Les puits des houillères de Ronchamp sont une série de charbonnages entrepris par les différentes compagnies minières du bassin minier de Ronchamp entre le début du et le milieu du à Ronchamp, Champagney et Magny-Danigon, dans le département de la Haute-Saône en France.
Cet article donne une liste commentée de ces vingt-sept puits, tels qu'ils sont évoqués dans l'article principal houillères de Ronchamp.
De 1760 à 1810, la houille est extraite par des galeries et des bures. De 1810 à 1900, vingt-six puits de plus en plus profonds sont creusés. En 1950, le vingt-septième est creusé dans la forêt de l'Étançon. Deux d'entre eux appartiennent à la concession restée indépendante de Mourière qui exploite un gisement géologiquement différent de celui exploité à Ronchamp. La Société civile des houillères de Ronchamp (SCHR) creuse deux fois de suite le puits le plus profond de France : le puits du Magny () en 1878 et le puits Arthur-de-Buyer () en 1900. Chacun des vingt-sept puits possède son histoire et ses caractéristiques propres. Leurs durées de vie sont très variables ; ceux rencontrant des accidents de terrain ou des difficultés techniques sont abandonnés quelques années seulement après le début de leur fonçage, tandis que les puits qui rencontrent des couches importantes peuvent durer plusieurs décennies, la plupart du temps avec une exploitation irrégulière, alternant périodes d'activité et de mises en sommeil.
thumb|upright=2.5|alt=Une petite concession au nord-ouest (Mourière) avec deux puits, une grande concession au nord où se trouvent tous les puits anciens entre Ronchamp et Campagney ; une autre grande concession au sud comprenant surtout des puits récents creusés autour d'Éboulet et de Magny-Danigon.|Les puits des trois concessions établies au milieu du .
Contexte
thumb|upright=1.8|alt=Graphique à courbe montrant l'évolution du personnel et de l'extraction entre 1810 et 1958 avec un pic important entre 1860 et 1900.|Évolution de l'effectif et de l’exploitation charbonnière aux puits de Ronchamp.
Les houillères de Ronchamp sont officiellement découvertes au milieu du dans les bois surplombant les villages de Ronchamp et Champagney. Deux concessions sont accordées en 1757 : celle des seigneurs de Ronchamp pour la commune de Ronchamp et celle des princes-abbés de Lure pour Champagney. Elles sont ensuite fusionnées pour n'en devenir qu'une en 1763.
Une autre concession est accordée à Mourière, hameau situé au nord-ouest du bassin minier, en 1766 au prince de Bauffremont. Celui-ci n'exploite pas le charbon et il faudra attendre 1844 pour que monsieur Grézely fils, associé à messieurs Conrad et consorts, commence l'exploitation de la houille qui se prolongera jusqu'en 1891, après un changement de propriétaire en 1872. Les houillères de Ronchamp sont alors en pleine expansion et de nombreux puits sont creusés, puits de plus en plus profonds en direction du sud. En effet, le gisement, qui a la forme d'une coque de bateau, est incliné dans cette direction.
La Compagnie des maîtres de forge voit le jour en 1847 et obtient en 1862 une concession située au sud de la concession des mines de Ronchamp. Ces deux compagnies ayant dépensé beaucoup d'argent afin d'obtenir cette concession d'Éboulet, elles sont contraintes de fusionner en 1866. En 1919, la société civile des houillères de Ronchamp change de forme juridique pour devenir une société anonyme. Lors de la nationalisation des houillères françaises en 1946, Électricité de France (EDF) devient propriétaire de l'exploitation jusqu'à la fermeture du dernier puits en 1958. La renonciation de concession est accordée en 1961.
Les différents puits creusés dans le bassin minier sont de plus en plus profonds du fait de la pente inclinée des couches de charbon. Chaque nouveau puits nécessite donc des infrastructures plus importantes et plus complexes que ses prédécesseurs pour pallier les problèmes causés par l'extraction du charbon en grande profondeur (particulièrement l'exhaure et l'aérage) ainsi que pour améliorer le rendement et offrir aux mineurs de meilleures conditions de travail (danger moindre, outillage mécanisé).
La plupart des puits servent à l'extraction du charbon. Ils peuvent avoir d'autres usages tel que l'aérage, l'exhaure, la recherche ou encore le service (descente du matériel, du personnel, sortie de secours).
Durées de vie des Les puits sont aux couleurs de leurs concessions respectives, le ton foncé indique les périodes d'extraction du charbon, le ton clair indique d'autres fonctions ou la mise en sommeil du puits.
Les traits noirs indiquent la mise en place ou le renouvellement d'une machinerie d'extraction. Un seul trait blanc indique l'enlèvement d'une machine non remplacée (puits Sainte-Marie).
Puits Saint-Louis
Le puits Saint-Louis est le premier véritable puits de mine creusé dans le bassin houiller, au sud du hameau de la Houillère. Il est le plus productif de la première moitié du . Ce puits connaît également le premier coup de grisou du bassin le , qui fait vingt morts et seize blessés. Plus tard, le , survient un second coup de grisou encore plus meurtrier avec vingt-huit victimes. La fosse est finalement abandonnée et remblayée en 18422001, .2010, .2001, ..
Après la fermeture, l'un des bâtiments est conservé comme casino et salle de bal avant d'être démoli dans les années 1960.. Au début du , il ne reste presque plus aucune trace des installations et le puits se trouve sous un pavillon, au pied d'une colline.. Un monument décoratif construit en 2012 rappelle le passé minier du lieu..
Puits thumb|alt=Une vieille maison entourée de végétation au milieu d'une petite vallée.|L'emplacement du puits .
Le fonçage du puits démarre en 1815. En , il atteint la première couche à de profondeur dont l'épaisseur est de . Il est utilisé pour tirer les eaux des travaux inférieurs et les déverser au niveau de la grande rigole d'écoulement ; les eaux sont retirées des galeries par des pompes à bras puis mises au jour par des pompes mues par des bœufs.. Ces pompes fonctionnent avec un rythme de douze à quinze impulsions par minute, avec un débit de par coup de piston.. Enfin d'autres pompes à bras permettent d'acheminer les eaux jusqu'à la rigole..
Le , il traverse la deuxième couche à une vingtaine de mètres en dessous de la première. Cette couche possède une puissance de dont de roches stériles. Elle est exploitée par les galeries de la Cantine et de la Carrière malgré un champ d'exploitation limité..
Le , le puits atteint la profondeur de . Il sert de retour d’air pour le puits Saint-Louis. En 1830, la production de ce dernier est de , l'effectif se compose de et ..
En 1833, tandis que la deuxième couche est bientôt épuisée aux puits et Saint-Antoine., une troisième veine de de puissance est rencontrée et exploitée (veine schisteuse et pyriteuse). Les travaux sont finalement abandonnés en 1835. Lors de la catastrophe de l'Étançon en , ce puits et le puits Petit-Pierre se sont rouverts sous la pression de l'eau. Un prunier est entièrement englouti dans le trou formé par le puits . Les deux puits seront alors remblayés avec du schiste..
Au début du , le puits se situe dans la cour d'une maison..
Puits Samson
L'emplacement du puits est choisi à l'ouest de la galerie Basvent (située au hameau de la Houillère) et à au sud-ouest de l'orifice de la grande rigole d'écoulement.. Le fonçage du puits commence le dans la vallée de l’Étançon. Il est arrêté à de profondeur à cause d'une forte affluence d'eau qui nécessite de remonter 225 à à eau de toutes les , soit un débit de par jour.. Le puits mesure de long sur de large, il est équipé d’échelles. Au moment de son abandon, le puits a coûté par mètre creusé. Le fonçage reprend en et la première couche est atteinte à . Le puits est arrêté à de profondeur et il est abandonné l'année même à cause de la mauvaise qualité du charbon et de l’affluence de l'eau. En effet le puits est tombé sur un soulèvement de terrain qui a comprimé les deux couches de houille au point de les mettre presque en contact et de les aplatir.
Au début du le terrain du puits est envahi par l'étang Fourchie, alimenté par la grande rigole d'écoulement. Une maison construite sur le site l'est également, elle est par la suite ravagée par un incendie dans les années 1930. Les ruines subsistent jusque dans les années 1970.. En 1952, le fonçage Samson (galerie entreprise à partir la surface) est creusé non loin de l'ancien puits en évitant ses vieux travaux noyés. Au début du , le puits est situé dans un marécage non loin du circuit minier des affleurements...
Puits
Le fonçage du puits commence en au lieu-dit « La Bouverie », au pied du bois du Chevanel, longtemps exploité par galerie. Le creusement est sous-traité par la société d'Andlau., les ouvriers fournissent la poudre et l'huile.. La partie supérieure reçoit un cuvelage de de hauteur. L'approfondissement moyen est de par mois. Les ouvriers sont, en outre, chargés de l’entretien des outils et de la pose des cadres. Ils rencontrent à la profondeur une veine de de puissance, barrée d’une couche de grès de . Une machine à vapeur de est installée pour l'extraction. Le charbon est transporté dans des chariots de de modèle d’Anzin sur une voie de fer.
Entre 1828 et 1830, la production du puits passe de à annuelles et l'effectif passe de et à et .
En 1831, les wagonnets sont chargés sur des plateaux pour être amenés au jour. C'est à cette époque que l'on emploie pour la première fois une cage d’extraction dans un puits aux mines de Ronchamp. La même année, le puits est approfondi de et une galerie de recherche est foncée à l’est sur , mais sans résultat. En 1833, l'étranglement des veines de charbon met fin à l’exploitation..
Au début du , le puits est un trou d'eau de quatre mètres de diamètre au bord de la voie de chemin de fer Paris-Bâle..
Puits
Le fonçage du puits est entrepris en vers le Rahin, il reçoit un cuvelage avec trousse picotéeUn picot est un coin de bois qui sert à serrer la lambourde, dans le picotage d'un puits. sur . À de profondeur, il rencontre des schistes charbonneux. Quelques travaux de reconnaissance sans grand résultat sont réalisés. Les déblais sont remontés par un baritel à chevaux qui sera remplacé par la machine à vapeur du puits Saint-Louis. Le creusement de puits est arrêté à de profondeur.
En , une galerie de recherche de de long est creusée dans l’amont pendage, mais sans résultat. En , un travers-banc dans l’aval pendage des travaux sera tout aussi improductif. Plus tard, en direction de l’ouest, on installe quelques tailles. Entre 1828 et 1830, la production du puits passe de 0 à annuelles et l'effectif passe de et à et . En 1833, des recherches sont menées, mais se montrent infructueuses et démontrent que le puits est creusé sur un soulèvement du terrain houiller. L'abandon du puits est alors décidé.. L'installation d'une machine à vapeur de , envisagée dans un premier temps, est annulée en raison d'un coût trop élevé.
Au début du , le site du puits se situe au pied des collines surplombant les communes de Ronchamp et Champagney..
Puits
Le fonçage du puits est entamé à la fin de l'année 1825, au nord de la grande rigole d'écoulement., dans un terrain où il existait encore beaucoup de charbon. Il atteint une profondeur de . Il exploite la partie supérieure de la galerie du Cheval, ainsi que les parties en aval de la grande rigole. Il est desservi par un manège à chevaux. La zone est connue pour être instable, des dizaines de quartiers de mines s'étant effondrés entre 1811 et 1813. C'est en que le puits est abandonné. après avoir produit de houille avec un effectif de et .
Au début du , le puits se situe dans la forêt non loin du puits ..
Puits