Le marsupilami est un animal imaginaire créé par André Franquin en 1952, dans la série Spirou et Fantasio, avant d'accéder à sa propre série, et d'apparaitre dans une autre série dérivée, Gaston. Il est doté d'une force herculéenne et d'une queue préhensile démesurée ainsi que de toutes sortes de particularités physiques et comportementales, dévoilées au fil des albums.
Nomenclature Franquin a décrit le marsupilami, en 1952, en lui attribuant le pseudo-nom scientifique de Marsupilamus fantasii, la fiction voulant que Fantasio ait le premier mis la main sur cet animal. Son nom est dérivé des mots français marsupial, Pilou-Pilou (un personnage de Popeye) et ami.. En 1987, Franquin demande à Alain Quintart, chef du service éducatif à l'Institut royal des sciences naturelles de Belgique, de donner un nom scientifique valide au marsupilami.. En effet, les noms qui avaient été donnés n'étaient pas valides suivant le Code international de nomenclature zoologique (article 13). Aussi le zoologue Alain Quintart a (par plaisanterie) publié en 1989 une description scientifique du marsupilami, qu'il nomme Marsupilami franquini Quintart, 1989 et en fait un membre de la sous-classe des monotrèmesPourquoi l'ordre des monotrèmes ? Pour comprendre la plaisanterie, il faut revenir à l'accueil que reçut la découverte de l'Ornithorynque, à la fin du , que l'on finit par classer parmi les monotrèmes, avec les échidnés. La physiologie de cet animal extrêmement discret était si étrange, associant mamelles et pelage de castor à un bec de canard, un aiguillon venimeux et, de plus - mais on le découvrira plus tard - doté du sens de l'électroperception (capacité à localiser ses proies en détectant le champ électrique produit par leurs contractions musculaires), que les scientifiques ont affirmé à l'époque qu'il s'agissait d'un canular. Nouvelle, enfin, qui aurait sûrement plu à Franquin et à Quintart, des chercheurs australiens viennent de découvrir en 2019 dans le lait de l'ornithorynque, cousin supposé du Marsupilami, une protéine bien particulière, capable de lutter contre les "superbactéries", des micro-organismes devenus résistants aux antibiotiques conventionnels.. Il l'a complétée par un second article en 1992. Ce canular a été indexé comme une diagnose valide par la très sérieuse Zoological Society of London..
Dans l'album Houba Banana, publié en 1997, Batem et Franquin reprennent le nom Marsupilami franquini, en indiquant, sans le nommer, que le spécialiste mondial du marsupilami se trouve au Musée des sciences naturelles à Bruxelles.
Les monotrèmes fossiles ont été étudiés par Pascal Tassy, professeur émérite au Muséum national d'histoire naturelle à Paris. En 2022, il donne dans un article son accord sur la procédure utilisée pour établir le nom Marsupilami franquini Quintart, 1989. Ensuite, il présente un cladogramme des « Mammalia et l'oviparité » modifié pour y situer du côté des monotrèmes la souche des marsupilamis. Mais, il signale aussi la possibilité que les marsupilamis pourraient parfaitement être dans la lignée des Thériens.
Description Toutes les caractéristiques des marsupilamis sont présentées au fur et à mesure dans les différents albums.
Physique vignette|upright|Le marsupilami statufié à Middelkerke en Belgique. Le marsupilami mesure environ un mètre, il est jaune avec des taches noires. Il peut éventuellement connaître le mélanisme.
Sa queue préhensile mesure jusqu'à Celle de la femelle est plus courte que celle du mâle.. C'est principalement un moyen de locomotion : elle lui permet de se déplacer à une vitesse soutenue entre les arbres, elle peut être utilisée comme un ressort, ou comme une roue, et elle sert à l'escalade ; elle permet au marsupilami de se surélever au-dessus de la cime des arbres pour avoir une vue d'ensemble de son biotope. C'est aussi une arme, notamment lorsqu'il en fait un poing, ou lorsqu'elle lui permet l'immobilisation de ses prédateurs. La queue est aussi le principal instrument qui lui sert à pêcher. Elle est encore un instrument de jeu (balançoire, par exemple) et sert aux manœuvres de séduction dans la parade nuptiale. Elle sert enfin au déplacement des petits lors de leur premier âge.
La femelle, qui marche sur la pointe des pieds et à petits pas, allaite ses petits mais pond des œufs. Le marsupilami serait donc un mammifère ovipare, à l'instar des monotrèmes ou .. Son nombril surprend cependant les observateurs de cet ovipare. L'utilité du nombril est révélée dans L'Encyclopédie du Marsupilami : c'est un moyen d'éducation, de transmission du savoir ; par exemple, lorsqu'un petit marsupilami décide de faire son nid, il va coller son oreille contre le nombril de sa mère. Peu de temps après, il est capable de construire lui-même un tissage végétal.
Ses œufs sont pyriformes, la queue de l'embryon, prenant beaucoup de place, se loge dans la partie allongée de l'œuf. Rapprochement avec des espèces connues Le marsupilami est un animal imaginaire dont le rattachement zoologique le plus proche est celui des monotrèmes. Ce classement est à prendre avec circonspection, étant donné que Franquin lui-même avait souhaité créer un animal qui justement n'appartienne à aucun ordre connu. Cependant, la sous-classe des monotrèmes, aussi appelés protothériens, qui correspond à la classe des mammifères pondant des oeufs, semble convenir au marsupilami. vignette|gauche|upright|Le marsupilami de Jijé, avec Blondin et Cirage, sur un mur de Bruxelles. Dans l'album Les Soucoupes volantes (1956) des aventures de Blondin et Cirage, Jijé met en scène un marsupilami africain (le Marsupilamus africanus) : le marsupilami de Jijé ressemble à celui de Franquin, et partage avec lui un solide appétit, qui va cependant chez lui jusqu'à la goinfrerie. À la différence de son cousin sud-américain, le marsupilami africain est un animal assez balourd, qui n'a de surcroît pas de queue. Franquin participe à l'album de Jijé et dessine quelques cases, dans lesquelles apparaissent Spirou et son marsupilami.
Dans L'Encyclopédie du Marsupilami, il est également fait référence à une sous-espèce de marsupilami exclusivement aquatique. Un couple aurait été observé vivant dans un temple submergé au cœur de la forêt palombienne. Ce marsupilami aquatique se différencie de son cousin de surface par des taches de forme plus géométrique et un pelage diffusant de la lumière.
Nourriture Selon l'exploratrice Seccotine, qui présente un reportage sur les mœurs de l'animal dans Le Nid des marsupilamis, le marsupilami est omnivore.
Lors de ses premières apparitions, il est décrit comme grand amateur de puces (qu'il récolte principalement sur les tapirs, qu'il immobilise avec sa queue, servant de lasso), il se nourrit aussi de nombreux fruits ; mais on mettra mieux en évidence, par la suite, son goût particulier pour le piranha (poisson carnivore), ainsi que les fourmis carnivores, toutes nourritures qu'il se procure grâce à son appendice caudal.
Un de ses mets préférés est une petite noix oléagineuse poussant dans la jungle palombienne, et dont il fait provision afin de pouvoir en consommer toute l'année. Il enterre cette provision dans le sol. Assez curieusement, une fois en captivité ou acclimaté en dehors de Palombie, il peut se passer de cette nourriture.
L'estomac du marsupilami est particulièrement résistant : il peut par exemple survivre à l'absorption de fortes quantités d'alcool à brûler.
Prédateurs vignette|Les piranhas ne représentent pas une réelle menace pour le marsupilami. Dans Le Nid des marsupilamis, le prédateur le plus acharné du marsupilami est le jaguar. L'animal semble cependant avoir bien des difficultés à piéger sa proie de prédilection. Les piranhas peuvent également s'en prendre au marsupilami à l'occasion. Cependant, ce qui présente la menace la plus sérieuse pour les marsupilamis sont les humains, qui les chassent pour leur fourrure (l'album Fordlandia montre une indigène rêvant d'un manteau en fourrure de marsupilami) ou les capturent, soit dans un cadre légal, soit dans le cadre du trafic d'animaux rares (La Queue du marsupilami).
Habitudes et mœurs vignette|upright|left|Carte de localisation fictive de la Palombie. vignette|Une famille de marsupilamis dans leur nid en Palombie, visible dans l'album Le Nid des marsupilamis, ainsi qu'un jaguar malchanceux. Peinture murale dans l'avenue Houba de Strooper 141, Bruxelles. Le marsupilami habite dans la forêt palombienne (située entre le Venezuela, le Brésil, le Pérou et la Colombie).
Les familles de marsupilamis vivent dans un nid fabriqué à partir de lianes tressées sur une armature arrondie, présentant la forme d'un mollusque bivalve, fixée à des lianes pendantes grâce à de solides nœuds. Ce nid est tapissé de plumes et de duvet d'ara, et orné de fleurs odorantes. En cas de besoin, le nid peut se refermer rapidement, par le rapprochement de ses deux valves. La tradition veut que ce nid soit inauguré par la femelle du marsupilami. Une cérémonie a lieu une fois la construction du nid terminée. La famille marsupilami danse et honore la terre fertile de la forêt vierge qui la nourrit, en jetant dans un trou creusé dans la terre les pépins d'une pomme, comme on le voit dans la saison 2 (Mon ami marsupilami) du dessin animé. Dans les bandes dessinées, il est montré que le marsupilami connaît l'usage du temps, du tissage végétal, des nœuds, de la fabrication des crêpes (ce qui n'est pas sans rappeler Gaston Lagaffe), et qu'il est capable de lire un plan.
Bien que principalement arboricole, le marsupilami se révèle dans Le Repaire de la murène. Il se sert alors de sa queue comme godille pour avancer. Les premiers explorateurs l'ayant décrit avaient d'ailleurs noté son goût de l'eau et de la propreté, ainsi que son aptitude à la nage.
Comme d'autres animaux, il peut tromper ses prédateurs par des techniques de camouflage : il peut donner à sa queue la forme d'un serpent. C'est d'ailleurs un très bon imitateur (sonore notamment : il peut imiter des bruits animaux ou mécaniques, et même la parole humaine).
Le marsupilami est un remarquable grimpeur.
Il est doté d'un sens aigu de la famille ; sa compagne est la « marsupilamie ». L'exemplaire décrit par Seccotine a eu trois petits : deux mâles et une femelle. Le premier, Bibu, est le petit mâle sans tachesLes taches (pour les marsupilamis jaunes) n'apparaissent qu'à l'adolescence, que les jeunes femelles connaissent avant les petits mâles.. Bobo est le deuxième petit mâle, tout noir au nez rose, seule exception à son mélanisme. Et enfin Bibi, la petite Marsupilamie qui, comme sa mère, a un cheveu bouclé et aura des taches rondesAu contraire de celles des mâles, qui sont polygonales irrégulières...
Il peut être sociable avec des animaux n'appartenant pas à son espèce, notamment avec les sciuridés, comme en témoigne son amitié avec Spip, l'écureuil domestique de Spirou.
Le marsupilami peut à l'occasion être vindicatif, et alors se montrer dangereux (il possède une grande force physique, sans commune mesure avec ce que sa taille relativement réduite pourrait laisser penser). Lorsqu'il est en colère, son pelage se hérisse comme celui d'un chat, y compris au niveau de son appendice caudal.
Le marsupilami est un des rares animaux qui connaissent le rire. Sa femelle est le seul animal qui ait la notion de la toilette décorative, elle a d'ailleurs doté Bibi de ce don.
Dialogue
vignette|L'onomatopée favorite du marsupilami.