Otto Lilienthal, né le à Anklam et mort le à Berlin, est un pionnier allemand de l'aéronautique.

Formation À partir de 1864, Otto Lilienthal fréquenta l'. Deux ans plus tard, il devint apprenti aux ateliers mécaniques . De 1867 à 1868, il mena une série d'expériences avec son frère à Anklam sur la portance d'une paire d'ailes. Il découvrit que la masse maximum supportable par cette technique était de . Les expériences les plus concluantes furent celles menées sous le vent avec des ailes de chauve-souris fixes (ailes non-battantes). vignette |gauche|Expérience sur la poussée vélique à Altwigshagen près d'Anklam (1868).

La Physique, vers 1870, ne saisissait encore que très imparfaitement le lien entre aérodynamique et portance : ainsi, Hermann von Helmholtz, qui s'intéressait à ce problème, expliquait en 1873 dans une communication à l’Académie royale des sciences de Prusse , qu’. Comme le rapporte Lilienthal avec ironie dans un article, cette conclusion fut interprétée .

Au mois de , Lilienthal s'inscrivit à l’École industrielle de Berlin (l'actuelle Université technique de Berlin) pour y suivre les cours de Franz Reuleaux, et reçut une bourse d'études qui améliora sensiblement son confort matériel. Diplômé ingénieur en 1870, Lilienthal s'engagea comme volontaire d'un an dans l'armée pour combattre en France : dans une lettre écrite à son frère du front, Lilienthal décrit les ballons qui s'envolent de Paris assiégée. Il refusa l'offre de Reuleaux de devenir maître-assistant.

Recherche et expérimentation

Dès les premiers vols des frères Montgolfier, l'aéronautique s'est orientée dans deux directions : les plus légers et les plus lourds que l'air. Cette dernière voie fut explorée avec beaucoup de rigueur par Otto Lilienthal, qui reste pour la plupart des vélivoles du monde le premier d'entre eux.

Ses recherches sur la forme des ailes lui permirent de démontrer scientifiquement les capacités de portance de l'extrados de l'aile, qu'il publia dans son ouvrage Der Vogelflug als Grundlage der Fliegekunst (Le vol de l'oiseau comme fondement de l'art du vol), paru en 1889 à Berlin.

En référence à ses travaux en aérodynamique, on appelle polaire de Lilienthal le tracé du coefficient de portance en fonction du coefficient de traînée, dans le système d'axes liés à la géométrie du profil (soit en repère corps) ou à la direction du vol (soit en repère vent).

Il effectua entre 1891 et 1896 deux mille vols planés attestés depuis une colline artificielle à proximité de Berlin. Il construisit 16 machines, à faible allongement, qui étaient plus proches des deltaplanes pendulaires de notre époque que du planeur de performance. La voilure des planeurs était réalisée à partir d'une structure en bois de saule entoilée de coton. La surface portante variait de 10 à . En se lançant du haut d'une colline haute d'environ vingt mètres, il pouvait planer jusqu'à dans les meilleures conditions. Le contrôle de la machine se faisait par des déplacements du corps comme pour les deltaplanes pendulaires contemporains. Sous l'effet d'une rafale, il fit une chute fatale le ; avant de mourir, il déclara : « des sacrifices doivent être faits ». L'idée de créer un deltaplane aux ailes à formes arrondies lui vint en premier lieu de cigognes qu'il observa sur un toit ; il développa cette idée au fur et à mesure de ses propres essais, le premier ayant été réalisé avec des formes plates dont l'effet fut peu convaincant.

Jusqu'au bout, il a toujours expérimenté lui-même en vol les machines qu'il avait construites.

Le premier planeur au monde réussissant à supporter le poids d'un homme fit un vol de ; cette machine avait été mise au point pendant des essais à Derwitz/Krielow (Brandebourg).

Dernier vol

Le , Lilienthal se rend comme le weekend précédent sur la colline de Stölln appelée « Gollenberg ». La journée est ensoleillée et la température agréable (environ ). Les premiers vols sont une réussite, des distances de étant parcourues sans problème. Au cours du quatrième vol, le planeur subit une perte de sustentation. Lilienthal essaye de rétablir la portance en balançant son corps vers l’arrière mais la manœuvre échoue et il chute d'une hauteur d'environ , sans avoir quitté le planeurFerber s'exprime ainsi sur la mort de LIlienthal, p. 36 de : L'Aviation, ses débuts, son développement. De crête à crête, de ville à ville, de continent à continent / F. Ferber, :

"Il [Otto Lilienthal] était devenu très habile pour faire ce mouvement [de correction de l'attitude de ses planeurs "en portant les jambes en avant, en arrière, à gauche ou à droite"] qui n'est pas dans nos réflexes naturels ; mais cela ne l'a pas empêché, en août 1896, de chavirer et de trouver la mort dans cette chute de 10 m. Il faut dire que, depuis quatre ans qu'il volait, il avait, lors d'environ deux mille parcours, pris une telle assurance qu'il n'hésitait pas à sortir par temps de bourrasque et à se laisser soulever à des hauteurs de plus en plus grandes. Sa mort a été une perte immense pour la science car il allait bientôt franchir le second stade du moteur et la crainte d'un pareil sort a éloigné de cette étude tout son entourage. Il a été, cependant, plus heureux que notre Le Bris [...], fait des élèves, grâce à la photographie qui a exposé son idée géniale, montrant la réalité et la possibilité de son exécution.".

Paul Beylich, mécanicien de Lilienthal, le transporte en calèche à Stölln, où il est examiné par un médecin. Lilienthal souffre d’une fracture de la troisième vertèbre cervicale et devient rapidement inconscient. Dans la journée, Lilienthal est transporté, dans un train de marchandises, vers la gare actuelle de Lehrter à Berlin (gare centrale de Berlin) et il arrive le lendemain matin à la clinique d'Ernst von Bergmann, un des chirurgiens européens les plus connus à l'époque. Lilienthal y meurt quelques heures plus tard (environ 36 heures après l'accident) et ses derniers mots à son frère Gustav auraient été : « Il fallait bien que l’on fasse des sacrifices. », des paroles dont doute le directeur du Musée Otto Lilienthal.

Otto Lilienthal est enterré au cimetière public de Lankwitz à Berlin.

Héritage vignette|Monument à Otto Lilienthal à Derwitz, sculpture de Raphael Statt. Les recherches de Lilienthal étaient bien connues des frères Wright qui l'ont cité comme source majeure d'inspiration dans leur décision de poursuivre leurs essais. Cependant, ils abandonnèrent les préceptes de Lilienthal après deux saisons de vols planés et se mirent à utiliser leurs propres données de soufflerie.

« De tous les hommes qui ont attaqué le problème du vol au , Otto Lilienthal était de loin le plus important... Il est vrai que des tentatives de vol plané avaient été faites longtemps avant lui et qu'au , Resnier de GouéResnier de Goué est donné pour avoir volé 300 mètres en s'élançant du haut des remparts d'Angoulême et ne s'être cassé qu'une jambe à l'arrivée., Cayley, , , Louis Mouillard et bien d'autres avaient fait de timides tentatives pour voler, mais leurs échecs répétés furent tels qu'aucune leçon vraiment intéressante n'en résulta. »

– Wilbur Wright.

L'aéroport berlinois de Tegel, ouvert en 1948 et fermé au trafic le 8 novembre 2020, portait son nom, à savoir : aéroport Otto-Lilienthal de Berlin-Tegel.

Fiche technique Envergure    (réduite à ) Surface alaire    10,0 (puis 7,80) m²Cambrure    1/10 de l'allongementAllongement    2 Longueur    Masse   

Le principe du planeur pendulaire d'Otto Lilienthal a retrouvé une nouvelle vie au cours des années 1970 avec la pratique du deltaplane.

Annexes Bibliographie Gerhard Halle: Otto Lilienthal. Flugforscher und Flugpraktiker, Ingenieur und Menschenfreund. VDI, Düsseldorf 1976 . Werner Heinzerling, Helmut Trischler (Hrsg.): Otto Lilienthal. Flugpionier Ingenieur Unternehmer. Deutsches Museum, München 1991 . Manuela Runge, : Erfinderleben – die Brüder Otto und Gustav Lilienthal. Berlin-Verlag, Berlin 2005 . Günter Schmitt, : Pioniere der frühen Luftfahrt. Gondrom, Bindlach 1995 . Werner Schwipps (Hrsg.): Otto Lilienthals flugtechnische Korrespondenz. W. Schwipps im Auftrag des Otto-Lilienthal-Museums, Anklam 1993. Werner Schwipps: Lilienthal – Die Biographie des ersten Fliegers, Aviatic, Gräfelfing, 1986 .

Zur Erfindung des Flugzeugs und den Folgen siehe: : Pioniere des Himmels: Die Brüder Wright – Eine Biografie, Artemis und Winkler, Düsseldorf/Zürich 2002 (mit Analyse der Lilienthalschen Pioniertaten). Zur Maschinenfabrik „Otto Lilienthal“ siehe: Musée Otto-Lilienthal Anklam. Der Dampfmotor des Flugpioniers. Kulturstiftung der Länder – Patrimonia 271; Anklam, 2004, . Zu seinen Flugzeugen und deren Nachbau siehe: : Vom Sprung zum Flug. Brandenburgisches Verlagshaus, Berlin 1991 , überarbeitete Neuauflage: "Die Flugzeuge von Otto Lilienthal. Technik – Dokumentation – Rekonstruktion. Friedland 2016 .

Filmographie Les derniers vols d'Otto Lilienthal sont présentés dans le premier épisode de la série Les Faucheurs de marguerites''. Articles connexes Musée Otto-Lilienthal Histoire du vol à voile

Références

Liens externes

Musée Lilienthal Bible des ailes : Otto Lilienthal La page consacrée à Otto Lilienthal sur Le Miroir des sports (, ) La page consacrée à Otto Lilienthal sur Objets du Ciel Biographie, planements et musée à Anklam

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