Claret est une commune française située dans le département des Alpes-de-Hautes-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie Le village est perché sur une colline à d’altitude..

vignette|gauche|alt=Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Claret et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Les communes limitrophes de Claret sont Curbans, Melve, Sigoyer, Thèze, Ventavon, Monêtier-Allemont et Vitrolles (ces deux dernières communes étant situées dans les Hautes-Alpes).

La commune est bordée par la Durance.

Géologie

vignette|Massif des Alpes et localisation des Préalpes de Digne. Le territoire se situe en limite est des Baronnies orientales, sur des formations calcaires provençales du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur (roches sédimentaires issues d'un ancien océan alpin), entre trois formations géologiques majeures des AlpesMaurice Gidon, Les chaînons de Digne. : la nappe de Digne à l'estCarte géologique de la France au 1:1 000 000, au niveau du lobe de ValavoireMaurice Gidon, La Nappe de Digne et les structures connexes. : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écailles) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe ; la faille de la Durance au sud-ouest, dans la vallée.

Lors des deux dernières grandes glaciations, la glaciation de Riss et la glaciation de Würm, la commune est entièrement recouverte par le glacier de la Durance..

Relief vignette|gauche|Tête de Boursier ().|212x212px

La commune de Claret est située sur la rive gauche de la Durance, dont le cours est ici orienté Nord-Sud. Le long du puissant torrent, une plaine étroite, de moins de de large, a été conquise sur les anciennes iscles. En s’éloignant de la Durance, on rencontre d’abord une terrasse (entre d’altitude), puis quelques collines parfois escarpées. Ces collines culminent entre 600 et . Au sud, quelques-unes sont suffisamment individualisées pour porter un nom : le Collet du Vicaire () ; le Signavour () ; le Collet Barnier, limitrophe de Melve ()...

Le ravin de la Peyrerie est profond d’une quarantaine de mètres.

Enfin, en s’éloignant encore de la Durance, on trouve quelques sommets plus élevés : le Peyrouard () ; Montagne de Chaillans ( au Collet de Boret) ; la Tête de Boursier () ; Crêt de la Pare.

Hydrographie

La Durance qui coule en bordure ouest de la commune est la principale rivière de Claret. Quelques torrents drainent la commune et se jettent dans la Durance, dont le ravin de Saint-Antoine limitrophe de Curbans, le torrent du Grand Vallon, le ravin de Bouchet, le ravin de la Feuillade.

Le riou de la Sausses sort du ravin de la Peyrerie : il forme la limite entre Claret et Thèze.

Transports

La commune est desservie par deux routes départementales : la suit la Durance du nord au sud, sur la terrasse, et mène vers Sisteron au sud ; la croise la précédente au pied du village de Claret. À l’ouest, elle traverse la Durance et mène vers Monêtier-Allemont et la (ancienne route nationale 85). À l’est, elle relie Curbans à Melve.

Risques naturels et technologiques

Aucune des du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de La Motte-du-Caire auquel appartient Claret est classé en Zone 1a (risque très faible mais non négligeable) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Claret est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt ; inondation (dans la vallée de la Durance) ; mouvement de terrain.

La commune de Claret est également exposée à un risque d’origine technologique, celui de rupture de barrage. En cas de rupture du barrage de Serre-Ponçon, toute la vallée de la Durance serait menacée par l’onde de submersion.

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune ; le Dicrim est notifié depuis 2011, tout comme le PCS (Plan communal de sauvegarde) est réalisé.

La base Sisfrance ne recense aucun tremblement de terre ressenti de manière sensible dans la commune.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Laragne-Montéglin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Claret est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Gap, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (61,9 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (59,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (30,4 %), zones agricoles hétérogènes (25,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (16 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (15,5 %), cultures permanentes (12,3 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).|198x198px

Histoire Préhistoire et Antiquité Trois sites de Claret ont livré des silex.

Les Romains installent la station d’Alabons sur l’emplacement de Claret-Le Mônetier-Allemont, le long de la voie Domitienne. et un lieu de franchissement de la DuranceGéraldine Bérard, Carte archéologique des Alpes-de-Haute-Provence, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 1997, 62, note 4.. Un atelier de fabrication de céramiques se trouvait près du hameau des Roches. Enfin, une inscription funéraire antique a été retrouvée remployée dans une restanque en 1927. Le territoire relevait de la fédération des Voconces, appartenant au peuple gaulois des Sogiontiques (Sogiontii) ou des Avantici. Il est conquis par Auguste en et rattaché à la province de Narbonnaise.

Moyen Âge Les Agoult sont coseigneurs jusqu’au début du ; leur succèdent les Brémond jusqu’en 1509, puis aux Castellane jusqu’à ce que Marguerite Borrely épouse le roturier Joseph Chaix, dernier seigneur du lieu .

Le castrum faisait partie du douaire donné à Béatrice de Savoie . Le domaine de Roais, cité en 1244, est peut-être le nom ancien du hameau des Roches, qui aurait constitué un village fortifié autonome.

Lorsque la mort de la reine Jeanne I ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutiennent Charles de Duras contre Louis d'Anjou. Le seigneur de Claret, Ameil d’Agoult, soutient le duc d’Anjou dès le , ce soutien étant conditionné à la participation du duc à l’expédition de secours à la reine.. Les Hospitaliers

La communauté est citée dès le (Claretum). Les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem implantent une commanderie à Claret en 1149. Ils possèdent un autre domaine à Saint-Jean-des-Auches, toujours à Claret. Ils possédaient la paroisse et une partie de seigneurie laïque, et percevaient les revenus afférents à ces deux seigneuries .

De la commanderie de Claret dépendaient les possessions de l’ordre à Clamensane, Dromon, Authon, Vaumeilh et Nibles.

Peuplée de douze hommes, la commanderie fournissait, avec et ses dépendances, et lorsque les comtes de Provence faisait appel à la chevauchée (demande d'aide aux vassaux, sans possibilité de refus mais limitée dans le temps) .

La crise du (peste noire et guerres provoquant crises économique et démographique) touche fortement la communauté de Claret, avec notamment l’épisode du siège et de la mise à sac du castrum par Tristan de Beaufort . La communauté perd la majeure partie de sa population entre 1340 et 1411. Faute d'entretien, la maison des Hospitaliers, qui ne compte plus que six frères en 1373 , tombe en ruines en 1411Édouard Baratier, La démographie provençale du au , avec chiffres de comparaison pour le , Paris : SEVPEN/EHESS, 1961. Collection « Démographie et société », 5. 83..

Après la guerre de Cent Ans, c’est le temps de la reconstruction : les Hospitaliers préfèrent tout reconstruire à neuf, plutôt que réparer des bâtiments jugés irrécupérables .

Époque moderne Une autorisation d’exploiter une mine de plomb est concédée en 1525Joseph Billioud, « Les mines de plomb des Basses-Alpes du au », Provence historique, tome 8, 31, 1958, 42-43., mais on ne sait si cette autorisation fut mise à profit ou déboucha sur une extraction réelle.

Battu par les protestants à la bataille de Curbans (1588), le capitaine Saint-Julien, gouverneur de Gap, se réfugie à Claret. Le capitaine Raimond d’Éoulx, qui commande la compagnie stationnée à Claret, lui ouvre les portes. Lesdiguières qui poursuit Saint-Julien après sa victoire, échoue à s’emparer du village .