Saint-Geniez, ou parfois Saint-Geniez-de-Dromon, est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Commune de contrastes, elle est à la fois grande en superficie (ayant fusionné avec une autre commune) et très petite en population. À la suite d'un fort exode rural, elle a vu sa population divisée par 10 du aux années 1970, et peine à retrouver une dynamique (école fermée) ; les activités sont agricoles et touristiques. Elle présente un relief accidenté avec une altitude variant de plus de au sein du territoire (Robert Bailly parle de « reliefs wagnériens »). Elle fait partie de la réserve naturelle géologique de Haute-Provence : on peut y observer de nombreux fossiles. Sa chapelle Notre-Dame de Dromon est signalée pour sa crypte et comme site possible de l’antique Théopolis de Dardanus.
Le nom des habitants de Saint-Geniez est Saint-Genais..
Géographie vignette|Massif des Alpes et localisation des Préalpes de Digne.
vignette|gauche|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Saint-Geniez et les communes voisines (cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
Les communes limitrophes de Saint-Geniez sont Valavoire, Châteaufort, Authon, Le Castellard-Mélan, Entrepierres et Valernes.
La commune est située dans la partie nord des Préalpes de Digne, au nord-est de Sisteron et au nord-ouest de Digne-les-Bains.
Géologie
Le territoire fait partie de la réserve naturelle géologique de Haute-ProvenceTerritoire de la Réserve Naturelle Géologique de Haute-Provence sur le site de celle-ci.. Il se situe en limite de la nappe de DigneCarte géologique de la France au 1:1 000 000, immédiatement à l'ouest du lobe de Valavoire.. Il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écaille) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe. À l'ouest, on retrouve des formations calcaires provençales du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur (roches sédimentaires issues d'un ancien océan alpin). On trouve différents fossiles dans ces roches : échinodermes, mollusques bivalves, mollusques céphalopodes, brachiopodes, mollusques ammonoïdesDominique Bidon, Les fossiles sur le territoire de Saint-Geniez de Dromon, publié le 24 juillet 2009.
Une mine de plomb qui était exploitée est aujourd'hui abandonnée. On note également la présence d'une ancienne carrière.
Topographie vignette|Le Trainon (1654 m), vu d’Entrepierres. Le village est à une altitude de . Le territoire varie de (vallée du Vançon au sud-est) à d'altitude (montagne de Mélan à l'est). Il présente une topographie accidentée et de fortes pentes, avec plusieurs ravins (ravin de Saint-Symphorien, ravin du Prayas, ravin de Terre-Basse...), vallées étroites (défilé de Pierre-Écrite) et rochers (rocher de Dromon).
L'ensemble est boisé par la forêt domaniale du Vanson à l'ouest et à l'est ; le nord présente également quelques boisements : bois d'Eygrières, Bois de Clamoussier. Au total, la commune compte de bois et forêts.
Hydrographie La commune est traversée par le Riou de Jabron. et le Vançon (ou Vanson)., affluents de la Durance..
Transports
L’autoroute A 51 passe à l'ouest à moins de 10 kilomètres de la commune, dans la vallée de la Durance ; elle va vers Gap au nord et Aix-en-Provence au sud. La départementale traverse la commune d'est en ouest (d'Authon à Entrepierres, puis vers Sisteron). Le GR 6 (GR de Pays de la grande traversée des Préalpes, qui traverse la France jusqu'en Aquitaine) passe au sud de la commune, ainsi qu'un chemin de petite randonnée.
Une gare ferroviaire desservie par les TER (Marseille-Briançon) se situe à Sisteron, ainsi qu'une gare routière.
L’aérodrome de Sisteron-Vaumeilh se situe à quelques kilomètres au nord-ouest, sur la commune de Vaumeilh.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sisteron à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Risques majeurs
Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Sisteron auquel appartient Saint-Geniez est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Saint-Geniez est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation (dans la vallée de la Bléone), mouvement de terrain : le sud de la commune est concerné par un aléa moyen à fort.
La commune de Saint-Geniez n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture et aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune ; le Dicrim n’existe pas non plus.
Le tremblement de terre du , dont l’épicentre était situé à Laragne, a été fortement ressenti dans la commune. Il a dépassé une intensité macro-sismique ressentie de VII sur l’échelle MSK (dégâts sur les maisons).
Hameaux Le territoire communal compte de nombreux hameaux : Abros (ancienne paroisse, au sud) ; Chabert, à l'est ; Chardavon (ancienne commune), à l'ouest. Il est situé dans un bassin isolé, entre les massifs d’Aigue-Champs au sud et de Gache au nord ; Dromon ; les Bellets ; la Pène ; le Roucas Blanc (ancienne paroisse) ; Saurines ou Sorine depuis le début du ; Terre Basse.
Urbanisme Typologie Au , Saint-Geniez est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (96,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (97 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (51,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (34,1 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (11,2 %), zones agricoles hétérogènes (3,1 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Logement Saint-Geniez comptait 119 logements en 2007 (contre 95 en 1999). Les constructions anciennes sont bien plus présentes que la moyenne française : en 2007, 40,5 % des résidences principales dataient d'avant 1949. En revanche, la commune connaît un important déficit de constructions des années 1950 aux années 1980 qui s'explique par l'exode rural.
Les résidences principales ne représentent que 47 logements soit 38,2 % du parc (33,7 % en 1999), réparties à parts égales de 48,6 % en maisons individuelles (93,7 % en 1999) et appartements (2,1 % en 1999) (respectivement 56,1 % et 42,4 % en France métropolitaine). 77,8 % des habitations principales comportent quatre pièces et plus.. Les propriétaires de leurs logements constituent 61,9 % des habitants contre 21,6 % qui sont locataires (respectivement 57,4 % et 39,8 % en France métropolitaine).
Toponymie Le nom du village apparaît pour la première fois en 1030 (ecclesia Beati Genesii), il est nommé d’après saint Genès d'Arles ou Genès de la Colonne (Genesius en latin), Sant Genesio sous sa forme occitane, qui a été francisée par la suite, § 28401, p 1617-1618.. Il est également appelé Saint-Geniez-de-Dromon (Sanctus Genesius Dromone, ).
Saint-Geniez se nomme Sant Giniés en occitan vivaro-alpin.
Le nom du hameau d’Abros, dans la vallée du Vançon, vient du mot gaulois broga, champ, ou limite.
Histoire
Antiquité thumb|Rocher de Dromon où situent la cité de Théopolis.
Dans l’Antiquité, les territoires des communes de Chardavon et de Saint-Geniez font partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance, et recouvre une partie du massif des Monges. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, et après la conquête romaine, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron).
Chardavon, isolé dans un vallon accessible uniquement par le défilé de Pierre-Écrite, recèle plusieurs traces d’occupation ancienne, depuis le Néolithique.. et l’âge du bronze. Le territoire était habité sous le Haut-Empire romain, comme l’attestent les découvertes de surface (aucune fouille entreprise). Chardavon est un des emplacements avancés pour la cité de Théopolis fondée par Dardanus, un préfet du prétoire du Bas-Empire romain, le site étant isolé et protégé par les montagnes.
Certains croient, sans la moindre preuve, qu'une agglomération gallo-romaine se situe à Dromon.
Moyen Âge
Le rocher de Dromon () est occupé par un château fort à partir du : auparavant, il avait été occupé au Néolithique. Quand le château est détruit, le village se déplace sur son site actuel. L’évêque de Gap donne l’église de Saint-Geniez, avec les revenus afférents, à l’abbaye Saint-Victor de Marseille au .. L’abbaye est de plus seigneur du lieu jusqu’au ; les Gombert lui succèdent jusqu’à la Révolution, 195..