Thèze est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

C'est un village perché, typique de la Provence et réputé pour ses vergers ainsi que la culture maraîchère.

Géographie Localisation

La commune se trouve dans l'aire d'attraction de Sisteron, dans la zone d'emploi de Digne-les-Bains et dans le bassin de vie de Laragne-Montéglin

Communes limitrophes Les communes limitrophes de Thèze sont Claret, Melve, Sigoyer, Upaix et Ventavon (ces deux dernières communes dans le département voisin des Hautes-Alpes).

Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .

Le village est construit sur un site perché à environ d’altitude., sur le rebord d’une terrasse dominant la vallée de la Durance. Dans cette vallée, l’altitude est de . En sortant de la vallée, le terroir s’étage de sur la terrasse cultivable, à sur la crête de la Pare, point culminant de la commune.

Le territoire se situe dans les Préalpes de Digne, entre trois formations géologiques majeures des AlpesMaurice Gidon, Les chaînons de Digne, Carte schématique montrant les rapports entre les chaînons des Baronnies orientales (moitié nord) et ceux de Digne (moitié sud), avec l'avant-pays de la nappe de Digne (partie occidentale). : la nappe de Digne à l'estCarte géologique de la France au 1/, au niveau du lobe de ValavoireMaurice Gidon, La Nappe de Digne et les structures connexes. : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écaille) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe ; les Baronnies à l'ouest ; le Bochaine au nord-ouest.

Lors des deux dernières grandes glaciations, la glaciation de Riss et la glaciation de Würm, la commune est entièrement recouverte par le glacier de la Durance..

La Durance coule dans une vallée profondément encaissée. La plaine qui la borde est le plus souvent très étroite. L’essentiel du terroir de la commune est formé par une terrasse d’altitude . Dans l’angle nord-est du territoire thézois, se trouvent quelques collines : Chabrières (), le Collet de Bat (), les Chapelles () et la Crête de la Pare ().

Hydrographie

La commune est bordée à l’ouest par la Durance.

Elle est également drainée par des torrents : le riou de la Sausse et son affluent le ravin de la Blache du Drogou au nord, de direction est-ouest et qui forment la frontière avec la commune de Claret avant de se jeter dans la Durance ; la Rase de l’Étang, qui coule globalement du nord vers le sud, et se jette dans la Durance ; le ravin de Béléric, de direction nord-sud, qui coule au pied du village avant de rejoindre la Durance ; et le Mouson dont le cours forme la limite est de Thèze, partagée avec la commune de Sigoyer.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Laragne-Montéglin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Thèze est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..

Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sisteron, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (67,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (74,1 %).

La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (46,8 %), forêts (21,5 %), zones agricoles hétérogènes (12,8 %), prairies (7,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (5,3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (3,2 %), zones urbanisées (2,6 %), cultures permanentes (0,2 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Morphologie du village Le vieux village a conservé dans le plan de ses rues la trace circulaire de l’enceinte du castrum.

Habitat et logement En 2022, le nombre total de logements dans la commune était de 178, alors qu'il était de 164 en 2016 et de 150 en 2011..

Parmi ces logements, 65,1 % étaient des résidences principales, 27,8 % des résidences secondaires et 7,1 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 89 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 10,4 % des appartements.

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Thèze en 2022 en comparaison avec celle des Alpes-de-Haute-Provence et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (27,8 %) inférieure à celle du département (30,5 %) mais supérieure à celle de la France entière (9,7 %).

+ Le logement à Thèze en 2022. Typologie Thèze. Alpes-de-Haute-Provence. France entière. Résidences principales (en %)65,161,482,3 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)27,830,59,7 Logements vacants (en %)7,18,18

Voies de communication et transports La commune de Thèze est desservie par la route départementale 4 qui traverse la commune du nord au sud, et passe par le village.

Risques naturels et technologiques

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de La Motte-du-Caire auquel appartient Thèze est en zone 1a (sismicité très faible mais non négligeable) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Thèze est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt ; inondation (dans la vallée de la Durance, encaissée dans sa traversée de la commune) ; mouvement de terrain.

La commune de Thèze est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de rupture de barrage. En cas de rupture du barrage de Serre-Ponçon, toute la vallée de la Durance serait menacée par l’onde de submersion. À Thèze, qui fait partie de la zone d’inondation spécifique (supérieure à la crue maximale de la Durance), l’onde arriverait en environ une heure et quarante minutes, après un parcours de , et avec une vitesse résiduelle de . La montée des eaux continuerait pendant encore cinquante minutes, jusqu’à atteindre un niveau situé 30 à au-dessus de la normale (altitude de à l’entrée dans la commune, à la sortie), ce qui laisse le village hors d’eau. Seules les basses terres, la Grande Bastide, la bergerie du Consas, seraient inondées.

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.

La commune a été l’objet de deux arrêtés de catastrophe naturelle : en 1994 pour des glissements de terrain, et en 2008 pour des inondations et des coulées de boue.

Toponymie

Selon Ernest Nègre, le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois vers 1200 (Teza), est tiré de l’occitan teso, désignant une charmille, § 22722, 1217.

Selon Rostaing, le nom du village tel qu’il est cité en 998, Teiza, vient peut être de Tensa, qui désigne une terre défendue.

Histoire

Préhistoire

Une découverte exceptionnelle (exceptionnelle car les Monges ont livré peu de vestiges préhistoriques intéressants) a été faite à Thèze : il s’agit d’un nucleus de silex, datant du Chasséen. Il permet de restituer une présence humaine au néolithique.. D’autres découvertes de silex taillés indiquent que la terrasse était fréquentée au Néolithique par les premiers agriculteurs, dont les défrichements avec des outils de pierre puis de bronze commencent, dès le milieu du à avoir des impacts sur l’environnement. Le maximum de défrichement est cependant atteint à l’Âge du Fer (il y a ).

Antiquité Dans l’Antiquité, le territoire de Thèze fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance, et recouvre une partie du massif des Monges. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, et après la conquête romaine, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron). Des céramiques des ont été retrouvées dans l’est de la commune, ce qui atteste une occupation du territoire à cette époque.

Moyen Âge La localité apparaît pour la première fois dans les chartes au , 202. Les familles qui possèdent le fief sont successivement les Laveno (), les d’Agoult du au , les de Serre au et enfin les d’Inguimbert au . Thèze relevait de la baillie de Sisteron. et de l’évêché de Gap..

L’abbaye de Cluny possède le prieuré Notre-Dame de Bellevue, avant la fin du et jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Elle nommait un prieur desservant la paroisse et percevait les revenus attachés à la paroisse et au prieuré. Le prieuré possédait des terres, et le droit d’établir un bac à traille sur la Durance.

Au début du , le fief de Thèze est inclus dans le douaire concédé par Raimond Bérenger IV à son épouse Béatrice de Savoie.

Le prieuré Notre-Dame de Bellevue est abandonné au puis réoccupé et restauré vers 1280. À nouveau abandonné au , le prieuré est confié aux seigneurs de Thèze et finit par échoir aux chanoines de Chardavon. Au , on signale que les Hospitaliers de Saint-Jean possédaient quelques terres dans la commune.