Annot est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Annot a la particularité dans le département d'avoir une population qui n'a varié que dans une fourchette assez restreinte, ne connaissant pas le fort dépeuplement de ses voisines entre 1851 et 1946.

La bourgade d’Annot a une très ancienne fonction administrative, de rayonnement réduit mais stable.

L'arrivée du chemin de fer à la fin du , la présence de petites industries, puis l'attraction touristique de ce bourg rural montagnard expliquent cette relative stabilité.

Annot a reçu le label « village et cité de caractère ».

Géographie thumb|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|center|400px|Annot et les communes voisines (cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Les communes limitrophes d’Annot sont Le Fugeret, Braux, Saint-Benoît, Ubraye, Vergons et Allons.

Relief Rocher de Pelloussis () ; col de L’Iscle () ; sur la même crête, à l’ouest de la ville : le Roncheret () ; le Puel () ; la Colle Durand () ; les Roches de Rouaine ().

Environnement La commune compte de bois et forêts, soit la quasi-totalité de son territoire..

Hameaux vignette|Village de Rouaine. Rouaine les Scaffarels

Géologie vignette|gauche|La chambre du Roi. Le bourg est situé au sein d'une résurgence de grès, au milieu de montagnes calcaires, à d’altitude.

Cette résurgence fait jusqu'à d'épaisseur. La barre rocheuse qui domine à l'est le village est formée de grès. Les éboulis qui se sont formés en contrebas, prenant des formes pittoresques aux noms évocateurs (la Dent du Diable, la Chambre du Roi, le défilé des Garambes, le Chameau des lumières, les rochers aux Cent-Marches) sont un site naturel classé depuis 1920.

Certaines maisons sont construites directement contre un rocher tombé de la barre rocheuse, le rocher étant plus gros que la maison. Les sols acides (rive gauche de la Vaïre) permettent au châtaignier de pousser.

Le centre de la cité (église Saint-Jean-Baptiste, anciennement Saint-Pons) est construit sur un éperon rocheux situé entre les torrents de la Vaïre et de la Beïte.

Sismicité La commune se trouve en zone de sismicité 4 (sismicité moyenne)Didacticiel de la règlementation parasismique.

Hydrographie Cours d'eau sur la commune ou à son aval. : ravins de Barbette, de Saint-Jean, torrents le Coulomp, la Vaïre, la Beïte, la Galange, des Glaïres, de Balme Michel, ruisseau la Bernade.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Méailles à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Transports vignette|gauche|Gare des Scaffarels, construite sur un remblai maçonné. vignette|droite|Passage de la RN 202 à la Roche-Percée, à Rouaine. La gare d'Annot et l’arrêt facultatif des Scaffarels sont desservis par la ligne de Nice à Digne.

La commune est également desservie par la route nationale 202.

Risques naturels et technologiques Aucune des du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton d'Annot est en zone 1b (risque faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011.

La commune d’Annot est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation (dans la vallée de la Vaïre), mouvement de terrain.

La commune d’Annot est également exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses par route. La route nationale 202 peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses.

Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été approuvé en 1990 pour les risques d’inondation, de mouvement de terrain et de séisme mais un nouveau a été demandé en 2003 ; le Dicrim existe depuis 2011.

La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle visant les conséquences d’inondations et de coulées de boue en 1994. Le tremblement de terre le plus puissamment ressenti dans la commune est celui du , dont l’épicentre est situé dans le Piémont.

Urbanisme Typologie Au , Annot est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (93,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (94,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (82,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (10,3 %), zones agricoles hétérogènes (4,9 %), zones urbanisées (1,6 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (0,3 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=2.1|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1042, sous la forme Anoth, lorsque son seigneur Ermerincus d’Anoth en fait don à l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Le nom vient peut-être du gaulois ana, augmenté du suffixe latin ottum, et désignerait un petit marais. Charles Rostaing pense que le nom Ana désignerait lui une ville plus ancienne, qui aurait précédé la ville haute appelée par référence à celle-ci Sigumanna.. Selon Daniel Thiery, le nom Sigumanna, cité dans le même document qu’Annot, désigne le territoire plus qu’un lieu ou un village précis, et ce nom de territoire est probablement tiré du nom du peuple pré-romain qui occupait la vallée.. La commune se nomme Anòt en provençal.

Le nom du hameau de Rouaine vient du nom romain *Rugius suivi du suffixe -ane indiquant le domaine de Rugius.

Économie

Aperçu général

En 2009, la population active s'élevait à 460 personnes, dont 38 chômeurs. (70 fin 2011). Ces travailleurs sont majoritairement salariés (81 %) et travaillent majoritairement dans la commune (74 %). L'essentiel des actifs de la commune sont employés dans l’industrie et la construction (55 % en 2010). L'agriculture ne fournit aucun emploi salarié, et les services et l'administration, avec 140 emplois, occupent 45 % de la population active.

Au , les établissements actifs dans la commune sont principalement des commerces et des services (80 des 132 établissements), suivis par les entreprises du secteur secondaire (22 sur 132) et les administrations et le secteur sanitaire, social et de l’enseignement (24 établissements également).

Agriculture

thumb|Troupeau de moutons.|alt= Fin 2010, le secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche) comptait 6 établissements différents. Un fromage porte l’appellation fromage d'Annot ou tomme d'Annot.

Industrie

Fin 2010, le secteur secondaire (industrie et construction) comptait 22 établissements, employant 173 salariés.

Le principal employeur de la commune est la biscotterie Faissole, qui produit biscottes et petits pains grillés depuis les années 1960 et qui emploie 118 salariés et réalise un chiffre d'affaires de 11 millions d'euros. Le secteur agro-alimentaire compte aussi Rigault et Cie, usine de charcuterie et salaisons, avec 18 salariés.

Une petite centrale hydroélectrique est implantée sur la Vaïre, au seuil des Scaffarels. La chute d’eau de de haut fait tourner une turbine de de puissance ; la production est actuellement arrêtée de juillet à octobre. La centrale est équipée d’un toboggan à poissons.

Activités de service

Fin 2010, le secteur tertiaire (commerces, service) comptait 80 établissements (avec 57 emplois salariés), auxquels s'ajoutent les 24 établissements administratifs (salariant 83 personnes).

D'après l'Observatoire départemental du tourisme, la fonction touristique est importante pour la commune, avec entre 1 et 5 touristes accueillis pour un habitant., l'essentiel de la capacité d'hébergement étant non marchande. Plusieurs structures d'hébergement à finalité touristique existent dans la commune : plusieurs hôtels (1 classé 1 étoile et 2 classés deux étoiles). Ces trois hôtels ont une capacité d’accueil totale de 32 chambres ; un camping deux étoiles avec 66 emplacements ; plusieurs meublés ; l’hébergement collectif est représenté par un village vacances en gestion communale et un gîte (des Roncharels).

À tout cela, les résidences secondaires ajoutent un appoint non négligeable à la capacité d'accueil de la commune, avec 275 logements (un tiers des habitations de la commune).

L’été, le passage du train à vapeur sur la ligne de Nice à Digne, entre Puget-Théniers et Annot, apporte une activité touristique appréciable pour la commune. En 2006-2007, il apportait une augmentation de fréquentation de la ligne de 50 à 60 %.

Un centre équestre est implanté sur la commune.

Histoire

Antiquité

Le nom du peuple installé dans la vallée à l’arrivée des Romains n’est pas certain, mais il peut s’agir des Nemeturii. Un oppidum était occupé au lieu-dit de Vers-la-Ville<ref name="AHP-c12">Raymond Boyer et Guy Barruol « Peuples et habitats de l’époque pré-romaine », 'in .</ref>.

Moyen Âge thumb|Vieux village.|alt=