Kos ou CosL'orthographe Cos est plus ancienne, basée sur la latinisation et l'usage dans les textes littéraires du . La translittération en Kos, plus proche du grec ancien et du démotique en usage, tend à s'imposer dans les usages contemporains. (, , en turc İstanköyVoir article en turc, en italien Coo) est une île grecque faisant partie de l'archipel du Dodécanèse, dans la mer Égée.

Géographie vignette|centre|L'île de Kos vue par satellite.

Longue de sur de largeur, Kos est la troisième plus grande île du Dodécanèse après Rhodes et Kárpathos. Elle est située à des côtes turques et de la ville d’Halicarnasse (Bodrum).

La ville principale, centre touristique et culturel de l’île, s’appelle également Kos.

Outre la ville principale et le port, également appelés Kos, les principaux villages de l'île de Kos sont Kardámena, Kefalos, Tingáki, Antimachia, Mastihari, Marmari et Pyli. Les plus petits sont Zia, Zipari, Platani, Lagoudi et Asfendiou.

Mythologie Dans la mythologie grecque, lors d’une expédition antérieure à la guerre de Troie, après avoir ravagé Troie et tué son roi Laomédon, les Grecs menés par Héraclès voient leurs navires poussés vers les rivages de KosApollodore, I, 3, 5.. Héra a demandé à Hypnos d'endormir Zeus, puis, pour nuire à HéraclèsIliade, XIV, 250-259., elle soulève sur la mer une tempête grâce à Borée, vent qui pousse les six navires d'Héraclès désemparés : un seul subsiste ; de tout ce que le héros a pu accumuler à leur bord, il ne parvient à sauver que ses soldats et ses armes, Questions grecques, 58.. Lorsque Zeus se réveille, il déverse une colère particulièrement terrible et va à la recherche d'Hypnos qui est sauvé par la nuit Nyx.

Zeus furieux jette du haut du ciel Héphaïstos le fils d'Héra, son épouse qu'il suspend du haut du ciel avec deux enclumes aux pieds et des chaînes d'or aux mains, et ce aux regards des autres dieux restés prudemment figésApollodore, II, 7, 1.. Loin de cette scène de ménage divine, rescapé sur l'île à un endroit nommé Lacetère, Héraclès rencontre un troupeau de moutons et son berger Antagoras, à qui il demande un bélier. Le berger, homme fort et vigoureux, offre à Héraclès de le gagner à la lutte. Pendant le combat, les Méropes viennent au secours du berger. On dit que les Méropes ont considéré Héraclès comme un pirate venant piller leur terre, aussi lui jettent-ils des pierres.

D'autres sourcesScholie sur les Néméennes de Pindare, IV, 40 (?). disent, à propos de ce combat, qu'Héraclès attaqua la ville de Cos pour ravir et obtenir la main de Chalciopée, la fille du roi Eurypyle, fils de Poséidon : il aura d'elle un enfant nommé ThessalosApollodore, II, 7, 8.. Certaines sources, Néméennes, IV, 22-27. affirment qu'Héraclès est accompagné par Télamon. Quoi qu'il en soit, l'affaire tourne au désavantage d'Héraclès, forcé de céder au nombre, voire blessé par Chalcodon (« aux dents de calcaire »), et, s'il parvient à fuir, c'est grâce à son père Zeus qui l'emmène en sécurité, à ArgosIliade, XV, 14-33., ou bien chez une dame thrace de ses amies. Chez elle, Héraclès se déguise en femme pour échapper à ses ennemis.

Il revient ensuite à la charge et finit par vaincre les Méropes et dévaster leur ville, de nuit, nous précise-t-on : il tue leur roi Eurypyle (aux « bonnes portes »). Après cela, il épouse Chalciopée et vient à la cérémonie de noce vêtu d'une robe de femme. Après cet épisode, Héraclès est appelé par Athéna à Phlégra, en Chalcidique, où il lutte contre le géant Alcyonée et participe à la gigantomachie, Isthmiques, V (VI selon numérotation), 25-31.…

Épione, épouse du dieu de la médecine Asclépios et mère d'une importante famille de dieux guérisseurs, était née princesse de Cos. Bien qu'elle n'ait pas eu véritablement de culte propre, des preuves épigraphiques suggèrent cependant qu'elle était une figure cultuelle dans plusieurs cités, dont Kos, intégrée au culte d'Asclépios.

Enfin, Kos est citée dans l’Iliade d'Homère dans le Catalogue des vaisseaux au Chant II (vers 676-680)., comme apportant, avec Kalymnos, Nissiros, Kassos, et Kárpathos, trente vaisseaux sous le commandement de Phidippe et Antiphos à l'armée des Argiens menée par Agamemnon et Achille. L’île se retrouve sous d'autres noms : Céa chez Staphylos de Naucratis et Pline l'Ancien, d’autres sources citent Meropis et NymphéaHarry Thurston Peck, Harper's Dictionary of Classical Antiquities, 1898, s.v. Cos..

Histoire Kos, site matrimonial et école hippocratique Dans l'antiquité, Kos a subi, selon les époques, l'influence, parfois la domination des puissances voisines : empire perse, ligue de Délos, Rhodes… L'île abritait l'importante confrérie des Asclépiades et des sanctuaires dédiés à Asclépios et Déméter. Le récit mythique du combat d'Héraclès contre les Méropes avait aussi fait de l'île un site de consécration des mariages par les prêtres d'Héraclès, site où les nouveaux mariés, le jour des noces, devaient être vêtus en femmes, afin que leur virilité et la fécondité de leurs épouses fussent à leur sommet.

Hippocrate semble être natif de l'île et à l'époque hellénistique, Kos possédait une école médicale réputée, mais l'hypothèse selon laquelle cette école aurait été fondée dès l'époque classique par Hippocrate lui-même, semble infondéeVincenzo Di Benedetto : Cos e Cnido, in: Hippocratica - Actes du Colloque hippocratique de Paris 4-9 septembre 1978, éd. M. D. Grmek, Paris 1980, 97-111, voir aussi Antoine Thivel : Cnide et Cos ? : essai sur les doctrines médicales dans la collection hippocratique, Paris, 1981 (passim), ; v. le compte rendu de Otta Wenskus (dans JSTOR)..

Méléagre de Gadara, auteur du recueil de poésies connu comme la Couronne ( / ), vécut et reçut le droit de cité à Kos, où il est mort vers 60 av. J.-C. ou 70 av. J.-C.Smith, Philip (1867) "Meleager"; "Planudes". In William Smith (ed.) Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology. 3. Boston: Little, Brown & Co.La Couronne de Méléagre, traduite du grec et présentée par Dominique Buisset, La Différence, Paris, 1990..

La Bataille de Kos Une bataille navale s'est déroulée près de l'île durant la guerre chrémonidéenne. Elle est généralement située vers 262/261 avant J.-C. même si une autre tradition historique la situe lors de la deuxième guerre de Syrie vers 256/255.

Kos à l'époque hellénistique À l'époque hellénistique, Kos est un important centre religieux. Il y avait deux sanctuaires principaux, l’un dédié à Asclépios et l’autre à Déméter Olympia. De plus, une stèle de marbre du . Sur cette stèle étaient gravées les lois sacrées qui définissaient les normes rituelles ainsi que la pureté rituelle que les prêtresses du culte de Déméter Olympia étaient priées de respecter. C’était donc la cité elle-même qui décidait comment s’organisait la pratique de la religion et des cultes, pour sa déesse poliade. Les lois gravées avaient aussi pour but d’annoncer les sanctions requises au non-respect de la pureté au sein du sanctuaire. Le rôle de prêtresse était le seul que pouvait tenir une femme à Kos. En effet, en Grèce antique, les femmes ne disposaient pas de la citoyenneté, elles étaient dépendantes des hommes citoyens. Les prêtresses avaient principalement pour tâche l’entretien et le budget du sanctuaire. Mais elles pouvaient aussi avoir des fonctions autres que religieuses, comme le fait de recevoir des monarques. Leur rôle était donc très prestigieux et une vraie marque de pouvoir pour la femme.

C’est sous le règne d’Alexandre le Grand et de la dynastie Lagide par la suite, que la cité de Kos est devenue un grand centre de la mer Egée. Le pouvoir politique s'organisait autour , des prostatès (à Kos un prostatès était l'équivalent d'un prytane à Athènes ; c'était une haute magistrature, dont les nommés veillaient au bon fonctionnement des institutions politiques), des exégètes (ceux qui étaient chargés de conseiller et de surveiller l’application des lois sacrées ancestrales de la cité), et de l'assemblée (composée par le corps civique de l'île). Ce décret démontre que malgré l'incorporation de l'île de Kos à l'Empire lagide () de Ptolémée lors de la quatrième guerre des Diadoques, la cité a su garder une autonomie politique (elle continue de promulguer des décrets de manière libre), qui tend à montrer que la conquête lagide n'a pas bouleversé l'organisation de la cité. De plus, durant l’époque hellénistique, Kos était dans une période de paix. La cité était utilisée par Ptolémée Ier et les Ptolémaïques ensuite, comme avant-poste naval dans le but de surveiller la mer Egée. En effet, c’était un port fortifié qui était très bien positionné pour le commerce égéen. La cité de Kos était aussi un centre de production de soie, de rames et d’amphores, ce qui lui a permis de se développer économiquement. La cité était donc devenue une destination prisée pour les marchands et les pèlerins.

Byzantins et Ottomans Pendant la période romaine, l’île est christianisée. Sous l'Empire byzantin, elle est, à partir du , parfois attaquée et pillée par les Arabes (les Kossiotes se réfugient alors sur le continent anatolien proche).

Kos est possession de l’Empire ottoman de 1525 jusqu'en 1912, date à laquelle elle fut occupée par l’Italie comme les autres îles du Dodécanèse.

vignette|centre|Carte de l'île de Kos alors appelée Stanko (Amsterdam, 1702).

Ordre de Saint-Jean de Jérusalem

vignette|redresse=1.4|Château de Nerantziá (période des Hospitaliers). Au Moyen Âge, l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem s'empare de l'île et elle est définitivement acquise en 1337Bernard Galimard Flavigny, 2006, , qui très tôt érige une forteresse à l'entrée du port. Les Hospitaliers abandonnent l'île en 1523 en même temps qu'ils perdent RhodesBernard Galimard Flavigny, 1991, .

vignette|centre|Carte de l'île de Kos, ici nommée Lango, issue du Liber insularum Archipelagi par Cristoforo Buondelmonti début .

Durant la Seconde Guerre mondiale, après la chute du régime mussolinien en 1943, les troupes italiennes du maréchal Badoglio accueillent en alliés un millier de Britanniques. Ces derniers ouvrent la campagne du Dodécanèse en , mais leurs troupes perdent en la bataille de Kos puis une partie du Dodécanèse, Kos tombant alors sous le contrôle de la marine et des troupes allemandes jusqu'en 1945 Débarquement allemand dans l'île de Kos, actualités françaises du , sur le site de l'INA.. Pendant l'occupation allemande, l'intégralité de la communauté juive locale. est déportée à Auschwitz... Après la capitulation allemande, Kos devient un protectorat britannique pendant deux ans, puis, comme l'ensemble du Dodécanèse, est rattachée à la Grèce en 1947.

Le , un tremblement de terre — d’une magnitude de 6 selon l’Observatoire d’Athènes — survient au milieu de la nuit. La secousse, ressentie jusqu'à Halicarnasse (Bodrum, en Turquie), a aussi affecté les autres îles du Dodécanèse..

Depuis la fin 2019, la quasi-totalité des demandeurs d’asile sont placés en détention dans des camps, y compris les enfants. Ils ne peuvent ni sortir, ni avoir de contacts avec le monde extérieur, suivre des cours, recevoir des ONG ou des avocats. Des cas de suicide et de morts dus à l'absence de soins médicaux ont été recensés.

Économie vignette|redresse|Îlot de Kastri avec la chapelle d'Agios Nikolaos.

Les principales activités de Kos sont le tourisme et l'agriculture : outre des céréales (maïs et blé), l'île produit des amandes, des figues, des olives, des tomates et de la laitue — un autre nom de la romaine est « laitue de Kos ». La vigne est également cultivée.

Religions vignette|centre|La mosquée Gazi Hasan Pasha à Kos.

vignette|centre|Cathédrale orthodoxe de Kos.