Saint-Étienne-les-Orgues est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom de ses habitants est Stéphanois...
Géographie thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Saint-Étienne-les-Orgues et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende). Le village est situé au pied de la montagne de Lure, à d’altitude et à une dizaine de kilomètres au nord de Forcalquier.
Les communes limitrophes de Saint-Étienne-les-Orgues sont Saint-Vincent-sur-Jabron, Noyers-sur-Jabron, Cruis, Montlaux, Revest-Saint-Martin, Fontienne, Ongles et Lardiers.
Le point culminant de la commune est le signal de Lure (). Le sentier de grande randonnée GR 6 passe sur la commune.
La vipère d'Orsini est présente dans la commune.
Géologie
thumb|Massif des Alpes et localisation des Préalpes de Digne Le territoire se situe sur des formations calcaires provençales du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur (roches sédimentaires issues d'un ancien océan alpin), entre plusieurs formations géologiques majeures des AlpesMaurice Gidon, Les chaînons de Digne, Carte montrant les rapports entre les chaînons des Baronnies orientales (moitié nord) et ceux de Digne (moitié sud), avec l'avant-pays de la nappe de Digne (partie occidentale). : les chaînons de Lure ; la nappe de Digne à l'estCarte géologique de la France au 1:1 000 000, au niveau du lobe de Valavoire. : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écailles) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe ; la faille de la Durance au sud-est, dans la vallée. Le flanc sud de la montagne de Lure compte quelques phénomènes karstiques comme l'aven des Cèdres (-), l'aven des Bessons (-) et l'aven de Ravouest (-) qui s'ouvrent sur la commune de Saint-Étienne-les-Orgues.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Provence, Languedoc-Roussillon » et « Alpes du sud ». Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Dauphin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Voies de communication et transports Réseau routier
Services autocars Lignes régionales, réseau Zou ! alt=|vignette|119x119px|Logo du réseau Zou ! Le village est desservi par. : Zou ! Alpes-de-Haute-Provence : + LigneTracé Cruis ↔ Saint-Étienne-les-Orgues ↔ Forcalquier
Environnement
La commune compte de bois et forêts, soit 90 % de sa superficie.
Risques majeurs
Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Saint-Étienne-les-Orgues est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Saint-Étienne-les-Orgues est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation (dans la vallée de la Bléone), mouvement de terrain : quelques versants au sud de la commune sont concernés par un aléa moyen à fort.
La commune de Saint-Étienne-les-Orgues n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture. Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune.; le Dicrim existe depuis 2010.
La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle pour des inondations et des coulées de boue en 1994 et 2003.
Urbanisme Typologie Au , Saint-Étienne-les-Orgues est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Forcalquier, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (81,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (81 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (56,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (19,1 %), terres arables (10,9 %), zones agricoles hétérogènes (6,1 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (5,5 %), zones urbanisées (1,9 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie vignette|Panneau d'entrée depuis Fontienne.
Deux villages aux origines de Saint-Étienne-les-Orgues :
Saint Étienne : Au pied de la montagne de Lure, Saint Étienne, qui tient son nom de la chapelle dédiée à ce saint vers 1073 et qui dépendait de l’abbaye Saint-Victor de Marseille jusqu’en 1228.
Onègues : Dominé par une motte où se dresse le château des seigneurs des Orgues, se trouve Ausonica, nom latin qui signifie la « maison d’Auson » ou Onègues en provençal qui donnera « Orgue ».
Le nom de la localité apparaît pour la première fois dans un texte qui parle du Castrum Sanctus Stephani et rappelle l'existence du château féodal en ces lieux au , nommé saint Estève sous sa forme occitane, qui a été francisée par la suite, § 28373, .
Saint Étienne fut le protecteur de la chapelle initiale bâtie vers les années 1073.
Les Orgues dérivent du latin alsonicus, qui désigne une rivière, une sourceGuy Barruol, Claude Martel, Jean-Yves Royer, « Glossaire lié à la topographie et à la toponymie de Lure », in ..
Saint-Étienne-les-Orgues se nomme Sant-Estève en occitan provençal.
Saint-Étienne devient Saint-Étienne-les-Orgues le .
La crête nommée Sarrière voit son nom dériver de Serre, oronyme qui désigne une crête allongée et hérissée de pointes, en forme de scieClaude Martel, « L’oronymie d’une montagne provençale », in ..
Histoire
Antiquité
Dans l’Antiquité, un itinéraire romain secondaire, venant de la via Domitia pour rejoindre Cruis, traversait la commune.. Les Sogiontiques (Sogiontii) peuplent la montagne de Lure, en étant fédérés aux Voconces. Après la Conquête, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ce peuple est détaché des Voconces et forme une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron).
Au plan strictement local, une petite ferme d'époque romaine a été retrouvée dans la valléeGuy Barruol, « Le Pays de Forcalquier à l'époque romaine », in Alpes de lumière, Musée de Salagon, Archéologie au pays de Forcalquier : radioscopie d'un terroir rural, Mane (Salagon, 04300) : les Alpes de lumière, 1990, catalogue d'exposition, Mane, été 1990 ; collection « Les Alpes de lumière » 103, , 41..
Moyen Âge
Alors que le sud-est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Gondemar III, la régente ostrogothe Amalasonthe lui rend ce territoire. C’est de cette époque que date la nécropole mise au jour à l’Abadié en 2012, où ont été retrouvées 90 tombes de la fin du Mathias Dupuy, « Saint-Étienne-les-Orgues, l’Abadié », Laboratoire d’archéologie médiévale et moderne en Méditerranée, consulté le 11 novembre 2013..
Le village de Saint-Étienne est cité pour la première fois au ou au (Sanctus Stephanus de Alsonicis). Un premier village s’était à l’origine établi sur le sommet des Orgues (Alsonicis), au sud de l’emplacement actuel, autour d'une motte castrale construite au début du , au lieu-dit collet des Orgues, à d'altitudeParc naturel du Luberon, Autour de l’An Mil en pays de Forcalquier, catalogue d’exposition, 2007, 31... Il était protégé par un fossé de 6 à . Deux églises, Sainte-Marie dans Lure, avec un village, et Saint-Étienne, sont données à l'abbaye Saint-Victor de Marseille en 1073 par Guillaume Calcia, seigneur de Montlaux et des Orgues. Les deux communautés d’Alsonicis (« Les Orgues ») et de Saint-Étienne ont vécu parallèlement jusqu'au au moins, le village de Saint-Étienne pouvant être installé ailleurs. En 1271, par exemple, Charles reçoit un hommage de ses vassaux d'Alsonicis, et pendant la guerre de l'Union d'Aix encore, les deux villages constituent deux unités administratives séparées.
L’abbaye Notre-Dame de Lure est fondée légendairement par saint Donat au . Un don de Guillaume IV de Forcalquier à l’abbaye de Boscodon en 1160 permet de fonder un nouveau monastère. Ses abbés ont une haute réputation, ce qui permet à l’abbaye de prospérer. Elle est rattachée au chapitre d’Avignon en 1318, puis progressivement désertée. Les moines passent alors l’hiver à l’Abbadié, dans la vallée et l’abbaye finit par être sécularisée à la fin du ..
Au , la communauté est rattachée à la viguerie de Forcalquier.. La peste noire (1347), puis le passage des troupes de Raymond de Turenne (1390) dévastent totalement le pays, qui est inhabité en 1400, puis encore lors des recensements effectués en 1418 et 1442. La réoccupation du terroir date seulement de la seconde moitié du , ce qui permet de dater l’église de cette époque. La communauté de Saint-Étienne absorbe celle des Orgues à la fin du Moyen Âge (qui ne comptait que 25 feux en 1315, soit deux fois moins que Saint-Étienne).
En 1379, la seigneurie est rattachée à la vicomté de Reillanne, puis en 1720 au marquisat d’Oraison.
Époque moderne