Michel Tacq dit Mitacq, né le à Uccle (province de Brabant) et mort le à Loverval (province de Hainaut) en Belgique, est un auteur de bande dessinée belge, dont les héros les plus connus sont les scouts composant La Patrouille des Castors, Stany Derval et Jacques Le Gall.

Biographie Enfance Michel Tacq, second d'une famille de quatre enfantsTout Mitacq / Les premiers pas., naît à Uccle, commune de Bruxelles, le , d'une mère, Georgette Burton, de Farciennes qui manie déjà le pinceau et se consacre aux arts appliqués., et d'un père fondeur, Télèsphore (Joseph) Tacq originaire du village de Boignée. Petit garçon, il crayonne sur les marges de ses cahiers. Comme de nombreux enfants, certains futurs dessinateurs, il lit Les Aventures de Tintin et Milou dessinées par Hergé.. Plutôt que de jouer avec ses camarades, Michel préfère dessiner en s'isolant dans une cabane qu'il a construite dans les arbres du jardin de sa grand-mère maternelle, près de Charleroi, où la famille passe ses vacances. Ce lieu a beaucoup d'importance pour la famille car il représente la stabilité dans une période marquée par de nombreux déménagements. Ses condisciples, par ailleurs, écoutent Michel raconter des histoires sur le chemin de l'école de l'Institut Sainte-Marie de Schaerbeek..

Formation et débuts

Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, toute la famille part vivre en France, en , au Bourget, où son père a été engagé dans une fonderie d'alliages légers travaillant principalement pour l'aviationDossier Spirou, supplément au journal de Spirou du , à la découverte des Castors.. Lors de l'exode, il se retrouve à Saint-Étienne, puis la famille retourne au Bourget et il étudie à Aulnay-sous-Bois. En 1942, les enfants et leur mère, fuyant les bombardements, rentrent à Farciennes, en Belgique. Leur père ne les rejoindra à Bruxelles qu'en 1947Spirou , , Dossier Spirou, supplément au journal de Spirou, à la découverte des Castors : "La Libération. La famille retourne à Bruxelles ; le père, resté à son travail au Bourget, les y rejoint en 1947." après avoir renoncé à son emploi chez Duralumin. Michel se met, alors, à suivre des cours techniques de dessin industriel aux « Aumôniers du Travail », à Charleroi. Il est âgé de . Pendant cette adolescence mouvementée, il dessine quelques planches pour le patronage de Farciennes où la famille s'est réfugiée. Là, se trouve un grand verger où les jeunes gens se réunissent clandestinement après le couvre-feu, les Allemands interdisant les activités des mouvements de jeunesse. À d'autres moments, ceux-ci ramassaient les blessés dans les maisons détruites par les obus.

La première histoire, Les Voyages de Tam-Tam, inspirée par Les Aventures de Tintin et Milou qui paraissait dans Le Petit Vingtième, est tirée à grâce à un éditeur local. Elle est signée du pseudonyme Mitak.. Michel a dix-sept ans. La Seconde Guerre mondiale s'achève. À la libération, il devient étudiant à l'Académie des Beaux-Arts de Saint-Luc à Bruxelles qu'il doit rapidement quitter pour travailler avec son père et ses deux frères dans l'entreprise familiale de peinture et décoration de bâtiment, métier qu'il a en horreur…

Parallèlement à ce travail, Michel illustre pour les éditions scoutes Plein Jeu et Piste. C'est dans ce cadre qu'il dessine pour la première fois une bande de scouts au complet. En vue de se perfectionner, il passe trois semaines dans l'atelier de Pierre Joubert, dessinateur attitré des Scouts de France. C'est le fils de ce dernier qui lui inspire le physique du personnage de Mouche, le premier scout de la patrouille qu'il imagine. Il réalise un premier essai de bande dessinée avec Mouche seul. Il abandonne rapidement le projet, trouvant que le thème offrait peu de possibilités..

Avant la Seconde Guerre mondiale, Michel Tacq avait été louveteau et devient scout-routier de 1944 à 1949 ; puis, chef - louveteaux (Baloo) à la troupe Saint-Alène , à Bruxelles. Il se voit totémisé Toucan, bénévole.

Inspiré par le scoutisme, Michel Tacq propose déjà le personnage de La Patrouille des Castors chez Dupuis, en 1948, qui est, dans un premier temps, refusé par l'éditeur. Il illustre malgré tout une brochure pour les campeurs dans cette même maison d'édition.

Comme professionnel Les débuts Sa première publication dans le journal Spirou a lieu dans le numéro 549 du . sous le pseudonyme de « Mitak », il s'agit d'une nouvelle intitulée Les Trois Chances.. Il opte l'année suivante pour le pseudonyme de « Mitacq ». Par la suite, il fera à plusieurs reprises des illustrations pour Spirou.. À côté de cette collaboration, il scénarise une histoire publiée dans lHebdomadaire des grands récits et dessinée par M. Mimme, intitulée Louis Bellejoie, ainsi que plusieurs histoires scoutes dans les journaux Plein Jeu et Carrefour.

Il entre à la World Press en 1951, une agence dirigée par Georges Troisfontaines qui fournit de nombreuses histoires et rubriques au journal Spirou. Il va alors dessiner, jusqu'en 1954, une vingtaine d'histoires de la série Les Belles Histoires de l'oncle Paul, avec les conseils d'Eddy Paape et des scénarios d'Octave Joly, ainsi que des planches éducatives de la rubrique Le Coin des petits curieux dans le journal Spirou. Parallèlement, il fait des illustrations pour La Libre junior et illustre seul le de Marabout-Junior pour son ami scout Jean-Jacques Schellens. Il fait également de brèves apparitions dans Tintin en illustrant une nouvelle et deux contes écrits par Jean-Pierre Norton et Yves Duval de 1950 à 1953..

La Patrouille des Castors Mitacq se bat au sein de la World Press pour pouvoir dessiner une série sur les scouts. Jean-Jacques Schellens lui écrit un scénario regroupant une quarantaine de brèves séquences où la patrouille, rassemblant quatre scouts, part dans différentes explorations. Une première demi-planche d'essai est envoyée à la World Press. Après une année d'attente, la série est acceptée. En 1953, Charles Dupuis accepte, enfin, lui aussi ses personnages. Dès lors, en 1954, Mitacq, tout en travaillant dans l'entreprise familiale de peinture en bâtiment la journée, décidé à devenir illustrateur de bandes dessinées, sa passion de toujours, suit les cours du soir de dessin et peinture au chevalet à l'Académie de Saint-Gilles à Bruxelles. C'est là qu'il découvre Joseph Gillain (alias Jijé.) et Sirius.

Le . débute dans les pages du journal Spirou , la première aventure de La Patrouille des Castors, Le Mystère de Grosbois, un récit scénarisé par Jean-Michel Charlier. Jean-Jacques Schellens avait été écarté du projet par Georges Troisfontaines, patron de la World Press, qui souhaite s'appuyer sur un scénariste connu plutôt que sur un débutant.. Remodelés par Jean-Michel Charlier, les personnages deviennent une patrouille de six composée de : Poulain (chef de patrouille), Tapir (le faire-valoir et personnage préféré de Mitacq), Mouche (le benjamin, inventé par Mitacq à la fin des années quarante), Chat (second de patrouille), Faucon (l'intellectuel) et Lapin. Un tel groupe de personnages étant difficile à manier dans des cases, Michel Tacq décide, au troisième épisode, de limiter le nombre de scouts à cinq et abandonne Lapin, le moins typé. Le succès est immédiat dans le Spirou et la première aventure des Castors, paraît en album en 1955 (1957 pour la France), signé M. Tacq puis Mitacq..

Dans le second épisode de La Patrouille des Castors, Le Disparu de Ker-Aven, paru dès le du , Mitacq n'hésite pas à multiplier les essais graphiques pour se démarquer de l'influence de Pierre Joubert. De plus, la consigne a été donnée par la direction de Dupuis que les histoires se situent désormais en France, les lecteurs français étant devenus abonnés majoritaires au journal. C'est pourquoi cet épisode se déroule en Bretagne. Le dessin est encore un peu confus et hésite entre le réalisme et la caricature..

C'est dans la troisième histoire des Castors, L'Inconnu de la Villa Mystère, que Michel trouvera définitivement son style en s'éloignant de l'influence graphique de Pierre Joubert.. Mitacq ne se limite pas à dessiner les Castors, il suggère des idées de scénarios, des ambiances et rassemble des documents sur les sujets traités. C'est notamment lui qui a l'idée de se servir du héros de Rudyard Kipling, l'enfant sauvage Mowgli. pour le quatrième épisode, Sur la piste de Mowgli.

Du au , Mitacq est invité au jamboree de Sutton Coldfield, en Angleterre. Il y rencontre des scouts du monde entier, y compris des pays de l'Est, en pleine guerre froide. À la suite de ce voyage, Michel demande à Charlier d'envoyer les Castors derrière le rideau de fer dans le cinquième épisode, La Bouteille à la mer. Un pays imaginaire, l'Esturie, est créé pour l'occasion, mélange entre un pays de l'Est et la Belgique, pour contourner la censure française qui empêchait de publier des bandes dessinées évoquant l'actualité.. Il collabore aussi avec le journal Risque-Tout., appartenant aussi aux Editions Dupuis, où il fournit trois mini-récits de quatre planches de La Patrouille des Castors. Pour maintenir son rythme de publication, il fait appel, dans l'épisode , Le Trophée de Rochecombe, à un vieil ami, Eddy Paape, qu'il connaît depuis son arrivée à la World Press. Ce dernier réalise l'encrage et les décors des planches 4 à 11. Cette collaboration prend fin rapidement, Paape étant trop occupé avec ses propres séries.. Autre rencontre au Jamboree, celle de scouts africains : Mitacq en profite pour faire des croquis de leur uniforme qu'il réutilise pour l'épisode suivant, le septième, Le Secret des Monts Tabou. Pour la première fois, dans cette histoire, Mitacq utilise, à partir de la planche 39, un stylo à encre de Chine pour les décors, délaissant le pinceau qu'il utilisait auparavant depuis le début de sa carrière..

Frappé par la tragédie de Tignes en France, où, en 1952, des habitants avaient été expulsés par des CRS pour la construction d'un barrage à l'emplacement de leur village, Mitacq reprend cette idée pour le huitième album : Le Hameau englouti, ce qui lui permet de parler d'un sujet lié à son histoire familiale et qui lui tient à cœur : le déracinement obligatoire..

À partir de 1965, les cinq scouts de la Patrouille des Castors changent progressivement d'uniforme et deviennent clairement scouts-pionniers dans l'épisode de L'Autobus hanté, en 1967Tout Mitacq /L'Autobus hanté..

En 1972, dans Le Pays de la mort, le local des Castors, patrouille indépendante ( sans Troupe) n'est plus citadin mais situé à la campagne.

Enfin, en 1980, avec les Prisonniers du large, les filles font leur apparition, devenant des héroïnes à part entière.

Chez Pilote Sa collaboration avec Jean-Michel Charlier se poursuit aussi dans le journal Pilote où il dessine les aventures de Jacques Le Gall, dès le premier numéro. du ., avec la technique du lavis, pour certains épisodes, dans laquelle Mitacq excelle. Cet aventurier est un grand adolescent roux à qui il arrive diverses histoires rocambolesques ou fantastiques.. Malgré de bonnes critiques, cette série s'arrête au bout de six épisodes pour cause de bataille éditoriale.

Un professionnel accompli À cette époque, Mitacq voyage dans toute l'Europe occidentale : France, Angleterre, Écosse, Espagne, Portugal, Pays-Bas, Allemagne, Grand-Duché de Luxembourg, Italie, Danemark…, souvent à moto.

Sa bande dessinée d'aventure reflète son désir de démocratie, de solidarité et de justice et, plus tard, sa volonté de défendre l'environnement.

La censure, encore bien active à cette époque, exerce son contrôle sur certains textes ou dessins concernant les armes à feu, les femmes, la critique de certaines dictatures… obligeant Mitacq à masquer ses idéesTout Mitacq /Le Mystère de Grosbois..