Melve est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, entre Gap et Sisteron, à proximité de la vallée de la Durance. Le village et les petits hameaux totalisent un peu plus de en . Le territoire est tourné vers l'agriculture et la randonnée ; quelques boisements occupent les limites nord-est et sud-ouest. Des montagnes occupent la partie nord-est, jusqu'à . La géographie des Préalpes de Digne se traduit dans le relief marqué, ainsi que dans le réseau de ruisseaux ou torrents, intermittents ou non.

Ses habitants sont appelés les Melvéins..

Géographie thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Melve et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Site et situation Petite commune d'une centaine d'habitants, Melve se trouve entre Gap et Sisteron. La Motte-du-Caire, chef-lieu d'environ 500 habitants, est à . Le village de Melve est situé à environ 840 mètres d'altitude, au pied de montagnes qui le dominent au nord-est. Le relief s'étage entre 698 et au Grand Colombier, point culminant de la commune..

Une petite bande de terrain d'environ un kilomètre de long et de large, située entre la rivière Mousson et la route de Thèze à Melve, appartient à Melve. Topographiquement parlant, c'est un terrain homogène, allant du sommet du coteau (emprunté par la route) au thalweg suivi par le torrent.

Géologie

thumb|Massif des Alpes et localisation des Préalpes de Digne. Le territoire se situe dans les Préalpes de Digne, entre trois formations géologiques majeures des AlpesLes chaînons de Digne, Carte très schématique, montrant les rapports entre les chaînons des Baronnies orientales (moitié nord) et ceux de Digne (moitié sud), avec l'avant-pays de la nappe de Digne (partie occidentale), par Maurice Gidon, professeur de géologie à l'Université de Grenoble. : la nappe de Digne à l'estCarte géologique de la France au 1/, au niveau du lobe de ValavoireLa Nappe de Digne et les structures connexes, par Maurice Gidon, professeur de géologie à l'Université de Grenoble. : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écaille) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe ; les Baronnies à l'ouest ; le Bochaine au nord-ouest.

Lors des deux dernières grandes glaciation, la glaciation de Riss et la glaciation de Würm, la commune est entièrement recouverte par le glacier de la Durance<ref name="jorda33">Maurice Jorda, Cécile Miramont, « Les Hautes Terres : une lecture géomorphologique du paysage et de ses évolutions », in Nicole Michel d’Annoville, Marc de Leeuw (directeurs) (photogr. Gérald Lucas, dessin. Michel Crespin), Les Hautes Terres de Provence : itinérances médiévales, Le Caire : Association Les hautes terres de Provence ; Saint-Michel-l'Observatoire : C'est-à-dire, 2008, 223 p. . .</ref>.

Relief Au nord de la commune, un vallon étroit est séparé du reste de la commune par la Montagne, orientée est-ouest, et ponctuée par les trois sommets du Colombier (), des Croix () et de la Tête de Boursier, à l'ouest, dans la commune de Claret. Le Rocher du Colombier () est une avancée rocheuse visible sous le sommet dont il prend le nom.

Sous cette crête, quelques collines descendent vers le sud, à une altitude de environ : le village s'est établi à leur pied. Le reste de la commune est formé d'une courte plaine avant les collines peu élevées au sud-est, Combe Chaston ( ) et la crête de la Pare () au sud-ouest.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Tallard à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Hydrographie Le Mouson coule sous le village vers le sud-ouest et la vallée de la Durance. C'est la principale rivière de la commune. Plusieurs torrents intermittents coulent le long des pentes dans des ravins. Le ravin du Grand Vallon coule en limite nord, au-delà de la forêt domaniale du Grand Vallon qui occupe le versant nord de la montagne. L'essentiel du territoire est agricole.

Hameaux, lieux-dits et écarts La commune compte plusieurs hameaux : la Maurelle, le Serre, le Haut Forest, le Bas Forest, Sous Ville, les Baudes, les Moulins, les Plaines.

Communications et transports Le village de Melve est traversé par la route départementale 104, qui le relie en direction du nord-ouest à Claret, où elle rejoint la D 4 Sisteron - Tallard par la rive gauche de la Durance, et vers le sud-est à la Motte-du-Caire, où elle rejoint l'ex-route nationale 551 Sisteron-Espinasses. À la sortie sud du village, la D 304 s'embranche sur la D 104 en direction du sud-ouest vers Sigoyer. Le réseau départemental est complété par plusieurs routes et chemins communaux, ainsi que par plusieurs chemins de randonnée pédestre.

Melve est desservi par une ligne d'autocars en direction de Sisteron par Sigoyer d'une part, et de Turriers par la Motte-du-Caire d'autre partHoraires de la ligne Sisteron - Turriers sur le site de la commune de la Motte-du-Caire, consulté le 13 novembre 2014.. La gare SNCF la plus proche est celle de Sisteron, desservie par plusieurs liaisons quotidiennes vers Aix-en-Provence et Marseille d'une part, Gap et Briançon d'autre part. Un petit aérodrome civil se trouve à Tallard, sans desserte régulière.

Risques majeurs

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de La Motte-du-Caire auquel appartient Melve est en zone 1a (sismicité très faible mais non négligeable) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011.

La commune de Melve est également exposée à deux autres risques naturels : feux de forêt ; mouvements de terrain.

Par contre elle n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture et aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune ; le Dicrim n’existe pas non plus.

Toponymie Melve se nomme Mèuva en provençal selon la norme classique et Mèuvo selon la norme mistralienne.

Le nom du village, tel qu’il apparaît pour la première fois dans les textes vers 1200 (castri de Melva), est interprété de différentes manières : comme issu de l’oronyme celtique *Mel, ayant donné Mello, en référence au plateau où le village est construit, selon Charles RostaingCharles Rostaing, Essai sur la toponymie de la Provence (depuis les origines jusqu’aux invasions barbares), Laffite Reprints, Marseille, 1973 ( 1950), . ; comme issu du nom occitan mèuvo, signifiant mélèze, par allusion aux forêts qui couvrent le terroir, selon Ernest Nègre § 23338, ..

Urbanisme Typologie Au , Melve est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (60,1 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (55,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (30,1 %), terres arables (22,5 %), zones agricoles hétérogènes (17,4 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (16,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (13,8 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Histoire thumb|En 1125, le territoire fait partie du comté de Provence. En 1125, le territoire se situe dans la partie nord du comté de Provence. La localité apparaît pour la première fois dans les chartes au Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 (non-paginé) . (Melva''). Le centre du village, dont l’église paroissiale, était situé au Serre, actuellement un hameau, avant que les guerres de religion ne saccagent l’église.. Le centre de la communauté se déplace alors au hameau de Luéry (actuel village).

La communauté relevait de la baillie de Sisteron et l’église paroissiale de l’évêque de Gap, qui percevait les revenus de l’église. Le fief dépend de la famille d'Agoult au , puis des Périnet au , .. La commune est rattachée au département à sa création après la Révolution française.

Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 3 habitants de Melve sont traduits devant la commission mixteHenri Joannet, Jean-Pierre Pinatel, « Arrestations-condamnations », 1851-Pour mémoire, Les Mées : Les Amis des Mées, 2001, ..

Une église et une école sont construites au . L'activité est alors essentiellement agricole (blé, légumes, noix)Jean-Joseph-Maxime Féraud, Géographie historique et biographique du département des Basses-Alpes, 1844.. Comme de nombreuses communes du département, Melve s’est doté d’une école bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, une école dispensant une instruction primaire aux garçons. et aux filles fonctionne déjà.