Clamensane est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Clamensanais..

Géographie vignette|gauche|alt=Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Clamensane et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Les communes limitrophes de Clamensane sont Le Caire, Faucon-du-Caire, Bayons, Valavoire, Châteaufort et La Motte-du-Caire.

Géologie

vignette|Massif des Alpes et localisation des Préalpes de Digne. Le territoire se situe dans les Préalpes de Digne, sur des formations calcaires provençales du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur (roches sédimentaires issues d'un ancien océan alpin)Maurice Gidon, Les chaînons de Digne., au niveau du lobe de ValavoireMaurice Gidon, La Nappe de Digne et les structures connexes., à l'ouest de la nappe de DigneCarte géologique de la France au 1/. : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écaille) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe.

Lors de la glaciation de Riss, une diffluence du glacier de la Durance envahit la vallée du Sasse, approximativement jusqu’à l’emplacement du village actuel. Lors de la glaciation de Würm, son extension est bien moins importante, et aucune partie de la commune n’est recouverte par un glacierMaurice Jorda, Cécile Miramont, « Les Hautes Terres : une lecture géomorphologique du paysage et de ses évolutions », in Nicole Michel d’Annoville, Marc de Leeuw (directeurs) (photogr. Gérald Lucas, dessin. Michel Crespin), Les Hautes Terres de Provence : itinérances médiévales, Le Caire : Association Les hautes terres de Provence ; Saint-Michel-l'Observatoire : C'est-à-dire, 2008, 223 , 33..

Relief Le village est situé à d’altitude, le sommet de Bramefan à .

Hydrographie

vignette|gauche|Le Sasse à Clamensane. Le village est situé à proximité du confluent du Sasse et du Vermeil. La Clastre et les Sagnières forment des gorges.

Environnement

La commune compte de bois et forêts, soit 44 % de sa superficie.

Transports vignette|gauche|Pont sur le Vermeil.

Risques naturels et technologiques vignette|gauche|Pour limiter les dégâts des crues des torrents, leur lit est aménagé de seuils qui brisent leur force. Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. L'ancien canton de La Motte-du-Caire auquel appartenait Clamensane est en zone 1a (risque très faible mais non négligeable) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. Les tremblements de terre ressentis de la manière la plus sensible dans la commune sont ceux du , avec une intensité macro-sismique de seulement sur l’échelle MSK (l’épicentre étant situé à Prads-Haute-Bléone), et celui du , avec une intensité de II (épicentre au large de Nice). La commune de Clamensane est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation (dans la vallée de la Sasse et de ses affluents), mouvement de terrain.

La commune de Clamensane n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture. Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Turriers à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Toponymie La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1200 selon Charles Rostaing (qui cite la forme de Clamanzana), en 1203 selon Ernest Nègre (Clemenciana). Les toponymistes sont unanimes : il s’agit d’une personne qui a donné son nom à un lieu, un Clementius selon Rostaing et le couple Fénié, un Clementianus selon Nègre.

Urbanisme Typologie Au , Clamensane est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (89 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (88,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (46,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (34,6 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (8 %), zones agricoles hétérogènes (7,9 %), prairies (2,1 %), terres arables (1 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Histoire Dans l’Antiquité, le territoire de Clamensane fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance, et recouvre une partie du massif des Monges. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, et après la conquête romaine, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron).

vignette|Oratoire commémorant la présence des hospitaliers à Clamensane, construit selon un modèle courant dans la vallée de la Sasse. En arrière-plan, la montagne Saint-Amand. Selon Olivier Merlin, les Templiers vinrent s'installer à la Clastre.. Jean-Jacques Durbec et Raymond Collier ne signalent pourtant aucune implantation templière sur la commune. Il peut s’agir d’une confusion fréquente avec les Hospitaliers. Ceux-ci s’installent à Claret en 1149, et fondent ensuite un membre à Clamensane, après 1149 et avant 1237.. La localité est cependant signalée dans les chartes antérieurement, en 1183, avec la mention du prieuré dépendant de l’abbaye de l'Ile-Barbe et de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La communauté relevait de la viguerie de Sisteron.

Au , le village abandonne progressivement son site perché, où il voisinait avec le château.

Révolution française Au début de la Révolution française, la nouvelle de la prise de la Bastille est accueillie favorablement, mais provoque un phénomène de peur collective d’une réaction aristocratique. Localement, la Grande Peur, venant de Tallard et appartenant au courant de la « peur du Mâconnais », atteint la région de La Motte le soir du . Les consuls de la communauté villageoise sont prévenus qu’une troupe de 5 à se dirige vers la Haute-Provence après avoir pillé le Dauphiné. Les communautés de La Motte, Clamensane, Saint-Geniez, Authon, Curbans, Bayons et Claret constituent ensemble une troupe de armés. Elles mettent le marquis d’Hugues de Beaujeu à sa tête, qui décide de se porter au-devant du danger en allant surveiller les bacs sur la Durance.

Dès le , l’affolement retombe, les faits-divers à l’origine des rumeurs étant éclaircis. Mais un changement important a eu lieu : les communautés se sont armées, organisées pour se défendre et défendre leurs voisins. Un sentiment de solidarité est né à l’intérieur des communautés et entre communautés voisines, et les consuls décident de maintenir les gardes nationales. Aussitôt la peur retombée, les autorités recommandent toutefois de désarmer les ouvriers et les paysans sans terre, pour ne conserver que les propriétaires dans les gardes nationales.

Les habitants de la commune créent leur société patriotique après la fin de 1792.

Époque contemporaine

Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : Clamensane, avec deux habitants traduits devant la commission mixte, est relativement peu touchéeHenri Joannet, Jean-Pierre Pinatel, « Arrestations-condamnations », 1851-Pour mémoire, Les Mées : Les Amis des Mées, 2001, 72..

Comme de nombreuses communes du département, Clamensane se dote d’écoles bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, elle compte déjà une école dispensant une instruction primaire aux garçons. et une école de filles, bien que la loi Falloux (1851) n’impose l’ouverture d’une école de filles qu’aux communes de plus de . La deuxième loi Duruy (1877) permet à la commune, grâce aux subventions de l’État, de construire une école neuve au village.

Jusqu’au milieu du , la vigne était cultivée dans la commune, uniquement pour l’autoconsommation. Cette culture, qui s'était maintenue dans l'entre-deux-guerres mondiales malgré la crise phylloxériquePaul Minvielle, « La viticulture dans les Alpes du Sud entre nature et culture », Méditerranée, 107 | 2006, mis en ligne le décembre 2008, consulté le 12 juillet 2013., a depuis été abandonnée. .

Politique et administration Élections municipales et communautaires Élections de 2008 De par sa taille, la commune dispose d'un conseil municipal de onze membres (article L2121-2 du Code général des collectivités territoriales.). Lors du scrutin de 2008, il y eut deux tours (huit élus au premier tour et trois au second) et Elsa Raymond a été élue conseillère municipale au premier tour avec le huitième total de , soit 49,68 % des suffrages exprimés. La participation a été de 91,81 %. Elle a ensuite été élue maire par le conseil municipal.. Élections de 2010