Le sport automobile en France est un sport mécanique pratiqué dès la création des premières voitures automobiles à la fin du .

Berceau de ce sport, la France accueille les premières courses de l'histoire, et laisse de nombreux termes en langue française dans le langage des compétitions à l'international. Pratiqué à son origine par les classes aristocratique et bourgeoise, il se popularise avec le développement de la voiture.

La Fédération française du sport automobile a la charge d'organiser et de développer le sport auto en France. Avant sa fondation en 1952, de nombreux clubs ou associations (l'ACF, l', l'ACO, etc) organisaient les compétitions de manière indépendante. Le siège de la principale instance internationale, la Fédération internationale de l'automobile, a son siège à Paris.

Sa popularité s'incarne notamment dans la tenue de grands événements tel que les 24 Heures du Mans.

Historique La Belle-Époque (1887-1914)

Le premier concours automobile se déroule le : une course entre Neuilly-sur-Seine et Versailles, organisée par le journal Le Vélocipède illustré. Une seule voiture (tricycle à vapeur De Dion-Bouton) participa à l'épreuve Histoire de l'automobile - Pierre Souvestre - Collection XIX.

La première course de l'histoire est l'épreuve Paris-Rouen le . Le premier prix est partagé entre Panhard & Levassor et les fils de Peugeot frères.

En 1895, la course Paris-Bordeaux-Paris a lieu, considérée comme la première vraie course longue distance, avec des points de passage obligatoires dans plusieurs villes. Émile Levassor remporte la course mais sa voiture (à deux places) ne respectant pas la condition requise d'une voiture à quatre places, la victoire est attribuée à Paul Koechlin sur sa Peugeot. Cette course démontra la domination des moteurs utilisant le pétrole sur la vapeur et l'électrique. Cette même année est fondée l'Automobile Club de France (ACF), qui organisera de nombreux événements lors des années suivantes.

En septembre 1896, la course Paris-Marseille-Paris a lieu. Au cours de cette épreuve Émile Levassor, cofondateur de Panhard et Levassor et vainqueur non-officiel de la précédente course, est victime d'un accident fragilisant gravement sa santé. Il décédera au cours des mois suivants.

En 1899, en association avec le journal Le Matin l'ACF crée le Tour de France automobileLe premier Tour de France automobile - Le Matin, supplément illustré du 3 septembre 1899.

D'autres courses sont également organisées cette année dont Paris-Trouville, Paris-Ostende et Paris-Rambouillet, puis Toulouse-Paris (1900) et Paris-Berlin (1901), dans lesquelles les frères Marcel et Louis Renault se distinguent. À l'occasion des Jeux olympiques d'été de 1900 organisés à Paris, des épreuves automobiles ont lieu. Cinq épreuves d'endurance se déroulent à Vincennes, ainsi que la course Paris-Toulouse-Paris. Alfred Velghe remporte la catégorie des « plus de » et les frères Renault la catégorie « voiturette ».

De nombreuses courses régionales se déroulent partout en France reliant diverses villesCourses françaises organisées de 1894 à 1902. et des courses de côte. En 1897, André Michelin remportent la course Marseille-Nice-La Turbie. Les années qui suivent cette épreuve marquent l'arrivée en France de la concurrence allemande, et notamment celle de Mercedes, Paul Meyan -alors directeur de l'Automobile Club de France- déclarant ainsi avec anticipation : 1901 Mercedes 35 HP - HowStuffWorks (avant l'arrivée de la Blitzen-Benz, en 1909).

Le , Gaston de Chasseloup-Laubat est le premier à établir un record de vitesse terrestre en atteignant sur une voiture électrique. Durant toute l'année qui vient, la concurrence avec le Belge Camille Jenatzy fait changer le record de main à cinq reprises. L'arrivée du moteur à explosion va permettre d'établir de nouveaux records. À partir de 1924, les Britanniques, puis, après la guerre, les Américains, repousseront encore plus cette limite.

En 1899, l'Automobile Club béarnais organise la course Pau-Bayonne-Pau (qui deviendra en 1933 le Grand Prix de Pau) remportée par Albert Lemaître sur Peugeot.

De 1900 à 1905, James Gordon Bennett junior, propriétaire du New-York Herald propose l'organisation d'une coupe où s'affronteront des équipes nationales. La France organisera intégralement trois éditions de la Coupe automobile Gordon Bennett, et la remportera en 1900, 1901, 1904 et 1905, Panhard dominant les compétitions organisées au seuil du . Lors de ces courses la couleur bleu de France devient la livrée nationale utilisée jusqu'en 1968 en Formule 1.

En 1903 se déroule la course automobile Paris-Madrid. Cette course est marquée par de nombreux accidents entrainant la mort de plusieurs passants et de concurrents dont celle de Marcel Renault. Les membres de l'ACF, organisateurs, finissent par suspendre la course.

À la suite de ces tragédies, l'ACF et les autorités décident d'organiser les prochaines épreuves sur circuit. En 1906 a ainsi lieu le premier Grand Prix automobile de l'histoire, le Grand Prix de l'Automobile Club de France. Le pilote austro-hongrois Ferenc Szisz remporte la course au volant d'une Renault. Paul Baras aura le record du tour pour cette édition. Le premier Français Albert Clément est troisième, il se tuera l'année suivante, lors des essais du Grand Prix de France 1907 (de même que Marius Pin, lors des entraînements préliminaires). En 1908, Henri Cissac meurt en course sur Panhard, puis en 1911 Maurice Fournier sur Corre La Licorne.

Jusqu'en 1914, le GP de France restera l'unique Grande Épreuve européenne de l'année. Il faudra attendre 1911 pour voir un Français, Victor Hémery (champion des États-Unis en 1905 après le Parisien d'adoption George Heath pour l'année précédente), remporter cette course et 1912 pour voir un autre Français, Georges Boillot, gagner à bord d'une voiture française (Peugeot).

En 1913, Jules Goux devient le premier Européen à gagner les 500 miles d'Indianapolis (5 participations, deux podiums). C'est au tour de René Thomas l'année suivante, sur Delage (4 participations, deux podiums).

La Première Guerre mondiale entraina la suspension de quasiment toutes les épreuves automobiles en France, et marque ainsi la fin d'une suprématie française sur le sport automobile.

Les années folles (1921-1939) thumb|left|Meo Costantini, pilote Bugatti, lors du GP de l’ACF 1924.

En 1920, Gaston Chevrolet (né en France de parents suisses) remporte les d'Indianapolis, puis en 1921 le Championnat américain de course automobile. Cette même année, le Grand Prix de France se tient de nouveau. Cette course est désormais une épreuve comptant pour le Championnat automobile, au côté du Grand Prix d'Italie et des d'Indianapolis puis en 1923 du Grand Prix de Belgique. En ce début des années 1920, les pilotes et les écuries français peinent à concurrencer les américains et surtout les italiens qui remportent entre 1919 et 1924, 34 Grands Prix, conduisant souvent sur leurs marques nationales telles que Alfa Romeo et Fiat, contre huit seulement pour les pilotes français.

En 1922, une première épreuve endurance de 24 heures est créée : le Bol d'or où, conjointement, se déroule une épreuve automobile et une épreuve motocycliste. En 1923, l'Automobile Club de l'Ouest organise les premiers 24 Heures du Mans. L'épreuve est remportée par André Lagache et René Léonard sur une Chenard & Walcker.

En 1924, le Rallye automobile Monte-Carlo fait son retour après deux éditions en 1911 et 1912, la majorité du parcours se déroulant dans les départements des Alpes-Maritimes. Le Belge Jacques Edouard Ledure est vainqueur sur la marque française Bignan. L'année suivante Renault bat début juin le record du monde des 24 Heures avec une 40 chevaux-sport strictement de série, entre les mains de Garfield et Plessier à Montlhéry"Très Sport" numéro 40, du août 1925..

Toujours à partir de 1925, et ce pour une décennie (hormis l'année 1927 où Robert Benoist remporte quatre Grand Prix majeurs sur sa Delage 15-S-8), les conducteurs évoluant sur Bugatti écraseront la concurrence. Le pilote Albert Divo ainsi que le monégasque Louis Chiron seront parmi les pilotes de cette marque qui feront d'elle une des plus célèbres du sport automobile mondial. Les Bugatti resteront invaincues lors du GP de France de 1928 à 1931, Divo terminant troisième du premier Championnat d'Europe des pilotes en 1931. En 1926, Bugatti remporte le Championnat du monde des manufacturiers, titre que remporte Delage l'année suivante avec sa Delage 155B après avoir été deuxième en 1926. Les progrès d'Alfa Romeo et les arrivés de Maserati et de Mercedes-Benz marquèrent la fin de la domination de la Bugatti Type 35. L'entreprise, alors au faîte de sa gloire, déclina lors des années 1930, puis fragilisée par la mort brutale de l'« héritier » Jean Bugatti en 1939, puis la guerre et enfin le décès du fondateur Ettore Bugatti marqua la fin de l'entreprise mythique.

Durant les années folles, de plus en plus de nouvelles épreuves sont créées à travers la France comme le GP de Dieppe et d'Albi, mais aussi dans les territoires français d'Afrique du Nord à Oran ou à Carthage. Les dernières années avant la Seconde Guerre mondiale montrera la domination des marques allemandes avec Mercedes et Auto Union. En 1936 et 1937, en réponse à la domination des monoplaces germaniques dans les épreuves de Grand Prix, la France organise une série d'épreuves type GP pour voitures de sport, à Marseille, Reims-Gueux, Saint-Gaudens, Pau et Bône, remportées par Jean-Pierre Wimille sur Bugatti (modèles T59/57 et T57G).

La Seconde Guerre mondiale marquera également le destin de plusieurs pilotes. Robert Benoist, Robert Mazaud et Jean-Pierre Wimille s'engagent ainsi aux côtés de William Grover-Williams dans le Special Operations Executive. Benoist est déporté à Buchenwald et exécuté , tandis que Williams subira un sort similaire en étant exécuté à Sachsenhausen en . René Dreyfus (de religion juive) s'exile aux États-Unis en 1940 et rejoint l'armée américaine. Pierre Louis-Dreyfus rejoint les Forces aériennes françaises libres en 1943. Raymond Sommer et Pierre Veyron s'engagent également dans la résistance. Hellé Nice fut contrainte de mettre fin à sa carrière en 1949 à la suite des accusations (jamais prouvées) de Louis Chiron. Violette Morris quant à elle, membre de la Gestapo française est assassinée par des maquisards en .

Les années d'après guerre (1946-1970)

L'année 1946 marque le retour des Grands Prix en France avec des épreuves telles que le GP de Nice, de Marseille, etc. Seule la marque française Talbot est victorieuse durant quelques épreuves, les premières places étant trustées par les marques italiennes, profitant de l'absence de voitures allemandes. Jean-Pierre Wimille, pilote Bugatti avant la guerre, marque le sport automobile lors des courses d'après-guerre en enchaînant les victoires sur Alfa Romeo, Juan Manuel Fangio l'ayant lui-même pour modèle. En 1949, Wimille se tue au volant de sa voiture lors du Grand Prix de Buenos Aires, alors qu'il était donné favori du futur championnat de Formule 1 devant débuter en 1950.

Cette année fut également celle de la reprise des 24 Heures du Mans. Si Louis et Jean-Louis Rosier remportent l'édition de 1950, et ce malgré le grand nombre de pilotes français, les pilotes britanniques au volant des Jaguar et des Aston Martin s'adjugent le plus souvent les premières places. À partir de 1953, les épreuves d'endurance sont regroupées au sein du Championnat du monde des voitures de sport.