Le cimetière arménien de Djoulfa ou Djougha (en arménien : , en azéri : ) était un cimetière arménien situé à l'ouest de la ville de Djoulfa en République du Nakhitchevan en Azerbaïdjan, sur la frontière avec l'Iran. Ce cimetière abritait la plus grande collection de khatchkars (stèles funéraires gravées) de l'Arménie historique (environ au début du , encore peu avant sa destruction). Beaucoup de ces khatchkars, en tuf volcanique rouge, hauts et étroits, dataient de la fin du et étaient le produit d'une école artistique spécifique.

Le cimetière fut entièrement détruit par l'Azerbaïdjan de 1998 à 2005, et depuis, les autorités de ce pays nie officiellement non seulement sa destructionLe président azerbaïdjanais Ilham Aliev qualifie l'accusation de mensonge et de provocation : . mais même qu'il ait jamais existéSelon Hasan Zeynalov, alors représentant permanent du Nakhitchevan à Bakou, « les Arméniens n'ont jamais vécu au Nakhitchevan, une terre azerbaïdjanaise depuis les temps immémoriaux, et c'est pourquoi il n'y a ni cimetières ni monuments arméniens, et il n'y en a jamais eu » - cf.: Sarah Pickman, « Tragedy on the Araxes » [archive], sur Archaelogy du 30 juin 2006 (http://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=http%3A%2F%2Fwww.archaeology.org%2Fonline%2Ffeatures%2Fdjulfa%2Findex.html consulté le 18 juin 2012).. Malgré les nombreuses réactions internationales, les autorités azerbaïdjanaises ont toujours refusé l'accès au site pour les inspecteurs de l'UNESCO.

Situation L'ancien cimetière se situait non loin à l'ouest de Djoulfa., chef-lieu du raion de Djoulfa en Azerbaïdjan, dans la république autonome du Nakhitchevan (ancienne région historique arménienne du Vaspourakan selon le géographe arménien du Anania de Shirak Robert H. Hewsen, Armenia: A historical Atlas, The University of Chicago Press, Chicago et Londres, 2001 , 103.), sur la frontière avec l'Iran Jurgis Baltrušaitis et Dickran Kouymjian, « Julfa on the Arax and its funerary monuments », dans Dickran Kouymjian (dir.) Armenian Studies — Études arméniennes in memoriam Haïg Berbérian, Calouste Gilbenkian Foundation, Lisbonne, 1986, 9-10 .. Le cimetière couvrait une superficie de et s'étendait jusqu'à l'Araxe, sur trois collines. Un camp militaire en occupe aujourd'hui l'emplacementIl y a 5 ans : la destruction du cimetière arménien de Djoulfa.

Cimetière de khatchkars Ce cimetière était le plus grand cimetière de khatchkars (stèles funéraires) de l'Arménie historique.: il en comptait environ au début du et encore la veille de sa destruction. Beaucoup de ces khatchkars, en tuf rouge, hauts et étroits, dataient de la fin du et étaient le produit d'une école spécifique.. Le plus ancien remontait cependant à 1160, et d'autres de la fin du . Les plus récents ont été réalisés au , date à laquelle les derniers Arméniens de Djoulfa furent déportés à La Nouvelle-Djolfa d'Ispahan par les Séfévides.

Destruction La destruction du cimetière commence durant la période soviétique lorsque l'État, officiellement athée, considérait la religion comme l'« opium du peuple » : le nombre de khatchkars diminue ainsi de deux-tiers, seuls les plus représentatifs de cet art funéraire étant conservés et regroupés (certains rejoignent le musée d'Etchmiadzin). La destruction de ce qui restait par les autorités azerbaïdjanaises débute en 1998 par 800 khatchkars, mais elle est arrêtée à la suite de protestations de l'UNESCO.. C'est en 2002 et 2005 qu'intervient la phase finale : le cimetière est entièrement rasé en « une opération de destruction planifiée par le gouvernement d'Azerbaïdjan », filmée et photographiée depuis la frontière iranienneGabriella Uluhogian, Boghos Levon Zekiyan, Vartan Karapetian (dir.), Arménie : Impressions d'une civilisation, Skira, Milan, 2011 , 75.. Cette destruction s'inscrit dans une politique nationaliste d'effacement des traces de la présence historique arménienne au Nakhitchevan...

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Khatchkar Cimetière de Noradouz

Bibliographie . Jurgis Baltrušaitis et Dickran Kouymjian, « Julfa on the Arax and its funerary monuments », dans Dickran Kouymjian (dir.) Armenian Studies — Études arméniennes in memoriam Haïg Berbérian, Calouste Gilbenkian Foundation, Lisbonne, 1986, 9-53 .

Liens externes .

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