Le coup d'État du au Venezuela désigne une tentative avortée de destitution forcée du président du Venezuela, Hugo Chávez, qui fut détenu et empêché d’exercer son pouvoir pendant . Durant cette période, le pouvoir fut exercé par Pedro Carmona. Une combinaison de force militaire et de manifestations populaires fit avorter le coup d’État et permit de remettre en place Hugo Chávez. Des secteurs importants des forces armées . et certains secteurs de l'opposition anti-Chávez ont refusé de soutenir le coup de Carmona . ., qui fut par ailleurs condamné par les gouvernements latino-américains lors du du Groupe de Rio, réuni au Costa Rica, et par différentes organisations internationales. Les États-Unis et l'Espagne ont rapidement reconnu le gouvernement de facto de Carmona, mais ont également fini par condamner le coup une fois que celui-ci eut échoué..
Le coup avait été planifié durant six à neuf mois, et a été exécuté après l'entrée en vigueur d'une série de lois controversées en et après que le gouvernement eut tenté de renforcer son contrôle sur la compagnie pétrolière de l'État vénézuélien, PDVSA. Une grève générale a eu lieu en , et, pendant les premiers mois de 2002, plusieurs officiers supérieurs ont publiquement appelé Chávez à démissionner. Au début du mois d'avril, le bras de fer entre le gouvernement et l'opposition a débouché sur une grève à PDVSA, qui s'est transformée en grève générale le , soutenue par le syndicat (Confédération des travailleurs du Venezuela, CTV) et par la principale fédération patronale Fedecámaras. La grève a été prolongée pendant plusieurs jours, et le , une manifestation de l'opposition a été déviée vers le palais présidentiel, où avait lieu un rassemblement pro-Chávez. Lorsqu'elle a atteint le centre-ville, des affrontements violents ont eu lieu, laissant un bilan de plusieurs morts et de dizaines de blessés par balles. Les médias privés vénézuéliens ont joué un rôle important en fournissant une couverture médiatique en continu de la grève générale et en soutenant et en diffusant l'appel à rediriger la manifestation vers le palais présidentiel. Le siège de Venevisión, propriété de Gustavo Cisneros, a notamment été l'endroit choisi par les principaux chefs de l'opposition pour se réunir après la manifestation du et, de là, appeler les militaires à intervenir. Les médias privés ont par ailleurs refusé d'interroger des membres du gouvernement après la manifestation, et n'ont pas couvert les manifestations pro-Chávez qui ont suivi sa détention par les militaires. Des tentatives des partisans de Chávez pour déclarer qu'il n'avait pas démissionné ont été ignorées. La tentative d'une division de l'armée de rendre public son rejet du coup a été ignorée et diffusée uniquement par CNN. Lorsque les partisans de Chávez ont repris le palais présidentiel, les principaux médias privés vénézuéliens ont interrompu la couverture des événements, et deux des trois principaux journaux du pays ont annulé leurs éditions du dimanche.
Après coup, l'Organisation des États américains (OEA) a établi un espace de dialogue ou mesa de dialogue (littéralement « table de dialogue »), comme elle avait fait au Pérou après l'éviction d'Alberto Fujimori en 2000. À la demande de Chávez, la fondation de l'ex-président Jimmy Carter (le Centre Carter) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en ont également fait partie. Pour faciliter sa participation au dialogue, l'opposition a créé la Coordinadora Democrática (CD, littéralement« coordinatrice démocratique »).
Prémices Le , Hugo Chávez fait voter un ensemble de en utilisant un dont la période de validité était sur le point de se terminer. Deux décisions en particulier suscitent une controverse : une renforçant le contrôle du gouvernement sur PDVSA (entreprise pétrolière), que Chávez accusait d'être devenue un , et une loi portant sur la réforme agraire, qui comportait l'expropriation de latifundiums (grandes exploitations) avec indemnisation au prix du marché..
L'opposition aux lois débute par une action en justice du parti Action démocratique auprès la Cour suprême, pour se prononcer sur une éventuelle incapacité mentale du président, ce qui aurait permis sa destitution selon l'article 233 de la Constitution de 1999 ; a tiré de cet épisode un reportage intitulé « Hugo Chávez est-il fou ? » (en anglais ) . .. Le 2001, l'opposition a organisé une fermeture générale de vingt-quatre heures. (Les boutiques des quartiers pauvres sont restées ouvertes. Avec les journaux, les bureaux, les écoles et la Bourse fermés, La grève a été organisée conjointement par le syndicat CTV, proche du patronnat, et l'organisation patronale Fedecámaras.
En , quatre officiers généraux et supérieurs, dont un général et un contre-amiral, ont appelé publiquement Chávez à démissionner. Le , le colonel de l'armée de l'air Pedro Vicente Soto et le capitaine de réserve Pedro Flores Rivero ont dirigé un rassemblement à Caracas, accusant le président Chávez de pratiques antidémocratiques et autoritaires. Le contre-amiral déclare à la télévision que si Chávez ne démissionne pas, il devrait être destitué. En plus des accusations contre Chávez portant sur des entraves à la liberté d'expression, les officiers dénonçaient aussi le plan Bolívar 2000 et l'utilisation qu'il en faisait des ressources des forces armées à des fins sociales, plutôt qu'à assurer la défense du territoire. Ils déclaraient également que Chávez était en train de s'aliéner les États-Unis en se rapprochant de la guérilla colombienne et des pays de l'OPEP considérés comme hostiles par les États-Unis, y compris l'Irak de Saddam Hussein .. Le , l'ambassade des États-Unis signale dans un câble à Washington que Fedecámaras, le syndicat CTV et l'Église catholique sont parvenus à un accord sur les « fondements d'une action démocratique », que le câble décrit comme Un employé de l'ambassade, commente le câble en notant que
Le , Hugo Chávez annonce à la télévision le licenciement des cadres dirigeants de PDVSA. S'ensuit une intensification des manifestations de l'opposition. Le , le syndicat CTV (Confédération des travailleurs du Venezuela) et Fedecámaras (syndicat patronal) déclenchent une grève générale de 24 heures pour soutenir les dirigeants de PDVSA.
Déroulements Préparations Le soir du , un des auteurs du coup d'État déclare à la télévision qu'.. Un groupe de militaires soutenant le coup, dont le général Enrique Medina Gomez, l'attaché militaire de l'ambassade du Venezuela à Washington qui s'était rendu à Caracas au début de la journée, déclarent au général Jorge García Carneiro, alors à la base de Fort Tiuna, que le coup avait été planifié pendant des mois. Ils lui disent également qu'un plan pour provoquer quelques décès avec des snipers était envisagé depuis des années. Le général , qui s'était rendu à Fuerte Tiuna à ce moment-là, témoignera plus tard à l'Assemblée nationale avoir entendu des choses similaires, et que le vice-amiral Héctor Ramírez lui avait avoué être impliqué dans la préparation depuis six mois .. Le correspondant de CNN au Venezuela, Otto Neustald, enregistre un message d'un groupe d'officiers supérieurs conduits par le vice-amiral Héctor Ramírez, qui sera diffusé plus tard dans la journée. Le message, enregistré au moins deux heures avant l'annonce du premier mort, accuse Chávez de massacrer des innocents en utilisant des snipers, faisant allusion à au moins six morts et des douzaines de blessés ...
Le , le brigadier général apparaît à la télévision et exige la démission de Chávez en lui adressant un ultimatum. L'objet de la déclaration était d'inciter Chávez à annuler son déplacement au Costa Rica car les plans d'opération du coup nécessitaient sa présence au Venezuela. Le message est enregistré au domicile du journaliste José Ovidio Rodriguez (Napoleon Bravo), de l'émission , ce qu'il reconnaît lui-même lors de l'émission du , dans une discussion avec le contre-amiral Molina Tamayo .. À la même émission participe Victor Manuel Garcia (président de l'institut de sondage CECA), qui évoque sa direction d'un poste de commandement civil depuis la base de Fuerte Tiuna, qui était, d'après lui, en communication constante avec les postes de commandement militaires des généraux Nestor Gonzalez Gonzalez et Efrain Vazquez Velasco. Garcia déclare avoir eu une coordination détaillée avec le contre-amiral Molina Tamayo pendant la manifestation de l'opposition Golinger (2007:73).. Le également, un brouillon de ce qui deviendra l'acte constitutif du gouvernement de Carmona est montré à l'intellectuel pour qu'il y apporte ses commentaires. Olavarría avertit que cet acte violerait les normes démocratiques et provoquerait une réaction internationale.
Manifestations et heurts à Caracas Le , plus de . marchent vers le siège de PDVSA en soutien aux dirigeants récemment licenciés. Otto Neustald, alors correspondant de CNN sur place, déclarera, plusieurs mois plus tard, que le soir du , dans l'appel qui lui demande d'enregistrer une vidéo le lendemain, il est informé qu'une manifestation se dirigera vers le palais présidentiel et qu'il y aura des morts. En fin de matinée, des orateurs au rassemblement devant le siège de PDVSA appellent à « marcher sur » (situé à de là). La foule approuve et entame le parcours qui la conduira vers le centre-ville et le palais.. La manifestation est déviée sans l'autorisation de la police, qui était demandée par la loi .. Voyant les événements à la télévision, le gouvernement appelle à arrêter la manifestation afin d'éviter une confrontation avec les manifestants pro-Chávez rassemblés autour du palais.
Avec peu d'effectifs de la Garde nationale et de la police métropolitaine de Caracas autour de Miraflores, Chávez ordonne l'activation du Plan Avila (plan d'opérations de l'armée pour contenir des troubles à l’ordre public) autour de midi . .. L'ordre n'est pas exécuté car le général Manuel Antonio Rosendo, chef du CUFAN (Commandement unifié de l'Armée nationale, dénomination de l'état-major avant la loi LOFAN de 2005) soutient les officiers qui demandent la démission du gouvernement. Lorsqu'il s'avère impossible de joindre le général Rosendo, le général Jorge García Carneiro, commandant de l'unité militaire la plus grande de Caracas, propose d'intervenir. Cependant, son intervention est bloquée par l'action d'une autre unité qui tient un barrage sur une autoroute et redirige la circulation civile vers la base de Fuerte Tiuna, ce qui empêche les troupes de sortir. Lorsqu'il communique avec Fuerte Tiuna, le général García Carneiro est averti de l'intention des putschistes d'arrêter le président.
Heurts à Miraflores Près de Miraflores, le maintien de l'ordre est assuré selon les secteurs, par la police métropolitaine ou la garde nationale. Ils parviennent à arrêter temporairement la progression de la manifestation de l'opposition, menée par et le contre-amiral Molina Tamayo .. La garde nationale lance des gaz lacrymogènes ; Molina Tamayo, connaissant les techniques de maintien de l'ordre, encourage la foule à traverser le nuage (l'effet des gaz étant moins fort de l'autre côté). À environ, les manifestants pro- et anti-Chávez, séparés de quelques dizaines de mètres, s'échangent des insultes et des jets d'objets et le premier coup de feu est entendu. Lameda, Molina Tamayo, Carmona et le syndicaliste de CTV ont déjà quitté les lieux. En fin d'après-midi, on compte 19 morts., et environ 60 blessés par balles . 42(4). ; la plupart ayant été tués entre et . Certains des manifestants décédés appartiennent au camp pro-Chávez, dont deux devant le palais de Miraflores, et trois dans le secteur du pont Llaguno ..