Thoard est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont appelés les Thoardais.
Géographie Localisation vignette|gauche|alt=Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Thoard et les communes voisines (cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
Thoard est établie sur un site perché, à d’altitude.
Géologie
Relief À proximité, col de Peipin et rochers de Gueruen (escalade).
Hydrographie La commune est traversée par le torrent des Duyes.
Risques naturels et technologiques Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Digne-les-Bains-Ouest auquel appartient Thoard est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques, et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Thoard est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt ; inondation (dans la vallée des Duyes) ; mouvement de terrain : la commune est presque entièrement concernée par un aléa moyen à fort.
La commune de Thoard est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de rupture de barrage. Si le barrage de Vaulouve, situé à cheval sur les communes de Hautes-Duyes et du Castellard-Mélan rompait, une onde de submersion se formerait qui inonderait une partie de la commune de Thoard.
Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été approuvé en 2002 pour les risques d’inondation, de mouvement de terrain et de séisme et le Dicrim n’existe pas.
La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle : en 1989 pour des mouvements de terrain dus à la sécheresse, en 1994 pour des glissements de terrain et trois arrêtés distincts pour des inondations par ruissellement et coulées de boue en 1994 et juin 2013« État de catastrophe naturelle reconnu pour Thoard et L'Escale », La Provence, 29 octobre 2013, 3. Dans la liste qui suit, figurent les tremblements de terre fortement ressentis dans la commune. Ils dépassent une intensité macro-sismique ressentie de V sur l’échelle MSK (dormeurs réveillés, chutes d’objets). Les intensités indiquées sont celles ressenties dans la commune, l’intensité peut être plus forte à l’épicentre : le séisme du 19 mai 1866, d’une intensité ressentie à Thoard de VI et dont l’épicentre était situé à La Motte-du-Caire ; le séisme du 23 février 1887, avec une intensité ressentie de VI et demi et un épicentre situé en Italie, à Bussana Vecchia.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Digne-les-Bains à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Thoard est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Digne-les-Bains, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (72,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (76,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (40,7 %), forêts (31,4 %), terres arables (16,7 %), zones agricoles hétérogènes (10,5 %), zones urbanisées (0,6 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en 1035 (de Toard), fait l’objet de différentes interprétations : selon Charles Rostaing et le couplé Fénié, il dérive de la racine *Tou-, désignant une pente, un ravin, un creux dans le paysage ; le suffixe germanique -art s’est ajouté plus récemment ; selon Ernest Nègre, le nom de la commune vient du nom propre germanique Teuthardus ; une étymologie désuète de l’abbé Féraud, (Histoire et géographie des Basses-Alpes) lui donne le sens de turris ardua, « tour haute ».
Le hameau de Vaunavès (cité en 1070, rivi Valnaves) tire son nom d’un doublet tautologique, deux termes signifiant tous deux « vallée »
Économie
Population active et emploi En 2021, la population active compte 327 personnes (pour une population totale de 733 habitants). Le taux de chômage est de 12,1 %, supérieur à la moyenne nationale. Il monte à 31,2 % chez les 15-24 ans..
Le taux de salariés dans la population active en emploi est de 65,8 %. Le temps partiel représente 30,3 % de l'emploi salarié. 84,8 % des salariés sont titulaires de la fonction publique ou en CDI (Contrat à Durée Indéterminée).
Les non-salariés représentent 34,2 % de la population active en emploi. 63 % des non-salariés sont indépendants, 37 % sont des employeurs. Les femmes représentent 35 % des non-salariés.
ourPour se rendre au travail, la voiture (ou fourgon ou camionnette) est le moyen de transport le plus utilisé (86,5% des cas). Les transports en commun ne représentent que 2 % des cas.
Entreprises En 2021, la commune compte 57 « unités légales économiquement actives » hors secteur agricole.
Avec 29,8 % des entreprises, le secteur de la construction est le premier représenté. La catégorie « commerce, transports, hébergement et restauration » suit avec 21,1 % des entreprises, puis viennent l'"Administration publique, enseignement, santé humaine et action sociale" (15,8 %).
Commerces et services En 2024, outre de nombreux artisans, la commune compte un bar-tabac, deux bars-restaurants, une pizzéria, une épicerie, une boucherie-charcuterie, un bureau de poste, une boulangerie, un garage automobile, une forge, une médiathèque.
Depuis 2019, la commune n'a plus de médecin. La commune dispose d'un cabinet d'infirmières et d'un cabinet de masseurs-kinésithérapeutes.
Tourisme La commune dispose d'un camping privé (24 emplacements, 10 locations), d'un gîte d'étape communal et d'une aire de camping-car.
Associations Le ministère de l'Intérieur recense 47 associations loi de 1901 à Thoard..
Agriculture La surface agricole utile est composée à Thoard de , soit 55% du territoire.
Le recensement agricole de 2020 compte 24 exploitations agricoles sur la commune.
Les prairies permanentes représentent 75% de la SAU, les prairies temporaires 12%. Les céréales et oléoprotéagineux représentent 4.5% de la SAU.
Histoire Antiquité Dans l’Antiquité, les Bodiontiques (Bodiontici) peuplaient la vallée de la Bléone, et étaient donc le peuple gaulois qui vivait dans l’actuelle commune de Thoard. Les Bodiontiques, qui sont vaincus par Auguste en même temps que les autres peuples présents sur le Trophée des Alpes (avant 14 av. J.-C.), sont rattachés à la province des Alpes-Maritimes lors de sa création.
Le sol de la commune a livré quelques objets et céramiques romains, dont notamment une inscription sur plaque de bronze découverte en 1956 au quartier de Franco, datant de 187. Elle atteste l’existence d’un municipe à Digne, l’un des seuls de toute la province romaine de Narbonnaise.
Moyen Âge La localité est signalée pour la première fois dans les chartes au premier tiers du . Au Moyen Âge, la ville est fortifiée d’un mur, qui subsiste en partie, avec un donjon. La seigneurie, initialement aux Barras, se partage entre 11 coseigneurs (Barras et Baschi de St-Estève) à partir du , d’où le surnom de Thoard-le-Noble et plusieurs châteaux. La communauté relevait de la baillie de Digne. L’abbaye de Ganagobie possédait le prieuré Saint-Pierre-d’Albère, face au hameau des Bourres. Lors de la crise ouverte par la mort de la reine Jeanne I, Rainier Rainier et Ameil Ferraud, co-seigneurs de Thoard, soutiennent Charles de Duras contre Louis d'Anjou. Les ralliements successifs des villes autour de Thoard à la cause angevine, fin 1385 et début 1386, entraîne leur changement d’engagement, et ils prête hommage au jeune duc d’Anjou, Louis II, en juillet 1386Geneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, 422..
Les trois paroisses de la commune étaient à Thoard, Saint-Martin et Vaunavès (dont dépendait La Pérusse). L’église Saint-Martin dépendait de l’abbaye de Chardavon (actuellement dans la commune de Saint-Geniez), abbaye qui percevait les revenus attachés à cette église et relevait du diocèse de Gap, comme celle de Vaunavès. Beaucouse formait un fief distinct au Moyen Âge, réuni par la suite à celui de Thoard. Le fief de La Pène ne fusionna pas avec celui de Thoard.
Temps modernes et Révolution française La Réforme connaît un certain succès à Thoard, et une partie des habitants se convertissent. Malgré les guerres de religion, une communauté protestante se maintient au autour de son temple, grâce à l’édit de Nantes (1598). Mais l’abolition de l’édit de Nantes (1688) lui fut fatal, et elle disparut, ses membres émigrant ou étant convertis de force.