Majastres (Majastre en provençal selon la norme classique et la norme mistralienne) est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Avec cinq habitants permanents en 2021, elle est la commune la moins peuplée du département (Alpes-de-Haute-Provence) et de la région (Provence-Alpes-Côte d'Azur), et l'une des moins peuplées de France.

Le nom de ses habitants est MalejactoisHabitants.fr - Le nom des habitants des A.H.P.

Géographie thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Majastres et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Situation et accès Le village est situé à d’altitudeMichel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 p. (non paginé) <ref>Le repère du Nivellement général indique 1143 ± 1 m</ref>, au cœur du massif du Montdenier. La commune est membre du parc naturel régional du Verdon.

Le point culminant est le sommet du Serre de Montdenier, à d’altitude.

On atteint Majastres à partir de Mézel, par le col de la Croix (869 mètres) et par la route départementale 17 ; la route est étroite mais correctement goudronnée. Au départ de Saint-Jurs, une route, réduite à l’état de piste terreuse sur une partie de son parcours, passe par le col de Saint-Jurs () puis la vallée de l’Estoublaïsse, successivement dans une forêt méditerranéenne (pins et chênes) et dans des gorges étroites. Enfin, une autre piste étroite et très caillouteuse relie Majastres à Blieux.

Communes limitrophes

Majastres est limitrophe de six communes, toutes situées dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et réparties géographiquement de la manière suivante :

Géologie et relief C'est une des communes couvertes par la Réserve naturelle géologique de Haute-ProvenceRéserve géologique de Haute-Provence

Hydrographie L'eau dans la communeL'eau dans la commune : Liste des masses d'eau superficielles directement impactées (traversant la commune) : ravin du riou d'ourgeas; ravin du pas d'escale; L'Estoublaise Mesure des eaux souterraines, Lieu-dit : Ruisseau De Ville : Code national du point d’eau : 09702X0001/HY, Code européen du point d’eau : FR09702X0001/HYStation de mesure des eaux souterraines.

Flore et faune Une liste des espèces recensées a permis d'inventorier 754 taxons terminaux (espèces et infra-espèces) sur la communeInventaire national du patrimoine naturel de la commune.

Transports La seule route desservant la commune de Majastres est la départementale 17 des Alpes-de-Haute-Provence, une route difficile qui la relie à la vallée de l'Asse (Mézel) au nord, et à celle du Verdon (Rougon) au sud.

L'ancienne halte du « Train des Pignes », située à plusieurs heures de marche du village entre Norante et Barrême, a été fermée en 2013.

Risques majeurs Le canton de Mézel auquel appartient Majastres est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011Ministère de l’Écologie, du développement durable, des transports et du logement, Notice communale sur la base de données Gaspar, mise à jour le 27 mai 2011, consultée le 31 juillet 2012. La commune de Majastres est également exposée à deux autres risques naturels : les feux de forêt et les mouvements de terrain.

La commune de Majastres n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture. De plus, elle ne dispose d'aucun plan de prévention des risques naturels (PPR) ni d'aucun dossier d'information communal sur les risques majeurs (DICRIM).

Le seul tremblement de terre fortement ressenti dans la commune est celui de Chasteuil, le , avec une intensité macro-sismique ressentie de IV et demi sur l’échelle MSKBRGM, « Épicentres de séismes lointains (supérieurs à 40 km) ressentis à Majastres », Sisfrance, mis à jour le janvier 2010, consulté le 31 juillet 2012 BRGM, « fiche 40099 », Sisfrance, consultée le 31 juillet 2012.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Jurs à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Majastres est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (100 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (100 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (49,7 %), forêts (40,1 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (10,2 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1040, de terra Magastris. Selon Charles Rostaing, il s’agirait d’un nom formé sur une racine pré-indo-européenne, *Mag-. Selon Ernest Nègre, il peut s’agir d’un nom propitiatoire, visant à attirer un destin favorable, formé de l’occitan mager (plus grand) et astre (destin) : le village au destin meilleurCharles Rostaing, Essai sur la toponymie de la Provence (depuis les origines jusqu’aux invasions barbares), Laffite Reprints, Marseille, 1973 ( 1950), p 199-200 § 21048, p 1122 .

Charles Rostaing considère que Levens, de la même façon que Majastres, est un toponyme antérieur aux GauloisCharles Rostaing, « Toponymie d’origine pré-gauloise » in , carte 11 et commentaire.

Histoire La communauté de Majastres, signalée en 1040 pour la première fois, relevait de la baillie de Digne. Le chapitre de Riez percevait les revenus liés aux églises des deux communautés de Levens et Majastres. Il existait également deux prieurés, Saint-Sauveur et Saint-Pierre. En 1309, Guillaume de Roumoules est signalé comme seigneur de Roumoules, de Beaujeu, de Bédéjun, de Bras-d'Asse, d'Entrages, de Majastres, de Vergons et d'EstoublonMarie-Zéphirin Isnard, État documentaire et féodal de la Haute-Provence : nomenclature de toutes les seigneuries de cette région et de leurs possesseurs depuis le jusqu'à l'abolition de la féodalité ; état sommaire des documents d'archive communales antérieures à 1790 ; bibliographie et armoiries, Digne, Vial, 1913, 446.

Durant les guerres de religion, le bourg est attaqué et saccagé par les protestants en 1574.. Les carcistes (catholiques radicaux), menés par le comte de Sault et Hubert de Garde de Vins, prennent et saccagent le village le .

Durant la Révolution, cette commune comptait une société patriotique, créée après la fin de 1792.. Les communes du Poil et de Majastres en possédaient également chacun une, mais les deux communes ayant de bonnes relations, elles fusionnent en mai 1793.

Comme de nombreuses communes du département, Levens et Majastres se dotent d’écoles bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, chaque commune en possède une, installée au chef-lieu, qui dispensent une instruction primaire aux garçons.. Aucune instruction n’est donnée aux filles : ni la loi Falloux (1851), qui impose l’ouverture d’une école de filles aux communes de plus de 800 habitants, ni la première loi Duruy (1867), qui abaisse ce seuil à 500 habitants, ne concernent les deux communes, et ce n’est qu’avec les lois Ferry que les filles de Levens et de Majastres sont régulièrement scolarisées.

La commune de Levens est rattachée à Majastres en 1951. Son nom apparaît dans les chartes vers 1200, sous la forme Levenz. Elle comptait 27 feux en 1301, était comme Majastres inhabitée en 1471 et avait 169 habitants en 1765.

Économie Aperçu général En 2009, la population active comptait une seule personne, ayant un emploi.. Du fait de l’extrême faiblesse de l’économie locale, le secteur primaire représente la totalité des emplois de Majastres.

Agriculture Fin 2010, le secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche) comptait quatre établissements actifs au sens de l’Insee (exploitants non professionnels inclus) et un emploi salarié.

Les exploitations professionnelles sont inexistantes en 2010, selon l’enquête Agreste du ministère de l’AgricultureMinistère de l'Agriculture, « Orientation technico-économique de l’exploitation », Recensements agricoles 2010 et 2000. (lien : attention, le fichier fait 4,4 Mio). Elles étaient trois en 1988Insee, « Exploitations agricoles en 1988 et 2000 », Insee, 2012 (fichier de 24,6 Mio) avec une surface agricole utile (SAU) de .

Activités de service Fin 2010, le secteur tertiaire (commerces, services) comptait un seul établissement, la mairie.

D'après l’Observatoire départemental du tourisme, la fonction touristique est très importante pour la commune, avec plus de cinq touristes accueillis par habitant, statistique faussée par la faiblesse de la population.. La seule capacité d'hébergement de la commune consiste en ses résidences secondaires : au nombre de 12, elles représentent 86 % des logementsInsee, « Hébergements touristiques des communes, 2008, 2009 et 2012 », Insee, 2012 (fichier de 20,8 Mio).

Politique et administration Habitants, électeurs et élus