Vaison-la-Romaine est une commune française située dans le département de Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont appelés les Vaisonnais. Elle compte 6 237 habitants (17 386 pour la Communauté de Communes).
Labellisée "Plus Beaux Détours de France" et "Petites Cités de Caractère", elle est connue pour ses vestiges romains particulièrement riches, dont un grand théâtre et un pont à arche unique, ses deux cathédrales, ainsi que pour sa cité médiévale et ses hôtels particuliers. Elle est également connue pour son marché provençal, l'un des plus anciens et importants de Provence, avec près de 500 commerçants durant la période estivale, autorisé par le pape Sixte IV en 1483. Lieu de villégiature à proximité de vignobles bénéficiant d'une appellation, elle est la ville-centre de la région touristique Vaison Ventoux Provence.
Vaison-la-Romaine est aussi un lieu de résidence et ralliement du monde artistique. Elle dispose de quatre théâtres et de nombreux lieux d'exposition et galeries. Elle accueille des événements culturels dont le festival international Vaison Danses, ainsi que des festivals de chants polyphoniques qui lui ont permis d'être labellisée « Cité chorale Européenne ».
Géographie vignette|Flore méditerranéenne, hauteurs de Vaison-la-Romaine
Localisation
La commune est située dans la partie nord du département, au sud de l'Enclave des papes. Elle est située à environ d'Orange, d'Avignon, des Dentelles de Montmirail et du pied du Mont Ventoux.
La commune fait partie du « pays Voconces ».
La commune fait partie du parc naturel régional du Mont-Ventoux et du parc naturel régional des Baronnies provençales.
Relief et utilisation des sols Elle est entourée de sept collines couvertes de forêts et de vignes. En venant de l'ouest, Vaison marque le début des moyennes montagnes.
Sismicité La commune se trouve dans une zone de sismicité modérée.. Le dernier séisme ressenti est celui de 1905..
Hydrographie Cours d'eau dans la commune. : la rivière l'Ouvèze, connue pour ses crues violentes, sépare la haute ville () de la ville moderne. L'un des ponts l'enjambant est le célèbre pont romain, qui a résisté à un bombardement allemand et à la crue du 22 septembre 1992 ; Ruisseaux du Lauzon, du Grand Alizier, de Malmont, de la Tulisse ; Ravins des Mataronnes, du Brusquet, du Barsan ; Vallat de la Combe.
Communes limitrophes
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat de montagne et le climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée à la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Puyméras », dans la commune de Puyméras à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022.
Voies de communications et transports Voies routières
Transports en commun Transport en Provence-Alpes-Côte d'Azur
Service de bus, trois lignes, de 8 h 30 à 22 h 50.
Quartiers La commune n'est pas soumise à la loi SRU (qui oblige les communes à avoir un certain pourcentage de logements en HLM).
Urbanisme Typologie Au , Vaison-la-Romaine est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Vaison-la-RomaineUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant quatre communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Vaison-la-Romaine comprend une ville-centre et trois communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Vaison-la-Romaine, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu12,8 %348Vignobles49,7 %Systèmes culturaux et parcellaires complexes4,3 %116Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants11,6 %313Forêts de feuillus9,5 %256Forêts de conifères10,7 %290Forêts mélangées1,5 %40Source : Corine Land Cover.
L'occupation des sols est marquée par l'importance des territoires agricoles : 65,6 % de la surface communale. Les vignobles occupent à eux seuls 49,7 % de la surface communale.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Vasio Vocontiorum par le géographe romain Pomponius Mela au , vers 43 après Jésus-Christ (les Voconces sont un peuple gaulois, dont Vasio est la capitale), pago Vasionense en 815, Vaiso en 1081, Vaison dès 1169.
Ce toponyme a évolué en Vaison en provençal selon la norme classique ou Veisoun selon la norme mistralienne. Il trouve son origine dans le pré-celtique *vas (source) auquel a été adjoint le suffixe -ioAlbert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, 1945.. À l'origine de la ville, une source sacrée, dédiée à la divinité Vasio, dont le nom évoque un endroit humide, une source.
Vaison devient Vaison-la-Romaine en 1924 en raison des nombreux vestiges romains qui s'y trouvent.
Histoire vignette|Carte de « Vaison » selon Cassini.|300px
Antiquité
Au début de l'Âge du fer, la région est habitée par les Ligures. Des vestiges d’habitat et de remparts laissés par la communauté agraire du premier Âge du fer () ont été découverts sur la rive gauche de l’Ouvèze, au bas de l’éperon rocheux. C’est sur cette hauteur, marquant le paysage (actuellement occupée par la Haute-Ville), que se sont abritées les populations ligures, puis celto-ligures à partir de l’invasion des Voconces au . À la fin du , « Vasio Vocontiorum » (Vaison des Voconces) devient la capitale d’une tribu du peuple celtique des Voconces. Ce peuple occupait un territoire limité par la Durance au sud, l’Isère au nord, le couloir rhodanien à l’ouest, la Durance et les Préalpes à l’est. vignette|Musée Archéologique de la ville Après la conquête romaine (125-118 av. J.-C.), la cité des Voconces compte deux capitales, Luc-en-Diois et Vaison. Les Romains en font l’une des villes les plus riches de la Gaule narbonnaise. Elle fut la patrie de l'historien Trogue Pompée. Le plus grand historien de langue latine Cornélius Tacitus, Tacite, est probablement originaire de Vaison-la RomaineTacite, œuvres complètes, traduites par Catherine Salles, éditions Robert Laffont, février 2014.
vignette|redresse=1.2|Vaison-la-Romaine, le théâtre antique. vignette|Domus, époque romaine, Vaison-la-Romaine Vasio devient « cité fédérée » (et non une colonie romaine). Les Voconces descendent sur la rive droite où se structure progressivement une ville. L’urbanisme commence à partir de noyaux agricoles qui se métamorphosent en habitations de ville, lors de la création des voies de circulation et l’édification des grands monuments publics dans la seconde moitié du : théâtre, pont, aqueduc, thermes… La paix romaine est propice à l’extension de la cité, qui connaît sa splendeur au . Elle couvre alors 70 à 75 hectares. Elle est l’une des villes les plus riches de la Narbonnaise. Après la chute de l'Empire romain, Vaison devint un centre religieux relativement important (un évêché y existe dès le ) où se réunirent deux conciles, en 442 et 529. Les invasions barbares du affaiblissent néanmoins la cité.
L’Ouvèze, autrefois navigable, sépare la Haute-Ville de la cité actuelle qui recouvre la ville gallo-romaine, dont 15 hectares sont dégagés. Quant au « château de la Villasse » et son allée de platanes bicentenaires, il domine les vestiges gallo-romains dits de La Villasse. Plus à l’est, la colline de Puymin est signalée par un vaste espace boisé. Les autres vestiges gallo-romains (Thermes du Nord, villa du Paon) échappent au regard. Le reste de la cité antique demeure sous le Vaison actuel. Enfin, on remarque deux édifices romans à l’ouest de La Villasse : la chapelle Saint-Quenin, et plus au sud, la cathédrale Notre-Dame de Nazareth et son cloître. Ce panorama urbain, où s’imbriquent vestiges antiques, bâtiments romans et constructions récentes, suggère superpositions et déplacements des occupations au cours des âges.
Moyen Âge Aux temps troublés du Moyen Âge, les habitants émigrent sur le rocher escarpé de la rive gauche de la rivière l’Ouvèze, à l’abri des remparts et du château fort. En 924, le roi Raoul de Bourgogne confirme les possessions de l'Abbaye Saint-Martin d'Autun à Fréjus, à Vaison-la-Romaine et en pays ViennoisPhilippe Lauer, Robert et Raoul, roi de Bourgogne (923-936), É. Slatikne reprint, Genève, et Honoré Champion, Paris, 1976.. vignette|Hôtel particulier en Haute-Ville Jusqu’au , la ville se développe en plaine autour de la cathédrale et du palais épiscopal où elle subit plusieurs invasions dues aux conflits, entre les comtes de Toulouse et les évêques successifs. Au , la population chercha refuge sur le rocher, au pied du château construit par les comtes de Toulouse, mais devenu propriété papale. C’est dans ce contexte que prospéra en territoire pontifical la ville médiévale qui subsiste aujourd’hui. vignette|Haute-Ville médiévale En 1361, une compagnie espagnole s'empare par surprise de Vaison avant d'en être chassée par la population des alentours Villages et villageois du Comtat Venaissin en temps de guerre (milieu XIVe - début XVe siècle).
Époque moderne