La Finlande est une République démocratique, reposant sur la nouvelle Constitution du . Son système politique est très proche du parlementarisme, mais le Président possède des pouvoirs, notamment concernant les affaires étrangères du pays ; ainsi, son système politique se révèle à l'équilibre entre le parlementarisme et le régime semi-présidentiel.
Respectant le principe de la séparation des pouvoirs, le Parlement forme le pouvoir législatif et le Conseil d’État, dirigé par le Premier ministre, forme le pouvoir exécutif. Le pouvoir judiciaire ne dépend pas du pouvoir exécutif.
Partis politiques
Il existe des partis politiques en Finlande depuis à peu près un siècle. Leur statut a été défini par la loi sur les partis politiques en 1969. Selon la définition établie par le ministère de la justice, les partis sont des organisations enregistrées au registre des partis. Ils ont le droit de composer des listes de candidats pour les élections municipales, législatives et européennes. Pour devenir membre d'un parti politique, il faut normalement contacter l’association locale du parti.
Le Parti finlandais et le Parti suédois étaient parmi les premiers partis dans les années 1860. La question linguistique, qui a constitué le premier clivage majeur, a perdu en importance dans les années 1930, même si le Parti populaire suédois continue à représenter les intérêts de la minorité suédophone. Le Parti des travailleurs, aujourd’hui appelé le Parti social-démocrate de Finlande (SDP), est né en 1899 quand les travailleurs se sont organisés. Le clivage entre partis socialistes et non-socialistes est le principal clivage politique finlandais. En 1906, l'Union agrarienne, qui deviendra le Parti du centre en 1963, est créée pour représenter les intérêts des petits paysans contre les classes dominantes urbaines. Ce clivage ville-campagne reste important dans la vie politique finlandaise. En 1918, juste après l'indépendance, les partis de droite s'opposent sur des questions constitutionnelles. Le Parti de la coalition nationale est issu de ces conflits. C'est également après l'indépendance que l'aile radicale des sociaux-démocrates se détache pour former le Parti communiste de Finlande, basé à Moscou et autorisé en 1944 seulement. Dans les premières années de l’indépendance, les différences entre les idéologies des partis étaient énormes. Au cours des années, ces différences se sont réduites et, après les années 1980, aucun parti principal n’a proposé de changements radicaux concernant la sociétéSaukkonen, Pasi (2012). p. 30, 35–37..
Après la Seconde Guerre mondiale, le parti centriste agrarien Maalaisliitto, aujourd’hui appelé le Parti du centre (Kesk), le Parti social-démocrate et le prédécesseur de l’Alliance de gauche, la Ligue démocratique du peuple finlandais (SKDL) qui regroupait les communistes et des socialistes, étaient les plus grands partis au Parlement. Les 20% des voix obtenus en moyenne par la Ligue démocratique du peuple finlandais fait alors de la Finlande l'un des pays d'Europe occidentale avec la France et l'Italie où les communistes sont les plus forts. Le soutien du Parti de la Coalition nationale (Kok) était 5–7 % au-dessous de ces partis jusque dans les années 1970. À partir de 1966, la SKDL participe à des gouvernements incluant sociaux-démocrates et agrariens, conduisant à des tensions internes entre réformistes et révolutionnaires et, in fine, au début de son déclin dans les années 1980. En même temps, la Ligue verte introduit l'idéologie de la protection de l'environnement dans la politique. Elle parvient à mobiliser les nouveaux mouvements sociaux au moment où l'extrême-gauche est en déclin. La Ligue verte et les Vrais Finlandais (PS) ont dépassé l’Alliance de gauche au . En 2011, les Vrais Finlandais est devenu un des grands partis. Les Chrétiens-démocrates est un parti permanent du Parlement depuis 1966, mais il conserve une dimension modesteSaukkonen, Pasi (2012). p. 35–37..
Syndicats Les organisations économiques négociant la conciliation des intérêts, aussi bien entre eux qu’avec l’État, jouent un rôle important dans le système politique de la Finlande. Les associations économiques les plus importantes sont les syndicats professionnels, qui représentent les employeurs et les employés, et quelques associations représentant certaines industries, notamment la Confédération des agriculteurs (Maa- ja metsätaloustuottajain Keskusliitto).
En Finlande, on a pris des décisions centralisées en matière de politique des revenus depuis plus de trente ans. Ces décisions ont concerné les salaires, les horaires de travail, la politique sociale, la politique financière, la politique fiscale et la politique de l’emploi. Au nom de la politique des revenus, quelques jours fériés ont même été déplacés à la fin de semaine. Plus tard, la situation a été remise en l’état d’origine. Dans les années 1970 et 1980, les syndicats professionnels s’étaient également engagés dans la politique commerciale.
La solidité, les formats de négociation centralisée et le système à trois niveaux où l’on négocie d’abord entre les confédérations, puis au niveau industriel et dernièrement au niveau syndical, sont des caractéristiques du modèle du marché du travail de la Finlande. Le taux de syndicalisation est très élevé en Finlande : à peu près 75 % des salariés font partie de syndicats professionnels. Dans de nombreux domaines, les employés de l’administration publique sont traités de la même façon que ceux du secteur privé. La législation garantit que les salariés peuvent exercer une influence directe. Dans de grandes entreprises, on peut trouver des comités de coopération entre l’employeur et ses employés qui négocient par exemple les licenciements. En fin de compte, un salarié finlandais a une plus grande influence sur le monde du travail que les salariés dans la majorité des pays à l’extérieur des pays nordiques.
Politique et économie La relation entre le système politique et le système économique est une question centrale dans toutes les sociétés. On peut dire qu’à un extrême se trouve le système capitaliste dans lequel la majorité des opérations économiques importantes sont réalisées par des entreprises privées, et qu’à l’autre extrême se trouve le système socialiste dans lequel ces opérations sont réalisées par des sociétés de l’État.
L’agriculture a joué un rôle relativement important en Finlande. Les petites fermes ont été dominantes et l’industrialisation s’est concentré sur le secteur d’industrie forestière, orientée vers l'exportation et sur l'industrie de la transformation du bois. Ces choses ont été des facteurs historiquement importants dans la société et dans la vie économique Finlandaise. C'est surtout le paiement des indemnités de guerre qui a fait grandir l’industrie métallurgique, par exemple l’architecture navale.
Les négociations entre la Finlande et l’Union Soviétique (idänkauppa) se fondaient sur des accords politiques. Les négociations se sont poursuivies jusqu’à la dissolution de l’Union Soviétique. Au début des années 1990, la croissance économique en Finlande est devenue de plus en plus dépendante des marchés internationaux qui ne pouvaient plus être régis par des accords politiquesSaukkonen, Pasi (2012). p. 38–39.
Vers la fin du , les technologies de l’information sont devenues un facteur important dans l’industrie exportatrice finlandaiseSaukkonen, Pasi (2012). p. 39. Une entreprise, Nokia et ses sous-traitants, a eu un effet remarquable sur le PIB dans les années 1990 et 2000. En 2000, Nokia a augmenté le PIB de la Finlande de 2,4 points de pourcentage.
Organisations non gouvernementales En plus des syndicats économiques et des partis politiques, il y a beaucoup d’autres groupes, associations, mouvements et organisations qui tentent d'influencer le système politique pour atteindre leurs objectifs ou pour faire avancer leur cause. Une organisation non gouvernementale peut en général être définie comme une organisation fonctionnant à plusieurs niveaux, de plus en plus souvent au niveau international. Quelques-unes de ces organisations travaillent en nom du gouvernement. Ces organisations effectuent des tâches d’exécution. Une partie des organisations non gouvernementales partage les idéologies de l’État, une autre partie critique franchement la politique officielle et essaye d’influencer l’opinion générale du peuple et la prise de décision politique..Les organisations non-gouvernementales sont appelées « troisième secteur », les autres secteurs étant le secteur privé et le secteur public.
Médias Les journaux finlandais restent toujours versatiles. Il y a cinquante-trois journaux qui paraissent de quatre à sept fois par semaine. Le plus grand journal est . En Finlande, quatre journaux sur cinq sont livrés tôt le matin. Seulement 11 % des profits sont issus de la vente au numéro. On dit que cela explique la prospérité des journaux en Finlande. Même comparés aux autres médias, les journaux jouent toujours un rôle important dans la presse. En 2004, huit personnes sur dix, âgées de 12 à 69 ans, lisaient des journaux au quotidien.
Traditionnellement, la presse municipale est considérée comme un acteur de poids. En revanche, le rôle de la presse politisée a diminué de façon radicale..
L’importance des périodiques en Finlande est exceptionnelle. La radiodiffusion est basée sur la loi de la radiodiffusion adoptée en 1993. Selon cette loi, la tâche de la radiodiffusion est très vaste.
Les contenus de la communication reflètent le système des médias qui se base sur des traditions fondamentales et dans lequel les journaux à la demande et les médias électroniques des services publics restent des facteurs centraux. En Finlande, les normes dans le domaine du journalisme sont fondées sur les modalités éthiques, le guide de conduites des journalistes (journalistin ohjeet) et les modalités de programmation de la radiodiffusion. Les problèmes pratiques de l'éthique sont traités par un organisme d'autorégulation des médias, le Conseil des médias de masse en Finlande (Julkisen sanan neuvosto), dont les membres sont des représentants des organisations des journalistes et des éditeurs, des professionnels de loi et des membres qui viennent d’autres domaines.
Les médias sociaux et la révolution médiatique influencent la communication dans les années 2010.
Pouvoir exécutif Le président de la République est élu pour six ans au suffrage universel direct. Chef des forces armées et de la diplomatie, il nomme le Premier ministre, qui peut prononcer la dissolution du Parlement et promulguer des lois sur lesquelles il dispose d'un droit de veto. Le conservateur Alexander Stubb occupe ce poste depuis 2024.
Le Gouvernement est constitué d'une part du Premier ministre, entériné par le Parlement et nommé par le président de la République, et d'autre part des ministres nommés par ce dernier. Il fixe la politique de la Nation, a l'initiative des lois et dirige l'administration publique. Petteri Orpo occupe ce poste depuis le .
Le président dirige la politique étrangère de la Finlande en collaboration avec le gouvernement. Il désigne quelques-uns des hauts fonctionnaires et les juges de la Cour suprême. En cas d'empêchement du président, il est représenté par le premier ministre. En cas d’absence du premier ministre, le président est remplacé par le représentant du premier ministre.
Le président est le chef des forces armées. Il désigne les officiers. Le président prend la décision de mobiliser les forces armées à l’initiative du gouvernement. Il décide de la guerre et de la paix avec le consentement du Parlement.
Avant la nouvelle constitution, qui a été rédigée en 1999 et adoptée en 2000, le président avait beaucoup plus de pouvoir. Seuls Paasikivi et Kekkonen ont pleinement utilisé ces pouvoirs. Entre les années 1946 et 1981, la Finlande était un pays semi-présidentiel. Le président bénéficie toujours du droit de veto, bien que le Parlement puisse l'annuler.