L'embranchement des Pinophytes (ou Conifères), Pinophyta, anciennement connu sous le nom de Coniférophytes (ou ), ne comprend qu'une classe : celle des .
Ce sont des plantes vasculaires à graines portées par une structure en forme de cône (« conifères » veut dire « qui porte des cônes ») ayant exactement la même fonction que la fleur mais qui n'en est pas une. Elles sont apparues sur Terre il y a d'années, bien avant les feuillus. Tous les conifères existants sont des plantes ligneuses, dont la grande majorité sont des arbres, les autres étant des arbustes.
Les conifères les plus répandus sont les pins, cèdres, sapins, épicéas, tsugas, douglas, mélèzes, cyprès, genévriers, araucarias, agathis, podocarpes, séquoias, thuyas et les ifs.
On trouve des conifères sur tous les continents hormis l'Antarctique, et ils sont fréquemment les plantes dominantes dans leurs habitats respectifs. Cet embranchement est cependant sur le déclin depuis que les Angiospermes ont commencé à dominer à partir du Crétacé, et seules environ de conifères subsistent à l'heure actuelle dans le monde. Après avoir été très dominants dans la plupart des biomes au cours du Mésozoïque, avec un apogée au Jurassique, les conifères sont devenus absents ou rares dans de nombreux milieux au cours du Cénozoïque jusqu'à nos jours, et ont disparus en particulier de la majorité des plaines tropicales. Quelques conifères tropicaux subsistent en plaine principalement dans les écozones Paléotropique et Australasie. Ils restent surtout dominants dans divers milieux où les Angiospermes ne les ont pas totalement supplantés : particulièrement dans les milieux froids des hautes latitudes ou des montagnes, et sur certains sols difficiles sous les tropiques.
Les conifères ont un important poids économique, principalement pour le bois d'œuvre et la production de papier.
Arbre phylogénétique des pinophytes 360px|D'après les articles de A. Farjon et C. J. Quinn & R. A. Price dans Proceedings of the Fourth International Conifer Conference, Acta Horticulturae 615 (2003).
Liste des familles thumb|right|250px|Sequoiadendron giganteum classé parmi les Taxodiaceae ou les Cupressaceae. Selon ITIS (classification classique) : division des Pinophyta classe des Coniferopsida ordre des Coniferales famille des Abietaceae (inclus par la classification phylogénétique dans Pinaceae) classe des Cordaitopsida ordre des Cordaitales † classe des Pinopsida ordre des Pinales famille des Araucariaceae famille des Cephalotaxaceae famille des Cupressaceae famille des Pinaceae famille des Podocarpaceae famille des Taxodiaceae (inclus par la classification phylogénétique dans Cupressaceae) ordre des Taxales famille des Taxaceae classe des TaxopsidaSelon NCBI (classification phylogénétique) : division des Coniferophyta classe des Coniferopsida ordre des Coniferales famille des Araucariaceae famille des Cephalotaxaceae famille des Cupressaceae famille des Pinaceae famille des Podocarpaceae famille des Sciadopityaceae (monotypique, inconnue de la classification classique) famille des Taxaceae
Morphologie Croissance Tous les conifères sont des plantes ligneuses caractérisés par une croissance des troncs et des branches monopodiale (un tronc unique et droit avec des branches latérales)., avec une forte dominance apicaleLa dominance apicale est le processus physiologique qui, chez une plante en croissance, empêche ou limite le développement des bourgeons latéraux au profit du bourgeon terminal (apical) de la tige..
Feuillage thumb|Feuillage de pin. thumb|Coupe transversale d'une aiguille de pin : épiderme (E) à couche de cire cuticulaire (C) épaisse, à stomates enfoncés (chambre sus-stomatique S séparée de la chambre sous-stomatique par les cellules de garde Sch), et à canal résinifère H.
Les feuilles de beaucoup de conifères sont longues, fines et aciculairesSe dit d'une feuille linéaire, rigide et pointue. et nommées « aiguilles » pour cette raison. Les conditions climatiques de leur biome (froid et gel) expliquent l'adaptation à la sécheresse de ces aiguilles, en particulier leur forme effilée qui réduit la surface d'échange, leur cuticule épaisse imperméable, et leurs stomates enfoncés dans des puits ou des sillons réduisent les pertes en eau.. thumb|left|Une pomme de pin illustre par ses écailles le phénomène de phyllotaxie spiralée ordonnée par des nombres entiers, souvent associés au nombre d'or.
Certains conifères, la plupart des et quelques , ont des feuilles plates, en forme d'écailles. Quelques-uns, notamment les () et , ont des feuilles larges, en forme de bandes. Chez la majorité des conifères, la phyllotaxie est spiralée (caractéristique bien visible sur la pomme de pin), à l'exception de la plupart des et d'un genre parmi la famille des , où elles sont croisées en X vis-à-vis des paires, ou en spirales de trois. La base des feuilles souvent tordue les présente dans le plan horizontal où elles captent un maximum de lumière. La longueur des feuilles varie de , chez beaucoup d'espèces à feuilles en écailles, jusqu'à pour les aiguilles de quelques pins (par exemple ).
Les stomates sont en ligne (pouvant former des rangées visibles sur l'aiguille sous forme de bandes blanches stomatales), ou répartis sur la feuille, et peuvent se refermer quand le temps est sec ou froid. Les feuilles sont souvent vert foncé, ce qui correspond à une augmentation de la teneur en chlorophylle absorbant un maximum d'énergie malgré le faible ensoleillement aux latitudes ou altitudes élevées, ou à l'ombre de la canopéeM. H. El Aouni, M. Mousseau, « Relation d'échange de CO2 chez les aiguilles du Pin noir d'Autriche (Pinus migra Arn.) avec l'âge, la teneur en chlorophylle et réassimilation », Photosynthetica 8, 1976, p. 78–86. Les conifères des zones chaudes très ensoleillées (par exemple le pin de Calabre ) ont souvent les feuilles jaune-vert, tandis que d'autres (par exemple l'épicéa bleu ) ont une couche de cire glauque très efficace pour refléter la lumière ultraviolette, protégeant les molécules de chlorophylle d'une photo-oxydation excessive en cas d'éclairement intense par les rayonnements U.V.. Dans la grande majorité des genres, les feuilles sont sempervirentes, restant habituellement plusieurs années (de deux à quarante) avant de tomber, mais cinq genres (, Pseudolarix, , et ) ont des feuilles caduques, qu'ils perdent en automne, et restent dénudés tout l'hiver. Les jeunes plants de beaucoup de conifères, incluant les , et le de la famille , présentent pendant leur période juvénile un feuillage souvent très différent de celui qu'ils ont à l'âge adulte.
Records de durée de vie
Le plus âgé des arbres actuellement vivants connus était jusqu'en 2008 le , , de (dit Mathusalem).
Mais un arbre de la même espèce, baptisé , abattu par erreur par un rangers et Donald Rusk Currey parce que l'arbre ne semblait pas exceptionnel, et que pour aider le dendrochronologiste qui avait coincé la mèche de son carottier dans le tronc de l'arbre, ce rangers l'a simplement coupé ; l'arbre s'est ensuite avéré être âgé de plus de . Il est très probable qu'il en existe d'autres encore vivants qui sont aussi vieux, voire plus.
Puis en 2008 a été découvert en Suède un arbre de la même famille, mais d'une autre espèce, un épicéa âgé de dénommé par son découvreur Old TjikkoOldest Living Tree Found in Sweden, 14/04/2008, sur National Geographic.
Le bois des conifères est généralement un bois tendre, mais quelques espèces, souvent à croissance lente, ont un bois plus dur et moins putrescible.
Reproduction thumb|left|225px|Cône de mélèze du Japon (Larix kaempferi)
La plupart des conifères sont monoïques, c'est-à-dire que les cônes mâles et femelles sont produits sur le même arbre, mais quelques-uns sont dioïques ou trioïques ; tous sont pollinisés par l'action du vent. Les graines des conifères se développent à l'intérieur d'un cône protecteur appelé strobilus (ou, incorrectement « pomme de pin », qui ne s'appliquerait qu'aux pins, et pas aux autres conifères). Les cônes mettent de trois mois à trois ans pour atteindre leur maturité, et varient en longueur de 2 à . Chez les , , et la plupart des , les cônes sont ligneux, et une fois mûrs, les écailles s'ouvrent, permettant aux graines de tomber et d'être dispersées par le vent. Chez certains (par exemple sapins et cèdres), le cône se désagrège pour relâcher les graines, et chez d'autres (par exemple les pins qui produisent des pignons de pin), les graines, ressemblant à des noix, sont dispersées par les oiseaux, principalement les casse-noix et les geais, qui cassent les cônes plus mous, qu'ils préfèrent. Les cônes mûrs restent sur l'arbre pendant un temps très variable avant de tomber sur le sol ; chez quelques pins adaptés aux incendies de forêt, les graines peuvent être conservées dans les cônes jusqu'à , pour n'être relâchées qu'après qu'un feu ait détruit l'arbre.
Pour les familles , , , et un genre de (Genévrier), l'enveloppe de la graine est douce, charnue, de couleurs brillantes et est mangée par des oiseaux; les graines se retrouvent alors dans leurs déjections, et sont ainsi disséminées. Ces enveloppes charnues (sauf celle du Genévrier) sont appelées arilles. Chez certains de ces conifères (par exemple la plupart des ), le cône consiste en des écailles imbriquées les unes dans les autres, tandis que chez d'autres (par exemple ), le cône est réduit à seulement une enveloppe charnue renfermant entièrement la graine. thumb|right|225px|Cônes mâles de Pinus nigra Les cônes mâles ont des structures appelées microsporanges qui produisent un pollen jaunâtre. Le pollen est libéré et transporté par le vent jusqu'aux cônes femelles. Les grains de pollen des espèces de pynophytes produisent des tubes polliniques, tout comme ceux des angiospermes. Quand un grain de pollen se trouve près d'un gamétophyte femelle, il subit la méiose et fertilise la gamétophyte femelle. Le zygote en résultant se développe en embryon, puis devient une graine. Par la suite, la graine peut tomber au sol et, si les conditions le permettent, se développer en un nouvel arbre.
En sylviculture, la terminologie des angiospermes a généralement, bien qu'inexactement, été appliquée aux arbres à graines en cônes. Les cônes mâles et les cônes femelles non fertilisés sont appelés respectivement « fleurs mâles » et « fleurs femelles ». Après fertilisation, le cône femelle qui est appelé fruit, subira la maturation.
Cycle de vie thumb|150px|left|Cône ouvert de Pinus nigra Pour fertiliser l'ovule, le cône mâle libère le pollen qui est transporté par le vent jusqu’aux cônes femelles. Un gamète femelle fertilisé (appelé zygote) se développe en embryon. Avec des cellules de téguments entourant l'embryon, une graine contenant l'embryon se développe. Les graines mûres tombent sur le sol. Les graines germent et se développent en arbres. Une fois mûr, l'arbre adulte produit des cônes.
Histoire évolutive