d'Ascq. Le Quennelet la zone entre la gare et Brigode« Ascq de 1870 à 1914 », « Transformation d'Ascq par le chemin de fer, l'industrie et les constructions », Part. 5, Chap. 2, page 220, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952.. Croix de Wallers (ou Croix de Villiers) correspond à l'extrémité Sud-Est du quartier, autour de la rue des Fusillés et de la rue Colbert. Le Grand Ruage correspond à la zone de la rue Colbert un peu plus à l'est, près de la rue éponyme.
Autrefois, on distinguait également le quartier du Pron au sud, qui devait son nom au péron en maçonnerie qui y était situé au .« Ascq sous la féodalité », « Fiefs de mouvances diverses », Part. 1, Chap. 3, pages 24 à 27, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952.. Ce quartier d'Ascq était situé autour la rue des Fusillés, entre Annappes et Tressin, près de l'actuel Haute-Borne. Enfin, le lieu-dit Au Bouquet était un simple bourg à la sortie d'Ascq dans la première moitié du . Ce quartier d'Ascq était situé autour la rue des Fusillés, là où est situé l'usine Bouquet d'OrBouquet d’Or : la chocolaterie villeneuvoise devenue légendaire grâce à son Petit Ourson, La Voix du Nord (site), Yannick Boucher, publié le 15/07/2013, http://www.lavoixdunord.fr/region/bouquet-d-or-la-chocolaterie-villeneuvoise-devenue-ia28b0n1414895, consulté en juillet 2013.
Délimitations de l'ancienne commune
Le territoire d'Ascq d'autrefois était plus grand. Au , il englobait Anstaing et il comprenait même la commune de Forest-sur-Marque jusque 1640. Il était sur les pentes crayeuses du Mélantois et possédait des terres très fertiles, qui eurent un très bon rendement jusqu'au .
En 1952, la superficie totale de la commune était de 637,628 hectares, dont 520,746 hectares en terres labourables et 116,882 en bois et vergers« Les origines d'Ascq », Part. 1, Chap. 1, page 10, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952..
Jusque 1970, le territoire de l'ancienne commune d'Ascq regroupait grosso modo le quartier d'Ascq actuel et le quartier de la Haute-BorneFusion des communes Ascq, Annappes et Flers, Nord actualités télé, 05/02/1970, Jacky Davin, Office national de radiodiffusion télévision française Lille, vu sur Ina.fr en décembre 2010, http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/RCF99003996/fusion-des-communes-ascq-annappes-et-flers.fr.html.
Relief et géologie
La nature du sol est argileux-alcaire dans la moitié sud du village, qui se compose d'une plaine de la rue des Fusillés jusque Lesquin. Par contre le sol est plus marécageux dans la partie Nord qui longe la Marque.
Quartiers et communes limitrophes
Histoire Antiquité thumb|right|Champ de blé.
On ne connaît pas grand-chose sur le passé du village. Étant donné qu'on a retrouvé des traces de séjour de Gaulois dans les environs, on peut penser que des champs s'étendaient sur l'emplacement d'Ascq. Au , on sait qu'on y cultive intensivement le blé.
Au , le territoire d'Ascq fait partie de la zone contrôlée par les Francs saliens.
Moyen Âge
Ascq dépend au du domaine royal d'Annappes appelé Asnapio.
thumb|Moutons. Lors de la venue de Charlemagne pour l'inauguration de l’abbatiale de Saint-Riquier en 800, ses envoyés royaux dressèrent un inventaire d'Annappes. La description fut tellement minutieuse qu'elle fut recopiée comme exemple dans un manuel de gestion des fermes impériales, le cartulaire « de Villis ». Dans ce cartulaire « de Villis » daté de 812, Ascq dépend, comme Flers et Gruson, du fisc d'Annappes. Les envoyés royaux ont noté avoir trouvé pour les trois villages 5 moulins, 4 brasseries (a priori pour la cervoise), 2 ponts (on estime qu'il s'agit des ponts d'Hempenpont et de Pont-à-Tressin) et 4 jardins. L'inventaire mentionne d'importantes provisions des milliers de muids d'épeautre et d'orge, des centaines de muids d'avoine, de seigle, de froment, quantité de fèves et de pois ; 1005 porcs salés (dont 155 provenant du cens), 5025 livres de fromages, de la bière, du sel, du beurre, du miel (dont 3 muids provenant du cens) ; à Tréola, 1250 muids de vin (750 provenant des vignes du domaine et 500 du cens) ; on dénombrait 1150 moutons, béliers, brebis et agneaux, des centaines de chevaux, ânes et mulets, des centaines de porcs, de chèvres et de vaches, 50 ruches d'abeilles, des oies, des canards et des paons ; les arbres cultivés dans le fisc étaient des poiriers, des pommiers, des néfliers, des pêchers, des noisetiers, des noyers, des mûriers, des cognassiers, des pruniers et des cerisiers. En outre, les envoyés de Charlemagne témoignent de la présence de lis, costus, menthe, persil, rue, ache, livèche, sauche (sauge), sarriette, sabine, porreau (poireau), aulx, tanaisie, menstratum, coriandre, échalotes, oignons, choux, choux-raves, bétoine ; le fisc de Tréloa contient également bette, auroue, népéta, sclarea (sauge), aigremoine, mauves, guimauves, cerfeuil, brittoles. Asnapio était aussi un haras qui fournissait la cavalerie impériale.
Charlemagne transmet le domaine d'Annappes, avec ses dépendances Ascq et Flers, à son fils Louis le Pieux. En 836, l'empereur Louis le Pieux donne le domaine royal d'Annappes en dot à sa fille Gisèle, épouse d'Évrard de Frioul. Ce couple noble fondera l'abbaye de Cysoing. Le marquis Bérenger , leur second fils, héritera de la cour d'Annappes avec toutes ses dépendances, sauf Gruson ; il sera par la suite roi des Lombards, puis empereur des Romains.
En 863, Annappes, avec ses dépendances Ascq et Flers, fait un retour au domaine particulier des comtes de Flandres par une descendante directe d'Évrard de Frioul : Clémence de Bourgogne, épouse de Robert II de FlandreAppendice, Quelques notes historiques sur les communes voisines, Flers, pages 288 et 289, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952..
Ascq et féodalité thumb|right|Philippe Auguste traversant la Loire. thumb|right|Céramiques des trouvées à la motte Quiquempois.
Au , la paroisse d'Ascq dépend de l'évêché de Tournai (comme les paroisses du comté de Lille) et de l'abbaye de Cysoing qui est propriétaire des biens ecclésiastiques et fournissait les desservants de l'église« La paroisse d'Ascq sous l'administration municipale », Part. 1, Chap. 6, page 52, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952..
Au , Ascq qui fait partie du Comté de Flandre est géré depuis la mairie comtale d'Annappes, et entretient des relations étroites avec ses voisins, les villages d'Annappes et de Flers.
En 1213, Philippe Auguste vient par trois fois ravager les environs de Lille, pour punir les comtes de Flandre qu'il ne juge pas assez coopératifs« Ascq dans les luttes séculaires de 863 à 1794 », Part. 1, Chap. 4, pages 33 à 38, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952..
En 1264, Gauthier d'Asnapes vend à la comtesse de Flandre Marguerite de Constantinople plusieurs parties de terre de Villers dans le dîmage d'Annappes et d'Ascq.
Au , Ascq dépend administrativement de l'échevinage d'Annappes, dans le quartier du Mélantois (dont le chef-lieu est Cysoing) de la châtellenie de Lille« Ascq sous la féodalité », « La châtellenie de Lille », Part. 1, Chap. 3, pages 17 et 18, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952..« Ascq sous la féodalité », « Le fief d'Ascq », Part. 1, Chap. 3, pages 19 à 23, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952..
De 1305 (Traité d'Athis-sur-Orge) à 1369, la châtellenie de Lille, dont Ascq, est rattachée à la France. Dans cette période, le village subit tour à tour les incursions des Français, des Flamands et des Anglais. De 1320 à 1340, Laudas, lieutenant du gouverneur de Lille, envoie ses soldats fourrager à Ascq, rançonner les cultivateurs et même mettre le feu.
On distingue à cette époque plusieurs fiefs à Ascq.
Le plus important est la seigneurie de Roques et ses hommages, appelée abusivement « fief d'Ascq ». C'est un fief vicomtier tenu de la Salle de Lille. Il comprenait tout d'abord « un manoir sur motte, herse et jardin entourés d'eau avec pont-levis ; 30 bonniers et de terres tenant au chemin menant du Triez de Roques au Quesne Rabonne ». Il comptait de plus une prairie dans la paroisse Saint Pierre à Lille (consistant en « la maison de Berlettes »). Finalement, ce fief possédait des rentes sur divers héritages d'Ascq, d'Annappes et de Flers, les plaids généraux trois fois par an et quinze hommages dont les principaux sont La Croix d'Annappes près du Recueil et La Tour, à Flers.
Les autres seigneuries d'Ascq étaient :