La Femme du boulanger est un film français réalisé par Marcel Pagnol, sorti en 1938, adaptation d'un épisode du roman Jean le Bleu de Jean Giono. Dans la distribution, on retrouve une grande partie des acteurs récurrents des films de Pagnol, comme notamment Raimu, Fernand Charpin, Édouard Delmont, Robert Vattier, Alida Rouffe, Charles Blavette, Marcel Maupi, Robert Bassac ou encore Paul Dullac.

Synopsis Dans un modeste village de haute Provence, un boulanger récemment installé, dont le travail est apprécié par tous ses clients, découvre un matin que sa jeune femme est partie avec un berger.

Il décide de faire la grève du pain tant que sa femme n'est pas revenue. Le village se mobilise afin de retrouver sa boulangère. Quelque temps plus tard, un villageois aperçoit la femme à cheval, accompagnée du berger. Après une courte liaison passionnelle, l'épouse, délaissée par son amant, rejoint la boulangerie repentante, pour supplier son mari de lui pardonner.

Au même moment, la chatte du boulanger, qui s'est également enfuie quelques jours auparavant, retrouve aussi son abri près du pétrin ; le boulanger, apostrophe l'animal en présence de sa femme, en pleurs. Elle rallume le four.

Fiche technique thumb|Marcel Pagnol, producteur, scénariste et réalisateur du film La Femme du boulanger (ici avant 1931). Titre : La Femme du boulanger Titre anglais : The Baker's Wife Réalisation : Marcel Pagnol Scénario et dialogues : Marcel Pagnol (non crédité), d'après un épisode de Jean le Bleu de Jean Giono Musique : Vincent Scotto Chef d'orchestre : Georges Sellers Sérénade chantée par Clément Duhour Photographie : Georges Benoît Son : Marcel Lavoignat Montage et Script : Suzanne de Troye Assistantes : Suzanne Cabon, Marguerite Renoir (non créditée) et Jeanne Ginestet Photographe de plateau : Roger Corbeau Production : Marcel Pagnol (non crédité) Société de production : Les Films Marcel Pagnol Pays de production : Format : Noir et blanc - 1,37:1 - - son mono (système Philips) Genre : mélodrame Durée : 130 minutes Dates de sortie : France : États-Unis :

Distribution

Raimu : Aimable Castanier, le boulanger Ginette Leclerc : Aurélie Castanier, la femme du boulanger Fernand Charpin : le Marquis Castan de Venelles Charles Moulin : Dominique, le berger piémontais Édouard Delmont : Maillefer dit « Patience », le pêcheur Robert Vattier : le curé Charles Blavette : Antonin dit « Tonin » Robert Bassac : l'instituteur Marcel Maupi : Barnabé Alida Rouffe : Céleste, la bonne du curé Odette Roger : Miette, la femme d'Antonin Yvette Fournier : Hermine Maximilienne Max : Angèle Charblay (Jean-Baptiste Chappe) : Arsène, le boucher Julien Maffre : Pétugue Adrien Legros : Barthelemy Jean Castan : Esprit, un berger Marius Roux : un messager José Tyrand : un messager Gustave Merle : le Papet Paul Dullac : Casimir, le buraliste

Histoire du texte et première adaptation par Pagnol Marcel Pagnol avait écrit une historiette destinée au cinéma sous le titre Le Boulanger Amable. Amable est un boulanger ivrogne sauvé de la déchéance par l’amour d’une servante d’auberge qui devient sa boulangère.

Ce récit devait devenir un film, mais Pagnol lut une nouvelle de Jean Giono, La Femme du boulanger, et décida de tourner plutôt l’histoire de ce « pauvre homme habité par un grand amour et qui ne faisait plus de pain parce que sa femme était partie ». C’est le fameux film de 1938, avec Raimu dans le rôle-titre, qui fit l’admiration d’Orson Welles.

Le scénario est assez différent du récit violent que Giono insérera dans Jean le Bleu. Les bergers de Giono sont des mâles fiers et sauvages qui dansent autour de grands brasiers ; les villageois en viennent aux poings ; le marquis est un seigneur mystérieux accompagné de créatures sensuelles.

Pagnol avait déjà adapté trois œuvres de Giono : Jofroi de la Maussan donna le film Jofroi en 1933, Un de Baumugnes devint Angèle en 1934 et Regain fut porté à l’écran sous ce même nom en 1937. La Femme du boulanger est donc le dernier film de la « période Giono ».

Choix des interprètes À l'époque où Pagnol prépare le tournage de La Femme du boulanger, il est en froid avec Raimu. L'auteur envisage alors de confier le rôle du boulanger à un autre de ses interprètes habituels, Marcel Maupi, car celui-ci correspond à la description du boulanger par Jean Giono : « C'était un petit homme, et il était tellement maigre, que l'on ne trouvait jamais de maillots assez petits pour lui… »Paul Olivier, Raimu ou l'épopée de César, Éditions France-Empire, 1977. Mais bientôt une évidence s'impose, et Maupi lui-même reconnait qu'« il n'y a qu'un comédien pour jouer le rôle du boulanger, c'est Jules [Raimu]c'est-à-dire, Raimu dont Jules est le prénom ». Mais Raimu se fait prier, et Pagnol, agacé par son « numéro de coquette », décide d'engager Henri Poupon pour jouer le rôle du boulanger. Finalement, après beaucoup d'hésitations, de bouderies et de réconciliations entre l'auteur et son acteur fétiche, Raimu accepte d'interpréter le rôle d'AmableRaymond Castans, Marcel Pagnol, Éditions de Fallois, 1995.. C'est Ginette Leclerc elle-même qui a insisté pour que Raimu tienne le rôle sinon elle refusait de tourner dans le film, Marcel Pagnol fâché à l'époque avec Raimu lui a dit « vous n'avez qu'à lui téléphoner » ce qu'elle a fait (entretien de 1976 sur le film La Femme du boulanger).

Pour le choix de l'interprète d’Aurélie, le cinéaste-auteur hésite longuement. Pendant un moment, il pense engager l'actrice américaine Joan Crawford, dont l'agent est contacté ; mais comme elle ne parle pas le français, Pagnol réduit au minimum les répliques du personnage d'Aurélie. Raimu suggère alors le nom d'une comédienne qui a été sa partenaire sur scène et qu'il a remarqué dans Prison sans barreaux, Ginette Leclerc ; celle-ci accepte, elle est devenue une vedette grâce à ce rôle.

Le tournage a eu lieu dans le petit village du Castellet, près de Bandol.

Réception du film

Au moment de la sortie du film en 1938, Henri Jeanson écrit dans une chronique parue dans le journal La Flèche :

Sorti en plein gouvernement de Front populaire en France, en 1938, le rôle du marquis, incarné dans le film par Fernand Charpin, sera fortement critiqué, surtout par des critiques aux idées républicaines bien établies (exemples? citations?). Il était reproché le caractère paternaliste du personnage, confronté à des habitants d'un village aux racines très populaires. À l'époque, la République, présente en France depuis 1870, était encore fragile, car remise en question par des mouvements politiques comme les Croix-de-Feu ou les Camelots du roi.

Autres adaptations thumb|Michel Galabru en 2012 interprétant Aimable Castanier, le boulanger.

En 1943, Giono, en bisbille avec Pagnol, adapte sa nouvelle pour le théâtre. Le boulanger, abandonné par sa femme, tente au départ de se faire passer pour mort afin « d’effacer la vie » et il en profite pour dire ses quatre vérités à tout le village.

Après la Seconde Guerre mondiale, Pagnol adapte son propre film pour la scène et une troupe de jeunes comédiens en donna une unique représentation.

En 1976, le film a servi de base à la comédie musicale américaine de Stephen Schwartz et

En 1985, sa pièce est reprise par Jérôme Savary avec Michel Galabru dans le rôle du boulanger et Valérie Mairesse dans le rôle d'Aurélie.

En 1998, une nouvelle version du film de Pagnol est tournée pour la télévision par Nicolas Ribowski avec Roger Hanin.

En , une pièce filmée en direct, version adaptée et mise en scène par Alain Sachs, est diffusée sur France 2, à nouveau avec Michel Galabru dans le rôle du boulanger. Philippe Caubère y est le marquis, Titoff le curé, Jean Galabru l'instituteur et Patrick Fiori le berger donnant la sérénade. Autres interprètes : Bernadette Lafont (Céleste), Laëtitia Milot (Aurélie, la boulangère), Bernard Larmande (Barnabé), Maxime Lombard (Maillefer), Roger Souza (Antonin), Jean-Claude Baudracco (Pétugue), Jean-Claude Bourbault (Casimir), Michèle Garcia (Miette), Jean-Marie Lecoq (Arsène, le boucher), Clémence Massart (Céleste), Julien Baudracco (Esprit) et Emmanuelle Galabru (Petite).

En 2012, la pièce est de nouveau jouée avec Michel Galabru au théâtre Hébertot à Paris avec pour compagnons de scène Christophe Abrial, Julien Cafaro, Jean Galabru, Sylvie Genty, Marianne Giraud, Bernard Larmande, Maxime Lombard, Christophe Mondoloni, Dominique Régnier, Roger Souza et Philippe Uchan. Il s'ensuit une tournée en province à partir du mois d' jusqu'à pour plus de jouées par Michel Galabru et sa troupe de comédiens dans une mise en scène d'Alain Sachs.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Marcel Pagnol, La Femme du boulanger, Paris, Édition Bernard De Fallois, 2005, collection « Fortunio » Jean Giono, Jean le Bleu, Paris, Le Livre de poche, 1995. Jean Giono, La Femme du boulanger, Paris, Gallimard, 1979, coll. « Folio ». Marcel Pagnol, La Femme du boulanger, Paris, L’Avant-scène Théâtre, 1985.

Liens externes

Site officiel de Marcel Pagnol

Catégorie:Film français sorti en 1938 Catégorie:Mélodrame (film) français Catégorie:Film français en noir et blanc Catégorie:Film réalisé par Marcel Pagnol Catégorie:Film avec une musique composée par Vincent Scotto Catégorie:Film tourné dans le Var Catégorie:Film se déroulant en Provence Catégorie:Film se déroulant dans les années 1930 Catégorie:Film sur la famille Catégorie:Film sur l'infidélité conjugale Catégorie:Berger dans la fiction Catégorie:Film mettant en scène un chat Catégorie:Adaptation d'un roman français au cinéma Catégorie:Film tiré d'une œuvre de Jean Giono