En France, l’élection présidentielle détermine la personne élue président de la République pour un mandat renouvelable une fois, dont la durée a été ramenée de sept à cinq ans en 2001, parmi les candidats présentant 50 puis d’élus, seuil relevé à en 1976.
Organisée au suffrage universel direct depuis 1965, avec deux tours de scrutin, cette élection a depuis une grande importance dans la vie politique française, avec des records historiques de participation, comme 87,33 % au second tour de l'édition 1974, marquée par le plus faible écart historique entre les finalistes, dont celui-ci compte seulement 1,62 %.
Histoire Deuxième République
vignette|L'élection présidentielle de décembre 1848 passionne les foules (caricature de 1848). Selon la constitution de 1848, le président « doit être né Français, âgé de trente ans au moins, et n’avoir jamais perdu la qualité de Français ». Le président est élu au suffrage universel masculin « pour quatre ans, et n’est rééligible qu’après un intervalle de quatre années. Ne peuvent, non plus, être élus après lui, dans le même intervalle, ni le vice-président, ni aucun des parents ou alliés du président jusqu’au sixième degré inclusivement. » Articles 45 et 46 de la constitution du 4 novembre 1848
Louis-Napoléon Bonaparte est le seul président élu, avec plus de 74 % des voix au premier tour. L'élection suivante devait avoir lieu en 1852, mais le coup d'État du 2 décembre 1851 met fin au régime.
Troisième République vignette|Élection de 1906 dans l’hémicycle de Versailles.
Les lois constitutionnelles de 1875 prévoient que le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par les deux chambres du Parlement réunies en Assemblée nationale. Le mandat a une durée de sept ans, le président est rééligibleArticle 2 de la loi du 25 février 1875 relative à l'organisation des pouvoirs publics.
Dans le cadre de la Constitution Grévy conséquente à la crise de mai 1877, le Président de la République doit accorder la primauté du parlement. L'élection ressemble à un caucus avec des négociations, et ne sont élus que des personnalités qui évitent des velléités de pouvoirs envers la représentation nationale.
Quinze élections ont eu lieu entre 1873 et 1940, et treize présidents ont été élus.
Quatrième République
La Constitution du 27 octobre 1946 reprend le principe d’une élection du président de la République à la majorité absolue des suffrages par les deux chambres du Parlement réunies en Congrès. Le président est élu pour sept ans. Il n'est rééligible qu'une foisArticle 29 de la Constitution du 27 octobre 1946.
Deux présidents sont élus, en 1947 et 1953.
Cinquième République
vignette|Le candidat François Mitterrand à l’élection de 1965. vignette|Le candidat Georges Pompidou à l’élection de 1969. La Constitution du 4 octobre 1958 prévoit initialement une élection pour une durée de sept ans par un collège électoral comprenant les membres du Parlement, des conseils généraux et des assemblées des territoires d’outre-mer, ainsi que les représentants élus des conseils municipauxArticle 6 de la Constitution, version en vigueur jusqu’au 9 novembre 1962, complété par l’. Cette disposition est modifiée en 1962 après référendum, ainsi l’élection de 1965 est la première au suffrage universel direct requérant la majorité absolue des suffrages exprimés. Cette réforme a considérablement renforcé sa légitimité politique face au Parlement.
La durée du mandat est réduite en 2000 à cinq ans lors du référendum sur le quinquennat présidentiel. Jusqu’à la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, il n’y avait pas de limite au nombre de mandats que pouvait effectuer un président de la République. L’article 6 de la Constitution dispose désormais que le mandat ne peut être renouvelé qu’une fois consécutivement.
En 2011, l’âge minimum des candidats est abaissé de pour les élections législatives et l’élection présidentielleArticle 1 de la .
En 2012, la commission sur la rénovation et la déontologie de la vie publique, présidée par Lionel Jospin, formule plusieurs propositions. Certaines sont suivies : substituer la règle de l’équité à celle de l’égalité pour les temps de parole des candidats entre le moment où la liste officielle est connue et celui où la campagne commence et fermer tous les bureaux de vote à la même heure. D’autres restent sans suite comme la modification du calcul du remboursement public pour éviter l’effet de seuil à 5 %, le parrainage des candidats par les citoyens et la réduction du délai entre l’élection présidentielle et les élections législatives sur Légifrance sur Légifrance.
Douze élections ont eu lieu depuis 1958, dont onze au suffrage universel, et huit présidents différents ont été élus.
Organisation Déroulement du scrutin
Le déroulement de l’élection présidentielle est fixé par les articles 6, 7 et 58 de la Constitution française, complété par la loi organique du 6 novembre 1962, qui détermine dans son les dispositions du code électoral applicables.
L'élection du nouveau président a lieu vingt jours au moins et trente-cinq jours au plus avant l'expiration des pouvoirs du président en exercice. Depuis 1974, à la suite de la mort de Georges Pompidou, les élections se déroulent aux mois d'avril et mai ; face aux potentiels problèmes logistiques, le comité Vedel suggère une date fixe pour la fin du mandat présidentiel.
Initialement, la Constitution est muette en cas d'empêchement ou de décès d'un candidat durant la campagne électorale. Pour pallier cette éventualité, l'article 7 est révisé au Congrès du Parlement le . Si, dans les sept jours précédant la date limite du dépôt des présentations de candidatures, une des personnes ayant, moins de trente jours avant cette date, annoncé publiquement sa décision d'être candidate décède ou se trouve empêchée, le Conseil constitutionnel peut décider de reporter l'élection. Si, avant le premier tour, un des candidats décède ou se trouve empêché, le Conseil constitutionnel prononce le report de l'élection. En cas de décès ou d'empêchement de l'un des deux candidats les plus favorisés au premier tour avant les retraits éventuels, le Conseil constitutionnel déclare qu'il doit être procédé de nouveau à l'ensemble des opérations électorales ; il en est de même en cas de décès ou d'empêchement de l'un des deux candidats restés en présence en vue du second tourArticle 7 de la Constitution du 4 octobre 1958.
Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n'est pas obtenue au premier tour du scrutin, il est procédé, le quatorzième jour suivant, à un second tour. Seuls peuvent s'y présenter les deux candidats qui, le cas échéant après retrait de candidats plus favorisés, se trouvent avoir recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour.
Les résultats du scrutin sont proclamés par le Conseil constitutionnel, juge électoral, qui veille à la régularité de l'élection et examine les réclamationsArticle 58 de la Constitution du 4 octobre 1958.
En vertu de la loi du , en métropole, les bureaux de vote sont en principe ouverts le dimanche à 8 heures et fermés à 19 heures, contre 18 heures auparavant.. Cependant, comme auparavant, les bureaux de certaines communes peuvent, sur décision du préfet, ouvrir plus tôt ou fermer au plus tard à 20 heures., tandis que les plus grandes communes votent pour la plupart le dimanche jusqu’à 20 heures.
L'article 7 de la Constitution en 2003 fut révisé afin de remplacer la date fixée du second tour « le deuxième dimanche » par « le quatorzième jour ». Antérieurement à cette modification, en raison du décalage horaire, lors des révélations des estimations de 20 heures en métropole, le vote est toujours en cours dans les DOM-TOM et en Amérique pour les expatriés ; de plus, c'était juste l'heure d'ouverture des bureaux de vote en Polynésie. Cette situation renforçait l'abstention et . En 2006, les législateurs font que des votes anticipés, le samedi ont notamment lieu en outre-mer et dans les bureaux de vote à l'étranger.
Sont électeurs les personnes de nationalité française âgées de dix-huit ans accomplis, jouissant de leurs droits civils et politiques et n'étant dans aucun cas d'incapacité prévu par la loi.
Comme pour tous les pays, les élections françaises sont observées par des organisations internationalesVoir par exemple .
Candidats
vignette|La candidate Ségolène Royal à l’élection de 2007.
Les règles pour se présenter à l’élection présidentielle sont à peu près les mêmes que celles pour les autres élections : remplir, à la date du premier tour de scrutin, les conditions pour être électeur et n’entrer dans aucun des cas d’inéligibilité prévus (inéligibilité prononcée par un tribunalArticles et du code électoral, ne pas avoir satisfait les obligations du service national … ). Ces conditions sont plutôt souples comparées à d’autres pays, la naissance en France n’est pas obligatoire par exemple. Deux spécificités sont prévues pour cette élection : le président qui vient d’accomplir deux mandats consécutifs ne peut se représenterArticle 6 de la Constitution du 4 octobre 1958 et les candidats doivent recueillir au moins cinq cents présentations (« parrainages ») adressées au Conseil constitutionnel par des élus répartis sur au moins trente départements ou collectivités d’outre-mer, sans que plus d’un dixième d’entre eux puissent être les élus d’un même département ou d’une même collectivité d'outre-mer.
Des élections primaires peuvent avoir lieu avant l’élection présidentielle. Elles n’ont aucune base légale et relèvent des statuts des partis politiques.
Campagne électorale
Financement
Depuis la loi du , le financement de la vie politique et des opérations électorales est réglementé. vignette|Le candidat Nicolas Sarkozy à l’élection de 2007.
La réglementation a deux volets : celui sur les recettes et dépenses des partis politiques et celui sur les recettes et dépenses des campagnes électorales.
La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) approuve, rejette ou réforme les comptes de campagne et arrête le montant du remboursement. Elle se prononce dans les six mois du dépôt des comptes. Les comptes de campagne des candidats sont publiés au Journal officielArticle 3 (II) de la loi du 6 novembre 1962 relative à l’élection du Président de la République au suffrage universel. Certains candidats ont vu leurs comptes refusés : Jacques Cheminade en 1995, Bruno Mégret en 2002 et Nicolas Sarkozy en 2012.
L’État verse une avance de lors de la publication de la liste des candidats du premier tour et rembourse une partie des frais, en déduisant l’avance, après la campagne : Pour les candidats présents au premier tour ayant obtenu moins de 5 % des suffrages exprimés, le remboursement s’élève au maximum à 4,75 % du plafond des dépenses du premier tour ; pour les candidats présents au premier tour ayant recueilli plus de 5 % des voix, à 47,5 % de ce plafond ; Pour les candidats présents au second tour, il s’élève à 47,5 % du plafond des dépenses du second tourArticle 3 (V) de la loi du 6 novembre 1962 relative à l’élection du Président de la République au suffrage universel.
De plus, l’impression et la mise en place des bulletins de vote, l’affichage officiel, les professions de foi et la campagne télévisée et radiodiffusée sont pris en charge par l’État. Une commission nationale de contrôle de la campagne électorale composée de cinq membres en surveille le bon déroulement. Elle veille notamment à ce que tous les candidats bénéficient, de la part de l'État, des mêmes facilités pour faire campagne. Elle vérifie que leur propagande soit uniforme sur l'ensemble du territoireArticle 13 du . Des policiers du service de la protection accompagnent les candidats qui en font la demande.