Raon-lès-Leau est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est.

Géographie Localisation Raon-lès-Leau est une petite commune en rive droite de la vallée de la Plaine, au nord de la commune vosgienne de Raon-sur-Plaine qui occupe la rive gauche de la Plaine. Son territoire est anormalement exigu : il a été intégré en partie dans l'Alsace-Lorraine au traité de Francfort (1871) ; il occupe aujourd'hui les parties basses sous le mont de Charaille et sous la Côte de l'Église, de part et d'autre du débouché de la petite vallée de Réquival. Il est un « cul-de-sac » entre le Bas-Rhin (au Nord), les Vosges (au Sud) et situé à l'extrêmité (Est) de la Meurthe et Moselle.

Limites départementales et communales La rivière est la limite départementale, en particulier jusqu'au hameau de la Trouche, commune vosgienne de Raon-l'Étape. La contrée est devenue essentiellement forestière après les déclins agro-pastoraux du au . vignette|Esquisse de la commune tronquée de Raon-lès-Leau. La commune de Grandfontaine est un vaste territoire oriental qui s'enveloppe en demi-cercle autour des petites communes actuelles de Raon-sur-Plaine et de Raon-lès-Leau ; ces dernières ont été tronquées par l'annexion militaire des hauteurs voisines du Donon en 1871 , elles sont séparées par la rivière Plaine et connectées par sa vallée droite à Bionville. La commune de Grandfontaine était autrefois « terres de Salm » ; elle a été incorporée au département des Vosges vers 1884 ; elle a hérité alors du glacis militaire prussien, jamais matérialisé par des fortifications. Les communes de Wisches et de Schirmeck-Wackenbach, issues d'authentiques communautés alsaciennes avec des extensions forestières vers le petit Donon, n'ont rien obtenuLa commune de Framont-Grandfontaine, en réalité deux communautés de l'ancien comté de Salm, relève du département des Vosges depuis 1793, à l'instar de Schirmeck, jusqu'à la fin de la guerre de 1870. Comme l'actuelle Wackenbach et Schirmeck étaient de temps immémoriaux situées dans le diocèse de Strasbourg, ou plutôt ces communautés romanophones relevaient de ce diocèse avant la Révolution, elles relèvent de la province d'Alsace traditionnelle. Framont-Grandfontaine relève théoriquement d'une entité lorraine, via le comté de Salm. Il faut signaler que de part et d'autre de cette ancienne frontière seigneuriale et spirituelle, d'un côté l'évêché de Strasbourg, de l'autre l'évêché de Toul ou de Metz, représentés par l'abbaye de Senones, les hameaux de part et d'autre du ruisseau de Framont portaient les mêmes noms originelles : ainsi il existait un Framont de part et d'autre, un Vacquenoux principauté et un Vacquenoux évêché de Strasbourg (germanisé arbitrairement en Wackenbach). Il est plausible que des organisations paysannes ou bans aient façonné ses territoires à l'échelle locale, appartenant pourtant à des seigneurs différents, tant au niveau temporel que spirituel. Carte topographique de la principauté et du comté de Salm, département des cartes, BNF, GE-D 17400..

Géologie et relief L'instituteur François-Eugène Rose mentionnait en 1888 que les terres restantes du finage étaient siliceuses, sauf à l'orient où le sable et le grès rouge l'emportaient. Il ajoutait que les grès rouges permiens constituaient un soubassement.

Sauf la bande d'alluvions de la vallée principale et du vallon de Réquival secondaire, Raon-lès-Leau, en rive droite de la Plaine, se place dans les couches gréseuses, d'abord les couches rouges permiennes, le socle des rhyolites permiennes, autrefois nommées argilophyre ou porphyre de grès rouge, n'étant observable qu'en bordure de la vallée au niveau du village et surtout en amont, jusqu'à la Chaude Roche et sur le revers Saint-Pierre de la haute vallée de la Plaine, sur près de d'altitudeJules Levallois, "Aperçu de la constitution géologique du département de la Meurthe", in Congrès scientifique de France, septembre 1850, 546 pages, article en particulier sur les couches de grès rouge et de porphyre confondues, . Pour mieux comprendre la dimension cartographique, faire apparaître la carte géologique sur le site geoportail.gouv.fr . Du point de vue de la dureté, il ne peut y avoir confusion, c'est pourquoi il existait des carrières pour l'entretien des routes.. Ensuite, les épaisses couches de grès vosgiens prennent le relais jusqu'à d'altitude à l'ouest et jusqu'à d'altitude à l'est. Au-dessus, domine le grès triasique, soubassement des hauteurs de la chaume de Réquival, de l'Hungerberg et de sa dérive méridionale dite Côte de l'église, ou de la montagne de CharailleLa carte géologique est une donnée numérisée du site géoportail.gouv.fr.

Les actuelles limites avec Grandfontaine rendent caduques une description géologique cohérente ; elles restreignent le territoire communal au vieux finage et à quelques bois, généralement à moins de d'altitude. La limite varie : au-dessus du vallon de la Foussote (Fossote en patois), à d'altitude, au-dessus de la Rochotte, vers d'altitude, au-dessus du vallon de la scierie Labbé, de d'altitude, respectivement à l'est et à l'ouest et dans la partie terminale du vallon Saint-Pierre, au maximum à d'altitude. En conséquence, les couches de grès triasique ne peuvent être aperçues qu'au-delà de la commune. Dans le fond du val Saint-Pierre, se repère surtout des lambeaux de kersantite et quelques traces de roches basiques, surtout présentes sur l'autre rive.

Cette région est véritablement modelée surtout à partir de d'altitude par les glaciations sommitales qui ne laissent que des zones de tourbières à partir de Il y a à peine plus de , les hauteurs étaient englacées et blanches, libérant des masses d'eaux gigantesques à la fonte estivale, ce qui explique la relative rectitude de la partie basse de la vallée de la Plaine.

Hydrographie

Les trois ruisseaux, qui forment la rivière Plaine et remplissent son lit de grès rouges et de porphyre, sont, selon une vieille tradition paysanne : l'eau blanche de la Basse Saint Pierre, que les géographes actuels, notamment les cartographes de l'IGN, nomment la Plaine ; le rivulet de la Basse de Réquival long de 6 km ; le rupt des ardoisières, sur le finage voisin de Raon (Raon-sur-Plaine), arrivant de l'ouest avec des eaux du sud du plateau du Donon.

L'eau blanche coule devant le revers ensoleillé de la montagne Saint Pierre, il s'agit de l'amont de la rivière Plaine qui est rejointe par la goutte du col du Donon, et les ruisseaux du Haut Donon et du Grand Donon qui se réunisse sous la colline du Cheval Crevé, la source de l'eau blanche de la Plaine se situe à 800 m d'altitude, les sources de Chaudes Roches à mi-vallée sous la scierie Saint-Pierre se mêle aussitôt aux eaux blanches.

La Basse de Réquival est un étroit vallon dont la ligne de talweg s'insinue vers le nord entre Roulé Bacon et Malcôte, avant de tourner à l'est en menant à la chaume de Réquival. Le rupt des Ardoisières n'est autre que l'actuel ruisseau des Gouttes, dite la Goutte-Guyot en 1845, qui traverse le village-rue de Raon-sur-Plaine.

Ces trois ruisseaux sont alimentés par diverses sources des abords ou des hauteurs qui étaient des chaumes, dénommées autrefois les « plains », d'où le nom de la rivière, les eaux de Plain(e)s, devenue la rivière Plaine.

L'instituteur François-Eugène Rose écrit en 1888 que les ouragans (sic) de quelques heures ont des effets dévastateurs sur les forêts récentes des hauteurs. En moyenne, en bas de la vallée, le lit de la Plaine n'a qu'une pente moyenne de 2 cm par mètre. Les orages d'été violents, les tempêtes équinoxiales amènent fréquemment des débordements du cours d'eau. En , une crue exceptionnelle est montée à 2,5 mètres de hauteur au niveau de la lame d'eau de la Plaine à hauteur du village. Les pics de chaleur, le plus souvent du au , peuvent assécher les terres et réduire les débits des grosses sources. Mais les pluies fréquentes, les vents irréguliers, les températures inconstantes caractérisent ce milieu de moyenne altitude, à proximité de sommets de 690 à 745 m d'altitude à l'occident et de 728 à 1000 m à l'orient.

vignette|centre|redresse=2.0|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Raon-lès-LeauLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Cadastre La division des plans du cadastre napoléonien, utilisés administrativement tout au long du , démarque trois sections de finage, outre les grands bois et forêts : La Charaille, en aval du village. La scierie l'Abbé, incluant le village compris entre la Plaine et le Réquival (ruisseau). Les Chaudes Roches, décrivant le finage le plus en amont souvent exigu, en absence de vallons latéraux à droite. vignette|left|Plan schématique de Raon-lès-Leau.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Quirin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Raon-lès-Leau est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Rawons (1314) ; Ravon-sur-Plaine, dit « lez-l’eau » (XVIIIe siècle) ; Raon-lès-l’Eau ou Raon-lez-l’Eau (1782).. Henri Lepage oublie volontairement une graphie encore usuelle au début du Raon-Lès-Los. L'instituteur Rose mentionne deux graphies usuelles au Raon-Les-l'eaux et Raon-Lez-Eaux. Raon de l'ancien mot lorrain Ravon », est un mot signifiant confluent. En langue locale, ce terme signifierait les eaux ou courants qui se rassemblent, mais aussi un passage surveillé ou aménagé, c'est-à-dire ici un gué plus tard équipé d'un péage médiéval, c’est-à-dire « La (Raon) d’au delà (de l’eau) », ce village étant au delà de la rivière par rapport à Raon-sur-Plaine (Vosges). L'hydronyme promu toponyme, rawon(s) ou ruawon(s), indiquant une confluence, pourrait désigner de manière générique des habitats d'un ancien domaine ou mieux un chemin entre habitats au(x) confluent(s) ou ra(v)on(s) des eaux des Godiots, du Réquival et du haut val de Plaine. « Raon-lès-Leau » a pour forme savante le nom de la rivière Rabodeau, et a reçu pour toponyme le nom du cours d'eau sur lequel elle est située..