Bayons est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Commune de moyenne montagne située dans le massif des Monges, Bayons est formée de la réunion des quatre communes d’Astoin, Bayons, Esparron-la-Bâtie et Reynier en 1973. Elle est située dans une région au relief tourmenté, dont le climat possède des caractéristiques difficiles tenant du climat méditerranéen (sécheresse, pluies irrégulières et violentes) et du climat montagnard (froid et neige l’hiver), et parcourue de torrents violents. L’agriculture y a de tous temps été difficile. La population des quatre communes atteint son maximum en 1836, avec ; un siècle et demi plus tard, la perte de 90 % de cette population, due à l’exode rural qui commence plus tôt et a plus d’ampleur dans ces quatre communes que dans le reste du département, pousse le gouvernement à proposer la fusion, qui a lieu le avril 1973. Depuis, la population a presque doublé : aux exploitations agricoles qui ont pu se maintenir, utilisant parfois des labels de qualité régionaux, l’économie communale a associé le tourisme, mais la majorité des habitants de la commune travaillent à l’extérieur.

Ses habitants sont appelés les Bayonnais.. Géographie thumb|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|left|Bayons et les communes voisines (cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Les communes limitrophes de Bayons sont Turriers, Bellaffaire, Clamensane, Saint-Martin-lès-Seyne, Selonnet, Barles, Authon, Valavoire, Le Caire et Faucon-du-Caire.

Le site de Bayons est formé par un vaste cirque, cerné de hautes montagnes, et où coule le Sasse, qui en sort par une clue étroite. Les anciennes communes rattachées à Bayons en 1974 sont implantées dans des vallons parallèles entre eux, perpendiculaires au cours du Sasse et en aval de Bayons., sauf Astoin.

Géologie

thumb|Massif des Alpes et localisation des Préalpes de Digne Le territoire se situe entre trois formations géologiques majeures des Alpes : la nappe de Digne à l'estCarte géologique de la France au 1:1 000 000, au niveau du lobe de Valavoire : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écailles) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe ; la faille de la Durance au sud-ouest, dans la vallée ; le plateau de Valensole au sud-est : bassin molassique du Miocène et du Pliocène composé de roches sédimentaires détritiques (dépôts liés à l'érosion des montagnes apparues à l'Oligocène).

Lors des deux dernières grandes glaciations, la glaciation de Riss et la glaciation de Würm, plusieurs petits glaciers sont présents dans la commune. Un glacier occupe le versant nord de la Tête des Monges. Lors de la glaciation de Riss, une diffluence du glacier de la Durance franchit le col des Sagnes et descend jusqu’à la vallée du Sasse. Lors de la glaciation de Würm, il est moins étendu et atteint seulement les Tourniquets. C’est à cette période glaciaire que sont attribuées les formations de gypse triasique et de moraines qui rendent le terrain instable dans cette partie de la vallée. Une autre diffluence rissienne parvient dans la partie supérieure du torrent de Trente Pas, qui ne se reproduit pas lors de la glaciation de WürmMaurice Jorda, Cécile Miramont, « Les Hautes Terres : une lecture géomorphologique du paysage et de ses évolutions », in ..

Relief

Le relief de la commune de Bayons est un relief de moyenne montagne, peu élevé mais très compartimenté, ce qui rend les communications difficiles. Il a en partie été façonné par les glaciers. L’élément structurant est la vallée du Sasse, qui draine plusieurs bassins séparés par des clusesMaurice Jorda, Cécile Miramont, « Les Hautes Terres : une lecture géomorphologique du paysage et de ses évolutions », in ..

Le plus méridional de ces bassins correspond à l’ancienne commune de Reynier, de forme semi-circulaire et dont le diamètre serait tourné vers le nord-est. Ce diamètre est une crête de montagnes culminant entre et et séparant le bassin de Reynier de la vallée d’Esparron-la-Bâtie, avec du nord au sud : le Pategue () ; la crête de Charène ; la crête de la Colle ; la Citadelle, sommet à ; la crête de la Pinée, qui dépasse les ; la crête de Maladrech, qui dépasse les au sud-est.

Puis plusieurs montagnes délimitent un vaste demi-cercle. Du côté nord, c’est-à-dire du côté tourné vers Reynier, elles descendent en pente douce et forment des alpages verdoyants. Du côté sud et ouest, elles forment des barres ou des versants plus abrupts. D’est en ouest et du sud au nord, on a : la crête du Raus () ; la Serrière des Cabanes ; la Crête du Clot des Martres ; la Crête de Dormeilleuse, qui culmine à la Croix Saint-Jean () quand elle se connecte à la montagne de Jouère ; la montagne de Jouère, dont la crête se prolonge vers la montagne de Reynier. Cette montagne ferme le bassin au nord, du côté de la Sasse.

Au milieu de ce bassin, se trouve Le Puy, autre montagne présentant une barre au sud et un versant incliné au nord, et culminant à .

Au nord du bassin de Reynier, la cluse de Bayons donne accès à la vallée supérieure du Sasse et au bassin de Bayons.

Le bassin de Bayons est limité au nord par un petit massif dominé par la Pointe d'Eyrolle () et la Grande Gautière (), et ouvre à l’est et au sud dans plusieurs vallons : au nord, le vallon où se situe Astoin, qui communique avec le bassin de Turriers par une cluse, le col des Sagnes () et les Tourniquets ; les vallées de Trente Pas et du Sasse au nord-est, limitées par (sommet de Terre Grosse, ; Tête de Charbonnier, et barre de Bayons ; Tête Grosse, ; Sommet de la Chanau, ).

Face à Bayons, se trouve le sommet de l’Oratoire ().

Enfin, coincée entre le bassin de Bayons et celui de Reynier, la longue vallée d’Esparron-la-Bâtie est fermée du côté du Sasse par les Rochers de la Lause. Les barres au nord de cette vallée se rattachent au sommet de l’Oratoire, et sont marquées par le Rocher de l’Aigle () et le Rocher du Midi (). Cette vallée s’élargit et est fermée à l’est par le Sommet du Clot Ginoux, aussi appelé les Cimettes (à ), le sommet de la Laupie ou Tourtoureau (à ) et le sommet des Monges ().

Hydrographie

La commune est traversée par le Sasse (parfois appelée la Sasse), formé de plusieurs torrents et qui reçoit plusieurs affluents drainant les vallées adjacentes. En rive droite, le Sasse reçoit : le torrent du ravin de Trente Pas ; le torrent de l’Eau Amère, qui devient la Clastre en franchissant les Tourniquets ; le Mardaric, qui passe au pied de Bayons ; le torrent de Rouinon, dont le confluent avec le Sasse se situe entre le Forest-Lacour et le Bédoin.

En rive gauche, les affluents du Sasse sont : le torrent de Chabert, cours d'eau de coulant dans le bassin de Bayons ; le riou du Pont, qui draine la vallée d’Esparron-la-Bâtie, et qui, en franchissant les Rochers de la Lause, forme une cascade et devient le ruisseau des Tines, rivière de ; le torrent de Reynier cours d'eau de .

Dans la partie supérieure de la vallée d’Esparron-la-Bâtie, se trouve un petit lac, le lac d’Esparron, à , à l’est de la crête de Maladrech.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Turriers à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Environnement

Flore

La commune compte de bois et forêts, soit 44 % de sa superficie.

Faune

Le chamois, endémique dans les Monges, a failli disparaître du secteur dans les années 1970, victime de la chasse intensive dont il était l’objet. L’Office national des forêts (ONF) a créé une réserve de chasse dans la Haute Combe, à laquelle se sont ajoutées les réserves des Monges, des Hautes-Graves-Ruinon, et celle du Montsérieux. Depuis les années 1980, l’espèce est de nouveau chassée mais avec des quotas.

Le mouflon avait lui par contre été exterminé et sa présence est due à sa réintroduction au début des années 1990. Deux noyaux de populations se trouvent dans la commune, dans la réserve de chasse des Hautes-Graves-Ruinon et dans le massif des Monges. Le chevreuil avait lui aussi disparu depuis le début du avec son milieu naturel, la forêt. Il est revenu dans la commune à partir du noyau réintroduit dans la vallée du Vançon dans les années 1970. La présence de la marmotte est aussi principalement due à des réintroductions. La loutre, qui était naturellement présente, a disparu et n’a pas été réintroduite.

Transports

La commune de Bayons est desservie par la RD 1. Cette route remonte la vallée du Sasse à partir de Clamensane (où elle se connecte à la , ancienne route nationale 551) et franchit le col des Sagnes pour rejoindre Turriers.

Une seule vallée secondaire est desservie par une route départementale, il s’agit de la vallée de Reynier remontée par la . Le court tronçon de route reliant Astoin à la est classé départementale sous le numéro de .

Risques naturels et technologiques Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Turriers auquel appartient Bayons est en zone 1b (risque faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Bayons est également exposée à trois autres risques naturels : avalanche feu de forêt, inondation et coulées de boue, mouvement de terrain.

La commune de Bayons n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture.

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.