vignette|280x280px|Le delta intérieur du Niger vu par satellite en novembre 2007. À cette saison, la végétation du delta, puissamment arrosée par les crues de fin d'été-automne, est en plein essor. On aperçoit bien le sillon créé par le Niger venu du sud-ouest et celui, plus léger, tracé par le Bani au sud. vignette|280x280px|Le delta à l'intérieur du bassin du Niger. Le delta intérieur du Niger (ou delta central du Niger), partie intermédiaire du fleuve où celui-ci se subdivise en de nombreux bras avant de reprendre un cours uni, est une région naturelle du Mali s'étendant sur entre les villes de Djenné et Tombouctou qui constitue la plus grande zone humide de toute l'Afrique de l'Ouest. Elle est communément appelée le Macina.
Le delta intérieur du Niger est classé comme « zone humide d’importance internationale » dans le cadre de la convention de Ramsar depuis le .
Géographie Le delta, qui se situe entre les et Ouest et les et Nord, est une vaste zone d’épandage des eaux du fleuve Niger et son principal affluent le Bani, et est composé d’un réseau d’affluents, de défluents, de lacs et de plaines inondables.
Cette aire humide en pleine zone semi-aride s’explique par le blocage naturel du fleuve Niger, dont le débit est diminué par l’évaporation et le cours bloqué par les dunes du nord du Mali où il forme ce Delta.
Également traversé par le canal du Sahel, il s'étend sur entre Ké-Macina et San au sud à Tombouctou au nord. Le delta est un énorme réseau de canaux, de marécages et de lacs avec le lac Débo en son centre. Il se trouve dans une cuvette plane et sablonneuse située à 250-270 mètres d'altitude environ. Jadis lors d'une période plus humide, il constituait un vaste lac alimenté par le haut Niger.
De nombreux lacs sont présents dans la région : le lac Korientzé, le lac Débo (et Oualado-Débo), le lac Niangay, le lac Do, le lac Garou, le lac Haribongo, le lac Kabara, le lac Tanda, le lac Fati, le lac Horo, le lac Télé, le lac Kamango, et le lac Figuibine.
Chaque année, les crues simultanées des deux grands cours d'eau inondent de vastes surfaces de cet énorme delta. Le niveau de l'eau augmente alors, suivant les crues, de 4,5 à par rapport à l'étiage. Le maximum annuel des surfaces inondées varie entre en année humide et en année sècheC. Olivry, horizon.documentation.ird.fr Fonctionnement hydrologique de la cuvette lacustre du Niger et essai de modélisation de l'inondation du Delta intérieur, et autres.. Après 1970, les surfaces inondées dans le delta couvrent une superficie d’environ au maximum annuel, soit 50 % de moins qu’avant la sécheresse.
Hydrologie Lors du passage par le delta, à cause de la très faible déclivité du terrain, le fleuve Niger et le Bani perdent près de la moitié de leurs eaux par infiltration et évaporation. Cette dernière est intense dans la région et est estimée entre et par an Mamdouh Shahin, Hydrology and water resources of Africa Volume 1.
Le delta connaît quatre phases :
La décrue (novembre-janvier) L'étiage (avril-mai) Le début de crue (juin) Les hautes eaux (juillet-octobre) (avec un maximum toujours observé entre fin septembre et mi-octobre)
Le niveau de la crue ne dépend pas des précipitations sur la région du delta, mais des régions beaucoup plus humides du haut bassin du Niger en Guinée forestière, dans le nord-ouest de la Côte d’Ivoire et dans le sud du Mali.
Le delta a été, jusqu’à aujourd'hui, très peu aménagé par l’homme et son fonctionnement hydrologique est donc encore très naturel. Le site n’a ainsi que très peu subi de modifications notables par la construction d’ouvrages ou par des aménagements, dont la vocation serait de maîtriser la hauteur du fleuve Niger et la superficie d’inondation. Le seul barrage ayant une influence sur le delta est celui de Sélingué (mis en service en 1982) en amont de Bamako, à quelque 600 kilomètres de l’entrée du delta, en fonction depuis 1981.
Débits en amont du delta Kirango aval Le débit du fleuve a été observé pendant 67 ans (1925-1992) à Kirango aval, station située juste en amont du deltaGRDC - Le Niger à Kirango aval . Le débit annuel moyen ou module observé à cet endroit durant cette période a été de /s pour un bassin versant de plus ou moins , soit la quasi-totalité de la partie du bassin alimentant le delta.
La lame d'eau écoulée dans cette partie du bassin atteint ainsi le chiffre de par an.
Douna (Bani) Le débit de la rivière Bani a été observé pendant 63 ans (1922-1984) à Douna, localité située près de la ville de Zinzana, peu avant l'irruption du Bani dans le delta intérieur du Niger, située à plus ou moins du confluent avec le Niger à MoptiGRDC - Le Bani à Douna. Le débit annuel moyen ou module observé à Douna sur cette période était de /s pour un bassin versant de plus ou moins , soit la quasi-totalité du bassin de la rivière alimentant le delta.
La lame d'eau écoulée dans ce bassin atteint ainsi le chiffre de par an.
Débits cumulés du Bani et du Niger en amont du Delta Les débits annuels moyens cumulés des deux cours d'eau observés ainsi de 1922 à 1992 a été de /s pour un bassin versant de plus ou moins . Ce débit constitue plus ou moins 90 % des apports moyens en eau du delta intérieur du Niger, le solde étant dû à quelques rares affluents secondaires du Niger dans la zone du delta ainsi qu'aux précipitations locales.
Débits du Niger à Diré en aval du delta Le débit du fleuve a été observé pendant 67 ans (1924-1992) à Diré, ville située dans la région aval du delta, à quelque au sud-ouest de TombouctouGRDC - Le Niger à Dire . Le débit annuel moyen ou module observé à cet endroit durant cette période a été de /s pour un bassin versant de plus ou moins .La période de crue maximale en aval du delta se produit avec un retard de deux mois environ par rapport à l'amont (septembre-octobre en amont et novembre-décembre en aval), temps nécessaire pour inonder puis franchir le delta. Il en va de même pour la période d'étiage ou de basses eaux.
La période de pluie maximale (saison des pluies) a lieu en juillet et en août dans l'ensemble du Sahel, donc dans le bassin du Bani comme dans celui du haut Niger. En aval du delta, la crue correspondant à ce maximum des précipitations se produit donc avec quatre mois de retard. En aval du delta, les crues sont largement écrêtées, le delta agissant comme un vaste tampon modérateur. De ce fait, la période de crue y est nettement plus longue. La décrue est lente et s'étale sur de nombreux mois : en mars, au pire de la saison sèche, le fleuve roule encore pas moins de /s, alors qu'en amont l'étiage est presque maximal (/s en mars et 75,3 en avril).
Enfin, environ la moitié des eaux sont perdues lors du passage par le delta. Le débit observé en amont (uniquement les apports du Niger et du Bani) passe de /s à /s. En fait, la ville de Diré n'étant pas située complètement en aval du delta, le débit baisse encore nettement entre cette ville et la région de Tombouctou, toujours par infiltration et évaporation. Une perte de débit importante a notamment lieu à la suite de la sortie du lit du Niger des effluents alimentant le système du lac Figuibine (marigots de Kondi, de Tassakane et de Goundam).
Évaporation dans la zone du delta L'évaporation sur nappe d'eau libre dans la zone du delta a été estimée au niveau des stations hydrologiques de Mopti et de Tombouctou. La différence entre années humides (1962-1966) et sèches (1982-1986) est cependant peu importante, calculée annuellement : les valeurs moyennes seraient de pour les années humides et de pour les années sèches.
Pluviométrie L'importance des pluies décroît du sud vers le nord dans le delta intérieur du Niger. Le cumul annuel des précipitations passe de plus ou moins à Mopti (confluent du Niger et du Bani) à à Niafunké. La saison des pluies dure de juin à septembre et la variabilité interannuelle du volume des précipitations est élevée. Les hauteurs moyennes de précipitations mensuelles calculées à partir des observations de neuf stations de la zone du delta (Ké-Macina, San, Ténenkou, Sofara, Mopti, Sah, Saraféré, Niafunké et Diré) donnent les résultats suivants : pour la période humide 1962-66, et pour la période sèche 1982-86, soit une moyenne générale, toutes années confondues, de plus ou moins par an se répartissant mensuellement comme suit :
Biologie L'intensité de l'ensoleillement combinée avec l'abondance de l'eau et la richesse des sédiments font du delta intérieur du Niger une des écorégions biologiquement les plus productives de la planète. La richesse biologique de la zone du delta est extrêmement importante, aussi bien pour sa flore que pour sa faune. Les pâturages, envahis chaque année par quelque cinq millions de têtes de bétail lors de la saison sèche, offrent une biomasse record : de 5 à de matière sèche par hectare. Cent-trente espèces de poissons et environ trois cent-cinquante espèces d'oiseaux sont recensées, soit sédentaires, soit des migrateurs interafricain ou paléarctique comme la sarcelle d'été, le canard pilet ou encore le canard souchet.
Flore En bordure du Delta sont retrouvées les espèces sahéliennes typiques comme l'Acacia albida (appelé balanzan en bambara), l'Acacia seyal, le Guiera senegalensis, le Boscia senegalensis (ou Aizen), le Combretum aculeatum, le Cenchrus biflorus, le Leptadenia pyrotechnica. La savane inondée comporte une série d'espèces liées aux milieux humides : Crateva religiosa, Andropogon gayanus, Vetiveria nigritiana. Les régions inondées plus de six mois par an, sont le domaine de la formation typique du delta : le borgou constitué d'Echinochloa pyramidalis et d'Echinochloa stagnina. On trouve aussi des forêts inondables d'Acacia kiirki, celles-ci constituant le refuge des hippopotames et des lamantins, aujourd'hui devenus fort peu nombreux.Parmi les espèces vulnérables ou menacées d'extinction au niveau du delta, il faut citer le Borassus aethiopium, dont le bois a servi pour la construction de la mosquée de Djenné, le palmier doum d'Égypte, l'Andropogon gayanus, la Vetiveria nigritiana, l'Echinochloa stagnina et l'Echinochloa pyramidalis, l'Acacia albida et plusieurs espèces de Combretum.
Faune Oiseaux Le delta intérieur du Niger fait partie des zones humides les plus riches d'Afrique de l'Ouest du point de vue ornithologique et est notamment la plus grande zone d'hivernage de l'Afrique de l'Ouest. On y recense 132 espèces d'oiseaux d'eau. Le delta est aussi un lieu de rassemblement pour les espèces éthiopiennes qui viennent s'y reproduire. Plusieurs espèces vulnérables, menacées ou rares sont présentes dans le delta notamment l'aigrette ardoisée (Egretta ardesiaca), l'ibis sacré (Threskiornis aethiopicus), la spatule d'Afrique (Platalea alba), l'ouette d'Égypte (Alopochen aegyptiacus), l'anserelle naine (Nettapus auritus), le talève sultane (Porphyrio porphyrio), la glaréole grise (Glareola cinerea), la bécassine double (Gallinago media) et la sterne naine (Sterna albifrons). Il en va de même pour des espèces comme le marabout (Leptoptilos crumenuferus) et la grue couronnée (Balearica pavonina) qui se raréfient à la suite notamment du braconnage.Parmi les oiseaux d'eau, ont été recensés un nombre important de combattants variés (Philomachus pugnax), de guifettes leucoptères (Chlidonias leucopterus) et de cormorans africains (Phalacrocorax africanus).
Reptiles