Le tramway de Dunkerque est un ancien réseau de transport exploité dans cette ville et sa banlieue à partir de .
Pratiquement détruit, comme la ville, pendant la Seconde Guerre mondiale, une de ses lignes a néanmoins été reconstruite après-guerre, et le dernier tramway a circulé le .
Histoire 1838 : Le chemin de fer dessert Dunkerque, favorisant le développement de la ville et du portDunkerque à l'heure des tramways, art. cit. en bibliographie : le conseil municipal dunkerquois demande au gouvernement l’implantation d’un réseau de tramway constitué par deux lignes, l'une entre la gare - Casino de Malo-les-Bains, et l'autre, se détachant de la première place Jean-Bart pour aller jusqu'à la limite communale de Rosendaël. : Le premier tramway hippomobile de Dunkerque est déclaré d'utilité publique, et la concession rétrocédée à M. Spilliaerdt-Caymax, un négociant-armateur anversois. Cette concession devait expirer en 1919. : Mise en service, en traction hippomobile, de la première ligne, sur 2 km, entre la gare de Dunkerque et la chapelle Notre-Dame des Dunes. La ligne est prolongée jusqu'au Casino lors de la livraison de la nouvelle avenue des Bains-de-mer. : Essai de deux machines à vapeur, système H. Tilkin-Mention, dont l'une déraille dans une courbe serrée de 14 m. de rayon, sur une section de voie mal établie. L'essai n'a donc pas de suite. vignette|Le tramway de Saint-Pol, à voie de 0,60m et traction hippomobile : Par ailleurs et de manière indépendante, est concédée pour trente ans à la société du tramway de Saint-Pol-sur-Mer à Dunkerque et extensions une « ligne de tramway, à traction de chevaux, destinée au transport des voyageurs et, éventuellement, des marchandises, entre l'ancienne écluse de Mardyck, commune de Saint-Pol-sur-Mer, et la gare de Dunkerque ». La commune de Saint-Pol, alors indépendante de Dunkerque, subventionne la ligne qui devait être construite à voie étroite (0,60 m.), système Decauville, et exploitée par le concessionnaire à ses risques et périls. : mise en service de la ligne à traction hippomobile entre la gare de Dunkerque et la mairie de Saint-Pol-sur-Mer. : M. Spilliaerdt-Caimax obtient également la concession par le département du Nord, jusqu'en 1919, d'un réseau suburbain entre la gare de Dunkerque et celle de Rosendaël, ainsi qu'un embranchement vers la plage de Malo-les-Bains, également en traction hippomobile. : Mise en service de la ligne à traction hippomobile entre Dunkerque et la gare de Rosendaël. Cette ligne est raccordée à celle établie entre la gare de Dunkerque et le Kursaal Premiers essais de tramways électriques à accumulateurs sur la ligne de Malo-les-Bains, puis en sur la ligne de Rosendaël. On souhaite alors éviter les fils aériens jugés disgracieux, et la solution des accumulateurs, déjà utilisée sur certains réseaux des tramways de Paris ou sur le tramway de Lille. Après la mise en service des tramways à accumulateurs, en 1899, on s'aperçoit que le matériel est inadapté et peu fiable, amenant de fréquentes pannes en lignes, pendant lesquelles on voit des chevaux remorquer les motrices à accumulateurs jusqu'au dépôt ...La ville et l'exploitant s'orientent vers une traction électrique à captage par fil aérien, qui sera entérinée par décret en 1902 et mise en service en 1903. 1900 : mise en service du premier tramway omnibus à Coudekerque. : Décret approuvant la substitution dans les droits à la concession de M. Spilliaerdt-Caymax au profit de la Société Anonyme des Tramways de Dunkerque et Extensions (TDE). . Celle-ci aurait été absorbée, en 1931, par la Société des Tramways de Dunkerque et de Calais, du Groupe Mariage, qui contrôlait la STCRP parisienne, la STCRT toulousaine et le Tramway de Nice et du Littoral. Elle est intégrée en 1992 au sein de la CGEA, ancêtre de Veolia transport.. : Décret entérinant la transformation du réseau en tramway électrique et autorisant la création de nouvelles lignes. cette concession, dont les documents remplacent ceux de 1875, était consentie jusqu'en 1949. : Mise en service du tramway électrique entre la gare de Dunkerque et Malo ou Rosendaël, puis, peu après, jusqu'à Malo-Terminus et sur la ligne de la Basse-Ville.
centré|vignette|400x400px|Le réseau au .
1906 : Mise en service de la ligne des Darses, prolongeant celle de Rosendaël depuis l'Église Saint-Eloi jusqu'au Môle n°2 .
vignette|Croisement de deux rames, place Jean-Bart vignette|Tramway n°10 à accumulateurs et impériale, vers 1902, sur l'avenue des Bains de Mer : la caténaire des tramways à captage aérien est déjà posée vignette|Quelques années après, une autre motrice , mais à alimentation par ligne aérienne de contact (LAC), après son vestibulage, circulant au même endroit : décret autorisant le prolongement de la ligne interurbaine n°3, de Malo-Terminus au Casino, et de la ligne D du réseau urbain dite de la Basse-Ville jusqu'à la gare de Coudekerque-Branche. La ligne de la Basse-Ville est effectivement prolongée jusqu'à la gare de Coudekerque-Branche en 1907. : Décret annulant la concession du tramway de Saint-Pol-sur-Mer et l'attribuant à la Compagnie des tramways de Dunkerque et extensions. La TDE transforme la ligne pour la mettre en voie normale et y faire enfin circuler les tramways électriques. Première Guerre mondiale : Huit mille obus furent utilisés pour bombarder la ville, tuant 500 habitants et détruisant de nombreux édifices. Le réseau subit d'importants dégâts, notamment en ce qui concerne la ligne aérienne, ce qui amène à des interruptions de service sur certaines lignes. Globalement, le réseau demeure fonctionnel sur presque toutes les lignes.
centré|vignette|400x400px|Le réseau au .
1923 : suppression de la courte ligne des Darses, report du terminus de la ligne de Rosendaël ) la Gare de Dunkerque, dont l'exploitation est alors assurée, comme sur les lignes qui seront supprimées ensuite, par une desserte par autobus. Le matériel bénéficie, vingt ans après sa mise en service, d'une rénovation, avec la suppression des lanterneaux d'aération, reconstruction des plates-formes avec la création de parois latérales (vestibulation) assurant un meilleurs confort pour les voyageurs et une bonne visibilité pour le conducteur. : suppression de la ligne saisonnière de Malo-Terminus. : suppression de la ligne de la Basse-Ville et de celle de Coudekerque-Branche. : suppression de la ligne de Saint-Pol-sur-Mer.
centré|vignette|400x400px|Le réseau au .
: 17 autobus de la STDE sont réquisitionnés par l'armée allemande, réduisant et reportant le trafic sur les tramways. : La ville et son réseau de tramway subit d'importantes destructions lors de la Bataille de Dunkerque. Le dépôt de l'avenue de la République est incendié, plusieurs tramways sont détruits ou gravement endommagés, et le trafic est totalement interrompu. : Sur ordre des autorités d'occupation, la ligne gare de Dunkerque - Place Turenne (Malo-les-Bains) est remise en service, par récupération de coupons de rails sur les lignes récemment désaffectées mais pas encore déposées, et réparation sommaires des lignes aériennes et du matériel roulant. Le reste des rails et pylônes du tramway seront utilisés par l'armée d'occupation pour renforcer le Mur de l'Atlantique par des ouvrages anti-chars dits pieux Rommel. 1945 : La ville restant occupée par l'armée allemande jusqu'à la capitulation du 8 mai 1945, elle est bombardée par les alliés, et le réseau de tramway est à nouveau totalement détruit. 1946 : un minimum de service de transport en commun est assuré dans l'agglomération, grâce à trois autobus qui n'avaient pas été réquisitionnés. Après la Seconde Guerre mondiale, seule la ligne de Malo-les-Bains sur les cinq est sommairement reconstruite et est remise en service le . Elle n'est exploitée que jusqu'au , année où elle est remplacée par des autobus, qui avaient commencé à circuler dès 1925 dans l'agglomération René Courant, op. cit. en bibliographie .
Lignes Dans son développement maximum, le réseau était constitué de cinq lignes urbaines et trois lignes suburbaines (la toponymie employée est celle de l'époque) : vignette|Un tramway longe le marché de la place de la République vignette|Une rame constituée d'une motrice et de la remorque n°58, toujours place de la République vignette|Motrice n°5, avenue Faidherbe à Malo-les-Bains vignette|Toujours avenue Faidherbe, on distingue sur cette photo des années 1940 l'implantation de la voie unique du tramway vignette|Terminus du tramway, perpendiculaire à la gare de Dunkerque A - de la Place de la Gare au Kursaal :
La ligne utilisant l'itinéraire suivant : Place de la Gare, avenue Thiers, rue Thiers, Place de la République, rue Alexandre-III, Place Jean-Bart, rue de l'Église, place d'Armes, rue du Quai, Quai de Leughenaer, rue Carnot, traversée des fortifications anciennes et nouvelles, avenue des Bains-de-mer, Place du Kursaal) Lors de l'électrification, la ligne est mise à double voie, mais, lorsque la voirie est trop étroite, utilise au retour d'autres rues qu'à l'aller : Place du Kursaal, avenue des Bains-de-mer, traversée des fortifications, rue Carnot, rue des Vieux-remparts, rue des arbres, quai du Leughenaer, rue du Quai, place d'Armes, rue de l'Église, rue Jean-Bart, rue Alexandre-III, Place de la République, rue Thiers, avenue Thiers, Place de la Gare.
B - de la Rue de l'Église à Rosendaël, mise en service le :
Entre la rue de l'Église et la limite communale vers Rosendaël (via la rue des Vieux quartiers, la rue du Magasin-à-Poudre, la rue de l'Abreuvoir, la Place du Théâtre (côté est - aujourd'hui place du Général-de-Gaulle), la rue Benjamin-Morel, la Place Calonne (partie nord), la rue de Nieuport, le pont de Rosendaël, la traversée des fortifications), prolongée par la ligne suburbaine n°1.
C - ligne dite des Darses,
Place Jean-Bart, rue des Bassins (actuelle rue de l'Amiral-Romarc'h), rue de l'Arrière-port (actuelle rue des Fusiliers-Marins), pont fixe sur l'écluse de Bergues (construit à cette occasion), rue du Ponceau, rue du Magasin-Général (actuelle rue Félix-Coquelle), chaussée longeant les Darses jusqu'au Môle 2.
D - ligne dite de la Basse-Ville,
Rue du Fort-Louis, rue de Paris, Place Vauban, pont Royal, rue Royale (actuelle rue Albert-) , place de la République, où elle se raccorde à la ligne A. Cette ligne est prolongée, aux termes du décret de 1906, jusqu'à la gare de Coudekerque-Branche.
E - la ligne de Saint-Pol-sur-Mer.
Son itinéraire était le suivant : Rue de Saint-Pol, Quai de Mardyck jusqu'à la limite communale, puis rue de la République à Saint-Pol-sur-Mer jusqu'à la mairie.
Le réseau suburbain s'étendait sur les territoires de Rosendaël et de Malo-les-Bains avec trois lignes :
1 - de la limite du territoire de Dunkerque à la Gare de Rosendaël, en prolongement de la ligne B :
par la Rue Nationale (actuelle rue du Maréchal-Foch et rue Paul-Machy) à Rosendaël, jusqu'au passage à niveau de la ligne de Furnes où est situé le terminus. La gare de Rosendaël y sera aménagée, et les voies du chemin de fer franchies par une passerelle spéciale.
2 - de la Place de la Mairie de Rosendaël à la Place du Kursaal à Malo-les-Bains,
La ligne partait de la Rue Nationale (du Maréchal-Foch) et empruntait les rues Victor-Hugo et Gambetta jusqu'à la Place de la République (à la limite des communes de Rosendaël et de Malo-les-Bains) puis l'avenue Gaspard-Malo, la Place Turenne, l'avenue Faidherbe et l'avenue Bel-Air.
3 - ligne dite de Malo-Terminus, prolongée au Casino :
La ligne passait par le Boulevard de la République jusqu'à la gare de Leffrinckoucke, sur la ligne de Furnes. Le décret de 1906 prévoit son prolongement de Malo-Terminus au Casino, par le boulevard Tristam projeté à l'époque.
Infrastructure Le réseau était établie à voie normale, à l'exception de la ligne de la ligne de Saint-Pol, dotée initialement d'une voie étroite de 60 cm, et qui ne sera transformée en voie normale qu'en 1913.
La voie