Barras est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom de ses habitants est Barrasiens..
Géographie
vignette|gauche|alt=Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Barras et les communes voisines (cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
Le village est situé à d’altitude.
Les communes limitrophes de Barras sont Thoard, Champtercier, Aiglun, Mirabeau, L’Escale et Volonne.
Relief
Le point culminant est au sommet du Ruth () ; le pic d’Oise (, situé sur la commune de Champtercier) offre un très beau panorama.
Risques naturels et technologiques Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Digne-les-Bains-Ouest auquel appartient Barras est en zone 1b (risque faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Barras est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation (dans la vallée de la Duyes), mouvement de terrain : la commune est presque entièrement concernée par un aléa moyen à fort.
La commune de Barras n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture, et aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune. Le Dicrim n’existe pas non plus.
La commune a été l’objet de deux arrêtés de catastrophe naturelle, en 1994, pour des inondations et coulées de boue (un arrêté pour celles de l’hiver 1993-1994, et un pour celles de l’automne).
Hydrographie La commune est traversée par le torrent des Duyes.
Transports
La commune est traversée par la route départementale qui dessert la vallée de la Duyes.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Château-Arnoux-Saint-Auban à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Barras est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Digne-les-Bains, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (76,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (75,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (49,2 %), forêts (27 %), terres arables (16,8 %), zones agricoles hétérogènes (4,9 %), prairies (2,1 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1202 (de Barracio)Stéphane Gendron - 2003 - Les noms des lieux en France: essai de toponymie - Page 90., sous la forme Albarasco au Dans le cartulaire de l'abbaye de Saint Victor de Marseille..
Barràs en provençal.
Selon Charles Rostaing, il se constitue sur la racine oronymique (désignant une montagne) *BAR. Selon Ernest Nègre, il est formé sur le gaulois barro, avec le suffixe augmentatif -as, définissant un sommet assez caractéristique, pour être immédiatement identifiable.
Le toponyme La Garde, au-dessus de Tournefort, peut faire référence à un habitat fortifié des et le toponyme des Bourguignons fait référence au nom de peuple.
Histoire
Dans l’Antiquité, les Bodiontiques (Bodiontici) peuplaient la vallée de la Bléone et ses affluents, et étaient donc le peuple gaulois qui vivait dans l’actuelle commune de Barras. Les Bodiontiques, qui sont vaincus par Auguste en même temps que les autres peuples présents sur le Trophée des Alpes (avant 14 av. J.-C.), sont rattachés à la province des Alpes-Maritimes lors de sa création. Un habitat antique se trouvait aux lieux-dits Saint-Pierre et Chapelier, au sud du village. Le prieuré de l’abbaye de Ganagobie a pu s’y trouver : il existait au .
En 1070, un certain Féraud fait don du fief de Beaucouse (aujourd’hui dans la commune de Thoard) à l’abbaye Saint-Victor de Marseille. L’essentiel du territoire de la commune de Barras relève de ce fief, donc Barras a pour seigneur l’abbaye Saint-Victor. À cette époque, il y avait un grand domaine (villa) à Saint-Domnin, où l’abbaye installe un prieuré, qui a dû passer à l’évêque de Gap au . vignette|Hameau de Barras, reliquat de l’habitat dispersé médiéval. La communauté médiévale de Barras se caractérise par l’habitat dispersé. Elle compte 37 feux au dénombrement de 1315. Elle est fortement dépeuplée par la crise du (Peste noire et guerre de Cent Ans) et est complètement annihilée au dénombrement en 1471.
La communauté de Tournefort était plus importante que celle de Barras au Moyen Âge : elle comptait 48 feux en 1315. Mais elle est elle fortement dépeuplée par la crise du , déclarée inhabitée en 1400 et annexée par celle de Barras au . À la même époque, des s s’emparent du château de Tournefort et menacent la région par leurs raids et leurs pillages. Après le siège réussi du château de Briançonnet (dans le même cas), l’armée levée par Sisteron vient mettre le siège devant celui de Tournefort en 1393 et en expulse les brigands.
L’église dépendait de l’abbaye de Chardavon (actuellement dans la commune de Saint-Geniez), abbaye qui percevait les revenus attachés à cette église.
La société patriotique de Barras est créée en 1791. : c’est l'une des premières des Basses-Alpes, cette précocité étant probablement due au fait que son curé, Jean Gaspard Gassend est député aux États généraux. Elle correspond à la fois avec le club des Jacobins et celui des Feuillants.
Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 5 habitants de Barras sont traduits devant la commission mixteHenri Joannet, Jean-Pierre Pinatel, « Arrestations-condamnations », 1851-Pour mémoire, Les Mées : Les Amis des Mées, 2001, 71..
Comme de nombreuses communes du département, Barras se dote d’une école bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, elle une école dispensant déjà une instruction primaire aux garçons.. Par contre, aucune instruction n’est donnée aux filles : ni la loi Falloux (1851) qui impose l’ouverture d’une école de filles aux communes de plus de 800 habitants, ni la première loi Duruy (1867), qui abaisse ce seuil à 500 habitants, ne concernent Barras. La deuxième loi Duruy (1877) lui permet, grâce aux subventions de l’État, de construire une école neuve, mais ce n’est qu’avec les lois Ferry que les filles du village sont scolarisées.
Jusqu’au milieu du , la vigne était cultivée à Barras. Le vin produit, de qualité médiocre, était destiné à l’autoconsommation. Cette culture est aujourd’hui abandonnée.. De la même façon, l’olivier, cultivé sur de petites surfaces au , jusqu’à l’altitude de , exceptionnellement jusqu’à , a aujourd’hui disparu.
Héraldique
Politique et administration
Élections municipales et communautaires Élections de 2026 Depuis la loi du 21 mai 2025, le conseil municipal de Barras, commune de moins de , est élu au scrutin de liste proportionnel à deux tours avec prime majoritaire, comme l'ensemble des autres communes. sièges sont à pourvoir au conseil municipal.
Une seule liste, menée par Rémy Graviere, maire sortant, est déposée lors du premier tour qui a lieu le . Les conseillers municipaux sont ainsi élus dès le premier tour. Le taux de participation est de 63 %. Rémy Graviere est élu maire le lors de la première séance de conseil municipal.
Liste des maires
Intercommunalité Barras a fait partie, de 1992 à 2016, de la communauté de communes des Duyes et Bléone. Celle-ci a fusionné avec d'autres communautés de communes pour constituer la communauté d'agglomération Provence-Alpes Agglomération, existant depuis le .
Enseignement
La commune est dotée d’une école primaire.
Démographie
L’histoire démographique de Barras, après la saignée des et le long mouvement de croissance jusqu’au début du , est marquée par une période d’« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé. Cette période dure de 1806 à 1861. L’exode rural provoque ensuite un mouvement de recul démographique de longue durée. En 1926, la commune a perdu plus de la moitié de sa population par rapport au maximum historique de 1836.. Le mouvement de baisse ne s'interrompt que dans les années 1980. Depuis, la population de Barras a repassé le seuil de 150 habitants, équivalant à la moitié de celle de 1836.
Économie
Aperçu général
En 2009, la population active s'élevait à 66 personnes, dont 3 chômeurs. (11 fin 2011). Ces travailleurs sont majoritairement salariés (76 %) et travaillent majoritairement hors de la commune (77 %). L'essentiel des actifs de la commune sont employés dans l’agriculture, avec 13 établissements et 5 emplois salariés. L'industrie et la construction fournit 20 % des emplois salariés de la commune.
Agriculture