Michael Rasmussen, né le à Tølløse (Danemark), est un coureur cycliste danois. Il est connu pour avoir vu son contrat résilié par son équipe Rabobank alors qu'il portait le maillot jaune du Tour de France 2007. L'équipe l'accusait de violations du code interne. Il a été suspendu deux ans entre et . En , il reconnaît s'être dopé de 1998 à 2010 et arrête la compétitionLe cycliste danois Rasmussen reconnaît s'être dopé 31/01/2013 http://www.liberation.fr/sports/2013/01/31/le-cycliste-danois-rasmussen-reconnait-s-etre-dope_878265.
Biographie Michael Rasmussen mesure 1,75 m pour et est surnommé Kyllingen fra Tølløse (« Le poulet de Tølløse » en danois) ou Chicken Legs (« Pattes de poulet » en anglais) . Il est réputé maniaque, mettant par exemple des chaussures trop petites pour économiser du poids. Il réside au Lac de Garde en Italie. Il débute par le VTT et en devient champion du monde en 1999. Aux Jeux olympiques de Sydney en 2000, il termine de l'épreuve de cross-country à plus de 9 min du vainqueur Miguel Martinez. Il commence sa carrière professionnelle sur route en 2002 dans l'équipe cycliste CSC-Tiscali avant de courir pour l'équipe cycliste Rabobank en 2003.
Carrière sportive Il commence sa carrière professionnelle en 2002 dans l'équipe CSC-Tiscali. À la suite de contrôles sanguins « très suspects », selon les dirigeants de la CSC, son contrat n'est pas reconduit.
Faisant une carrière jusqu'alors discrète, hormis une victoire d'étape dans la Vuelta et deux dans le Critérium du Dauphiné libéré, il se révèle lors du Tour de France 2005. Il est reconnu pour ses qualités de grimpeur qui rappellent celles d'un autre coureur danois : Bjarne Riis.
Il doit donc ses premiers faits d'armes au Tour de France 2005 lors duquel il gagne la à Mulhouse et remporte le maillot à pois du meilleur grimpeur. Alors qu'une place sur le podium final lui semble promise, il perd toutes ses chances lors du contre-la-montre de Saint-Étienne où, après trois chutes et une médiocre prestation (), il finit à 7 min 47 s de Lance Armstrong, vainqueur de l'étape. Il termine l'épreuve à la place au classement général. right|thumb|280px|Michael Rasmussen lors de la étape du Tour de France 2005
En 2006, il remporte à nouveau le maillot à pois du Tour de France ainsi que la étape de montagne alpines, entre Le Bourg-d'Oisans et La Toussuire.
En 2007, il remporte la 8e étape à Tignes en étant revenu sur le groupe de tête, avec une avance confortable, et il s'empare du maillot jaune et du maillot à pois. Lors du chrono d'Albi, il termine en onzième position, contre toute attente, doublant même Valverde, parti trois minutes avant lui. Dans les Pyrénées, il se contente de gérer ses adversaires et en particulier Contador. Le , Michael Rasmussen semble avoir gagné le Tour de France après sa victoire dans la 16e étape, au col d'Aubisque, sous les applaudissements mêlés aux huées. Mais le soir même, il est limogé par son équipe, la Rabobank, pour s'être soustrait à des contrôles antidopage avant le départ du Tour, et avoir menti sur son emploi du temps. En conséquence, il ne prend pas le départ de la étape.
Le , la suspension de Rasmussen est terminée et rien ne s'oppose plus à son retour. Il reste en conflit avec l'UCI devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour n'avoir pas payé une amende d'un an de salaire pour avoir contrevenu à l'« engagement des coureurs pour un nouveau cyclisme« Rasmussen mauvais payeur », L’Équipe, 23 juillet 2009. ». Le , Michael Rasmussen se classe deuxième du Grand Prix Kjellerup, une course régionale au Danemark, pour son retour à la compétition. Malgré une pluie torrentielle, des milliers de spectateurs s'étaient déplacés pour assister au retour de l'ancien coureur de l'équipe RabobankDanemark: Rasmussen veut retrouver l'élite après sa suspension, Tribune de Genève, 28 juillet 2009. Le , il intègre l'équipe mexicaine Tecos Trek UAG. Il remporte la Vuelta a Puebla et le prologue du Tour de Chihuahua.
En 2010, il rejoint l'équipe continentale Miche-Silver Cross-Selle Italia, puis en 2011 l'équipe Christina Watches-Onfone créée spécialement pour lui par son sponsor Christina Hembo« Rasmussen annoncé jeudi chez Christina Watches », velochrono.fr. En octobre, le TAS lui donne raison contre l'UCI qui lui réclamait ses salaires de 2007 à la suite de la signature de l'engagement pour un cyclisme propre.
En , il renoue avec la victoire en remportant la troisième étape du Tour de Serbie.
Affaires de dopage L'affaire des boîtes à chaussures en 2002 Le , le site Internet VeloNews rapporte les propos de Whitney Richards, ancien vététiste amateur américain. Celui-ci affirme avoir été chargé en par Michael Rasmussen de transporter des substituts sanguins fabriqués aux États-Unis et dissimulés dans une boîte de chaussures de cycliste. Le , Joe Lindsey, rédacteur du blog Boulder Report écrit que Richards lui avait rapporté la même histoire deux ans auparavant en lui demandant de garder le secret. Lindsey apporte des précisions sur les substituts sanguins : il s'agirait d'Hemopure — substitut sanguin à base d'hémoglobine (hemoglobin-based oxygen carrier), alors uniquement commercialisé en Afrique du Sud — et qui, selon Bengt Saltin, expert danois dans la lutte contre le dopage, dans une interview au Spiegel en 2004L'interview daterait en fait du (cf. ce site)., aurait été utilisé dans le peloton dès le Tour de France 1999 « SPIEGEL: Glauben Sie, dass inzwischen schon mit Hemopure gedopt wird?:Saltin: Da bin ich mir ziemlich sicher. Ich habe Quellen, die mir bestätigen, dass sich Fahrer bei der letzten Tour de France mit Hemopure gedopt haben. Beweisen kann ich das natürlich nicht, aber es war ja bisher immer so: Wenn ein neues Präparat auf den Markt kommt, experimentieren Sportler wenig später damit herum. ».
Les contrôles inopinés manqués en 2006 et 2007 Le , la Fédération danoise de cyclisme (DCU) annonce son exclusion de l'équipe nationale pour les championnats du monde en septembre à Stuttgart et les jeux olympiques de 2008 à Pékin. On lui reproche de ne pas avoir fourni son emploi du temps qui aurait permis d'effectuer des contrôles inopinés avant le Tour de FranceCyclisme - Rasmussen exclu de l'équipe danoise.
Au fil des jours, on apprend que Rasmussen a échappé à 4 contrôles inopinés. Le premier date du Rasmussen whereabouts #1. Le contrôle était diligenté par l'Union cycliste internationale (UCI). Rasmussen déclare avoir tout simplement oublié d'envoyer les informations à l'UCI. Il reçoit un avertissement. Les trois contrôles suivants datent de 2007 : le , le (tous deux diligentés par l'Agence antidopage danoise) et le (diligenté par l'UCI). Michael Rasmussen affirmera avoir envoyé un courrier à l'UCI qui serait arrivé tardivement. N'ayant pas d'ordinateur, il n'aurait pas pu utiliser d'autre moyen. Pour ces manquements, son équipe lui inflige une amende de euros.
Michael Rasmussen affirme être allé s'entraîner au Mexique, où réside sa belle-mère, du 4 au . Davide Cassani, un ancien coureur italien, le rencontre cependant en Italie à cette époque. Il finit par le faire savoir aux responsables de l'équipe Rabobank, avec son commentaire du Tour. Theo de Rooij, le directeur sportif, décide alors d'exclure Rasmussen qui quitte le Tour de France dans la soirée du Cyclisme - TDF - Dopage - Rasmussen quitte le Tour« L'ascension puis la chute », L'Équipe, ..
Les gendarmes qui s'étaient déplacés pour l'interpeller à l'hôtel de l'équipe Rabobank, à Pau dans la nuit, n'ont pu le trouver car il avait quitté les lieux« Rasmussen exclu de son équipe », Le Temps, .. Michael Rasmussen se dit très affecté par cette affaire et s'est adjoint les services d'un avocat pour se défendre. Dans un entretien accordé au quotidien danois Politiken, Michael Rasmussen déclare : « Je maîtrisais alors vraiment la course. Et ce n'est pas un secret que je suis furieux contre le manager de Rabobank, Theo de Rooij. C'est à sa seule initiative que la décision (de l'évincer de la compétition) a été prise ». Il s'en prend également à la presse française, dont il dénonce la « haine », et, revenant sur son lieu d'entraînement d'avant le Tour, il affirme : « Je n'étais pas en Italie, pas du tout. C'est l'histoire d'un homme (l'ancien coureur Davide Cassani affirme l'avoir aperçu en Italie) qui pense m'avoir reconnu. Mais il n'y a pas la moindre preuve ».
Le , le quotidien L'Équipe révèle que des traces d'EPO biosimilaire (produite à partir de cellules humaines) de type « Dynepo » ont été trouvées dans les échantillons urinaires de Michael Rasmussen, datant du Tour de France, par le laboratoire de Châtenay-Malabry. Cependant, si médicalement ces échantillons sont positifs, juridiquement, ils ne le sont pas. La Dynepo et ses avatars sont parfaitement connus des laboratoires antidopage, et leur signature repérable, mais ayant été créés bien après que les critères de positivité furent élaborés par l'AMA, ces hormones ne peuvent mener à une déclaration de positivité« Rasmussen non négatif à l'EPO », lequipe.fr, ..
Le , il avoue avoir menti à l'UCI mais pas à Rabobank. Il affirme s'être entraîné en Italie et en France pour des raisons maritalesDopage : Rasmussen avoue avoir menti à l'UCI. En décembre, il annonce poursuivre l'équipe Rabobank pour licenciement abusif.
Le , Rasmussen est suspendu deux ans de toute compétition cycliste par la fédération monégasque de cyclisme. Cette sanction étant rétroactive s'applique depuis le , date de son exclusion du Tour de France. Il décide de faire appel auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS). Quelques jours plus tard, il remporte son procès et reçoit que Rabobank est condamnée à lui verser pour ne pas l'avoir licencié dès qu'elle a su qu'il mentait sur sa localisation, soit en Rasmussen a été rattrapé.
Le , son appel devant le TAS est rejetéLe TAS rejette l'appel de Rasmussen.
Le , Rasmussen explique avoir menti sur sa localisation pour que sa femme ne sache pas qu'il la trompaitRasmussen mentait pour tromper sa femme.
L'affaire Humanplasma Le , la chaîne allemande ARD annonce que Rasmussen, ainsi que ses anciens coéquipiers chez Rabobank, le Néerlandais Michael Boogerd et le Russe Denis Menchov également, l'Autrichien Georg Totschnig auraient entreposé du sang dans le laboratoire autrichien Humanplasma à des fins de dopage (transfusions sanguines)Rasmussen à nouveau soupçonné. Le , l'affaire est classée sans suiteHumanplasma classé sans suite.
Le , Rasmussen et le coureur Bernhard Kohl font l'objet d'une enquête pénale de la justice autrichienne pour trafic de substances dopantes. En fait, ils sont soupçonnés d'avoir fait bénéficier d'autres sportifs, moyennant finances, d'une centrifugeuse - l'appareil qui permet la fabrication de concentrés sanguins en vue d'autotransfusions - pour le dopage sanguin qu'ils sont accusés d'avoir acheté avec le manageur Stefan Matschiner, déjà inculpé. Rasmussen nie ces accusationsKohl, Rasmussen et la centrifugeuse. La police autrichienne lui prend les empreintes digitales et prélève son ADN. L'enquête pénale est classée le C'est classé pour Kohl et Rasmussen.
L'affaire Mantoue Le , le journal italien, La Gazzetta di Mantova, annonce que l'enquête du procureur de Mantoue, commencée en 2008, concernant l'affaire Mantoue (réseau de dopage organisé par le pharmacien de Mantoue, Guido Nigrelli, qui a sévi en 2009 en Italie) est terminée. Il cite, également, une liste de 32 personnes qui seraient concernées, parmi lesquelles Giuseppe Saronni, le manager général de la Lampre, et Alessandro Ballan, Marzio Bruseghin, Pietro Caucchioli, Damiano Cunego, Mirco Lorenzetto, Manuele Mori, Mauro Santambrogio, ou encore Michael Rasmussen, pour ne citer que les plus connusDopage : L'affaire de Mantoue relancée ?.