thumb|300px|right|Une simple fauche annuelle et tardive au bord du chemin, et bisannuelle aux abords de l'ourlet conserve un aspect naturel aux chemins. Un brossage mécanique des bordures peut remplacer l'usage de désherbants (Parc urbain de Gdansk, Pologne) thumb|right|300px|L' U.S. Army Corps of Engineers a dragué une partie du Bussey Lake eutrophisé pour restaurer une diversité d'habitats et d'espèces (Mississippi, près de Guttenberg, Iowa, États-Unis) : souvent mieux laisser faire la nature mais parfois des moyens importants sont mobilisés ; mais un certain manque de naturalité de l'aménagement, formes et configurations douces et complexes développées par les processus naturels ayant elles-mêmes une importance fonctionnelle, la gestion différenciée cherche souvent à s'en inspirer. thumb|300px|right|Talus du lycée Pasteur de Lille : une part de l'herbe est fauchée, une autre conservée en une zone refuge provisoire. La conservation d' îlots-refuges sans fauche durant plusieurs années préserve l'habitat des chrysalides et des stades hivernaux de la faune, flore et fonge. 300px|right|thumb|Même en ville, les grands espaces verts, ou des espaces linéaires (ex : berges) peuvent être gérés avec l'aide d'animaux herbivores (ovins, bovins, caprins), comme ici avec poneys et taureau Highland cattle broutant les abords de la cunette ceinturant la citadelle de Lille, même sur de fortes pentes. Les animaux déplacés d'un site à l'autre transportent de nombreuses propagules sous leurs sabots, sur leurs pelages et dans leurs tubes digestifs, jouant en quelque sorte un rôle de corridor biologique ambulant.

La gestion différenciée (parfois qualifiée de gestion harmonique, gestion raisonnée durable, gestion évolutive durable, et même de gestion raisonnableGuide technique de la gestion raisonnable des espaces communaux, mis à jour en novembre 2010, par l’association GENTIANA et la commune de Jarrieen Isère) est une façon de gérer les espaces verts en milieu urbain qui consiste appliquer à ..

Selon cette approche qui s'inspire de techniques agricoles traditionnelles ou de gestions douces comme Prosilva, il est inutile par exemple, voire écologiquement non pertinent de tondre systématiquement et souvent toutes les surfaces enherbées, ce qui conduit à n'obtenir qu'un même milieu (pelouse rase), très appauvri en biodiversité, ne développant que peu de services écologiques, peu utile pour la faune, hormis pour quelques espèces invasives ou ubiquistes.

La gestion différenciée, dans ce cas proposera que certains espaces moins fréquentés, aux sols plus fragiles, ou écologiquement précieux soient laissés à eux-mêmes, fauchés ou extensivement pâturés, éventuellement même une fois tous les deux ans sur certaines parties afin d'y conserver des refuges pour la biodiversité et une plus grande diversité de paysages, alors que d'autres seront intensivement tondus en raison de leurs fonctions ; l'exemple extrême étant celui du terrain de football destiné aux compétitions homologuées.

Cette logique s'accompagne souvent d'une augmentation du taux de végétalisation, de la surface boisée et d'une réduction (ou suppression) de l'usage des pesticides et désherbants et de l'exportation des produits de fauche et de taille (vers unité de compostage, horticulture, agriculture..) ou de leur utilisation locale (mulch, bois raméal fragmenté, compostage sur place, etc.)

Les objectifs Les objectifs sont multiples : rationaliser la gestion des espaces verts en y affectant les ressources nécessaires ; améliorer la qualité de vie et d'usage en diversifiant les qualités paysagères et les offres d'aménités ; restaurer, préserver et gérer la biodiversité, en limitant l'artificialisation, les pollutions (engrais, pesticides, pollution et/ou mortalité de la faune induite par les engins), en limitant le dérangement et en favorisant la diversification des milieux et des espèces, ainsi que l'expression des processus naturels d'entretien et de cicatrisation de la biodiversité. C'est un moyen de développer les services écosystémiques et les aménités offerts par les espaces verts ou milieux semi-naturels ; faire une pédagogie à l'environnement : le travail des jardiniers municipaux ou privés au service des collectivités est aussi un modèle, voire un support à l'écocitoyenneté pour le public qui les voit travailler ou leur parle.

Cette gestion peut bénéficier d'une approche en réseau écologique, parfois dénommé trame verte ou la faune naturelle sera alors considérée comme un auxiliaire de gestion qu'on cherche à faire circuler sur les espaces. Dans un contexte souvent très artificiel le gestionnaire veille aussi à limiter l'expansion d'espèces invasives ou envahissantes.

Introduction Tout aménagement urbain ou périurbain artificiel appelle un suivi pour sa pérennité. La végétation évoluant constamment et naturellement vers un stade climacique théorique ou en réponse aux contraintes locales (y compris de pollution, de surfréquentation, etc.), le contrôle de son développement est nécessaire ; de plus, les gestionnaires cherchent à maintenir ou améliorer la valeur esthétique de l’espace et à répondre à une demande croissante de naturalité, mais aussi d'accessibilité. Pour répondre à ces objectifs parfois contradictoires, un plan de gestion différentiée peut émerger d’une réflexion sur les fonctions des espaces verts ou semi-naturels et les scenarios d’entretien futur.

Ce nouveau mode de gestion - gestion différenciée - apparu dans les années 1990, se veut une gestion plus écologique et alternative à la gestion horticole intensive, banalisée et banalisante. Il intègre des éléments de défense et restauration de l'Environnement et implique une autre technicité, ainsi que la diversité des réponses de gestion afin de respecter les différents milieux et besoins de la flore, des usages dans les espaces publics végétalisés, tout en conservant un souci de l’esthétique des formes et successions végétales. Sont concernés à une échelle quotidienne la gestion des ressources, la limitation des pollutions induites, les recyclages puis, du point de vue de la biodiversité, la reconnaissance et l'expression des potentiels écologiques, la prise en compte d’éléments de flore et de faune sauvages et/ou spontanés, la revalorisation d’espaces et de milieux jusqu’à présent délaissés, voire pollués. Ce nouveau mode de gestion appelle les compétences de divers acteurs (professionnels, organisations, associations et plus récemment public dans le cadre d'une démocratie participative), comme des ingénieurs écologues, paysagistes, collectivités locales, parcs naturels régionaux…

Cet article présente : les méthodes relatives à la mise en place d’un tel plan de gestion, l'organisation de la gestion différenciée selon les types d’espaces, quelques exemples de parcs gérés de cette façon.

D’autre part, le choix des végétaux influence considérablement l’entretien de l’espace aménagé. En effet, les végétaux endémiques ou qui s’accommodent des conditions du milieu n’auront pas besoin d’être aidés par l’Homme pour se développer correctement et rester en bonne santé, tandis que des espèces nécessitants des apports complémentaires (eau, matière organique, produits phytosanitaires…) ne s’inscrivent absolument pas dans la recherche d’adéquation avec l’environnement. À titre d’exemple, on peut retenir que la paysagiste Beth Chatto a réalisé un jardin à White Barn House (Essex), incluant divers types d’habitats, sans aucun arrosage. Situé sur un terrain en friche doté d’une source, ce jardin a immédiatement séduit la créatrice, qui a conservé la plupart des arbres en place et en a ajouté d’autres pour protéger l’ensemble des vents violents. Elle planta peu à peu des espèces appropriées au site, les associant d'une façon écologique.

Depuis les années 1970, la notion de « jardinage écologique » a évolué, passant de l’utilisation de plantes indigènes à l’association de végétaux provenant de diverses régions, mais partageant des besoins identiques.

C’est ainsi que vers la fin du vingtième siècle, une nouvelle approche du paysagisme est arrivée à maturité. Elle résulte en fait d’une évolution, ininterrompue, qui relie quelques grands paysagistes de l’époque et aboutit à des expérimentations durables à l’université de Weihenstephan (Allemagne), sur les plantes herbacées et vivaces. Ces personnalités s’intéressèrent au développement d’un habitat favorable aux plantes et, plus récemment, à leur autonomie. Cette idée fut surtout appliquée aux vivaces que l’on évitait souvent, surtout dans la seconde moitié du vingtième siècle, lorsque l’entretien devint une question centrale dans les jardins publics et privés.

Méthodes alternatives aux produits phytosanitaires Les mots de la lutte biologique La définition officielle (de l'OILB-SROP) stipule que la lutte biologique est « l'utilisation d'organismes vivants pour prévenir ou réduire les dégâts causés par des ravageurs ». Le principe est simple : La lutte biologique est basée sur l'exploitation par l'Homme et à son profit d'une relation naturelle entre deux êtres vivants : la cible (de la lutte) est un organisme indésirable, ravageur d'une plante cultivée, mauvaise herbe, parasite du bétail… ; l'agent de lutte (ou auxiliaire) est un organisme différent, le plus souvent un parasite, un prédateur ou un agent pathogène du premier, qui le tue à plus ou moins brève échéance en s'en nourrissant ou tout au moins limite son développement. Si l'auxiliaire est un animal, il s'agit de lutte biologique, ou lutte par entomophage. L'auxiliaire peut être un vertébré (Oiseau ou Poisson insectivore) ou un Nématode ; dans la plupart des cas, c'est un autre Insecte. Les prédateurs (qui tuent et mangent plusieurs proies au cours de leur développement) se distinguent des parasites, qui vivent aux dépens d'un unique hôte, lequel meurt après l'achèvement du développement du parasite. Il existe des parasites d'œufs, de larves, de nymphes. Leurs biologies sont extraordinairement variées et les relations hôte-parasite sont très complexes, incluant des échanges hormonaux et des messages chimiques interspécifiques. Si l'organisme antagoniste est un micro-organisme, on parle de lutte microbiologique. L'agent pathogène auxiliaire peut être un Champignon, une Bactérie, un Virus, un Protozoaire. Il infecte l'hôte en général par ingestion et possède une forme de résistance lui permettant de passer - et de demeurer - dans le milieu (sol, feuillage, litière). L'agent pathogène se multiplie dans l'hôte et cause sa mort par destruction de tissus, par septicémie, parfois par l'émission d'une substance toxique (cas des Bactéries). Les cadavres de l'hôte libèrent les agents pathogènes dans le milieu. Si l'organisme antagoniste peut, à la suite de son apport par l'Homme au contact de l'Insecte cible, se développer et se maintenir aux dépens de cet Insecte, sans nécessiter une nouvelle intervention, on est dans le cas de la lutte biologique par acclimatation. Ainsi en est-il lorsqu'on fait appel à un entomophage ou à un agent pathogène exotique contre un ravageur précédemment introduit ou parvenu naturellement d'une autre région du globe. En cas d'acclimatation réussie et d'efficacité suffisante, la lutte biologique s’effectue toute seule, l'auxiliaire devenant un agent efficace et permanent (sur de nombreuses années au moins) de la répression du ravageur. L'effort initial est particulièrement bien valorisé. On est dans le cas dit parfois de la lutte biologique naturelle.