Michael Collins, né le à Rome (Italie) et mort le à Naples (Floride, États-Unis), est un militaire, pilote d'essai, astronaute, haut fonctionnaire, cadre et homme d'affaires américain. Il est principalement connu pour avoir été le pilote du module de commande d'Apollo 11, tournant en orbite autour de la Lune pendant que Neil Armstrong et Buzz Aldrin foulaient le sol lunaire.
Avant de devenir astronaute, il obtient son diplôme de l'Académie militaire de West Point. De là, il rejoint l'armée de l'air américaine et pilote des chasseurs North American F-86 Sabre à la base aérienne de Chambley-Bussières en France. Il est accepté à l'école des pilotes d'essai de l'United States Air Force de la base aérienne Edwards en 1960. Il se porte candidat sans succès pour le groupe d'astronautes 2 de la NASA, mais est accepté pour le troisième.
Sélectionné dans le groupe d'astronautes 3 de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1963, il voyage deux fois dans l'espace. Son premier vol spatial est effectué lors de la mission Gemini 10, dans laquelle lui et John Young effectuent deux rendez-vous avec différents engins spatiaux et réalisent deux sorties extra-véhiculaires. Son second vol spatial est en tant que pilote du module de commande et de service Apollo lors de la mission Apollo 11. Alors qu'il reste en orbite autour de la Lune, Neil Armstrong et Buzz Aldrin partent dans le module lunaire Apollo pour réaliser le premier alunissage. Il est ainsi l'une des Apollo 13 a survolé la Lune. du programme Apollo et l'une des 28 personnes à avoir survolé la Lune. Collins est le dans l'espace, la et le à effectuer une sortie extravéhiculaire, et la première personne à avoir effectué plus d'une sortie extravéhiculaire.
Après avoir pris sa retraite de la NASA en 1970, ce major général de l'United States Air Force est nommé au poste de secrétaire d'État adjoint aux affaires publiques au département d'État des États-Unis. Un an plus tard, il devient directeur du National Air and Space Museum et occupe ce poste jusqu'en 1978, date à laquelle il démissionne pour devenir sous-secrétaire de la Smithsonian Institution. En 1980, il occupe le poste de vice-président de LTV Aerospace et démissionne en 1985 pour créer son cabinet de conseil.
Biographie Enfance et formation vignette|gauche|redresse|alt=Photographie en noir et blanc de l'oncle de Michael Collins, Joseph Lawton Collins, en uniforme.|L'oncle de Michael Collins, Joseph Lawton Collins, est le chef d'état-major de l'armée de terre des États-Unis de 1949 à 1953.
Michael Collins naît le à Rome en Italie.., fils de Virginie (née Stewart) et de James Lawton Collins. Son père est un officier de carrière de l'United States Army qui occupe un poste d'attaché militaire dans la capitale italienne.. Il a un frère aîné, James Lawton Collins Jr., et deux sœurs aînées, Virginia et Agnes. Au cours des dix-sept premières années de sa vie, Collins déménage à de nombreuses reprises au gré des affectations de son père : il habite successivement Rome, Oklahoma, Governors Island (New York), Porto Rico, San Antonio (Texas) et Alexandria (Virginie). Il réalise son baptême de l'air à Porto Rico à bord d'un Grumman G-44 Widgeon. Le pilote lui laisse tenir le manche durant une partie du vol. Il désire voler à nouveau, mais le début de la Seconde Guerre mondiale l'en empêche. Collins étudie pendant deux ans à l'Academia del Perpetuo Socorro, à San Juan.
À la suite de l'entrée en guerre des États-Unis, la famille s'installe à Washington où Collins fréquente l'école St. Albans et obtient en 1948.. Sa mère souhaite qu'il entre dans le service diplomatique, mais il décide de suivre la même carrière que son père, ses deux oncles, son frère et son cousin en intégrant l'armée. Il est reçu à l'Académie militaire de West Point, principale école de formation militaire des officiers américains dont sont sortis son père et son frère aîné respectivement en 1907 et en 1939., ce qui lui permet d'être exempté d'une partie des frais, comme des droits de scolarité. Il obtient son baccalauréat universitaire en sciences le et est classé à sa sortie de l'école sur les de la promotion de 1952. L'astronaute Edward White, qu'il côtoiera par la suite à la NASA, fait partie de la même promotion..
Collins décide de rejoindre l'United States Air Force. Ce choix résulte de son évaluation du rôle futur joué par l'aviation dans le domaine militaire mais il veut également éviter d'éventuelles accusations de népotisme qu'il aurait pu essuyer s'il avait rejoint l'Armée de terre où plusieurs membres de sa famille de tradition militaire occupent des postes importants : son frère est déjà colonel, son père a le grade de major général et son oncle, le général Joseph Lawton Collins, est le chef d'état-major de l'armée de terre des États-Unis. À l'époque, l'École de formation des pilotes de l'armée de l'air n'existe pas encore aussi durant cette période les diplômés de West Point peuvent devenir officiers de l'Armée de l'air..
Carrière militaire Pilote de chasse vignette|alt=Photographie couleur d'un avion North American F-86 Sabre en vol se détachant sur un ciel bleu.|Un North American F-86 Sabre.
Dès son entrée dans l'Armée de l'air, Collins est affecté à la base aérienne de Columbus dans le Mississippi où il apprend, à partir d', les rudiments du pilotage en volant sur un North American T-6 Texan. Il est ensuite à la base aérienne de San Marcos (futur aéroport régional de San Marcos) au Texas où il s'initie au vol aux instruments et au vol en formation. Enfin, il apprend à voler sur des avions à réaction à la base aérienne James Connally située à Waco au Texas. Il reçoit son badge d'aviateur à Waco et, en , il est sélectionné pour suivre une formation de chasseur de jour à la base aérienne de Nellis dans le Nevada. Il y vole sur le chasseur à réaction North American F-86 Sabre. L'entraînement est dangereux et, durant son bref séjour de onze semaines, vingt-deux pilotes décèdent à la suite d'accidents en vol.
En , il est affecté à la escadrille de chasseurs-bombardiers (future 21st Space Wing) de la base aérienne George en Californie où il apprend les techniques d'attaque au sol et de largage d'armes nucléaires sur le F-86 Sabre. Il déménage avec la escadrille lorsque celle-ci est transférée en à la base aérienne de Chambley-Bussières, une base aérienne de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) située en Meurthe-et-Moselle, dans l'est de la France. Il remporte le premier prix d'un concours de tir au canon en 1956. Au cours d'un exercice de l'OTAN cet été-là, il est obligé de s'éjecter de son F-86, près de la BA de Chaumont-Semoutiers, lorsqu'un incendie se déclare à l'arrière du cockpit. alt=PF-86F du 21st FBW à Chambley AB.|gauche|vignette|F-86F du 21st FBW à Chambley AB.
Mariage Collins rencontre sa future épouse Patricia Mary Finnegan, originaire de Boston dans le Massachusetts, dans un mess d'officiers. Diplômée de l'Emmanuel College où elle s'est spécialisée en littérature anglaise, elle est assistante sociale, s'occupant principalement de mères célibataires. Elle travaille en parallèle pour l'Armée de l'Air. Après s'être fiancés, Finnegan et Collins doivent surmonter une différence de religion. Collins adhère à l'Église épiscopalienne des États-Unis tandis que Finnegan appartient à une famille résolument catholique. Après avoir demandé l'autorisation de se marier au père de Finnegan et retardé leur mariage lorsque Collins est muté en Allemagne de l'Ouest pendant l'insurrection de Budapest en 1956, ils se marient à Chambley à l'été 1957Michael Collins, l’astronaute lunaire qui s’est marié à Chambley, Le Républicain lorrain, 29 avril 2021. Collins est à cette époque commandant en second de la base.. Ils ont une fille, Kathleen en 1959., une deuxième fille, Ann, en 1961 et un fils, Michael, en 1963..
Collins rentre aux États-Unis où il suit un cours d'officier spécialisé dans la maintenance des aéronefs à la base aérienne de Chanute dans l'Illinois. Il qualifie cette école plus tard dans son autobiographie de : l'enseignement théorique est ennuyeux, il vole rarement et l'équipement est obsolète. À la fin de cette formation, il commande un détachement d'entraînement mobile qui se rend dans des bases aériennes du monde entier. Ce détachement est chargé d'enseigner aux mécaniciens l'entretien des nouveaux aéronefs et forme les pilotes à leurs nouveaux engins. Il commande ensuite un détachement de formation sur le terrain, qui remplit les mêmes objectifs, mais qui ne lui impose pas de se déplacer..
Pilote d'essai
Collins cumule plus de de vol, le minimum requis pour l'école des pilotes d'essai de l'United States Air Force à la base aérienne Edwards en Californie. Il y postule avec succès le et devient membre de la classe 60-C qui accueille aussi les futurs astronautes Frank Borman, James Irwin et Thomas Stafford. Tous sont formés pour devenir pilotes d'essais militaires. L'instruction commence avec l'ancien North American T-28 Trojan et se poursuit avec les avions à hautes performances North American F-86 Sabre, Martin B-57, Lockheed T-33 Silver Star et Lockheed F-104 Starfighter.
Collins, qui a l'habitude de beaucoup fumer, décide d'y mettre fin en 1962 après avoir souffert d'une très mauvaise gueule de bois. Le lendemain, il passe ce qu'il a décrit comme les quatre heures les plus pénibles de sa vie dans le siège droit d'un Boeing B-52 Stratofortress à appuyer sur des interrupteurs au cours des premières étapes du sevrage à la nicotine.
vignette|alt=Photographie en noir et blanc de pilotes posant sur deux rangs avec leur combinaison de vol.|Les diplômés de la Class III ARPS : rangée de devant : Edward Givens, Tommie Benefield, Charles Bassett, Francis G. Neubeck et Collins, rangée du fond : Al Atwell, Neil Garland, Jim Roman, Al Uhalt et Joe Engle.
Collins décide de devenir astronaute lorsqu'il apprend le vol de John Glenn au cours de la mission Mercury-Atlas 6 le et découvre qu'il est possible de faire le tour de la Terre en . Il postule pour le groupe d'astronautes 2 de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) cette année-là. Pour augmenter le nombre de pilotes de l'armée de l'air sélectionnés, l'United States Air Force envoie ses meilleurs candidats dans une école spécialisée. Il s'ensuit des examens médicaux et psychiatriques à la base aérienne de Brooks au Texas et des entretiens au (futur centre spatial Lyndon B. Johnson) de Houston, toujours au Texas. À la mi-septembre, Collins découvre qu'il n'est pas retenu. C'est un coup dur même s'il ne s'attendait pas à être sélectionné. Collins estime a posteriori que le groupe , composé de neuf membres, est meilleur que le groupe (les « Mercury Seven ») qui le précède ou les cinq groupes suivants, dont le sien.
Cette année-là, l'école des pilotes d'essai de l'United States Air Force est devenue l'école des pilotes de recherche aérospatiale de l'United States Air Force (ARPS), car l'armée de l'air tente de se lancer dans la recherche spatiale par le biais des programmes North American X-15 et Boeing X-20 Dyna-Soar. Collins postule pour un nouveau cours de troisième cycle sur les bases du vol spatial. Il est accepté dans la troisième classe le . Parmi les dix autres élèves de sa classe figurent les futurs astronautes et aspirant-astronautes Charles Bassett, Edward Givens et Joe Engle. En plus des travaux en classe, les élèves volent également à environ sur Lockheed F-104 Starfighter. Quand ils sont au sommet de leur ascension, ils expérimentent une brève période d'impesanteur. Après avoir terminé ce cours, Collins retourne aux opérations de combat en .