Barrême est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le nom de ses habitants est Barrémois..

Géographie Le village est situé à d’altitude. et se trouve à de Nice, de Digne-les-Bains, de Grasse et à de Draguignan.

vignette|alt=Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|left|Barrême et les communes voisines (cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Les communes limitrophes de Barrême sont Saint-Jacques, Saint-Lions, Moriez, Senez, Blieux, Senez à nouveau (enclave du Poil) et Chaudon-Norante.

Géologie et relief

Géologie Le périmètre de protection de la réserve naturelle géologique de Haute-Provence couvre la commune de Barrême.

La commune attire des géologues du monde entier du fait de sa richesse en fossiles caractéristiques (les ammonites). Elle a donné son nom à un étage du Mésozoïque (ou ère secondaire) : le Barrémien ( du Crétacé inférieur).

Relief vignette|center|400px|Sommet de Tourap, une des petites montagnes de Barrême (). La commune s’étend aux confluents des Asse de Moriez, Asse de Clumanc et Asse de Blieux.

La partie de la commune située sur la rive gauche de l’Asse de Blieux fait partie du massif du Montdenier. Col des Lèques

Hydrographie Sur le territoire de la commune, l’Asse forme le Saut du Loup.

Cours d'eau sur la commune ou à son avalL'eau dans la commune : rivières l'Asse de Clumanc, l'Asse de Moriez, l'Asse, ravins Saint-Martin, du Riou d'Ourgeas.

Environnement

La commune compte de bois et forêts, soit la moitié de sa superficie.

Risques naturels et technologiques Aucune des 198 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. L'ancien canton de Barrême est en zone 1b (risque faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Barrême est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation (dans la vallée de l’Asse), mouvement de terrain.

La commune de Barrême est également exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses. Les routes nationales 85 et 202 peuvent être empruntées par les transports routiers de marchandises dangereuses.

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune ; le Dicrim existe depuis 2011.

La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle : en 1984 pour un tremblement de terre, pour des inondations, glissement de terrain et coulées de boue en 1994, 1996, 2008 et 2011. Outre celui de 1984, et celui du dont l’épicentre se trouve dans la commune et ne fut pas ressenti, le séisme ressenti de la façon la plus sensible est celui du (épicentre à Saint-Clément, dans les Hautes-Alpes).

Transports

La commune est desservie par le chemin de fer de la ligne de Nice à Digne, qui a deux arrêts sur la commune, à l’arrêt facultatif de Gévaudan et à la gare de Barrême. Elle est au carrefour des , et , qui est l’ancienne départementalisée. et font partie de la route Napoléon.

Hameaux Gévaudan, sur un sommet proche de la route nationale 202 la Basse-Palud

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Mure-Argens à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Barrême est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Digne-les-Bains, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (81,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (84,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (62,9 %), zones agricoles hétérogènes (17,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (15,8 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (2,7 %), zones urbanisées (0,8 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=2.1|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie La localité est citée sous la forme sancti Jacobi de Barrema en 1215 dans la liste du Pedis, fin du , liste qui spécifie l'existence de l'église Saint-Jacob et du château de Barrême.

Le nom est formé sur la racine oronymique (désignant une montagne) *BAR.. Selon Rostaing, ce toponyme serait antérieur aux GauloisCharles Rostaing, « Toponymie d’origine pré-gauloise » in ..

Le nom du village de Gévaudan est probablement issu de Gabalatanus, dont l’origine serait un domaine fondé par un Gaulois de la tribu Gabali.

Le nom s’écrit Barrema en vivaro-alpin et dans la norme classique du provençal mais Barrèmo dans la norme mistralienne.

Histoire

Moyen Âge

Auguste fait la conquête de la vallée des Asses en même temps que celle des Alpes, qu’il achève en 14 av. J.-C.. À la fin de l’Empire romain, le rattachement de la vallée des Asses à la civitas de Sanitensium (Senez), et à son diocèse, est certain.

Barrême apparaît pour la première fois dans les chartes en 1040, alors qu’il vient d’être détruit par un incendie.. Le village, qui était établi sur le col Saint-Jean et fortifié, se reconstruit dans la plaine. vignette|Raymond de Turenne, sur la fresque de l'Ospedale Santa-Maria della Scala à Sienne. En 1235, le baron de Castellane cède ses droits sur Barrême au comte de Provence. Le village reste propriété des comtes de Provence jusqu’en 1348, date à laquelle la reine Jeanne l’échange contre une terre du royaume de Naples. Il devient alors le fief des Villeneuve jusqu’en 1748. À cette date, sept autres familles nobles possèdent des droits de co-seigneurie sur la commune, et cinq y résident.

En 1342, la communauté de Barrême est rattachée à la viguerie de Castellane par le comte de Provence. La mort de la reine Jeanne ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis d'Anjou. Puis, Aix se soumet en octobre 1387, ce qui précipite le ralliement des carlistes, dont le seigneur de Barrême, Géraud de Villeneuve. Alors qu’il soutenait Charles de Duras depuis plusieurs années, il rejoint avec ses deux frères seigneurs de Gourdon et Roquebrune le camp angevin et obtient un « chapitre de paix » de Marie de Châtillon le 2 janvier 1388 et prête hommage à Louis II d'Anjou, âgé de dix ans.. La communauté villageoise soutenait elle aussi Charles de Duras, et elle aussi se soumit après 1386.

En 1390, le village est rançonné par Raymond de Turenne.

Barrême est le chef-lieu d’une baillie dont le territoire est détaché de celui de la baillie de Digne à la fin du . Elle est chef-lieu de viguerie du jusqu’à la Révolution, viguerie dont dépendaient Clumanc, Lambruisse, Tartonne (les terres dites Baussenques, du nom de Raymond des Baux, qui les possédait de la dot d’Étiennette de Provence au ), Saint-Jacques et Chaudon, dont dépendait Norante.

Le village de Gévaudan constitue un fief distinct de celui de Barrême.

Temps modernes : ,

À partir du au moins, la communauté désigne trois consuls pour son administration : deux sont élus par les Barrêmois, le troisième par Saint-Lions ou Gévaudan alternativement un an sur deux. Elle passe de la viguerie de Castellane à celle de Digne.

En 1536, lors de l’invasion de la Provence par Charles Quint, toutes les récoltes de l’arrière-pays furent détruites, y compris celles de Barrême.

En 1559, Antoine de Mauvans pille les chapelles et brûle les archives communales. Pour se protéger des bandes catholiques et protestantes qui passaient sur les chemins, une muraille est érigée en 1589-1590, mais ces murailles construites à la hâte étaient très peu solides et, en 1688, elles avaient disparu et étaient complètement oubliées des Barrêmois.

En 1629, l’épidémie de peste atteint Barrême malgré le cordon sanitaire établi en amont, et la touche durement. Très appauvrie, la commune est classée comme « commune impuissante » en 1639, et autorisée à vendre ses terres pour payer ses dettes ( livres). Une foire de rayonnement local se tenait à Barrême jusqu’à la RévolutionBaratier et Hilsdesheimer, « Les foires (1713-1789) », in ..

En 1703, l’évêque de Senez Jean Soanen détruit le menhir. La peste de 1720 n’atteint pas Barrême, peut-être en raison du cordon sanitaire établi sur le Verdon.

Révolution française et Empire Le cahier de doléances de la communauté de Barrême est rédigé le 29 mars, à la chapelle Notre-Dame-du-Pont, l’hôtel de ville étant trop petit pour accueillir toute la population ; le même jour, les députés de la communauté sont élus pour le porter à Digne.