L'histoire des îles Vierges britanniques est souvent découpée en cinq périodes : La période précolombienne dont la date de commencement est incertaine ; Les premiers établissements européens de 1612 à 1672 ; La prise de contrôle par les Britanniques de 1672 à 1834 ; L'émancipation de 1834 aux années 1950 ; La situation contemporaine depuis les années 1950.

Ce découpage est uniquement basé sur des raisons pratiques. Toutefois, à partir de l'arrivée des premiers Européens, l'histoire des îles Vierges est marquée par des changements d'importance ce qui justifie le découpage à partir du .

L'archipel des Îles Vierges britanniques, situé à l'Est de Porto Rico, de est peuplé d'environ , parlant principalement (10 %) et/ou (10 %) et/ou .

Époque amérindienne Le premier établissement humain sûr est celui des Indiens Arawaks qui viennent d'Amérique du Sud aux alentours du Toutefois, la date exacte reste encore très débattue. Certains historiens plaçant l'arrivée de ces Indiens vers les années -200 tout en suggérant qu'ils aient pu être précédés par les Ciboneys qui ont colonisé l'île voisine de Saint-Thomas dès le Vernon Pickering, A Concise History of The British Virgin Islands, 6. Certaines preuves laissent à penser que la présence amérindienne remonte au , toutefois, peu de chercheurs défendent l'idée d'un peuplement permanent des îles à cette époque.

Les Arawak peuplent l'île jusqu'au lorsqu'ils en sont chassés par les Kalinago (Caraïbes / Karib) venant des Petites Antilles. Toutefois, les chercheurs contestent l'idée trop stéréotypée selon laquelle les Caraïbes, un peuple de guerriers, auraient chassé les pacifiques Arawaks. L'histoire exacte serait bien plus complexe.

Quoi qu'il en soit, aucun des explorateurs européens ne trouve d'Amérindiens sur les îles Vierges à leur arrivée bien que Christophe Colomb ait pu faire face à des Caraïbes hostiles aux alentours de Sainte-Croix (une des îles Vierges américaines).

Découverte, premières explorations européennes (1493-1670)

Christophe Colomb est le premier Européen à apercevoir les îles Vierges en 1493 lors de son deuxième voyage aux Amériques. Il leur donne le nom de Santa Ursula y las Once Mil Virgenes (Sainte Ursule et les onze mille Vierges) abrégé en Las Vìrgenes (les Vierges). En outre, Christophe Colomb baptise l'une des îles Virgin Gorda (la Grande Vierge) pensant à tort qu'elle est la plus grande île de l'archipel.

Du fait de la découverte de Christophe Colomb, les Espagnols se proclament les maîtres de l'archipel mais ne tentent pas d'affirmer leur souveraineté au travers d'une entreprise de colonisation. En 1508, Juan Ponce de León s'installe à Porto Rico et au vu des rapports espagnols de l'époque, il est possible que les îles Vierges soient utilisées comme lieu de pêche. Il est probable que seules les îles Vierges américaines soient concernées par cette pratique car ce sont les plus proches de Porto Rico.

En 1517, Sir Sébastien Cabot et Sir Thomas Pert explorent les îles après avoir exploré les eaux brésiliennes.

Sir John Hawkins explore les îles à trois reprises. Une première fois en 1542 puis en 1563 avec un navire rempli d'esclaves en direction d'Hispaniola. Lors de sa troisième visite, il est accompagné par le jeune capitaine Francis Drake.

En 1585, Drake retourne aux îles Vierges et il semble avoir jeté l'ancre dans le North Sound à Virgin Gorda avant de mener son attaque victorieuse contre Saint-Domingue. En 1595, Drake retourne sur l'archipel lors de son dernier voyage lors duquel il trouve la mort.

En 1598, le comte de Cumberland se sert des îles Vierges comme d'une base préparatoire à son attaque contre La Fortaleza à Porto Rico.

En 1607, plusieurs preuves montrent que John Smith se rend aux îles Vierges lors de l'expédition conduite par le capitaine Christopher Newport ayant pour mission de fonder une nouvelle colonie en Virginie.

À la même époque, le roi d'Angleterre (et d'Écosse) James confie une charte au comte de Carlisle lui donnant pleine propriété de Tortola ainsi que d'Anguilla, de Semrera et d'Anegada. En 1628, il reçoit des lettres de même nature concernant la Barbade, Saint-Christophe et toutes les Caraïbes. Toutefois, il meurt peu de temps après et son fils, le comte de Carlisle prête ces lettres à Lord Willoughby pour 21 ans en 1647. Néanmoins, rien n'est entrepris pour coloniser les îles Vierges.

Premiers établissements néerlandais (1615-1650)

Le corsaire néerlandais Joost van Dyk met en place la première entreprise de colonisation sur les îles Vierges près de Soper's Hole, à l'ouest de Tortola. La date précise de son arrivée n'est pas connue mais en 1615, la colonie de van Dyk est mentionnée dans des sources contemporaines espagnoles relatant sa récente expansion. Il commerce alors avec les Espagnols présents à Porto Rico et cultive du coton et du tabac.

Plusieurs sources suggèrent que les Espagnols sont en fait les premiers à s'être installés de manière permanente sur les îles Vierges où ils auraient exploité le cuivre sur Virgin Gorda. Toutefois, aucune preuve archéologique ne vient étayer cette thèse et rien ne montre que le cuivre de Virgin Gorda fut exploité avant le .

En 1625, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales reconnaît à van Dyk le statut de propriétaire privé de Tortola et déplace ses opérations à Road Town. La même année, van Dyk envoie de l'aide non-militaire à l'amiral néerlandais Boudewijn Hendricksz qui met alors à sac la ville de San Juan sur Porto Rico. En septembre 1625, les Espagnols lancent une attaque sur Tortola en représailles et mettent à bas les fortifications de l'île et détruisent la petite colonie. Joost Van Dyk se réfugie alors sur l'île qui porte aujourd'hui son nom. Après le départ des Espagnols, il se rend sur l'île de Saint-Thomas. Malgré l'hostilité espagnole, la compagnie néerlandaise des Indes occidentales continue à accorder une grande importance stratégique aux îles Vierges situées approximativement à mi-distance de leurs colonies en Amérique du Sud (aujourd'hui le Suriname) et du plus important établissement néerlandais en Amérique du Nord qu'est La Nouvelle-Amsterdam (aujourd'hui New York). De larges entrepôts en pierre sont construits à Freebottom près de Port Purcell (à l'est de Road Town) pour faciliter les échanges de cargos entre l'Amérique du Sud et l'Amérique du Nord.

À cette époque, les colons néerlandais érigent plusieurs levées de terres ainsi qu'un fort contenant trois canons au-dessus d'un entrepôt sur la colline où les Anglais construisent plus tard le Fort George. Ils construisent aussi une palissade en bois servant de poste de guet au-dessus de Road Town sur le site où est construit plus tard le Fort Charlotte. Enfin, ils envoient une garnison au « donjon » espagnol près de Pockwood Pond connu plus tard sous le nom de Fort Purcell.

En 1631, la compagnie néerlandaise des Indes occidentales commence à s'intéresser au cuivre (découvert sur Virgin Gorda) et établit une colonie sur l'île connue sous le nom de « Little Dyk's ».

En 1640, les Espagnols décident d'attaquer Tortola et un assaut y est mené par le capitaine Lopez. Deux autres attaques espagnoles dirigées par la capitaine Francisco Vincente Duran sont par la suite lancées contre l'île en 1646 et 1647. Lors de cette dernière, les Espagnols jettent l'ancre dans le Soper's Hole à West End avant d'y débarquer quelques éclaireurs. Dans le même temps, d'autres navires sont chargées de bloquer Road Harbour. Après que les éclaireurs sont revenus faire leur rapport, d'autres soldats sont débarqués avant de prendre d'assaut le Fort Purcell. Les Néerlandais sont alors massacrés et les soldats espagnols continuent leur progression vers Road Town où ils tuent les colons avant de détruire la colonie. Toutefois, il ne semble pas que les Espagnols aient attaqué les autres colonies situées à Baugher's Bay ainsi que l'établissement de Virgin Gorda.

Déclin de la compagnie des Indes occidentales (1650-1700) Peu à peu, les établissements néerlandais se montrent être des échecs économiques et il semble que les Néerlandais pratiquent bien plus les activités de corsaire que de marchands. L'absence de prospérité du territoire n'est en fait que la conséquence du déclin de la Compagnie des Indes occidentales. Cette dernière cherche alors à vendre les îles comme Tortola ou Virgin Gorda à des personnes privées qui en entretiendrait les colonies. L'île de Tortola est finalement vendue à Willem Hunthum dans les années 1650.

En 1665, les colons néerlandais de Tortola sont attaqués par des corsaires britanniques et John Wentworth capture alors près de 67 esclaves qui sont envoyés aux Bermudes. Ce chiffre est le premier concernant la population d'esclaves des îles Vierges. En 1666, des colons néerlandais sont chassés par l'afflux pirates britanniques. Toutefois, une part substantielle de Néerlandais reste sur l'îleVernon Pickering, op. cit., 23.

La colonisation britannique Les îles Vierges passent aux mains des Britanniques en 1672 après le déclenchement de la troisième guerre anglo-néerlandaise (1672-1674). L'archipel est alors définitivement perdu pour les Néerlandais. Les circonstances exactes de la prise de contrôle des îles Vierges britanniques par les Anglais sont toutefois inconnues. Il semble qu'en 1672, Willem Hunthum confie la protection de Tortola au colonel William Stapleton, le gouverneur-général britannique des Îles du Vent (îles Leeward). Le colonel Stapleton affirme pour sa part avoir pris le contrôle du territoire par la force peu après le déclenchement de la guerre.

Le colonel William Burt est envoyé à Tortola, dont il prend le contrôle au plus tard le 13 juillet 1672 (date à laquelle Stapleton mentionne la prise de l'archipel au Conseil du Commerce). Toutefois, Burt n'a pas suffisamment d'hommes pour défendre l'île mais avant de la quitter, il détruit les forts hollandais et déplacent leurs canons sur Saint-Christophe.

Le traité de Westminster de 1674 met fin à la guerre. Il prévoit entre autres que les Néerlandais puissent réclamer la restitution des îles Vierges mais les Néerlandais étant alors en guerre contre les Français, ils décident de ne pas remettre directement la main sur l'archipel de peur que la marine française ne s'en empare. Malgré la faible valeur économique des îles, les Britanniques sont réticents à restituer l'archipel car celui-ci est d'une importance stratégique certaine. Ainsi, à la suite de négociations, prolongées, des ordres sont transmis à Stapleton lui intimant de rester maître de Tortola et des îles situées à proximité.

Avec la fin de la guerre franco-néerlandaise en 1678, les Hollandais reportent leur attention sur Tortola, mais il faut attendre 1684 pour que l'ambassadeur néerlandais, Arnout van Citters, demande formellement la restitution de Tortola, non pas en vertu du traité de Westminster mais en s'appuyant sur les droits privés de la veuve de Willem Hunthum. Il affirme que l'île n'a pas été conquise par les Britanniques mais qu'elle leur a été confiée. Ainsi, l'ambassadeur fournit une lettre de Stapleton promettant la restitution de l'île pour appuyer sa requête.

À cette date (1686), Stapleton, en fin de mandat, est déjà sur la route du retour en Angleterre. Les Néerlandais demandent alors à Stapleton de mettre en lumière le décalage entre son affirmation d'avoir conquis l'île et la lettre qu'il a signée indiquant qu'il remettrait l'île aux Néerlandais : après son explication, une décision serait rendue. Toutefois, Stapleton se rend d'abord en France pour se soigner, mais il y meurt. Néanmoins, cela ne bloque pas le processus de restitution, car, en vertu du traité de Westminster, les autres territoires pris aux Néerlandais dans les Caraïbes ont déjà tous été rendus. Ainsi, en août 1686, l'ambassadeur néerlandais est avisé par les Britanniques que Tortola va être rendu aux Pays-Bas et que des instructions allant dans ce sens ont été envoyées à Nathaniel Johnson, le nouveau gouverneur des îles Leeward.