Louis-Adrien Proust, né le à Oucques-la-Joyeuse (Loir-et-Cher) et mort le à Nice, est un magistrat, homme politique, et naturaliste français.
Biographie Élève de l'École des sciences politiques, il est docteur en droitNotice biographique sur le site de l'Assemblée nationale. et diplômé de médecine. Il devient magistrat, à Tours, à Loches puis en MayenneLe Progrès de la Somme, 4 juin 1939 et maire du village de Neuillé-Pont-Pierre (Indre-et-Loire) en 1908, à 30 ans.
Il devient franc-maçon de l'obédience du Grand Orient de France : initié à 33 ans en 1911, il est membre de la loge maçonnique de Tours Les DémophilesJean-François Bérel, Les parlementaires radicaux et radicaux-socialistes d’Indre-et-Loire pendant l’entre-deux-guerres (16 novembre 1919-10 juillet 1940), Université François-Rabelais de Tours, 2015. Conseiller général, il est candidat aux élections législatives de 1914 mais il est battu par le député sortant Émile FaureL'Union libérale, 4 mai 1914.
Mobilisé durant la Première Guerre mondiale comme médecin, il obtient la croix de guerre et celle de la Légion d'honneur.
Il est élu député d'Indre-et-Loire en 1919. Il est constamment réélu jusqu'en 1936, au scrutin de liste, en 1919 et 1924, puis au scrutin uninominal à partir de 1928. Il est membre du parti radical-socialiste et siège dans le groupe parlementaire de ce parti qui se situe au centre gauche dans l'entre-deux-guerres. Il fait partie de son aile droite, hostile au début des années 1930 à l'alliance avec les socialistesLa Lumière, 7 avril 1934. En 1932, il a été réélu contre un socialiste, avec l'appui des voix de droiteSerge Berstein, Histoire du parti radical, Presses de Sciences Po, 1982 (« Chapitre IV. Le radicalisme seul au pouvoir et son échec (1932-1933) »)..
Il est président de la fédération nationale des Mutualités de France et d'outre-mer et, à partir de « La présidence du Comité républicain du commerce, de l'industrie et de l'agriculture », L’Œuvre, 17 novembre 1931, du Comité républicain du commerce, de l'industrie et de l'agriculture (ou comité Mascuraud), un groupement politico-économique lié au parti radical et qui sert de bailleur de fonds pour ce parti. Son accession à la présidence coïncide avec la période où les finances du parti radical sont satisfaisantes et avec le déménagement du siège de son comité exécutif, ce qui Serbe Berstein, op. cit., Chapitre IV. Le Parti radical a son apogée : les structures.
Intéressé par les colonies, il est vice-président de la commission des colonies à la Chambre des députés, publie en 1924 un ouvrage intitulé Visions d'Afrique et est membre du Conseil supérieur des colonies durant 12 ans, en tant que délégué du Soudan. Il s'est rendu plusieurs fois en Afrique occidentale française (AOF)« Une interview de M. Louis Proust », Paris-Dakar, 10 janvier 1936. Il préside à la Chambre des députés à la fin des années 1920 et au début des années 1930 un groupe parlementaire des droits de la femme, favorable au droit de vote des femmesL’Ère nouvelle, 24 décembre 1932, L’Ère nouvelle, 11 janvier 1929Paul Smith, Feminism and the Third Republic: Women's Political and Civil Rights in France, 1918-1945, Oxford Historical Monograph, 1996, et un groupe parlementaire de défense des viticulteurs du Centre et de l'OuestLouis Proust, « Viticulteurs, groupez-vous », L’Ère nouvelle, 31 août 1929.
Candidat en de son parti à une élection sénatoriale partielle en Indre-et-Loire, il est battu par un autre candidat radical-socialiste, en févrierL’Ère nouvelle, 30 janvier 1934, Ibid., 19 février 1934.
Il démissionne en de la présidence du comité Mascuraud à la suite de l'affaire StaviskyL’Œuvre, 27 mars 1934 : il a été accusé d'avoir fréquenté l'escroc Alexandre Stavisky et d'avoir reçu un chèque de 2 millions de francs émis par ce dernierLa Croix, 22 mars 1934Olivier Dard et Jean Philippet, Février 1934. L'affrontement, Fayard, 2024« Une lettre de M. Proust », L’Ère nouvelle, 19 mai 1934. Il est exclu en du parti radical-socialiste à l'occasion du congrès extraordinaire de ce parti à Clermont-Ferrand ainsi que du Grand Orient de FranceDenis Lefebvre, « Années 30 : la franc-maçonnerie au péril de ses faiblesses», dans La Chaine d'union, 2009/3L’Œuvre, 14 mai 1934, « Une protestation de M. Louis Proust », L’Ère nouvelle, 30 mai 1934. Inculpé, il bénéficie d'un non-lieu en 1935Le Républicain de Chinon, 21 mars 1935, Ibid., 23 mai 1935. Les accusations portées contre lui ne s'avéraient pas fondées mais il a au moins montré une certaine , comme d'autres parlementaires radicaux impliqués dans l'affaireSerge Berstein, op. cit., Chapitre V. Le 6 février et la fin de la république radicale (janvier-juillet 1934).
Il ne se représente pas en tout cas aux élections législatives de 1936, s'estimant et se disant «M. Louis Proust renonce à son mandat parlementaire », L'Ere nouvelle, 14 mars 1936. Sa carrière politique nationale est terminée même si le parti radical-socialiste le réintègre en L'Ere nouvelle, 11 mars 1937 et s'il continue à publier quelques tribunes dans un quotidien parisien lié au parti radical, L'Ère nouvelle, à la fin des années 1930, comme il le faisait avant 1934.
Tout en demeurant élu local dans son département d'Indre-et-Loire, il devient à nouveau magistratLe Républicain de Chinon, 25 février 1937 ; il occupe différents postes : substitut au parquet de Quimper en , juge au tribunal civil de Reims en , conseiller à la Cour d'appel d'Amiens en 1939L'Ere nouvelle, 8 janvier 1937, Le Républicain de Chinon, 25 février 1937, L'Avenir, 5 juin 1939, « Dans la magistrature », Le Républicain de Chinon, 8 juin 1939, juge au tribunal civil de LochesL'Action française, 10 février 1942.
Sous l'Occupation, il est présenté comme franc-maçon et révoqué de ses fonctions de maire en 1942 par le régime de VichyL'Action française, 10 février 1942, Aujourd'hui, 5 février 1942.
Il termine sa carrière en 1948 comme président à la Cour d'appel de Bordeaux. Il est alors promu officier de la Légion d'honneur« Un magistrat à l'honneur », L’Événement, 7 février 1948.
Publications Louis Proust, Visions d'Afrique, Paris, Librairie Aristide Quillet, 1924, préfacé par le gouverneur général de l'AOF Ernest Roume, 272 p.
Pour approfondir Bibliographie
Dictionnaire des scientifiques de Touraine, Académie des sciences, arts et belles-lettres de Touraine, 2017 Jean-François Bérel, Les parlementaires radicaux et radicaux-socialistes d’Indre-et-Loire pendant l’entre-deux-guerres (16 novembre 1919-10 juillet 1940), Université François-Rabelais de Tours, 2015 (Lire en ligne)
Liens externes Fiche sur Assemblée nationale
Notes et références
Catégorie:Naissance en juin 1878 Catégorie:Naissance en Loir-et-Cher Catégorie:Décès en décembre 1959 Catégorie:Décès à Nice Catégorie:Magistrat français du XXe siècle Catégorie:Maire d'Indre-et-Loire Catégorie:Conseiller général d'Indre-et-Loire Catégorie:Député d'Indre-et-Loire (Troisième République) Catégorie:Député de la douzième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la treizième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la quatorzième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la quinzième législature de la Troisième République Catégorie:Personnalité du Parti républicain radical et radical-socialiste Catégorie:Officier de la Légion d'honneur (date non précisée) Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Officier des Palmes académiques Catégorie:Officier du Mérite agricole Catégorie:Décès à 81 ans Catégorie:Docteur en droit d'une université française