Le Bas-Poitou est l'ancienne division du comté de Poitiers puis de la province du PoitouQue reste-t-il du Poitou ?., correspondant à sa partie occidentale. Ses habitants étaient les .

Sous l'Ancien Régime, le Bas-Poitou, dirigé depuis Fontenay-le-Comte, correspondait approximativement à l'ensemble de la Vendée ainsi qu'à la partie nord-ouest de l'actuel département des Deux-Sèvres, délimitée par les rivières de l'Autize et du Thouet jusqu'à Airvault, à l'Est. Le Bas-Poitou incluait donc le Bocage bressuirais ainsi qu'une partie de la Gâtine, plateau granitique sur lequel la Vendée (rivière) prend sa source.

Probablement peuplée dans l'Antiquité par le peuple celte des Ambilatres, cette partie du plateau armoricain située au sud de la Loire, longtemps séparée du bassin aquitain, au sud par un important golfe maritime, fut rattachée à la cité des Pictons et à la province romaine d'Aquitaine, à la suite de la défaite de la guerre des Vénètes.

Marche naturelle et paysagère entre l'Aquitaine et l'Armorique, ce territoire essentiellement granitique et schisteux, bocageux et marécageux, s'étendait à l'origine jusqu'à la Loire au Nord et incluait le Pays de Retz et les Mauges. Longtemps resté en marge des grands centres de commandement Aquitains et Poitevins, le Bas-Poitou format, au Haut Moyen Âge, un comté indépendant : l'Herbauges. Affaibli par les raids Normands, l'Herbauges fut d'abord annexé par le duc de Bretagne en 942 avant d'être conquis par le Comte de Poitiers-Duc d'Aquitaine, Guillaume le Grand au début du . Le duc de Bretagne conserva toutefois les Pays de Retz et du Vignoble Nantais tandis que le comte d'Anjou, Foulques Nerra s'empara des Mauges.

Afin d'intégrer cette nouvelle conquête au reste du duché, les comtes de Poitiers-duc d'Aquitaine menèrent une importante politique d'aménagement du territoire au sud du Bas-Poitou construisant le château de Talmont ainsi que les abbayes de Maillezais et de Nieul-sur-l'Autise. Après l'intégration du Poitou au domaine royal français une plus grande autonomie fut donnée au Bas-Poitou vis-à-vis du reste de la province. Aussi contrairement au Haut-Poitou, mais comme la Bretagne, ce territoire était exempté de gabelle.

Très marqué par la guerre de Cent Ans du fait de sa situation stratégique, aux confins des possessions des rois de France, des ducs de Bretagne et ducs d'Aquitaine, le Bas-Poitou connut ensuite une période de prospérité lors de la Renaissance. Ainsi au , la Réforme se diffusa largement en Bas-Poitou notamment depuis Fontenay-le-Comte. Coincé entre la Rochelle, bastion protestant, et la Bretagne, bastion de la Ligue catholique, le Bas-Poitou, fut déchiré par les guerres de Religion au .

Largement reconverti au catholicisme à la fin du , par des prêtres originaires de Bretagne, le territoire de l'ancien Bas-Poitou, devenu le département de la Vendée, fut affecté, comme d'autres territoires du massif armoricain par un important soulèvement contre la Convention, à la fin du . Au sud de la Loire, cet épisode a pris la forme d'une véritable guerre, connu sous le nom de guerre de Vendée, qui marqua durablement la mémoire régionale, si bien que le nom de Vendée pour désigner cette partie de la France se substitua progressivement à celui de Bas-Poitou dans l'imaginaire collectif.

Définition vignette|350px|Situation du Bas-Poitou dans le Poitou. Sous l'Ancien Régime, les deux régions étaient délimitées par les cours d'eau de l'Autize et du Thouet.|alt=Situation du Bas-Poitou dans le Poitou.|gauche Sur le plan politique et administratif, le Bas-Poitou est une partie du gouvernement militaire du Poitou créée par un arrêt du Conseil du . Par opposition au Haut-Poitou, il est défini à l'ouest d'une ligne de démarcation établie entre Coulonges et Saint-Martin-de-Sanzay suivant le cours de l'Autize et du Thouet. Sa capitale, située à Fontenay-le-Comte, accueille l'un des deux lieutenants généraux du gouvernement, l’autre étant à Poitiers.

Un autre arrêt, daté du exclut du Bas-Poitou les faubourgs de Thouars, de Parthenay et de Saint-Loup.

Toutefois, la singularité du Bas-Poitou apparaît dès le milieu du Moyen Âge et témoigne de son éloignement vis-à-vis du reste du Poitou. Cette singularité tient à la fois aux caractéristiques naturelles (marais, collines) du Bas-Poitou, fort différentes des plaines céréalières du Haut-Poitou, mais aussi à la situation géographique de cet espace soumis aux attaques maritimes et aux invasions bretonnes et angevines.

Aussi, le Bas-Poitou était plus qu'une simple circonscription administrative, puisque dans les années 1780, ses habitants, ou du moins certains d'entre eux, possédaient une conscience d'appartenance à ce même territoire que formait le Bas-Poitou et se considéraient comme « Bas-Poitevins ».

Toponymie vignette|Paysans vendéens au . Le Poitou, et Poitiers, dérivent tous deux de Picton, passant par Poictou, comme il apparait sur les cartes anciennes, donnant PoitouPierre Crombet pour l'Encyclopédie de l'Arbre Celtique

http://encyclopedie.arbre-celtique.com/poitou-10664.htm.

Le terme de « Bas », pour désigner cette partie du Poitou, n'a pas de rapport avec l’altitude mais avec la richesse et désignait le territoire de la province considéré par les élites poitevines comme plus pauvre et de moindre valeur que celui de la partie considérée comme « Haute »MUSSET René Le Bas-Maine, étude géographique, 1917.

En effet, comme le Bas-Maine, ou la Basse-Normandie, le Bas-Poitou était majoritairement une région granitique, de bocages armoricains, peu propice à la céréaliculture et marquée par l’élevage. À l’inverse le Haut-Poitou comprenait essentiellement les plaines fertiles du bassin parisien (à l'instar du Haut-Maine et de la Haute-Normandie) et était donc plus urbanisé. La faible présence des toponymes occitans et des édifices d'art roman poitevin, en Vendée, en comparaison avec le reste de l'espace poitevin-saintongeais, traduit d'ailleurs cet l'éloignement du Bas-Poitou vis-à-vis des grands centres urbains aquitano-poitevins.

Géographie

Une marche géographique et culturelle entre l'Aquitaine et l'Armorique La Vendée, territoire correspondant peu ou prou à l'ancien Bas-Poitou, constitue, à de nombreux égards, une région de marche entre l'Aquitaine et l'Armorique..

Une marche naturelle et paysagère vignette|Le bocage bressuirais, territoire historiquement bas-poitevin, fait partie intégrante du massif armoricain. Sur le plan géologique, la majeure partie de la région appartient au Massif armoricain et comporte des sols granitiques et schisteux. Toutefois, les sols du bassin de Chantonnay, de la plaine et les îles du marais, sont quant à eux calcaires et plus sec, ce qui n'est pas sans rappeler le bassin aquitain.

Cette double appartenance géologique s'observe sur le littoral vendéen. Les côtes du plateau armoricain sont souvent rocheuses et marquées par les falaises granitiques (ex : Corniche des Sables-d'Olonne et de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, falaises de l'île d'Yeu). Les côtes du bassin aquitain et notamment du marais poitevin, sont, quant à elles, plus sablonneuses (ex. : pointe d'Arçay, plages des Conches).

Sur le plan paysagé, le territoire se divise entre un bocage couvrant la majeure partie du territoire et une région de culture et de champs ouverts. Cette région constitue aussi une marge paysagère entre les forêts humides, que l’on retrouve aussi dans les territoires celtiques, et les forêts sèches qui se rapprochent davantage des forêts méditerranéennes.

Une marche culturelle vignette|La langue occitane au milieu du Moyen Âge. La Vendée est au nord-ouest de la carte. Dès le Moyen Âge la Vendée se situait dans l'aire linguistique de la langue d’oïl (ancien français). Toutefois, le patois vendéen (poitevin) est aussi soumis à des influences des langues celtes et de la langue d'oc. La double influence nord-sud s’observe par ailleurs dans l’architecture locale. Les maisons traditionnelles vendéennes (borderies et bourrines) possèdent des traits hérités à la fois de l’architecture bretonne, telles que les encadrements en granite, mais aussi des caractéristiques architecturales issues de l’influence méridionale, telles que les toits de tuiles romanes. La Renaissance et la réforme protestante, qui ont profondément marqué le Bas-Poitou ainsi que son architecture, notamment par la construction de manoirs aux formes fantaisistes et de temples relativement sobres, sont arrivées du monde aquitain. Par ailleurs, de nombreuses croix et statues ont été érigées par Louis-Marie Grignion de Montfort, clerc catholique, originaire d’un territoire de tradition celte, la Bretagne, lors de ses missions visant à reconvertir au catholicisme les habitants du Bas-Poitou. Si bien que sur le plan politique la Vendée a longtemps été divisée entre un Sud plutôt progressiste : « la Vendée bleue », et un Nord plutôt conservateur : « la Vendée blanche ».

Un territoire historiquement aquitain, sous influence nantaise vignette|La veuze, cornemuse traditionnelle du Pays nantais, est aussi présente en Vendée. Le Bas-Poitou est aux confins des aires d'influence de Poitiers et de Nantes. Si ce territoire appartenait administrativement au Poitou sous l'ancien régime, il est davantage dans l'aire d'influence de Nantes que dans celle de la capitale poitevine.

L'influence de Nantes sur ce territoire est ancienne et s'observait déjà sur le comté d'Herbauges au Haut Moyen Âge. Ainsi, ce territoire fût longtemps disputé entre les comtes de Poitiers (Duché d'Aquitaine) et les comtes de Nantes (Duché de Bretagne). Après le traité signé en 942 entre Alain Barbetorte, duc de Bretagne et Guillaume Tête d'Etoupes, duc d'Aquitaine, les pays de Tiffauges, des Mauges et d'Herbauges, correspondant à l'ouest du Poitou furent rattachés au comté de Nantes au sein du duché de Bretagne.

Ainsi entre le et la stabilisation des frontières entre la Bretagne, le Poitou et l'Anjou, le comté de Nantes, dirigé par les princes Bretons Hoël puis Guérech, s'étendait jusqu'au Lay au sud et au Layon à l'est, comprenant ainsi la majeure partie de l'actuel département de la Vendée.

Géologie Sur le plan géologique, le territoire Bas-Poitevin comprenait essentiellement la partie du Massif armoricain située au sud de la Loire. Ce vaste plateau granitique qui s'étend, d'est en ouest, de la vallée du Thouet au littoral Atlantique, culmine au niveau des hauteurs des monts et puys de Vendée, qui s'élèvent jusqu'à 290 mètres à Saint-Michel-Mont-Mercure, à 269 mètres au puy Crapaud et, dans la Gâtine, à 271 mètres au Terrier de Saint-Martin-du-Fouilloux. L'Absie, à d'altitude, est le plus haut bourg des Deux-Sèvres. Comme le reste du Massif armoricain, du fait de son vallonnement et de la présence de gros blocs de granite, ce plateau n'a jamais pu être remembré et est, aujourd'hui encore, couvert par un paysage de bocage (Bas et Haut Bocage, Bocage bressuirais, Gâtine), qui forme la vaste sylvoécorégion du Bocage vendéen..vignette| Carte géologique du nord-ouest de la France. Situé en sud-Loire, le Bas-Poitou forme les contreforts méridionaux du Massif armoricain. |alt=Carte géologique du nord-ouest de la France. Le Poitou est situé en bas de carte.|220x220px

Micro-région sismique gauche|vignette|150x150px|Zonage sismique.

Les importantes failles qui traversent le plateau sud-armoricain sur lequel se situe le Bas-Poitou, connaissent régulièrement des mouvements, à l'origine de séismes.. Bien que ces séismes soient souvent de faible intensité, certains d'entre eux ont parfois dépassé la magnitude 5 sur l'échelle de Richter, à l'instar de celui survenu dans la baie de Bourgneuf en 1799. La fréquence élevée de ces tremblements de terre fait de la Vendée la principale région sismique de métropole après les massifs alpin, pyrénéen et vosgien.

Hydrographie vignette|La Vendée est incluse dans le sous-bassin versant « Loire aval et côtiers vendéens », qui s'étend aussi sur une partie des départements voisins.