Barles est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom de ses habitants est Barlatans..
Géographie Le village est situé à d’altitude, dans la vallée du Bès.
vignette|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|gauche|Barles et les communes voisines (cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
Les communes limitrophes de Barles sont Selonnet, Auzet, Verdaches, La Javie, La Robine-sur-Galabre, Authon et Bayons.
Relief Le territoire de Barles est très compartimenté, divisé en vallées séparées par des montagnes hautes et des barres abruptes. La vallée du Bès réunit ces vallées, mais coupée par des cluses, elle n’est un trait d’union que depuis quelques décennies, l’essentiel des déplacements se faisant auparavant à pied et à mule, par des chemins muletiers empruntant les hauteurs.
Entre Barles et Verdaches, se trouvent le sommet du Marzenc, à , et plus au nord, les Tomples (). Cette crête est franchissable au col des Tomples (à ).
Dans la partie ouest de la commune, se trouvent la crête de Val-Haut, entre Barles et Bayons, marquée par les sommets de la Chanau () et de l’Oratoire (), tous deux situés en dehors de la commune ; plus au sud, se trouvent le sommet de Clot Ginoux ou les Cimettes () et le Sommet de la Laupie ou Tourtoureau (). Un peu plus au sud, se trouve le col de la Clapouse (), au fond de la vallée du torrent de Descoure, et qui donne accès à la vallée d’Esparron-la-Bâtie (commune de Bayons). Au sud des Monges (, commune d’Authon) se trouve le sommet de Chine, ou Rabanu, à . Il donne lieu à de nombreux toponymes : bergerie de Chine, vieille cabane de Chine, Collet de Chine, barre de Chine qui sépare
Plus au sud, sur la limite entre Barles et La Robine-sur-Galabre, les principaux sommets sont le Sommet de Nibles, ou Petite Cloche, à , et la Grande Cloche, ou Cloche de Barles, moins haute, à , au début d’une longue barre orientée est-ouest franchie seulement par le Pas de Pierre () et se finit à la clue de Barles. Cette barre reprend de l’autre côté du Bès, sous le nom du Serre de la Croix, franchi près du Bès par le Pas du Château. La vallée de Saint-Clément est fermée au sud par cette barre, et au nord par les Barres de Proussier. Le Dou () est un promontoire avancé du Blayeul (), aussi appelé les Quatre Termes, car situé entre les communes de Barles, Verdaches, Esclangon (rattachée à La Javie) et Beaujeu.
Hydrographie La commune est traversée par le Bès.
Les principaux affluents rive droite sont : le ravin de Charrui, qui passe au pied du hameau du même nom ; le torrent de Val-Haut, formé du torrent des Cabanes et de l’Embournié, et qui reçoit les eaux de très nombreux ravins intermittents, dont ceux de Paravoux et du Villard ; la Descoure, formée du ravin des Gardettes et du Collet de Chine : elle tire son nom, qui signifie « qui sort de son lit », de son régime torrentiel.. Elle recueille elle aussi les eaux de nombreux ravins intermittents ; puis le Gros Vallon et le ravin des Graves, dont le nom témoigne de sa capacité à arracher des graviers à la montagne et à les transporter dans la vallée.
Rive gauche, le Bès reçoit : les ravins de la Cadenière, de la Boulette, intermittents ; au nord et au sud de Saint-Clément, les ravins des Fraches et des Eyssarts, ce dernier étant réputé pour son franchissement difficile.
Le ravin de Blayeul coule depuis ce sommet, mais se jette dans le Bès en amont de Barles.
Le Bès entre dans Barles par les clues de Verdaches et en sort par les clues de Barles.
Environnement La commune compte de bois et forêts.
Hameaux et lieux-dits Rive droite du Bès : le Seignas Vaux le Forest (nom signifiant hameau) le Château Chine Saint-Pierre le Bourguet le Villard Val-Haut le Moulin le Prieuré l'Adroit la Sorbière Charrui les Vignes le Jasset Préoura la Lâme Basse-Bloude Haute-Bloude le Mas Paravoux la GorgeRive gauche du Bès : la Barricade le Laus les Pinées la Bâtie le Fanget Sigons ou Sigonce Proussier Saint-Clément le Lauset les Eyssarts
Transports La commune est desservie par la départementale , ancienne route nationale 100A.
La route de Chine permet d’atteindre la bergerie de Chine à partir du Forest.
Risques naturels et technologiques Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Seyne auquel appartient Barles est en zone 1b (risque faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Barles est également exposée à quatre autres risques naturels : avalanche, feu de forêt, inondation, mouvement de terrain.
La commune de Barles n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture.
Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.
Parmi les principales inondations, celle causée par l’orage du 18 août 1739 provoque une crue du Bès, qui emporte les digues et une partie des terres cultivables, et inonde les maisons basses. En 1917, de fortes pluies provoquent un glissement de terrain qui barre le lit du Bès. Le barrage naturel ne peut être dégagé par les travaux, et c’est une crue qui dégage le passage à l’automne.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Montclar à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Barles est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Digne-les-Bains, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (93,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (93,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (46,5 %), forêts (26,9 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (20,1 %), prairies (6,5 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1193 (de Barlis).
Le nom de la localité provient, selon Charles Rostaing, de la racine oronymique (désignant une montagne) *BAR. Selon Ernest Nègre, qui adopte une explication proche, le nom est formé du gaulois barro, qui désigne un sommet, et du diminutif -ulus, ce qui lui donne comme sens la petite montagne. Selon Rostaing, le toponyme serait antérieur aux GauloisCharles Rostaing, « Toponymie d’origine pré-gauloise » in , carte 11 et commentaire..
Ce nom pourrait aussi être lié au provençal barlac signifiant « bourbier, point de franchissement usuel d'un cours d'eau, plus profond qu'un gué », d'où le verbe barlacar, « tremper, se mouiller, s'embourber ». Ce toponyme pourrait alors désigner un passage où se mouiller est obligatoireRobert LUFT - Vocabulaires et toponymie des pays de montagne - page 23..
Histoire Antiquité Dans l’Antiquité, les Bodiontiques (Bodiontici) peuplaient la vallée de la Bléone, et étaient donc le peuple gaulois qui vivait dans l’actuelle commune de Barles. Les Bodiontiques, qui sont vaincus par Auguste en même temps que les autres peuples présents sur le Trophée des Alpes (avant 14 av. J.-C.), sont rattachés à la province des Alpes-Maritimes lors de sa création.
Moyen Âge Son château fort existe en 1206.. En 1300, une petite communauté juive était établie à Barles. Un hôpital accueillant les malades et les voyageurs était implanté à Barles en 1351.
Au Moyen Âge, certains impôts étaient payés collectivement par la communauté. La répartition par tête était de sa responsabilité et l’autorité n’intervenait pas dans cette répartition. Pour certains impôts, la communauté de Barles était imposée avec celle de Feissal. Aux , Barles dépend de la viguerie de Digne.