Le Mouvement pour la France (MPF) est un parti politique français d'inspiration souverainiste, classé à droite ou parfois à l'extrême droite de l'échiquier politique. Il est fondé en 1994 et disparaît en 2018.
Son président-fondateur, Philippe de Villiers, est notamment candidat aux élections présidentielles de 1995 et de 2007.
Historique
Issu à la fois du mouvement « Combat pour les valeurs » et de la liste « Majorité pour l'autre Europe » des élections européennes de 1994, le Mouvement pour la France est créé le à la maison de la Chimie à Paris par Philippe de Villiers, le juge Thierry Jean-Pierre et James Goldsmith.
Le mouvement « Combat pour les valeurs » est fondé par Philippe de Villiers, Bernard Debré, Christine Boutin et Bernard Seillier. Peu après, Philippe de Villiers se lie à Philippe Séguin et Charles Pasqua aux côtés de qui il mène la campagne pour le « non » au traité de Maastricht.
Lors des élections européennes de 1994, sa liste « Majorité pour l'autre Europe » sur laquelle on trouve entre autres, le juge Thierry Jean-Pierre et le petit-fils du général de Gaulle, Charles de Gaulle, crée la surprise en obtenant 12,34 % des suffrages, soit treize députés européens.
Fort de ce succès, Philippe de Villiers se présente ensuite à l'élection présidentielle de 1995, où il obtient 1,44 million de voix, soit 4,74 % des suffrages.
Aux élections législatives de 1997, le MPF fait liste commune avec le Centre national des indépendants et paysans (CNIP) sous l'étiquette de La Droite indépendante (LDI). L’alliance obtient deux députés, en Vendée : Philippe de Villiers et Dominique Caillaud (UDF dissident).
En , la liste du RPF-IE, où Philippe de Villiers figure en deuxième position derrière Charles Pasqua, en recueillant 13,05 % des voix, soit au Parlement européen, est la première de droite, devant la liste RPR conduite par Nicolas Sarkozy. Le MPF fusionne avec le mouvement de Charles Pasqua (Demain la France) et devient le RPF. Un an plus tard, Philippe de Villiers quitte le parti et recrée le MPF en dénonçant la gestion opaque du RPF par Charles Pasqua, qui cherche à imposer ses proches collaborateurs.
En , le MPF remporte trois sièges au Parlement européen, ceux de Philippe de Villiers, également président du conseil général de Vendée, de Paul-Marie Coûteaux et de Patrick Louis.
Le parti fait campagne pour le non au référendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe. À la suite de l'arrivée de nombreux adhérents après le , le MPF a mis en place une charte excluant notamment toute xénophobie., qu'il est nécessaire de signer pour adhérer.
De fin 2004 à , le nombre d'adhérents passe de . Le MPF s'est vu rejoindre par Jacques Bompard, maire d'Orange et animateur de l'Esprit public, démissionnaire du bureau politique du Front national.
En , Philippe de Villiers est candidat MPF à l'élection présidentielle. Paul-Marie Coûteaux, ancien soutien de Jean-Pierre Chevènement à l'élection présidentielle de 2002, devient porte-parole de Philippe de Villiers aux côtés de Guillaume Peltier. Il est aussi conseillé par Henry de Lesquen.., tandis que le député UMP Jérôme Rivière lui apporte son soutien en devenant Président de son comité de soutien.
Le , Philippe de Villiers réalise un score décevant (2,23 %) après une campagne présidentielle au cours de laquelle il a essentiellement axé son discours sur l'« islamisation », la défense de l'« identité nationale » et son bilan de Président de Conseil général en Vendée. Le MPF noue alors des alliances dans le cadre des élections législatives avec l'UMP, assurant l'élection de deux députés en Vendée, puis renoue des alliances ponctuelles avec le parti présidentiel aux élections municipales de 2008.
Après l'élection présidentielle remportée par la droite et en vue des élections régionales de 2010, à l'invitation du président Nicolas Sarkozy, fin 2009 le Mouvement pour la France (MPF) rejoint le comité de liaison de la majorité présidentielle...
Après le retrait de Guillaume Peltier, c'est Patrick Louis, ancien secrétaire national aux fédérations, qui devient secrétaire général du mouvement. Il a pour mission de relancer le MPF après l'échec de la présidentielle. Il s'agit d'en faire un parti incontournable pour présenter une alternative crédible à droite de l'UMP d'une part, et pour qu'il devienne le fer de lance d'un vaste mouvement alter-européen en France, d'autre part. C'est dans cette perspective que le Mouvement pour la France rejoint le Parti européen Libertas. Créé par l'Irlandais Declan Ganley, Libertas a pour but de coordonner l'ensemble des mouvements souverainistes ou « euroréalistes » européens afin de faire campagne pour les élections européennes de 2009 sous un label commun. Le président tchèque Václav Klaus et le parti du président polonais Lech Kaczyński sont déjà en pourparlers avec le mouvement, qui a été l'un des grands artisans du non au traité de Lisbonne en Irlande.
C'est donc sous la bannière de Libertas que le MPF et Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT) s'unissent pour les élections européennes.. La campagne sera dirigée par l'ancien député UMP Jérôme Rivière (membre du MPF depuis 2007)Valeurs actuelles 3769 du 19 au 25 février 2009. Après avoir obtenu 4,8 % de suffrages exprimés, Philippe de Villiers parvient à conserver son siège de député au Parlement européen..
Dans les années 2010, le MPF perd progressivement tous ses élus et ne présente aucun candidat aux élections présidentielles de 2012 et de 2017. Il est finalement dissous par son secrétaire général Patrick Louis le Mouvement pour la France, sur le site Projet Arcadie, consulté le 17 mai 2019..
Programme
Dans son ouvrage Les Cloches sonneront-elles encore demain ? publié en 2016, Philippe de Villiers préconise la remigration d'une partie des personnes issues de l'immigration vers leurs pays d'origine..
Le MPF apporte son soutien à La Manif pour tous en 2012-2013..
Relations avec les autres partis de droite Créé par des militants dissidents de l'UDF, à l'image de son président Philippe de Villiers, le positionnement sur l'échiquier politique du MPF s'assimile à celui d'un parti de droite parlementaire. Cependant, son idéologie est jugée dès sa création, par certains observateurs, comme relevant de l'extrême droiteDans son ouvrage L'Extrême-droite en France. De Maurras à Le Pen (Bruxelles, Éditions Complexe et PUF, « Questions au », 1987 ; rééd. 1996), Ariane Chebel d'Appollonia fait du naissant Mouvement pour la France un parti proche des idées d'extrême droite ; le Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours de Jacques Leclerc (L'Harmattan, novembre 2008) classe, quant à lui, le MPF dans la « mouvance droitiste et nationale »..
Le MPF fait partie de la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy de à la fin de son quinquennat. Le mouvement s'en montre néanmoins très critique à partir de son conseil national d'., et ne renouvelle finalement pas son soutien au candidat Sarkozy à l'élection présidentielle de 2012.
À partir de s'opère un rapprochement informel entre Philippe de Villiers et la députée FN Marion Maréchal..
Lors de l’élection présidentielle de 2017, Philippe de Villiers exprime sa sympathie et son soutien officieux à la candidate Marine Le Pen...
Positionnement par rapport à l’UMP Là où les divergences idéologiques avec l'UMP sont moindres, c'est-à-dire lors des élections locales, le MPF est un partenaire électoral du parti de l'ancien président de la République. Le but est d'assurer un équilibre entre la défense de convictions, souvent éloignées de l'UMP sur certains sujets, et un certain pragmatisme d'autre part, dont l'intérêt électoral est résumé en ces termes par Philippe de Villiers : « Toutes les enquêtes d'opinion le montrent, confiait-il voilà six mois. L'électorat UMP n'écoute que ceux qui se situent à l'intérieur de la majorité présidentielle. Pour que mes critiques envers Sarkozy portent, il faut que je garde un pied dedans et un pied dehors. »..
De à la fin du quinquennat, le MPF fait partie du Comité de liaison de la majorité présidentielle..
Élections locales Dans un grand nombre d'élections locales, le MPF a noué des alliances avec l'UMP : par exemple, les députés MPF ont été élus sous l'étiquette de la majorité présidentielle. Des alliances aux cantonales, aux municipales ont eu lieu en 2008. À Vénissieux et à Échirolles, le MPF a conduit des listes investies par l'UMP, ailleurs, dans beaucoup d'autres grandes villes, il figure sur les listes de la majorité présidentielle (Nice, Brest, Lyon, Clermont-Ferrand, Orléans, etc.). Cependant, il est également arrivé qu'aux municipales, le MPF ait présenté ou soutenu des listes divers droite (Orange, Versailles, Tours, Roanne, Rodez) contre celles investies par l'UMP.
Dans le département de l'Aveyron, le MPF a participé à la majorité de droite UMP au conseil général de l'Aveyron sous la présidence de Jean Puech, ancien ministre, avec Bernard Seillier du MPF comme vice-président.
Aux précédentes élections régionales, les alliances ont été également courantes.
Élections nationales et européennes Aux européennes, et dans l'ensemble des circonscriptions législatives, le MPF fait cavalier seul, bien que les députés Dominique Souchet et Véronique Besse aient bénéficié du soutien de l'UMP en Vendée lors des élections législatives de 2007. D'autre part, les deux sénateurs vendéens du MPF ont été élus face à un candidat investi par l'UMP.
En 1995 et en 2007, Philippe de Villiers s'est présenté face à des candidats RPR, puis UMP, mais a appelé à voter pour eux au second tour.
Historique depuis 2007 En , à l'occasion de la réunion d'un comité directeur, Guillaume Peltier, le secrétaire général, se déclare partisan de faire du MPF un vrai parti de droite, moderne, efficace et capable de gouverner. Il propose aux cadres du Mouvement le principe de négociations avec l'UMP pour les élections municipales de . Sa proposition est très majoritairement acceptée afin d'enraciner le MPF sur le terrain. L'objectif est d'obtenir 500 élus locaux (contre 150 élus en 2001).
Guillaume Peltier mène dès la mi- des négociations avec Brice Hortefeux et Alain Marleix, le secrétaire national de l'UMP chargé des élections. Le MPF se positionne comme un « allié loyal » du gouvernement, envers qui il se veut « exigeant », notamment sur les questions européennes : opposition au traité de Lisbonne et à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Sur le plan électoral, le MPF souhaite que ces négociations garantissent la réélection des maires MPF : Jean-Louis Millet à Saint-Claude (Jura), Jacques Bompard à Orange. Le MPF vise l'obtention de éligibles d'adjoints ou de conseillers municipaux, et quelques têtes de liste (à Bollène, pour Marie-Claude Bompard, épouse de Jacques, à Vénissieux pour Christophe Girard). S'agissant des conseils généraux, le MPF souhaite un accord avec l'UMP pour la réélection de Jacques Bompard dans le canton ouest d'Orange, et de Michel Terral dans le canton de Ballon. Le MPF espère pouvoir investir une trentaine d'autres candidatsLe Monde, 6 octobre 2007..
Lors du remaniement ministériel du , l'UMP propose à Bruno Retailleau de remplacer Éric Besson au secrétariat d'État à l'économie numérique. À la suite du refus de Philippe de Villiers, le vice-président du MPF ne rejoindra pas le gouvernementhttp://www.journaldunet.com/breve/france/35285/bruno-retailleau-aurait-du-remplacer-eric-besson.shtml.
En 2010, Philippe de Villiers quitte sa fonction de président du conseil général de la Vendée. En 2014, il décide de ne pas se représenter aux élections européennes et se met en retrait de la vie politique. Bien que restant président-fondateur du MPF, il se consacre dès lors à la gestion de son parc du Puy du Fou ainsi qu’à la publication d'essais historiques et métapolitiques..