Allos est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Commune de haute montagne des Alpes méridionales, Allos connaît un important exode rural au , suivant le mouvement démographique du département. Puis la commune a été bouleversée depuis quatre-vingts ans par les sports d’hiver : la construction d’hébergements et les remontées mécaniques ont modifié le paysage et l’urbanisme montagnard. L’économie a également été profondément transformée, la quasi-totalité des emplois se situant aujourd'hui dans le tourisme. L'activité agricole traditionnelle ne subsiste plus que marginalement.
Historiquement, Allos, située au fond de la vallée du Verdon, fut longtemps rattachée administrativement à la vallée de l'Ubaye. Tant au sein des États de Savoie (de 1388 à 1713) qu'après son rattachement à la France, elle fut administrée par-delà le col d’Allos, pourtant infranchissable l'hiver. Après la Révolution française, la commune d'Allos fit encore partie du district puis de l'arrondissement de Barcelonnette, dont elle constituait à elle seule un canton à part entière. Ce n’est qu’en 1985 qu'elle a été rattachée au canton de Colmars dans l'arrondissement de Castellane.
Géographie vignette|centre|450px|Le lac d'Allos vu du sommet du mont Pelat. Allos est située à d’altitude. Le val d'Allos est traversé par la rivière Verdon, qui prend sa source au pied de la tête de la Sestrière, au nord-ouest d'Allos, à d'altitude.
En lisière du parc national du Mercantour, le pays du Haut-Verdon-Val-d'Allos offre des paysages d'une grande beauté, depuis le célèbre lac d'Allos, le plus grand lac d'altitude d'Europe, jusqu'à la cascade de la Lance, à Colmars-les-Alpes. La flore est riche et variée, étagée suivant l'altitude : mélèzes, épicéas, sapins mais aussi clématites des Alpes, pivoines sauvages et lis martagon.
Communes limitrophes vignette|center|350px|Allos et ses communes limitrophes.
Géologie Les montagnes autour d’Allos sont composées de schistes noirs.
Relief Tout autour d’Allos, en partant du col d'Allos (, au nord du village) et en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre : sur une arête nord-sud, la montagne de Cheiroueche () et dominant le village, Roche-Grande (), totalement dénudée ; au nord le Petit Cheval de Bois () et le Grand Cheval de Bois () ; le Pichs ou Nivoulet () ; à l’est : le Cimet (), séparé du Téton () par le petit col de Talon () ; Mont Pelat () et entre Allos et celui-ci, la Tête du Vallonnet () et la Tête de Prachastel () ; autour du lac d'Allos : le Trou de l'Aigle () ; le col de la Petite Cayolle () ; le sommet des Garrets () ; la Montagne de l’Avalanche (), la Tête du Lac (), le groupe des Tours du Lac (cinq sommets entre et ) et la Tête de Valplane () ; au sud : la Roche Cline () et, rive droite du Verdon, l’Autapie () ; à l'ouest : le Gros Tapi () ; sommet de Valcibière () ; le Mourre Gros () ; la Tête Noire () ; la Tête de l'Auriac () ; les Trois-Évêchés () ; Tête de la Sestrière () ; au nord-ouest du col d’Allos : la Tête de Vescal ().
Les sommets à l’ouest d’Allos appartiennent au massif des Trois-Évêchés, ceux à l’est au massif secondaire du Mont Pelat.
Environnement La commune compte de bois et forêts.
Hydrographie Cours d'eau sur la commune ou à son aval : rivière le Verdon, torrents le Bouchier, le Chadoulin, de l'Aiguille, riou nord des Courtiens, riou sud des Courtiens, riou de Poussandriou, ravins du Pelat, du Vallonet, des Mourtisses, de la Chaup, de la Sausse.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Allos est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC). vignette|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). +Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu 1,0 %120Équipements sportifs et de loisirs 0,4 %43Prairies et autres surfaces toujours en herbe 3,9 %459Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 0,4 %41Forêts de feuillus 0,9 %103Forêts de conifères 22,6 %2651Forêts mélangées 1,6 %189Pelouses et pâturages naturels 25,2 %2953 Landes et broussailles 1,2 %140Forêt et végétation arbustive en mutation 4,7 %551Roches nues 20,7 %2414Végétation clairsemée 17,1 %1998Plans d'eau 0,4 %44Source : Corine Land Cover.
Hameaux
Risques naturels et technologiques Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton d'Allos-Colmars est en zone 1b (risque faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste issue de l'Eurocode 8 de 2011. La commune d'Allos est également exposée à trois autres risques naturels: avalanche, feu de forêt, inondation (dans le Haut Verdon), mouvement de terrain : la commune est concernée par un aléa moyen à fort sur des espaces limités.
La commune d'Allos est exposée à un risque d’origine technologique, celui de rupture de barrage, concernant la retenue collinaire de la Tardée au-dessus de la station de la Foux-d’Allos.
Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été approuvé en 1998 pour les risques d’inondation, de mouvement de terrain et d’avalanche et le Dicrim existe depuis 2010.
La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle : en 1984 pour un tremblement de terre, et en 1994 et 2003 pour des inondations et des coulées de boue. En , un glissement de terrain a coupé la seule route d'accès aux hameaux du Bouchier et de la Colette, coupure qui a duré plus de sept moisR. F. et F. R., « Les hameaux de deux hameaux sont isolés après un éboulement », La Provence, 21 juin 2013, 14.
Sismicité La commune est classée en zone de sismicité moyenneDidacticiel de la règlementation parasismiqueSéisme du 31 octobre 1997 Ouest d'Allos.
Toponymie La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1056, sous le nom d’ad Alodes, ce qui signifie les alleux en occitan. Une hypothèse pré-gauloise a également été envisagée, plus conforme aux règles phonétiques locales selon les Fénié. Le nom d’Allos dérive alors d’Al-, désignant les rochers. La formation Alodes serait dans ce cas une hypercorrection (fausse latinisation). La commune se nomme Alòs en occitan vivaro-alpin et Aloues en provençal gavot.
Le nom de la station La Foux-d’Allos désigne les gorges étroites, les à-pic proches.
Histoire
Préhistoire et Antiquité Des fouilles archéologiques, menées par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) en 2025, révèlent les vestiges d'une occupation du site d'Allos à la fin du millénaire (néolithique) et au siècle avant Jésus Christ (fin de l'âge du bronze). Cette présence à ces deux épisodes est, en 2025, peu connue des archéologues pour la moyenne montagne des Alpes du Sud« Une occupation protohistorique et néolithique à Allos (Alpes-de-Haute-Provence) », Actualités de l'INRAP, 29 août 2025 ; page consultée le 1er septembre 2025..
Les fragments céramiques et en pierres façonnées du néolithique sont, en 2025, les découvertes chasséennes les plus en altitude en France.
Dans la couche au-dessus du néolithique, le site de la fin de l'âge du bronze permet d'identifier un ou des bâtiments rectilignes par des trous de poteaux et un radier en pierre, à la construction visiblement réfléchie et qui porte des traces régulières évoquant une possible palissade de délimitation de l'espace ou de sa protection. Les habitants ont utilisé du grès pour optimiser l'usage de la chaleur des foyers. Plus altérés, des objets céramiques ou en bronze ont été également été trouvés.
Le nom du peuple installé dans la haute vallée du Verdon n’est pas certain, mais il peut s’agir des ÉguituresRaymond Boyer et Guy Barruol, carte 12 « Peuples et habitats de l’époque pré-romaine », in .. À la fin de l’Empire romain, la haute vallée du Verdon dépend de la civitas et de l’évêché de .
Moyen Âge
Il est possible que le premier village ait été construit autour de Notre-Dame-du-Valvert, au Haut Moyen Âge. Il se serait ensuite perché à Banivol, avant de redescendre aux . La bourgade, citée dès 1056, a son consulat dès 1233, par privilège du comte de Provence.André Gouron, « Diffusion des consulats méridionaux et expansion du droit romain aux », Bibliothèque de l'école des chartes, 1963, tome 121. 49., ainsi qu’une foire. C’est le comte Raimond Bérenger V qui accorde le un consulat à Allos, en même temps et selon les mêmes termes que Colmars et Beauvezer. ; le consulat est une institution collégiale comprenant un chevalier, désigné parmi les nobles de la localité, trois notables, et le bailli ou bayle, représentant le comte. La charte de 1233 précise quels sont les cas où la justice sera rendue par les consuls (la justice civile) et limite le montant des cens et du droit de prélevés par le comte.