thumb|upright=1.22 |Distribution du virus de Schmallenberg en Allemagne au (source FLI). Orthobunyavirus schmallenbergense, aussi appelé virus de Schmallenberg, est un virus, apparu en Europe en 2011, qui affecte le bétail (bovins, ovins et caprins) provoquant des maladies congénitales fœtales et de la mortinatalité. En fait, il s'agit plus exactement de malformations néonatales mais non héréditaires car ne dépendant pas du patrimoine génétique parental ou de l'insémination artificielle).

En , 14 pays européens étaient touchés.. Les formes congénitales du virus sont en France surveillé chez les veaux, agneaux et chevreaux par la plateforme d'épidémiosurveillance en santé animale sous l'égide de l'ESAPlateforme nationale d'épidémiosurveillance en santé animale (2016) Surveillance SBV congénital – Saison 2015/2016 Document technique qui a mis en évidence des contaminations durant trois saisons : printemps, été et automne.

Le virus avait été signalé fin dans la plupart des États membres de l'Union européenne. Il était présent dans plus de huit mille fermes. Au , en France métropolitaine, on a recensé près de foyers de SBV congénital, principalement dans des exploitations bovines et ovines. Il y a eu 95 foyers entre le et le , dont 77 élevages bovins, 17 élevages ovins et un élevage caprin.

En 2015 le SBV congénital est considéré comme une maladie d’élevage, non règlementée. En 2016, le SBV continue de circuler en Europe. Dans les anciens foyers, les animaux ont acquis une immunité mais le virus continue à se disperser vers des zones jusqu'ici épargnée ou vers des régions périphériques aux zones déjà infectées. On ne sait toujours pas si c'est un virus introduit, mutant ou s'il circulait déjà depuis longtemps à bas bruit dans le cheptel bovin, ovins et caprins européen.

Classification, dénomination vignette|Virus de Schmallenberg Ce virus, de la famille des Bunyaviridae (genre Orthobunyavirus) et du sérogroupe Simbu, est génétiquement proche de la souche Shamonda ou du virus d'AinoVirus Schmallenberg , fiche de l'FAVV-AFSCA (Belgique), consultée 2016-12-12.

Il a été reconnu par le Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale de la Commission européenne et l'institut Friedrich-Loeffler (institut allemand de recherches sur la santé animale)..

Il accède au rang d'espèce en 2018, nommée Schmallenberg orthobunyavirus d'après la ville allemande de Schmallenberg en Rhénanie-du-Nord-Westphalie où les premiers échantillons positifs ont été recueillis.

Il est inactivé après 30 minutes à une température de , est sensible aux antiseptiques courants et ne résiste que peu de temps hors de l'hôte ou du vecteur.

Effets et symptômes Chez l'animal adulte, l'infection se traduit par des symptômes généraux de type

Chez l'embryon et l'animal nouveau-né, le virus qui a été transmis par voie placentaire au fœtus, provoque une mortinatalité et des malformations pour les veaux, agneaux et chevreaux atteints.

Les symptômes sont graves, entrainant la mort dans les 12 h après la naissance en général. Ce sont notamment : une déformation ou blocage d'une ou plusieurs articulation des membres (arthrogrypose) ; une malformation de la colonne vertébrale (scoliose, cyphose) ; un port de tête anormal (torticolis) ; une mâchoire inférieure anormalement courte (brachygnathie) ; une « Grosse tête » (hydrocéphalie). Veau née sans poils.

Des anomalies neurologiques ont aussi été constatées à la naissance et peuvent durer de quelques heures à quelques jours. Outre les malformations le plus fréquemment constatées jusqu’à présent, les veaux atteints peuvent également paraître « normaux » à la naissance, ou présenter des troubles du comportement, comme une absence de réflexe de succion, des problèmes de coordination, une cécité et des malformations fréquentes du crâne. D'autre part, ces veaux peuvent généralement se tenir debout et marcher.

Espèces sensibles La sensibilité des bovins est plus élevée que celle des ovins et des caprins, et la maladie affecte davantage les ovins que les caprins. Cette maladie affecte également les cerfs, chevreuils, daims, alpagas, bisons et autres ruminants sauvages.

Transmission, contagiosité La transmission semble assurée par des moucherons (Culicoides spp.) qui ont vraisemblablement été très actifs dans la diffusion de l'infection pendant l'été et l'automne 2011 chez des animaux qui ont par la suite mis bas en fin d'année 2011 et début 2012 .

Aucune contagion directe d'animal à animal n'a été constatée .

Il existe également une transmission verticale de la maladie, c'est-à-dire in utero, de la mère infectée au fœtus.

Une contamination par le sperme n'est pas exclue pour le moment.

Diagnostic Le diagnostic s’effectue d’après les signes cliniques qui sont assez caractéristiques. Toutefois, il est possible d'observer des formes atypiques, plus subtiles, surtout si le troupeau a déjà été infecté par l'infection.

Il est confirmé par une analyse PCR sur l'encéphale de l'avorton. Il est difficile d'interpréter la sérologie (dosage des anticorps) sur le sang de la mère car elle ne permet pas de déterminer si l'infection est récente ou ancienne.

Risques pour la santé humaine Selon une estimation réalisée en il paraît peu vraisemblable que des risques existent pour l'humain, d'autant que les autres virus connus du genre Orthobunyavirus ne présentent pas de risque zoonotique.

Luttes Il n'y a pas de solution. Toutefois, il existe deux vaccin, qui est à effectuer un mois avant la reproduction. Il est conseillé de procéder à une désinsectisation pendant la période à risque. Il est possible d'organiser les cycles de reproduction de manière que la période à risque se déroule en hiver. Finalement, un logement sec, bien éclairé et bien ventilé réduit la présence des moucherons, ce qui réduit le risque.

Origines Un article de 2012 révèle que la souche du SBV appartenait en fait à l'espèce Sathuperi, et serait un ancêtre possible du virus réassorti de ShamondaKatja V. Goller, Dirk Höper, Horst Schirrmeier, Thomas C. Mettenleiter et Martin Beer, “Schmallenberg Virus as Possible Ancestor of Shamonda Virus” ; EID Volume 18, numéro 10-Octobre 2012 (résumé), mais en 2018, l'ICTV fusionne ces deux espèces en une seule : le virus de Schmallenberg.

Évolution de l'épidémie En Europe : d'abord identifié en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, il a ensuite aussi été détecté en Basse-Saxe (Allemagne), ainsi qu'aux Pays-Bas, en France et en Belgique.Au , le nombre d’exploitations reconnues touchées par le virus en Europe a dépassé les , dont plus de bovins. Trois mois plus tard, ce nombre a dépassé les 5600, avec de plus en plus d'élevages bovins. Le , le virus est diagnostiqué chez des vaches de deux exploitations bernoises. Ce sont donc dix pays officiellement touchés à cette date : Allemagne, Pays-Bas, Belgique, France, Luxembourg, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Danemark et Suisse. En France, les premiers cas de la maladie dus au virus de Schmallenberg ont été identifiés le dans des élevages ovins en Moselle et en Meurthe-et-Moselle .Au , les services du ministre français de l'Agriculture Bruno Le Maire annoncent que vingt-neuf élevages de dix départements, au nord d'une ligne Caen-Besançon, sont touchés.. Au , le nombre des élevages reconnus atteints a beaucoup augmenté en Europe du Nord-Ouest, dépassant les ( exactement)http://www.plateforme-esa.fr/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=86&Itemid=221 On peut voir ces chiffres aussi en consultant http://www.flutrackers.com/forum/showpost.php?p=446050&postcount=135 du 11 mars..

En Belgique ; De 2011 à 2016, ce virus . Au Royaume-Uni ; Le virus y a été confirmé le . Il a été identifié dans quatre élevages ovins dans le Norfolk, le Suffolk et le Sussex de l'Est.. Il a été vraisemblablement apporté dans l'est de l'Angleterre par des moucherons en provenance d'Europe continentale. Cette éventualité avait été identifiée comme un risque par les services du ministère britannique de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales (DEFRA).

En 2026, des cas de transmission d'une nouvelle souche, proche de celle de Shamonda, sont signalés en Suisse. Elle affecte principalement les bovins et est transmise par des moucherons piqueurs du genre Culicoides (ne piquant pas l'humain mais également vecteurs d'autres maladies virales affectant les ruminants domestiques : la fièvre catarrhale ovine et la maladie hémorragique épizootique). Les symptômes de cette nouvelle maladie sont une diarrhée aigüe, une forte fièvre, une forte baisse de production laitière et un risque d'avortement.

Veille sanitaire En 2014-2015, le virus a montré ses capacités à survivre chaque hiver, et quelques cas sont encore signalés dans le cheptel bovin européen. D'après les observations, les troupeaux déjà exposés au virus développent ensuite un haut degré d'immunitéVirus Schmallenberg, sur le site de l'AFSCA, page actualisée le 08/09/2015, consultée le 14 janvier 2016.. En France, peu de suspicions ont été déclarées dans les départements participants à la veille, mais .

Comme une est observée depuis 2011, avec le risque d'une éventuelle flambée épizootique (comme cela a été le cas pour le (virus proche du SBV) en Australie), une prolongation de la surveillance du SBV a été recommandée pour 2015/2016 en s'appuyant sur un .

Voir aussi

Articles connexes épidémiologie zootechnie écoépidémiologie

Bibliographie Garigliany M-M, Hoffmann B, Dive M, Sartelet A, Bayrou C, Cassart D, Beer M, Desmecht D, Schmallenberg virus in calf born at term with porencephaly, Belgium. Emerg Infect Dis. 2012;18:1005–6. Elbers ARW, Loeffen WLA, Quak S, de Boer-Luijtze E, van der Spek AN, Bouwstra R, Seroprevalence of Schmallenberg virus antibodies among dairy cattle, the Netherlands, winter 2011–2012. Emerg Infect Dis. 2012;18:1065–71. Friedrich-Loeffler-Institut. FLI: Schmallenberg virus Yanase T, Kato T, Aizawa M, Shuto Y, Shirafuji H, Yamakawa M, Genetic reassortment between Sathuperi and Shamonda viruses of the genus Orthobunyavirus in nature: implications for their genetic relationship to Schmallenberg virus. Arch Virol. 2012. Epub ahead of print. Josse-Alaterre G., 2012 : « Virus de Schmallenberg : où en est-on ? » Alim'agri, magazine du ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt (avril-mai-) -

Liens externes Un nouvel orthobunyavirus en Europe du Nord ?, Anses (France). Virus Schmallenberg : Évolution des connaissances et de la situation sanitaire, Centre de ressources épidémiosurveillance (France). Virus Schmallenberg, Afsca (Belgique). Update n° 2 on Schmallenberg virus in Northern Europe, Defra (Royaume-Uni). https://www.24heures.ch/suisse/Le-virus-de-Schmallenberg-diagnostique-chez-des-vaches/story/11348086 http://wwwnc.cdc.gov/eid/article/18/10/12-0835_article.htm Les données chiffrées en Europe sur la plateforme épidémiosurveillance santé animale

Références

Schmallenberg Orthobunyavirus schmallenbergense Catégorie:Maladie bovine Catégorie:Maladie ovine Catégorie:Maladie virale